Palestine occupée

Les calmants pour échapper à l'enfermement et la violence à Gaza



Jeudi 5 Novembre 2009

Les calmants pour échapper à l'enfermement et la violence à Gaza
Abou Atallah est dépendant aux analgésiques. Comme beaucoup de Gazaouis, il a trouvé refuge dans les calmants pour apaiser ses angoisses.
   "Je ne suis pas accro mais le fait est que je suis incapable de dormir sans prendre une ou deux pilules pour me calmer", confesse ce père de cinq enfants.
   Il ne peut plus se passer de Tramadol, un analgésique que l'on appelle "Tramal" dans la bande de Gaza, et dont la popularité inquiète les autorités du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle ce territoire palestinien.
  
Abou Atallah, 39 ans, a commencé à prendre du "Tramal" après la mort de sa fille de 12 ans, tuée durant l'offensive de l'armée israélienne contre la bande de Gaza l'hiver dernier. Sa maison a été détruite, ce qui a contraint toute la famille à louer un petit appartement dans le centre-ville.
   "La population de Gaza est toujours en train d'attendre la prochaine guerre avec Israël, ce qui la maintient dans un état de stress et de tension permanente, qui s'ajoute au chômage et à la misère", explique Samir Zaqout, un psychiatre.
  
Abou Abdallah, 45 ans, prend lui du "Tramal" depuis trois ans qu'il est au chômage, incapable de survenir aux besoins de sa famille. "Au début, j'ai pris un +Tramal+ que m'a filé un ami, et je me suis senti mieux. Je suis vite passé à cinq pilules par jour".
  
L'étroite bande côtière où s'entassent 1,5 million de Palestiniens, qui vivent principalement de l'aide humanitaire étrangère, est soumise à un strict blocus d'Israël depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007. Quant à l'Egypte, au sud, elle n'ouvre sa frontière avec ce territoire qu'au compte-goutte.
  
Ce blocus ne laisse entrer que les produits de première nécessité --comme les médicaments justement.
  
Depuis deux ans, témoignent docteurs et travailleurs sociaux, il y a une augmentation de la consommation de médicament et de haschisch.
   Un médecin de Gaza raconte ainsi avoir reçu à l'hôpital un jeune homme qui avait avalé 20 comprimés de Tramadol en un seul jour et qui en avait encore deux dans la poche.
  
La drogue n'a pourtant jamais été très répandue dans la bande de Gaza, où la société reste profondément conservatrice et religieuse.
  
La police du Hamas tente de réagir. Elle a récemment présenté 22 kg de haschisch et quelque 4.000 comprimés, surtout du "Tramal", saisis lors d'une opération antidrogue.
   "Nous luttons sans pitié contre le trafic de drogue et nous avons réussi à éliminer entièrement le commerce et l'usage de la cocaïne", se félicite Sami Yaghi, le patron de la lutte antidrogue du Hamas.
  
"Le principal obstacle est l'absence de contrôle aux points de passage, que l'ennemi israélien exploite pour faire entrer tout ce qu'il veut", accuse M. Yaghi, reconnaissant que la drogue arrive aussi via les tunnels de contrebande construits sous la frontière avec l'Egypte, qui alimentent le marché noir local et sont régulés par le Hamas.
  
"Certains jeunes viennent chaque jour acheter des analgésiques, comme le Tramadol, mais nous n'en vendons pas sans ordonnance", assure un pharmacien de Gaza.
  
Résultat, ils se tournent vers le marché noir où la répression policière a fait exploser les prix des analgésiques, désormais cinq fois plus chers qu'en pharmacie.
   "Avant, ce n'était pas interdit mais maintenant que ça l'est, j'essaie d'arrêter", affirme Abou Abdallah.
Par Adel ZAANOUN
(AFP)

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Jeudi 5 Novembre 2009


Commentaires

1.Posté par brigitte le 05/11/2009 09:59 | Alerter
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On est en train de tuer cette population à petit feu ! Qui ose dire, je ne savais pas ?

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