Politique Nationale/Internationale

Les USA cernent la : après l’ABM en Tchéquie et en Pologne, maintenant, ils l’installent en Israël.


Depuis 1989, les dirigeants de l'URSS, puis de la Russie ont tout cédé aux USA. En échange, ils avaient de vagues promesses qui ne furent jamais tenues. Au contraire, les USA installent l'OTAN aux frontières de la Russie et la cerne de radars et de missiles de première frappe paralysante : après la Tchéquie et la Pologne, ils en installent un nouveau en Israël.
Le prétexte utilisé est toujours le totalement faux argument du futures bombes atomiques d'Iran. Or celles-ci n'existent pas. Et même si elles existaient un jour, ces armes ne changeraient en rien le rapport des forces au Moyen-Orient ou dans le Monde : de toute façon l'existence d'Israël est condamnée à terme par le développement démographique et économique de la région.
Reste que la Russie ne trouve pas une politique claire et lisible pour répondre à l'agressivité US qui vise aussi la Chine et d'une façon générale le principe de l'intangibilité de la souveraineté nationale et du droit au développement de tous les peuples.


abdellah.ouahhabi@online.fr
Jeudi 31 Juillet 2008

Les USA cernent la : après l’ABM en Tchéquie et en Pologne, maintenant, ils l’installent en Israël.
L’Agence Russe d’information, « Les Nouvelles » (RIA-N), nous rapporte ce jeudi 31 juillet que prétextant de la « menace iranienne », un haut responsable du Pentagone a confirmé mercredi sur CNN que les Etats-Unis allaient livrer à Israël un puissant radar de pré-alerte antimissile qui serait exploité par les deux pays.

La précision que le radar sera exploité par les deux pays est très importante.

En effet, la menace iranienne est aujourd’hui inexistante.
Pour un avenir à moyen terme elle est hypothétique. Et d’ici là ; il est certain que beaucoup de pays du seuil nucléaire auront confirmé leur option sinon leur accès à l’arme nucléaire. Pourquoi ?
Parce que les puissances nucléaires se sont montrées très peu crédible tout au long des décennies écoulées depuis la Seconde Guerre Mondiale :
• elles n’ont pas liquidé les armes nucléaires comme elles s’y étaient solennellement engagées, remplaçant les vielles armes par de nouvelles plus inhumaines encore ;
• elles ont contribué activement à la prolifération nucléaire en faveur de leurs alliés préférés (ce n’est pas le cas de l’URSS) ;
• elles n’ont pas abaissé substantiellement leur niveau d’armement classique ;
• elles ont, à plusieurs reprises abusé de la force contre de petits pays.

Au résultat, les pays du monde refusent un retour de la politique de la canonnière pour par exemple imposer par la force l’ouverture des marchés des pays émergents : nous avons le cas récent de l’Irak et le cas potentiel d’une agression de l’Iran pour réussir là ou le coup d’Etat contre Mossadegh en 1945 avait échoué en enfantant la Révolution Islamique Iranienne.
D’une manière ou d’une autre, les plus développés voudront pouvoir tenir tête à des exigences exorbitantes et menaçantes comme celles avancées par les pays occidentaux au sein de l’OMC et qui ont fait capoter la négociation.

La réponse à ce début de rébellion contre l’ordre mondial issu de la Seconde Guerre Mondiale, corrigé selon les seuls intérêts des Occidentaux – le régime soviétique ayant sombré – est la tentative que l’on voit se développer d’interdire à touts les pays émergents l’accès aux sciences et techniques relevant du double usage civil et militaire. Comme au bon vieux temps des colonies, on veut imposer l’ignorance et l’obscurantisme à tous les pays émergents désireux de se développer et d’améliorer le niveau de vie de leur peuple parce qu’à la vérité, toutes les sciences sont à double usage : la chimie, la biologie, la physique.
En même temps ces limitations sont très sélectives : la putative et très future bombe atomique iranienne est une menace put les USA ; mais celle de l’Inde ou du Pakistan ne le sont pas ! Et celle d’Israël ne l’est pour personne !

La vérité est autre. On utilise de fausses menaces comme cela fut fait en posant dans la presse US l’armée irakienne de Saddam Hussein comme « la plus puissante armée au monde après celle des USA et de l’URSS » pour justifier l’agression de ce pays.

Aujourd’hui, c’est l’Iran qui menace l’existence de l’humanité. L’Iran, un petit pays en voie de développement et au PIB modeste de soixante millions d’habitants…
L’Iran, un pays dont la gouvernance est de loin plus satisfaisante que celle de beaucoup d’« alliés naturels et privilégiés » des USA comme Israël dont un Président a dû démissionner parce qu’il était un violeur de femmes et dont le Premier ministre actuelle est un escroc acculé lui aussi à la démission.

Mais la cible, la vraie, la proie appétissante visée, c’est la Russie et son immense territoire bourré de ressources naturelles. La Russie dont l’armée puissante pourrait faire obstacle à la fringale post-coloniale des USA.

La seconde cible, c’est la Chine. Les USA ont utilisé les dissensions entre ce pays et l’URSS. A l’époque les dirigeants de ces deux derniers pays étaient trop bêtes et trop égocentriques, ethnocentriques pour ne pas voir l’intérêt vital de leur union. La faute est certainement plus lourde du côté soviétique. Mais cette situation a permis aux Usa de jouer la Chine contre l’URSS comme aujourd’hui on assiste au début de l’utilisation de l’Inde contre la Chine.

Pourquoi donc la Chine est-elle officiellement devenue un « ennemi potentiel » ?
Parce que la Chine a profité d’une longue période de paix civile et qu’une bonne gouvernance lui a donne l’occasion de se développer économiquement et scientifiquement dans des proportions exceptionnelles, notamment en jouant des contradiction du système capitaliste toujours à la recherche de profits plus grands au dépens des pays d’origine des capitaux. Ce développement a obligé la Chine à investir dans sa défense nationale : plus on est riche plus il faut protéger son bien. De plus, la Chine qui s’était limité à une politique très discrète est désormais dans la nécessité de défendre de plus en plus ouvertement ses positions économiques et donc diplomatiques à travers le monde.
Les USA n’ont pas la possibilité de s’acquitter à moyen terme de l’énorme dette de 1400 milliards de dollars envers la Chine. Ils n’ont plus les moyens militaires de l’obliger à leur céder ses intérêts dans l’arène internationale. Le cas échéant, elle pourrait se défendre efficacement. Elle aussi, elle est devenue un obstacle érigé devant la politique néo-coloniale des USA, donc elle est devenue un « ennemi potentiel ».

Se sentant menacés, la Chine et la Russie se sont rapprochées ces dernières années, y compris sur le plan militaire en créant l’OSC.

La carte géostratégique paraît simple. D’un monde bipolaire, on est passé à un monde désormais tripolaire. Mais un géant est en train de naître – l’Inde et cela nous pousse à voir le monde militaire selon un schéma quadripolaire.
L’Union européenne compte des membres puissants, mais elle n’a pas d’autonomie stratégique au plan mondial. Enfin, il ne faut pas oublier le Brésil.

Mais cette carte se brouille du fait de la Russie. Elle a laissé les USA détruire l’Irak à deux reprises. Qu’y a-t-elle gagné ? Rien ou presque.
Elle a accepté d’entériner les sanctions illégales et infondées contre l’Iran. Qu’y a-t-elle gagné ? Rien. Elle y a même beaucoup perdu parce qu’en acceptant les thèses US, elle a validé peu ou prou les arguments en faveur de l’installation à ses propres frontières de radars et de missiles US de première frappe paralysante. Cela, c’est à sa frontière ouest.

Et voilà qu’on apprend que les USA, avançant les mêmes faux arguments, vont exploiter un autre radar de détection en profondeur à sa frontière sud-ouest, en Israël !

Tout le monde le sait : la Russie espérait vendre sa passivité contre l’entrée dans l’OMC, en réceptionnant des capitaux occidentaux et en obtenant la possibilité d’investir dans les secteurs bénéficiaires de l’économies occidentale. Elle a bien offert sa passivité, voire sa complicité concrétisée par deux résolutions du Conseil de Sécurité contre l’Iran et par l’ouverture de sa frontière aux citoyens israéliens. Mais elle n’a obtenu que des miettes, sans rapport avec les immenses concessions qu’elle a cédées.
Plus grave, le couteau de l’OTAN se rapproche de zones vitales puisque l’alliance militaire des USA s’installera désormais, avec armes et bagages, à la frontière directe de la Russie, en Ukraine et en Géorgie, après la Roumanie et les pays de l’ex-bloc soviétique.

Et je parie qu’elle n’obtiendra pas plus que des miettes dans l’avenir.
Messieurs Medvedev et Poutine s’en rendront compte très bientôt.

Ces erreurs sont dues à la foi accordée au baratin des puissances néo-coloniales : elles présentaient le monde comme divisé idéologiquement. La Russie croyait qu’après le renoncement au marxisme, ce serait la paix dans le monde, l’amitié sans voile entre les USA et la Russie.

En réalité, le monde était divisé en prédateurs et en proies actuelles ou futures. Et il l’est toujours. Soit les proies se laissent distraire pas des illusions, s’éparpillent et se laissent dévorer les unes après les autres, avec le concours successif des unes contre les autres. Soit elles se solidarisent entre elles et s’engagent dans une défense commune autour des sacro-saints principes
de respect de la souveraineté étatique et des droits de peuples à disposer d’eux-mêmes,

du refus de la création par la force d’Etats-chimères, d’acquisition par la force de territoires,
de la justice sociale – clé de la stabilité intérieure,
du droit absolu au développement sans entraves extérieures par la menace ou par la force.

On nous dit souvent que le droit à la souveraineté nationale s’opposerait au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En réalité, tout n’a de sens que dans le refus du capitalisme : si personne n’exploite personne, n’asservit personne, il n’y a plus de fondement à la guerre et à l’accumulation des armes.

Et pour finir, je dirais que l’économie de marché est envisageable sans capitalisme monopolistique et mondialiste.


Jeudi 31 Juillet 2008


Commentaires

1.Posté par S.P.Q.R. le 01/08/2008 00:35 | Alerter
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"L'Iran, un pays dont la gouvernance est de loin plus satisfaisante que celle de beaucoup d'« alliés naturels et privilégiés » des USA comme Israël"= Comment on peut dire des trucs pareil, c'est absolument pas credible, c'est de la propagande.

2.Posté par sniper le 01/08/2008 01:30 | Alerter
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Au lieu de jouer les indignés pourrais tu accompagner tes réactions d'arguments démontrant que l'état sioniste est un model supérieur au model iranien avec son florilège de lois racistes et sectaires

3.Posté par michel49 le 01/08/2008 10:15 | Alerter
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Je ne crois pas que les russes soient naïfs à ce point, ils ont simplement besoin de temps pour reconstruire leur puissance en attendant d'être suffisamment forts pour affronter les USA; ce sont des joueurs d'echec, ils savent qu'il faur perdre quelques pieces pour gagner...

4.Posté par Babin le 01/08/2008 18:46 | Alerter
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faut pas oublier que les russes sont allier à l'iran dans la prochaine guerre israël,us contre iran , je ne serais pas surpris de voir une aide millitaire des russes (qui l'est déjà du point de vu matériels, missile par exemple).le problème c'est qu'une frappe contre une centrale nucléaire iranienne irradierait la régions du triangle persique (pétrole) rendant toutes les exploitations paralysées. comme c'est le cas dans une partie de la serbie contaminé par tchernobil où il y aurai des zones pétrolière contenant autant qu'au moyen orient . d'où l'indépendance du Kosovo donné par les américain pour garder un contrôle dans la région (il y a une base militaire us au Kosovo tout le monde le sais)

5.Posté par Jean-Pierre le 01/08/2008 23:37 | Alerter
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Je partage totalement l'argument de Michel49. Poutine a dû remettre l'ordre dans le désordre hérité d'Eltsine. Medvedev poursuit la tâche. Entre temps, les deux compères jouent l'arme économique, plus particulièrement celle de la livraison de matières premières et d'énergie. L'Europe étant totalement tributaire de ces livraisons, la Russie joue actuellement l'Europe (occidentale) contre les USA. Et on doit avouer que cela marche. Cela permet aux Russes de gagner du temps et d'affiner leur politique étrangère.

Ensuite, ils sont non seulement joueurs d'échecs et savent mesurer leurs coups, ils ont aussi une culture infiniment plus raffinée que celle des Amerloques qui ne voient le monde que par des oeillères pécuniaires. Il en va de même de la Chine qui a le temps devant elle et n'est pas soumise aux aléas des élections démocratiques. Ces pays peuvent donc planifier à très long terme. Ce que les USA sont parfaitement incapables de faire.

Et puis, la crise économique actuelle est devenue un atout majeur pour ces deux pays. Premièrement, ils s'enrichissent grâce à elle, ensuite ils (surtout la Chine) en détiennent les rênes. Ils peuvent donc stopper du jour au lendemain les apports de produits dont se gavent les capitalistes occidentaux. Ils peuvent confisquer leurs avoirs sur leur territoire (la Russie vient de mettre BP en demeure à ce niveau), et détiennent l'avenir du dollar. On rétorque souvent qu'ils s'appauvriraient s'ils agissaient de la sorte. C'est là une utopie typiquement occidentale qui croit que le reste du monde raisonne et fonctionne comme elle. La Russie, par exemple, ne souffre nullement de la hausse des prix des matières premières, elle en profite au contraire. La Chine, pour sa part, ne dépend pas des aléas des marchés pour ses besoins internes, comme on a trop souvent tendance à le croire. Elle conclut généralement des accords d'échanges bilatéraux, style trocs, non tributaires de la volatilité des prix. Ce sont là des atouts économiques que l'occident envieraient actuellement.

Que les USA et leurs alliés imbéciles fassent la première bévue, il s'en repentiront et nous, enfin, nous serons libérés de ce néo-libéralisme outrancier et dévastateur. Mais je crois que ni la Russie ni la Chine ne devront menacer d'une façon ou d'une autre. Les néo-capitalistes sont tellement bêtes et assoiffés d'argent qu'ils se détruiront eux-mêmes. La crise bancaire actuelle en est la preuve.

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