ALTER INFO

Les USA et Israël, les vrais États ratés


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 8 Décembre 2016 - 13:05 Formidable reprise économique aux USA

Jeudi 8 Décembre 2016 - 12:40 Fidel et le Che : deux politiques différentes



Paul Craig Roberts
Mardi 6 Février 2007

Les USA et Israël, les vrais États ratés

Les USA et Israël, les vrais États ratés


Par Paul Craig Roberts


Les allusions de plus en plus répandues des USA et d'Israël à propos du Moyen-Orient Musulman comme à une collection d'États ratés font partie de la campagne de propagande pour ôter leur légitimité aux États Musulmans et pour les dresser à l'attaque. Ces accusations proviennent de l'orgueil démesuré de nombreux israéliens, qui se voient comme le " peuple élu de Dieu, " une garantie d'immunité au lieu d'un appel à la responsabilité, et de beaucoup d'étasuniens, qui considèrent leur pays comme " la ville sur la montagne " qui est " la lumière du monde. " Mais les USA et Israël correspondent-ils au profil des États heureux, ou sont-ils eux-mêmes des États ratés ?


Il peut être établi de manière patente que les USA et Israël sont des états avortés. Israël est prétendument une démocratie, mais il est contrôlé par une minorité de fanatiques sionistes qui commettent des atrocités contre les palestiniens afin de provoquer des actes de terrorisme qui servent ensuite à perpétuer la mainmise de la droite sur le pouvoir politique. Israël a mis au point le retour de flamme comme outil de contrôle politique. N'ayant aucune diplomatie, l'État israélien compte entièrement sur la contrainte. Il se tient isolé du monde, excepté des USA qui soutiennent son existence avec de l'argent, des armes, et leur veto aux Nations Unies.


Israël survit grâce au soutien vital des USA. Un État qui ne peut exister sans assistance extérieure est un État avorté.


Et les États-Unis ? Les USA sont un fiasco encore plus grand. Leur existence ne dépend pas du soutien vital extérieur. Les USA ont échoué d'une autre manière. Non seulement l'État a échoué, mais la société aussi.


Les six dernières années ont vu la montée du pouvoir dictatorial dans l'exécutif et l'effondrement de la séparation des pouvoirs exigée par la Constitution US. Le président a lui-même déclaré être " le Décideur. " Le pouvoir de décider inclut le sens et le but des lois passées par le Congrès et si les lois s'appliquent à l'exécutif. Le président Bush a ouvertement reconnu qu'il a désobéi à la Loi de Surveillance du Renseignement Étranger et qu'il a espionné illégalement les étasuniens sans justification. Bush et son ministre de la Justice ne pourraient pas mieux faire comprendre que leur point de vue est que Bush est au-dessus de la loi.


Le point de vue de Bush est aussi qu'il est au-dessus de la Constitution. Bush et son ministre de la Justice maintiennent qu'en tant que commandant en chef de " la guerre contre le terrorisme, " l'exécutif a le pouvoir de décider de l'application des libertés civiles garanties par la Constitution. Le ministère de la Justice US (sic) a pris la position que cette décision est une initiative de l'exécutif seul, au delà de l'autorité de l'ordre judiciaire et du corps législatif.


Un Congrès affaibli et mutilé a accepté l'accroissement du pouvoir de l'exécutif, codifiant même des pouvoirs exécutifs inconstitutionnels dans la loi. Le Décideur a saisi le pouvoir d'arrêter des gens sur seule accusation et de les détenir indéfiniment sans charge ni preuve. Il a obtenu le droit de torturer ceux qu'il arrête. Les Conventions de Genève ne s'appliquent pas au président des USA, déclare le régime. Bush a obtenu le droit d'envoyer les gens à la mort dans des tribunaux militaires sur la seule base de la rumeur et de preuves secrètes. Le régime Bush a réussi à éloigner les États-Unis des fondements sur lesquelles les pères fondateurs les avaient placés.


Le régime Bush a conduit les étasuniens à faire la guerre en Irak grâce à des mensonges et la tromperie. C'est un fait connu et incontesté. Le Congrès n'a fait rien au sujet de ce crime monstrueux, un délit passible de destitution.


Sous la norme de Nuremberg, l'agression gratuite est un crime de guerre. Les USA ont établi cette norme. Bush l'a violée dans l'impunité.


Bush et son ministre de la Justice font valoir le pouvoir de Bush d'attaquer l'Iran indépendamment d'une déclaration de guerre, ou de toute forme d'approbation, du Congrès. Bush affirme que son pouvoir d'attaquer l'Iran est simplement une extension de son pouvoir actuelle de conduire la guerre en Irak, un pouvoir saisi sur la base de mensonges et de tromperie. Le Congrès n'a pris aucune mesure pour détromper Bush de ses prétentions.


Les préparations de Bush pour attaquer l'Iran sont bien visibles. Le monde entier peut voir les préparations et s'attend à l'attaque. Le Congrès est muet face à un élargissement catastrophique d'une guerre pour laquelle une grande majorité d'étasuniens est maintenant opposée.


Lors des élections nationales il y a trois mois les étasuniens ont usé de démocratie dans une vaine tentative de réfréner les manières bellicistes du régime Bush en mettant en minorité le parti Républicain et en donnant le contrôle des deux chambres du Congrès aux démocrates.


Au lieu d'agir, les démocrates ont usé de roublardise.


En effet, certains se sont joint à la propagande guerrière de Bush. Hillary Clinton, considérée favorite de la proposition démocrate à la présidence, a récemment déclaré lors d'une soirée donnée par l'AIPAC, le premier instigateur de la guerre contre l'Iran, que l'Iran est un danger pour les USA et une grande menace pour Israël.


Les déclarations de Hillary sont absurdes. Israël a un grand nombre d'armes nucléaires et de systèmes de lancement. L'Iran n'en a aucun. L'Iran n'a pas la capacité de nuire aux USA et il n'aurait aucun motif excepté les provocations gratuites du régime Bush. Un État dans lequel un compétiteur majeur à la nomination présidentielle peut faire des affirmations complètement absurdes sans en subir les conséquences est un État raté.


Les Etats-Unis sont un état avorté, parce qu'il n'est pas possible que les véritables chefs y émergent. La politique est contrôlée par des groupes d'intérêt, tels que l'AIPAC, le complexe militaro-industriel, les sociétés transnationales, et les agences de " sécurité " qui sont une vaste accumulation inexplicable de pouvoir. Les étasuniens ont parlé en novembre et cela n'implique absolument rien.


Le peuple est affaibli parce que les médias n'ont plus d'indépendance. Les médias US servent de propagandistes à l'État. Ce ne peut pas être autrement avec des médias fortement groupés, dirigés non pas par des journalistes mais par des chefs de la publicité protégeant les valeurs habituelles qui proviennent des licences d'émission fédérales délivrées par l'État.


Comme trois dupes, le Congrès ne voit aucun mal, les médias ne parle pas mal, et le peuple n'entend rien de mal. Aux USA les " informations " consistent en propagande du gouvernement. Les " informations " aux USA sont exactement comme les " informations " dans [le roman] 1984 de George Orwell.


Les USA sont un état avorté, parce qu'il n'est fidèle à aucun des principes sur lesquels il a été établi. Aujourd'hui, partout dans le monde, les USA sont vus comme un État vaurien, une plaie hégémonique, et comme la plus grande menace pour la paix et la stabilité. Dans leur nouvelle signalétique, les USA sont en contradiction totale avec l'intention des pères fondateurs. Il n'y a pas plus grand échec que cela.


Les universitaires font la différence entre États avortés et vauriens. Les USA et Israël réunissent les deux critères. Les USA et Israël conduisent le monde vers des actions militaires agressives et vers des massacres de populations civiles. Les deux pays réunissent les principaux signes des États avortés tels qu'ils ont été publiés en 2005 dans l'Index des États ratés de la Politique Étrangère.


Les principaux indicateurs des États avortés sont l'inégalité (pas que la pauvreté), " la criminalisation ou la perte de légitimité de l'État, qui arrivent quand ses institutions sont considérés corrompues, illégales, ou inefficaces, " et " de facteurs démographiques, spécialement la poussée des populations provenant de réfugiés " et " de populations déplacées à l'intérieur. "


Tous les signes économiques prouvent que l'inégalité de revenu et de richesse augmentent rapidement aux USA. La croissance de l'inégalité est le résultat de la politique de l'État qui favorise les actionnaires et les cadres des sociétés aux dépens des employés.


Les différences de revenus entre les israéliens et les palestiniens ghettoisés sont énormes.


Les procès et les enquêtes sur les principaux personnages politiques aux USA et en Israël sont des faits ordinaires. Actuellement, l'ancien major général du vice-président US est en procès pour mensonge au FBI afin d'essayer d'entraver une enquête sur la révélation illicite d'un agent secret de la CIA par le régime Bush. L'accusé affirme que c'était la chute du type ou de plus grands avatars


En Israël le président du pays est accusé de viol et il fait face à l'acte d'accusation.


Les USA et Israël ignorent systématiquement le droit international et ils sont accusés d'avoir commis des crimes de guerre par les organismes des droits de l'homme. Les tribunes du Congrès US se sont révélées totalement inefficaces et peu disposées à contraindre le pouvoir exécutif. Les étasuniens ont appris qu'ils ne peuvent pas changer les politiques du gouvernement par des élections. En fomentant la disparition des libertés civiles qu'ils ont jurés de défendre, le président Bush et Gonzales, le ministre de la Justice, ont fait perdre leur légitimité aux États-Unis, les transformant en instrument d'oppression.


La politique d'Israël en Cisjordanie a déplacé un million de palestiniens, les forçant à devenir réfugiés de leur propre terre. La Jordanie est pleine de réfugiés palestiniens, et l'existence palestinienne en Cisjordanie est de plus en plus confinée dans des ghettos, les coupant des fermes, des écoles, des soin médicaux et des autres palestiniens. Le président Jimmy Carter a décrit l'occupation israélienne de la Palestine comme de la " ségrégation. "


Pendant des décennies contre l'opposition publique le gouvernement US a encouragé l'immigration massive légale et illégale de diverses gens dont l'échec à s'assimiler balkanisait la population. Les réfugiés économiques du Mexique changent la fidélité à des régions entières du sud-ouest et leur culture, et font monter l'animosité raciale.


Lors d'une récente entrevue, Noam Chomsky a défini une caractéristique d'un État avorté comme un " déficit démocratique, c'est-à-dire, un écart important entre politique publique et opinion publique. " Nous voyons cet écart dans la décision d'aggraver la guerre en Irak de Bush en dépit de l'opposition de 70% du public étasunien. Que signifie la démocratie si les dirigeants élus ignorent la position publique ?


Un autre caractéristique d'État avorté est le fiasco à protéger ses propres citoyens. Les politiques agressives d'Israël contre les palestiniens provoquent des attaques terroristes contre les citoyens israéliens. Ces attaques sont ensuite utilisées pour justifier plus d'oppression contre les palestiniens, menant à davantage de terrorisme. L'agression militaire de Bush au Moyen-Orient est la cause principale de toutes les menaces terroristes faisant maintenant face aux étasuniens.


Un autre caractéristique d'État raté est le départ des citoyens. Beaucoup d'israéliens, ne voyant aucun futur pour Israël dans l'hostilité du gouvernement pour les arabes, partent. Au sein des israéliens eux-mêmes, la légitimité de l'État est si mise en danger que la Knesset a précisément passé une loi pour retirer leur citoyenneté aux israéliens " peu patriotes ".


Aux USA un grand pourcentage de la population a perdu confiance en la loyauté du gouvernement. Les sondages montrent que 40% des étasuniens ne croient pas l'histoire du gouvernement selon laquelle les attaques du 911 étaient un travail de terroristes arabes. Beaucoup croient que l'attaque était une opération " sous fausse bannière " effectuée par des éléments du régime Bush afin de faire naître l'acceptation publique pour ses projets d'invasions au Moyen-Orient.


Un État qui ne peut tolérer la conscience morale chez ses soldats est un État avorté. L'échec des États-Unis peut l'être vu dans leur action judiciaire contre le lieutenant Ehren Watada. Watada vient d'une famille ayant un héritage militaire. Sa réponse à l'attaque du 911 fut de se joindre aux militaires. Diagnostiqué avec de l'asthme, son examen médical a échoué, mais il a persévéré et a fini avec une mission d'officier.


Le problème de Watada c'est qu'il peut reconnaître un crime de guerre même lorsqu'il est commis par un État pouvant faire la loi. Les tortures à la prison d'Abu Ghraib et l'évidence que Bush a trompé les étasuniens au sujet des armes de destruction de masse ont fait réaliser à Watada qu'il était du mauvais côté des principes de Nuremberg, de la charte de l'ONU, et du Code Militaire US, qui dit que les soldats étasuniens ont l'obligation de désobéir aux ordres illégaux. Il s'est engagé au service de son pays, pas pour tuer des gens pour des raisons illégales et immorales.


Watada a refusé de se déployer en Irak. Il est jugé pour refus de déploiement et pour avoir insinué que le président Bush avait trompé les étasuniens.


Maintenant, chaque étasunien attentif sait que Bush les a trompés, et nos plus grands patriotes ont dit ainsi. Watada est en procès pour avoir suggéré ce que chacun sait être vrai. Il n'est pas jugé pour la vérité. Il est jugé pour avoir dit la vérité.


Le refus de se déployer est une accusation plus compréhensible. Il n'y aurait pas d'armée si les soldats ne suivaient pas les ordres. Cependant, comme les USA l'ont établi au tribunal des crimes de guerre de Nuremberg, suivre les ordres n'est pas une excuse de participation à des crimes de guerre. Aux procès des crimes de guerre nazis, ce sont les USA qui ont insisté sur le fait que les soldats étaient responsables d'user de jugement au sujet de la légalité de leurs ordres.


C'est ce qu'a fait le lieutenant Watada. Son procès n'abordera pas le sujet de la justesse de son jugement. Le témoignage contre lui sera qu'il ne s'est pas déployé.


En jugeant le lieutenant Watada le gouvernement US insiste sur le fait que les troupes ne sont pas responsables de juger la légalité de leurs ordres, mais uniquement de s'y conformer. La norme appliquée aux allemands de la Deuxième Guerre Mondiale est trop élevée pour être appliquée aux étasuniens.


Dans une armée d'appelés le refus d'accepter des ordres illégaux de Watada aurait pu être utilisé par les conscrits chair à canon pour faire avorter l'agression projetée par l'État. Cependant, dans une armée d'engagés dans laquelle les soldats cherchent à servir, permettre au lieutenant Watada d'avoir sa conscience ne met pas en péril la structure du commandement. D'autres moins attentionnés et moins conscients porteront en avant l'entreprise de l'État.


Le cas d'Israël et des USA n'empêche pas quelques États Musulmans de réunir aussi des critères d'échec. Cependant, l'Irak, une création artificielle des puissances coloniales occidentales, a été conduit à l'échec et à la guerre civile par l'agression US. L'Iran, une nation avec une histoire de 5.000 ans, n'est certainement pas un État raté. Les principaux États avortés du Moyen-Orient sont les marionnettes des USA. Ils représentent l'hégémonie étasunienne, pas les intérêts de leur peuple.


Ce que les USA et Israël tentent de faire est de transformer le Moyen-Orient Musulman entier en États avortés, c'est-à-dire, en régimes marionnettes. En étendant leur hégémonie au Moyen-Orient, les USA et Israël espèrent prolonger leurs propres existence ratée.



Original : http://www.counterpunch.org/roberts02052007.html

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Mercredi 7 Février 2007


Commentaires

1.Posté par karim le 07/02/2007 10:14 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

"Les USA et Israël, les vrais États ratés"

Les USA et Israël, les vrais États tarés !

2.Posté par ali le 07/02/2007 10:36 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

dans moins de 10 ans ou moins, un de ces deux états imposteurs aura très certainement disparu (politiquement au moins) réjouissons nous donc, patience patience...
le régime nazi aura duré moins de 12 ans, bouch(er) a volé les élections depuis pas encore 6 ans, on est à la moitié de la peine.

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires