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Les attentats d’AQMI en Algérie dénotent un virage tactique


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Mardi 10 Juin 2008

Les attentats d’AQMI en Algérie dénotent un virage tactique
La multiplication des attentats à la bombe meurtriers ces derniers jours à l’est d’Alger dénote un changement de tactique de la part des rebelles islamistes de la mouvance d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), selon certains analystes.

Douze personnes, dont un ingénieur français et huit militaires, ont été tuées dimanche dans un double attentat à l’explosif devant la gare de Beni Amrane, dans la province de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger.

Jeudi, six soldats avaient péri, dans la même province, lors de l’explosion d’une bombe au passage de leur convoi. La veille, deux personnes avaient été victimes d’engins explosifs à proximité d’une caserne de Bordj El Kiffane, 25 km à l’est de la capitale.

Aucun de ces attentats n’a été revendiqué jusqu’à présent mais on les attribue à l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), dernier mouvement actif issu de l’insurrection islamiste de 1992, qui a fait allégeance à Al Qaïda fin 2006 sous l’étiquette d’AQMI.

Le double attentat qui a visé dimanche dans un premier temps l’ingénieur français et son chauffeur, puis huit militaires et deux membres de la protection civile venus à son secours, montre aux yeux des analystes que les activistes djihadistes affinent leur tactique pour frapper spectaculairement en milieu urbain.

Bien que la société de travaux publics française Razel, qui employait la victime, ait déjà été la cible en septembre d’un autre attentat suicide, revendiqué par AQMI, il s’agit du premier Français tué depuis les "années de plomb" de l’insurrection islamiste en Algérie.

Plusieurs société françaises - dont Aéroports de Paris et Michelin - ont rapatrié en 2007 les familles de leurs salariés après un appel du numéro deux d’Al Qaïda, Aymane al Zaouahri, à la liquidation de la présence française et espagnole au Maghreb.

Les attentats des derniers jours rompent l’accalmie très relative qui avait suivi le double attentat à la bombe contre la représentation des Nations unies et l’immeuble de la Cour constitutionnelle en décembre dernier à Alger. Cette action, qui avait fait 41 morts, avait été revendiquée par AQMI.

Mais certains analystes pensent qu’il ne faut pas en déduire que les islamistes de l’ex-GSPC, qui ne seraient plus que quelques centaines, traqués par les forces de sécurité dans leur fief de Kabylie, auraient pris le dessus. "Ce groupe n’est pas aussi fort qu’il y paraît", estime Henry Wilkinson chez Janusian Security Risk Management, filiale du Risk Advisory Group. "Ces attaques visent à accréditer l’idée qu’il continue à constituer un défi sérieux, mais elles dénotent plus de la faiblesse que de la force."

Néanmoins, selon Anne Guidicelli, du cabinet parisien Terrorisc, les auteurs des attentats des derniers jours ont soigneusement préparé le déroulement de leurs actions pour faire croire à l’incapacité des forces de sécurité de prévenir leurs agissements.

Les forces de sécurité chercheraient de fait à s’adapter au changement de tactique d’AQMI, qui a délaissé ses coups de main contre les militaires et policiers dans des lieux reculés au profit d’attentats en milieu urbain. "Après la mort de plusieurs de leurs membres en vue, les groupes armés cherchent maintenant à prouver qu’ils sont encore capables de mener des attentats", convient l’analyste politique algérien Saïd Guesmi, spécialiste des questions de sécurité.

Il estime que les islamistes éprouveront toutefois plus de difficultés à frapper dans les centres urbains car les mesures de sécurité y ont été considérablement renforcées autour des bâtiments officiels et "sensibles" depuis le double attentat meurtrier de décembre à Alger.

Toute généralisation de ce type d’attentats pourrait en effet à la longue ébranler la confiance d’investisseurs étrangers, qui, pour le moment, continuent à juger les avantages de travailler en Algérie - pays riche en gaz et en pétrole - largement supérieurs aux risques encourus.

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Mardi 10 Juin 2008

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