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Les analyses montrent des failles au sujet de la déclaration US sur le site nucleaire de Qom


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Jeudi 1 Octobre 2009

Les analyses montrent des failles au sujet de la déclaration US sur le site nucleaire de Qom
La version des faits qui a dominé les médias la semaine dernière, sur le deuxième site d'enrichissement d'uranium Iranien, est l'affirmation officielle que les services secrets Américains avaient surpris l'Iran essayant de cacher une installation nucléaire « secrète ».  
 
 Mais une analyse, par un haut fonctionnaire de l'administration, de la transcription de ce briefing, qui est l’unique source  sur laquelle les médias se sont basés, et d'autres preuves,  indiquent des conclusions erronées, des faits contradictoires et des questions sans réponse, ce qui met à bas la crédibilité de ce document.  
 
 La notification de l'Iran, à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), de sa deuxième centrale d'enrichissement, dans une lettre du 21 Septembre a été totalement ignorée par la plupart des médias et interprétée comme une manœuvre pour répondre à la déclaration des services secrets Américains. En nous présentant les faits de cette façon, les journalistes se sont totalement fiés au témoignage « des hauts fonctionnaires de l'administration » qui les ont briffés au sommet G20 à Pittsburgh Vendredi.  
 
 Les services secrets Américains « avaient appris que les Iraniens ont appris que le secret sur la centrale a été compromis », a déclaré un des fonctionnaires, selon la transcription de la Maison Blanche. Les Iraniens ont informé l'AIEA, a-t-il affirmé, parce qu’ « ils sont venus à la conclusion que la valeur du site en tant que site secret n'était plus valide… »  Plus loin dans le briefing, le haut fonctionnaire a cependant déclaré « nous croyons », plutôt que « nous avons appris », en se référant à cette déclaration, indiquant que c'est seulement une déduction plutôt qu'une information basé sur de solides renseignements.  
 
 Le haut fonctionnaire a refusé d'expliquer comment les analystes Américains en sont arrivés à cette conclusion, mais l’analyse d’une photo satellite du site prise Samedi par l'entreprise de conseil en renseignement pour la défense, HIS Jane,  indique qu'il y a un système de missiles sol-air situé sur le site.  
 
 Bien que des missiles sol-air protègent un grand nombre d'emplacements militaires Iraniens, leur présence sur le site de Qom ne signifie cependant pas nécessairement que l'Iran croit que Washington vient juste de découvrir la centrale d'enrichissement.
 
 Le haut fonctionnaire a déclaré que l'administration a organisé, pendant l'été, pour l'AIEA un briefing de renseignements sur le site sur l’éventualité que les Iraniens puissent « choisir de révéler le site d’eux-mêmes ». Mais il n'a donné aucune explication sur le fait qu'il n'y a eu aucun briefing donné à l'AIEA ou à quiconque jusqu'au 24 Septembre - trois jours après que les Iraniens aient révélé l'existence du site.  
 
 Une question majeure autour de la version officielle est de savoir pourquoi l'administration Obama, avant la lettre Iranienne à l’AIEA, n'avait rien fait - et n'avait apparemment aucun plan pour faire quoique ce soit - au sujet du site Iranien de Qom. Questionné pour savoir si l'administration avait prévu de maintenir cette information secrète même après la réunion avec les Iraniens du 1er octobre, le haut fonctionnaire a eu une réponse très révélatrice, « je pense qu’il est impossible de retourner en arrière dans le temps pour dire ce qu’on aurait fait autrement. »  
 
 En effet, la réponse est non, il n'y a eu aucun plan pour briffer l'AIEA ou qui que ce soit.  
 
 Les médias d’informations ont joué la version du haut fonctionnaire, diffusant que les services secrets Américains « étaient au courant de l’existence de ce site depuis des années ».  
 
 Mais ce qui n'a pas été rapporté est qu'il a seulement voulu dire que les États-Unis étaient au courant d'un éventuel site nucléaire, pas un dont la fonction était connue.  
 
 Le haut fonctionnaire en question a reconnu que les analystes n’ont, pendant longtemps, pas été capable de l'identifier en tant que site d'enrichissement. « Dans les toutes premières étapes de la construction, » a dit le fonctionnaire, « un bâtiment de ce genre pourrait avoir de multiples utilisations. » Les analystes du renseignement ont dû « attendre jusqu'à ce que le bâtiment ait atteint un niveau d’avancement suffisant pour être indéniablement identifié comme étant un site de centrifugeuse, » a-t-il expliqué.  
 
 Le fait que l'administration n'avait entrepris aucune démarche pour informer l'AIEA ou d'autres gouvernements à propos du site, avant que l'Iran n’ait révélé son existence, suggère que le site n'avait pas encore atteint l’avancement suffisant pour lever l’ambigüité sur sa nature.  
 
 Un ancien haut fonctionnaire Américain qui a vu le document des services secrets et dont le rôle était de briffer les gouvernements étrangers, a dit à l'IPS qu'il doute que la communauté du renseignement ait une preuve irréfutable que le site de Qom est une installation d'enrichissement. « Je pense qu'ils n'ont pas de preuves, » a-t-il dit.
 
 En outre, un des objectifs, que sert ce briefing des services secrets au sujet du site d’enrichissement, est de créer la confusion. Le briefing conclut que le site de Qom doit servir pour la production d'uranium enrichi à usage militaire, car il ne contient seulement que 3.000 centrifugeuses, ce qui serait trop peu pour fournir le carburant pour une centrale nucléaire.  
 
 Selon l'ancien haut fonctionnaire Américain qui a lu ce rapport des services secrets, le document indique cependant explicitement que le site de Qom est « un site militaire éventuel ». Cette tournure indique que les analystes des services secrets ont du penser que le site pourrait être pour produire des bombes à uranium faiblement enrichi plutôt que hautement enrichi.  
 
 Cela implique aussi que le haut fonctionnaire de l'administration, qui a révélé l’information à la presse, a délibérément dépeint le nouveau site d'enrichissement en des termes plus menaçants que l'évaluation réelle des services secrets.
 
 L'offre du Président Iranien, Mahmoud Ahmadinejad, au lendemain de la dénonciation du site par les chefs d’Etat Américain, Britannique et Français, pour permettre à l'AIEA de contrôler le site, rendra encore plus difficile de justifier que le site est à des fins militaires.  
 
 Ceci suggère indirectement que l'Iran n’a jamais prévu de garder le site de Qom secret à l'AIEA, mais a attendu pour rendre l’information publique un moment qui sert ses objectifs politico-diplomatiques.  
 
 Le gouvernement Iranien est bien conscient des capacités Américaine à surveiller par satellite n'importe quel emplacement en Iran qui montre certaines caractéristiques.  
 
 L'Iran a clairement voulu rendre publique l'existence de l'emplacement de Qom avant que la construction du site n’indique clairement son rôle de site d'enrichissement en uranium. Mais ils n'ont fourni aucun détail à l'AIEA dans leur annonce initiale, espérant évidemment découvrir si les Etats-Unis étaient déjà au courant à son sujet ou à quel point ils étaient au courant.  
 
 Le timing specifique de la lettre Iranienne semble cependant être liée aux prochains entretiens entre l'Iran et le P5+1 - Chine, France, Grande-Bretagne, Russie, Etats-Unis et Allemagne - et expose une stratégie émergente de l’Iran qui est de fabriquer de plus petites installations nucléaires de secours, qui assureraient la continuité si Natanz était attaqué.
 
 L'annonce Iranienne de cette décision a le 14 Septembre coïncidé avec un rapport du chef de l'Organisation de l'Energie Atomique de l'Iran, Ali Akbar Salehi, mettant en garde contre des attaques préventives sur les installations nucléaires du pays.  
 
 Le jour d’après, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont dénoncé le site de Qom comme faisant parti d’un programme secret plus large, a déclaré Salehi, « étant donné la menace, notre organisation a décidé de faire ce qui est nécessaire pour préserver et continuer nos activités nucléaires. Ainsi nous avons décidé de mettre en place de nouvelles installations qui garantiront la continuation de nos activités nucléaires qui ne s'arrêteront jamais quelque soit le coût. »  
 
 Les photos satellites de l’emplacement montrent que le site d'enrichissement de Qom a été construit sur le côté d'une montagne, le rendant moins vulnérable à une attaque, même avec les dernières bombes Américaines anti-bunker, bunker-busting.  
 
 Le journal pro-gouvernemental Kayhan a cité « un haut fonctionnaire informé » déclarant que l'Iran avait indiqué à l'AIEA en 2004 qu'ils devaient faire quelque chose au sujet de la menace d'attaque sur ses installations nucléaires, « régulièrement réitérées par les pays occidentaux ».  
 
 Le journal gouvernemental a qualifié l'existence du deuxième site d'enrichissement d'uranium de « carte gagnante » qui accroitra les capacités de négociation de l'Iran dans les pourparlers. Ce qui se réfère vraisemblablement à neutraliser la menace Américaine coercitive finale contre l'Iran. 

Traduction Alter Info
 
 http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=48649



Jeudi 1 Octobre 2009


Commentaires

1.Posté par sharaf le 01/10/2009 23:38 | Alerter
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Tous les jours la même musique chez ces coyotes modernes:

"Lorsque l'on veut tuer son propre chien , on dit qu' il a la rage ! "
- Proverbe probablement sioniste?!
.
En tout cas c'est ce qu'ils font ici maintenant ! exemple chez Israël 24 ,T Fou 1, et tout ces médiasraèl dominants l'information et manipulants tout le monde du moins en majorité.
Merci à vous Alterinfo pour votre noble tache de nous informer ainsi, que Dieu vous protège !
Paix à vous tous !

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