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Néolibéralisme et conséquences
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Reinhard Koradi
Mercredi 1 Février 2012
La lutte contre la crise financière et économique a pris des formes presque grotesques. On évite avant tout d’aborder les origines de la crise. Si on voulait s’attaquer aux origines, il faudrait avouer alors de graves fautes et des erreurs de réflexion et d’action. Ainsi, il se poserait forcément la question de savoir qui sont les auteurs, ce qui leur augmenterait la difficulté de se tirer d’affaire. Ce ne serait alors pas aux citoyens des Etats avec finances encore plus ou moins intactes d’assumer les dommages qui se comptent en milliards d’euros, mais aux auteurs mêmes. L’Allemagne et la France, les colosses de l’UE, se retranchent toujours encore, quelle que soit la raison, derrière les plans de sauvetage de l’euro. Une fois de plus, il s’agit ici aussi d’une tromperie puisque les efforts de sauvetage ne s’adressent pas vraiment aux pays en détresse de la zone euro mais aux banques tombées dans l’impasse. Penser l’invraisemblable Les pays surendettés doivent reprendre leur souveraineté. Ils doivent obtenir la «liberté décisionnelle» en ce qui concerne la maîtrise de leur endettement démesuré. Les budgets d’Etat hors contrôle sont à accepter et à résoudre en tant que problème national. Le fait de surélever la politique de l’endettement national à un niveau européen, voire mondial, empêche la recherche de véritables solutions à la crise de la dette. Les frontières géographiques sont donc une nécessité absolue pour limiter la crise dans l’espace et pour développer et réaliser ainsi des approches de solutions efficaces et réalistes. Auto-responsabilité pour les Etats en crise Les Etats en crise doivent obtenir leur indépendance pour pouvoir prendre eux-mêmes la crise des dettes en main. Le fait de vouloir éliminer ses dettes par de nouveaux endettements n’aide que les banques, mais certainement pas les Etats concernés. L’immense montagne de dettes doit être rigoureusement réduite. Cela fait mal, avant tout aux banques créancières. Des programmes d’austérité accompagneront la décote. Les gouvernements devront publier ouvertement leur politique face aux citoyens et prouver, à travers leurs actes, leur sérieux pour négocier dans l’intérêt du pays. Dettes des banques ou des contribuables?Pourquoi faudrait-il engager de l’argent des contribuables pour financer les spéculations erronées et la mentalité de casino des banques? Tomber en faillite est certainement douloureux pour certaines banques et aura certes des conséquences considérables au niveau de l’économie nationale. Mais qu’est-ce qui est le plus grave? L’effondrement des Etats européens ou celui de quelques banques surdimensionnées? Le réajustement des structures est un événement récurrent dans l’histoire de l’économie. L’industrie textile et l’industrie lourde ont dû passer par là, et un réajustement des structures agricoles sera même forcé au niveau politique. L’économie actuelle des banques et de la finance a dépassé son zénith et doit faire face à un processus d’affaissement. Plus vite ce fait sera accepté, et le véto exprimé contre le commerce autonome du monde financier, du FMI, de la BCE et de quelques représentants de gouvernements et d’autres directeurs à l’écoute de l’économie, plus vite pourra débuter une amélioration de la situation actuelle très menaçante.Les médicaments prescrits par le FMI et la BCE contre l’économie des dettes n’est rien d’autre qu’une lutte contre les symptômes avec des suites tardives incontrôlables. Payer des dettes avec d’autres dettes est une entreprise hasardeuse qui risque bien d’entraîner les économies nationales plus ou moins saines dans le gouffre. Ne faut-il pas préférer la fin de la frayeur à la frayeur sans fin? Autrement dit: pourquoi ne pas accepter une mise en faillite organisée des «économies nationales et des banques malades»? Le plan de sauvetage de l’euro va dans la fausse direction. Il va saigner l’Europe à blanc sans aucune chance de pouvoir résoudre la misère financière et économique. Là-contre, les banques continuent de laver leurs «prêts toxiques» en cédant les risques aux citoyens des pays de la zone euro. C’est uniquement par la souveraineté nationale, l’auto-responsabilité et l’utilisation des connaissances économiques avérées qu’on trouvera – même si c’est douloureux – une issue à la crise financière et économique des divers Etats nationaux autonomes. Le temps est venu d’opposer un refus univoque au dictat uniforme et néolibéral d’Outre-Atlantique, de l’UE et du FMI. Avec leurs théories et mesures prises (marchés sans limites, mise en marche de la planche à billets), ils ont agi comme l’apprenti-sorcier qui a oublié sa baguette et son dicton, et qui a ainsi perdu tout contrôle des évènements. http://www.horizons-et-debats.ch Mercredi 1 Février 2012
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