Conspiration

Les Pays-Bas les armes chimiques du régime de Saddam Hussein



IRIB
Samedi 26 Mai 2007

Dans la seconde moitié de la guerre imposée par l'Irak à l'Iran, un homme d'affaires néerlandais, Frans Van Anraat avait acheminé des milliers de tonnes de bombes chimiques à l'ancien régime irakien (en particulier des gaz moutarde). Quelques temps après l'invasion de l'Irak, Van Anraat, bénéficiant du soutien des services secrets néerlandais, il s'est sauvé de son refuge irakien pour regagner les Pays-Bas. Ce dernier espérait continuer à bénéficier du soutien des services de renseignements de son pays, pourtant, en 2004, accusé de complicité de génocide, il s'est retrouvé en prison. Quant à la question de ses relations avec les services de renseignements néerlandais, l'affaire a été étouffée. En avril, 2007, a eu lieu, le procès en Appel de Van Anraat avec des témoins qui venaient de Halabja (Irak) et d'Iran. La Cour a établi que Van Anraat était parfaitement au courant de l'utilisation de ses armes par le régime de Saddam Hussein. Il a été condamné à 17 ans de prison pour complicité de crime de guerre (et non pour complicité de génocide). Même si l'arrêt de la cour reconnaît d'une certaine manière les souffrances endurées par les victimes et les blessés des armes chimiques, cependant elle montre que les hommes politiques, les autorités et les usines qui ont été de près ou de loin impliqués dans cette affaire ont purement et simplement, échappé à la justice. Comme si on avait voulu préférer les intérêts économiques et politiques à la mort de plusieurs milliers de personnes innocentes. La justice aussi a été sacrifiée face à ces intérêts.



- La trace des dirigeants néerlandais dans l'envoi des armes chimiques à l'ancien régime irakien



Récemment, un website néerlandais qui prend position contre le commerce des armes, après avoir mis la main sur des documents et preuves classés "top secret" a publié un rapport complet, détaillés et digne de foi, sur le rôle des Pays-Bas dans la vente d'armes chimiques à l'ancien régime irakien. Le rapport donne des détails précis sur le volet économique et le bénéfice financier qu'a tiré le gouvernement néerlandais dans ce commerce criminel. En 1984, le ministère néerlandais des AE qui était au courant de l'utilisation de milliers de tonnes de produits chimiques exportés par les Pays-Bas, dans la fabrication des bombes chimiques, est soumis à des pressions étrangères, 4 ans plus tard et publie une liste des produits chimiques prohibés et subordonne l'exportation de ces produits à l'obtention d'un permis spécial. Dans le même temps, le département du Commerce du ministère néerlandais de l'Economie et les lobbies financiers ont mené des efforts inlassables pour limiter les produits inscrits sur cette fameuse liste ou pour retarder l'adoption définitive de cette liste. Ils ont finalement réussi à rayer de la liste le nom de certains produits facilitant ainsi l'exportation vers l'Irak, des produits chimiques utilisés dans la fabrication de bombes chimiques.



-Le théoricien libéral ou l'intermédiaire des marchands de la mort



L'homme clé de ces marchandages criminels s'appelle Frits Bolkestein qui à l'époque était le directeur adjoint du département du Commerce extérieur au ministère néerlandais de l'Economie. Bolkestein, un des théoriciens du parti libéral néerlandais, le VVD (1), prend la tête du parti dans la décennie 90 et deviendra par la suite le président de l'union mondiale des libéraux. Avant d'entrer en politique, il travaillait pour la compagnie pétrolière Shell, notamment en Afrique entre 1960 et 1976. Au cours des dernières années de sa collaboration avec Shell, il accède à la présidence de la filiale chimique de Shell à Paris. En 1983, un an avant l'établissement de la liste noire des produits chimiques, Bolkestein se rend en Irak, en tant que le haut représentant commercial du gouvernement néerlandais et s'entretient avec ses homologues baassites de la promotion des relations économiques bilatérales. Dans le même temps, des produits chimiques destinés à la fabrication des bombes chimiques sont acheminés en Irak par des entreprises néerlandaises, Melchimie et KBS (qui ont changé de nom depuis). Quelques temps, après cette visite, en 1984, les marchandages de Bolkestein et de ses collaborateurs avec le ministère des AE auront pour résultat la poursuite de l'exportation des produits chimiques en Irak faisant ainsi par la suite des milliers de victimes en Iran et dans le Kurdistan irakien. Par ailleurs, Van Anraat faisait acheminer des produits et des convois mortels à l'ancien régime de Saddam Hussein par tous les moyens possibles et imaginaires. Ainsi, les Pays-Bas ont fourni à eux seuls près de la moitié des produits chimiques mortels qui étaient entre les mains de l'ancien régime de Saddam Hussein. Or, l'utilisation de ce type d'armes est interdite depuis 1925 et elle considérée comme un crime de guerre. Malgré tout, Bolkestein qui avait ouvert la voie, aux marchands de la mort, devient quelques années après la fin de la guerre imposée par l'Irak à l'Iran, ministre de la Défense et envoie Van Anraat en Irak à titre d'agent secret néerlandais. En 1996, et au sommet de sa gloire, Bolkestein est trempé dans un scandale après la révélation de l'affaire de la lettre qu'il avait adressée au ministre de la Santé lui demandant de faire des faveurs à une société pharmaceutique dont il était également membre du conseil d'administration. Tout cela montre à quel point Bolkestein est intéressé par l'argent et des intérêts économiques n'hésitant pas à abuser de son pouvoir. De 1999 à 2004, Bolkestein était commissaire aux affaires fiscales et au marché au sein de l'UE. C'est sa fameuse directive sur le marché du travail européen qui avait suscité de nombreuses protestations dans les pays européens. Aujourd'hui, il conseiller auprès du parti libéral VVD, qui a soutenu l'intervention militaire américaine contre l'Irak. Des hommes politiques tels que Bolkestein, défendent leurs intérêts économiques et ceux des cartels. Ils ferment les yeux sur les principes moraux et placent leurs intérêts économiques devant la vie des êtres humains. En dépit du fait que Bolkestein se réclame des idées libérales, il est contre l'Islam et la culture orientale et défend la pensée greco-chrétienne. Il a, à nombreuses reprises et sournoisement, exprimé sa haine envers les musulmans. Pour ce type d'hommes politiques la liberté veut dire la liberté du marché pour les capitalistes. Voici le reflet de cette pensée dans une partie de la plaidoirie de Van Anraat au cours de son procès: " Si je n'avais vendu pas ces produits chimiques, quelqu'un d'autres l'aurait fait à ma place. De toute façon, je ne suis pas à l'origine de la décision des bombardements chimiques" (fin de citation).



(1): le parti VVD est l'un des deux partis qui ont proposé un projet d'un montant de 15.000.000 d'euros pour mener une campagne médiatique anti-iranienne. Ce projet est mis en œuvre depuis un an sous la forme d'une station radio (la radio Zamaneh) et des sites internets.


Samedi 26 Mai 2007

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