ALTER INFO

Les Palestiniens et le Siège Colonial


Dans la même rubrique:
< >


syryne3@hotmail.com
Dimanche 14 Octobre 2007

Les Palestiniens et le Siège Colonial
Palestine

Une analyse sans concession des effets dévastateurs du colonialisme sioniste sur le peuple palestinien, la violation de tous ses droits, avec, hélas, la complicité d'une partie de «l'élite » palestinienne. A lire pour ne pas être dupe des mensonges sionistes, et pour refuser de soutenir ce qui semble être un nouvel « Oslo » prévu pour novembre, avec les mêmes acteurs, dont certains palestiniens collaborateurs prêts à vendre les droits inaliénables et la terre de leur peuple pour un plat de lentilles. MD



Les Palestiniens et le Siège Colonial
S'il y a une phrase courte qui peut décrire la réalité palestinienne sous occupation israélienne aujourd'hui, c'est celle-ci : Subir un siège permanent sans se rendre. (1)

Mon but dans le texte qui suit c'est, premièrement, de défendre la justesse de cette déclaration. Depuis les accords d'Oslo de 1993, l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Gaza s'est développée sous la forme d'un siège colonial, atomisant graduellement et étranglant l'économie et la société palestinienne. Aggravé par un boycott international, le niveau de pauvreté oscille actuellement entre 70 et 80 %, avec un taux extrême sans précédent de chômage et une dépendance croissante sur l'aide alimentaire. (2) Deuxièmement, bien que la politique israélienne soit principalement à blâmer pour cette détérioration drastique des conditions de vie des palestiniens depuis 1993, l'élite nationale sécuritaire palestinienne est loin d'être innocente. Ils ont, en fait, joué un rôle junior mais pivot en créant ce nouveau régime. En légitimant la dépossession continuelle de leur peuple et la domination par Israël, ils ont fini par corrompre les aspirations nationales palestiniennes pour la justice et l'auto détermination. Sans projet alternatif en vue, le fondamentalisme religieux s'est vu confier la charge du nationalisme abandonné, et a augmenté drastiquement sa propre assise politique populaire. Troisièmement, le siège et la capitulation génèrent éventuellement une résistance de masse. Comme avec la première Intifada à la fin des années 80, qui a conduit à Oslo, les palestiniens se sont de nouveau révoltés dans le cadre d'une protestation populaire contre la colonisation et le déni national. Et avec l'Intifada al-Aqsa de septembre 2000, la résistance a été re légitimée. (3) Cette fois ci, les conditions étaient bien pires : il y avait peu de réserve en matière de pouvoir social et de poids politique. Les attentats suicide ont exprimé le désespoir croissant et la captivité des palestiniens, et la lutte armée a remplacé l'accent mis auparavant sur une participation politique de masse. J'examine ces nouvelles formes de résistance et scrute leurs possibilités d'obtenir une décolonisation sous des conditions de siège continu, le factionnalisme Hamas Fatah, et une absence de stratégie unifiée.




Atomisés et Encerclés
Le siège (ou bouclage) est sans doute l'instrument le plus pernicieux du contrôle colonial et des punitions par Israël. Cela veut dire à la base un déni du droit des palestiniens à la liberté de mouvement à travers l'utilisation de centaines de barrages et de points de contrôle, au total au nombre de 546. Le bouclage ne restreint pas seulement le mouvement des biens et des personnes vers l'extérieur, entre la Cisjordanie et Gaza, de même que de l'un de ces territoires vers Israël ou le monde extérieur. De même, il bloque la liberté de mouvement en interne en Cisjordanie. En revenant en arrière, initialement imposé lors de la première Intifada de 1991, ce régime a été consolidé et incorporé dans Oslo, pour être ensuite massivement intensifié depuis le début de la deuxième Intifada. Résultat : aujourd'hui 40 % de la Cisjordanie est inaccessible aux palestiniens.

Dans un rapport récent de la Banque Mondiale sur les restrictions de mouvement en Cisjordanie, Israël a été fortement critiqué pour la façon dont « le bouclage a été mis en application sous forme d'un ensemble de politiques compliquées et de pratiques qui ont fragmenté le territoire en des cantons encore plus petits et déconnectés. (4) Tout en reconnaissant (mais sans remonter plus profondément jusqu'aux racines du conflit) que les préoccupations sécuritaires d'Israël sont « indéniable et doivent être pris en compte » le rapport déclare clairement que :

« … C'est souvent difficile de réconcilier l'utilisation du bouclage pour des raisons sécuritaires de son utilisation pour étendre et protéger l'activité de colonisation et le relativement libre mouvement des colons entrant et sortant de la Cisjordanie…. Il est aussi difficile de justifier l'application discriminatoire du zonage et les règles de planification qui minimisent le pourcentage de terres disponible pour la croissance normale et le développement palestinien qui sont comme…. Il en résulte que l'économie palestinienne a été complètement dévastée et est sur le point de s'effondrer : l'effet concret de cet espace économique morcelé est que un jour donné, la capacité de se rendre à son travail, son école, aux magasins, aux centres de santé, et sur les terres agricoles est très incertaine, et sujette à des restrictions arbitraires et des délais. »

La plupart de tout cela est connu depuis des années. En fait, il y a quatre ans, Salem Ajluni, économiste en chef à l'ONU, a décrit l'étranglement économique par Israël des territoires occupés comme un acte délibéré d'appauvrissement - - en fait de faire plonger dans la misère - - un processus sans précédent dans l'histoire moderne palestinienne. (5) Avec le récent boycott économique et politique du gouvernement palestinien suite à la victoire électorale du Hamas en janvier 2006, le siège a été renforcé par des restrictions encore plus dures. Comme partie de ce que le rapporteur spécial sur les droits humains dans les territoires occupés, John Dugard, a appelé « une coercition économique pour un changement de régime » les palestiniens ont été encore plus étranglés : « dans les faits, le peuple palestinien a été traité ainsi… (Ils) ont été soumis à la forme la plus rigoureuse possible de sanctions internationales imposée dans les temps modernes. » (6)

Donc, ce qui a commencé comme une « mesure de bureaucratie militaire ad hoc, s'est cristallisée en une stratégie israélienne pleinement conscience avec un but politique clair : la séparation entre les deux peuples avec une apparence de séparation politique, mais avec un seul gouvernement - - Israël - - ayant le pouvoir effectif de façonner les destinées des deux. » (7) Si la stratégie d'Israël avant la première Intifada était l'exploitation et une inclusion partielle de la classe des travailleurs palestiniens dans l'économie israélienne comme main d'œuvre migrante journalière, depuis 1991 Israël a fait marche arrière vers son but originel sioniste de totale exclusion. (8) Alors, comme l'Apartheid en son temps, le sionisme combine la séparation politique avec l'exclusion économique. Azmi Bishara a décrit la logique du colonialisme sioniste comme « séparation à l'intérieur de la séparation ». Ce colonialisme déplace les gens, confisquent leurs terres où les contournent (ce terme, qui s'applique souvent aux routes, est pertinent). Il « développe » la terre pour la colonisation, mais pas pour ses habitants. (9) Par conséquent, le processus de conquête sioniste et de siège rappelle plus le traitement par les blancs des indiens autochtones en Amérique du Nord que celui des noirs sous le régime d'Apartheid en Afrique du sud. (10 Comme Fayez A. Sayegh le dit : « le Peuple de Palestine a perdu non seulement le contrôle politique sur son pays, mais de même l'occupation physique de son pays : il a été privé non seulement de son droit inaliénable à l'auto détermination mais aussi de son droit élémentaire à exister sur sa propre terre. » (11)

Un effet majeur d'une telle limitation, inégalité, et séparation cela a été une aliénation sociale et politique croissante. Non seulement les palestiniens occupés ont été aliénés de leur propre direction parce qu'elle a échoué à leur fournir une indépendance politique et continue de bénéficier de passes de VIP permettant de voyager librement, mais ils sont également devenus étrangers à leur propre pouvoir et capacité collective. Ce qu'Amira Hass appelle « vol de l'espace et du temps « collectif par Israël est ainsi expérimenté comme une masse de mesures bureaucratiques et de restrictions arbitraires que les gens doivent affronter et à travers lesquelles ils doivent naviguer en temps qu'individus quotidiennement, tuant leur sentiment de spontanéité, leur capacité à planifier, et la normalité du quotidien, et résultant dans une « privatisation de l'occupation à travers le sentiment croissant d'insécurité personnelle, d'incertitude, et d'impotence. » (12) Stratifiés et segmentés, les palestiniens ont donc du porter sur leurs épaules le poids lourd du siège en tant « qu'individus et familles plutôt qu'en tant que collectivité nationale: « autrefois j'avais l'habitude de rêver d'un état « a dit un cameraman palestinien à Hass, «maintenant je rêve de pouvoir passer de l'autre côté du point de contrôle d'Erez. » (13) Une telle atomisation et vulnérabilité engendrera finalement une forme de résistance très particulière, une résistance isolée et désengagée de toute politique de masse organisationnelle, comme j'argument ci-dessous.

Le fait que cela a été effectivement la conséquence voulue d'Oslo est particulièrement claire dans un rapport de l'organisation israélienne des droits de l'homme B'Tselem de 2002. Vol de terre : la politique d'installation d'Israël en Cisjordanie montre clairement comment la colonisation a toujours été un projet vigoureux et systématique sponsorisé et mené par l'état. (14) impliquant une « interventions massive » de l'armée israélienne sous les gouvernements à la fois du Likoud et des Travaillistes depuis 1967. Les terres palestiniennes ont été saisies et délimitées pour établir et étendre les colonies, en violation des lois internationales et des résolutions de l'ONU. Ce processus s'est vraiment intensifié avec Oslo, menant à une « augmentation dramatique des colonies » et, pratiquement, à un doublement du nombre de colons en Cisjordanie de 1993 à 2001. De fait : « l'augmentation la plus marquée de construction de logements pour les colons a été enregistrée en 2000, sous le gouvernement dirigé par Ehud Barak quand ils ont commencé la construction de 4 800 logements. » Le fait de s'accaparer des terres est une preuve non équivoque que les colonies israéliennes dans les territoires occupés palestiniens constituent une violation sérieuse de l'Article 49 de la IVe Convention de Genève : « la puissance occupante ne déportera pas ou ne transfèrera pas sa propre population civile dans le territoire qu'elle occupe. » Les colonies et les routes de contournements violent également les droits des palestiniens à l'auto détermination et à un état, à l'égalité, la propriété, des conditions de vie adéquates, et la liberté de mouvement. Le résultat c'est qu'a cause de la colonisation en cours, la continuité territoriale palestinienne a été mis à mal, le développement économique palestinien et l'accès aux terres et aux ressources naturelles bloqués. B'Tselem accuse alors le gouvernement israélien, agissant en collusion avec la Haute Cour de Justice, de « de facto annexion des colonies à l'Etat d'Israël, tout en évitant les problèmes crées par une annexion de juré, particulièrement sur la scène internationale. »

« L'accaparement des terres » (rapport de B'Tselem ndlt) a été publié il y a 5 ans. La situation aujourd'hui est bien pire. Actuellement, il y a 450 000 colons en Cisjordanie et Jérusalem est, une augmentation de près de 100 000 colons depuis 2001. Beaucoup des mêmes mécanisme d'expropriation et d'expansion des colonies continuent, mais il y a eu dans cette période un développement majeur dramatique : le Mur. Pratiquement terminé, le Mur fait 703 Km de long et englobe la plupart des colonies israéliennes : 85 % de ce Mur est construit sur le territoire de la Cisjordanie, annexant 16 % de son territoire. Comme l'opinion émise par la Cour Internationale de Justice le stipule clairement : « environ 80 % des colons vivant en territoires occupés palestiniens, c'est-à-dire 320 000 individus, vivront dans cette zone, de même que 237 000 palestiniens. De plus, résultat de la construction de ce Mur, environ 160 000 palestiniens de plus résideront dans des communautés pratiquement entièrement encerclées (15). Qalqiliya une ville de 40 000 habitants, est déjà entourée par le mur, et les habitants peuvent seulement entrer et sortir par un point de contrôle militaire ouvert chaque jour de 7 heures du matin à 7 heures du soir. Dés que le Mur sera terminé, plus de 400 000 palestiniens seront complètement ou partialement entouré de ce Mur. Pas étonnant que la Cour a prévenu des menaces pesant sur la capacité des palestiniens occupés à subvenir quotidiennement à leurs besoins et leur survie, et, fait significatif, de la possibilité d'un « départ des populations palestiniennes de certaines zones. » (16) Pour faciliter ses objectifs coloniaux et puis l'annexion de facto de plus de terres palestiniennes, Israël a de nouveau crée les conditions pour un exode massif de la population indigène.

Le constat factuel du siège et de la dépossession en cours sont ainsi plutôt accablants : Israël est en violation permanente des normes et coutumes internationales. Des rapports sur les droits de l'homme inscrivent continuellement et indiscutablement l'illégalité internationale des colonies, du Mur, du système arbitraire de permis, des démolitions de maisons, des assassinats, des massacres, des routes de contournement pour juifs seulement, des points de contrôle et des barrages, et un régime d'occupation cruel et brutal appuyé par des opérations militaires sans fin et de vastes invasions périodiques (17) Ceci sans mentionner les plus de 4000 palestiniens tués depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, 650 en 2006 (une triple augmentation depuis 2005, comparé à la réduction de moitié du nombre d'israéliens tués, de 34 à 27- - dont 6 étaient des soldats), ou les plus de 11 000 palestiniens encore dans les prisons israéliennes aujourd'hui. (18) En fait, depuis 1967, Israël a emprisonné plus de 650 000 palestiniens, l'équivalent de presque 20 % de la population.

Comment alors, on se demande, une élite nationale qui est supposée mener son existence vers la création d'un état et l'indépendance, finit, depuis 1993, par participer à un processus qui a produit une telle situation dramatique où les conditions de vie des palestiniens ont empiré, affaiblissant si ce n'est sabotant définitivement la survie nationale palestinienne ? Pourquoi l'élite de l'OLP n'a-t-elle pas utilisé toutes les lois et conventions internationales mentionnées ci-dessus, qui protègent clairement et garantissent les droits inaliénables de son peuple et ses aspirations nationales, dans son combat contre l'occupation par Israël ? Une courte réponse a été fournie par Edward Said : « aucun autre groupe de libération dans l'histoire ne s'est vendu à ses ennemis comme celui-ci «. (19) La capitulation politique ou le « partenariat » avec l'occupant, a été la caractéristique d'Oslo, laissant la majorité des palestiniens complètement vulnérable aux ravages du colonialisme israélien.




Capitulation de l'élite
Mon intention ici n'est pas de passer en revue les actions diplomatiques et politiques de l'OLP/AP mais de me concentrer sur deux points principaux permettant de comprendre la nature de la résistance palestinienne qui a finalement émergé en Cisjordanie et à Gaza. (20) L'une est légale- idéologique, l'autre est purement plus politique. Oslo a sapé la légitimité du droit international comme base pour la résolution du conflit palestino israélien, rendant effectivement illégitimes les droits des palestiniens à l'autodétermination et à la résistance à l'occupation. D'un coup de crayon, l'autodétermination a été niée et la résistance criminalisée. Sur le plan politique, l'AP a aussi systématiquement policé la société palestinienne pour assurer la sécurité d'Israël et de ses colons illégaux. Ainsi, le régime de l'AP s'est caractérisé par un mélange de répression politique, d'autoritarisme, et de récupération de l'économie locale et des élites. L'auto organisation anti-coloniale et la résistance ont été dé –mobilisées, et les ressources pour une initiative politique indépendante et une participation ont effectivement été minées. Face à une élite profitant et à la collusion, l'apathie populaire et le désespoir ont grandi, jusqu'à ce que l'explosion de l'Inti Fada al-Aqsa donne à la résistance un autre souffle de vie.

Sous Oslo, l'OLP est devenu l'exécutant du colonialisme d'Israël. Comme Arafat l'exprime le 9 septembre 1993 : « l'OLP considère que la signature de la Déclaration de Principes constitue un évènement historique, inaugurant une nouvelle époque de coexistence pacifique, libérée de la violence et de tous les autres actes qui mettent en danger la paix et la stabilité. Par conséquent, l'OLP renonce à l'utilisation du terrorisme et à d'autres actes de violence et assumera la responsabilité sur tous les éléments de l'OLP et du personnel pour assurer leur obéissance, empêcher des violations et discipliner les violateurs ». (21) Arafat a déclaré la fin politique de l'Intifada et a renoncé sans équivoque au droit de son peuple à résister à l'occupation par Israël. Comme l'exprime Burhan Daajani : « La lettre palestinienne de reconnaissance d'Israël en fait renonce à la violence, au droit à la lutte palestinienne. Cette lettre équivalait à se débarrasser de la plus importante carte que les palestiniens pouvaient jouer : la légitimité palestinienne versus l'illégitimité de l'occupation israélienne. Le résultat c'est des séries de négociations, un processus de supplication d'un côté et de donner ou refuser de l'autre. » (22)

Ce qu'a effectivement fait l'OLP en signant Oslo c'était de saper les droits nationaux de son propre peuple tout en légitimant les pratiques illégales de l'occupant. Cela ne voulait pas seulement dire que la souveraineté d'un occupant était « affirmée » et « consacrée » par des représentants des occupés. Cela voulait aussi dire que l'accord donnait aux occupés aucun pouvoir légal pour empêcher une expansion illégale ou expropriation de terre par l'occupant. Comme Dajani l'a clairement prédit alors : « Un malheureux résultat de la DOP (Déclaration of Principles – Déclaration de Principes) c'est que cela rend encore plus difficile de défier les législations futures d'Israël, et même de défier, comme par le passé, les lois israéliennes permettant l'expropriation de terres et de biens et la violation des droits et libertés sur la base de la Convention de Genève concernant la puissance occupante. » La souveraineté coloniale d'Israël était ratifiée. (23)

Avec des phrases ambiguës et des formulations vagues sur le maintien du statut quo, Oslo a facilité les violations continuelles par Israël de la Convention de Genève et du Droit International Humanitaire. Résultat, l'AP a fait comme suit : elle a accepté le contrôle continu de Jérusalem est ; rendu 60 % de la Cisjordanie négociable avec un occupant illégal, légitimé les colonies illégales ;accepté la construction des routes de contournement ; légitimé l'interdiction de la liberté de mouvement etc… (24) Une telle abrogation des droits des civils palestiniens sous occupation est interdite selon la Convention. Se moquer du Droit International ou vendre les droits nationaux des palestiniens, sape clairement la propre autorité de l'AP, et constitue une cause importante pour re-légitimer les droits palestiniens et la lutte anti coloniale.

Il est ainsi prouvé que les critiques d'Oslo avaient raison. L'AP est devenu ce qu'ils avaient prédit qu'elle deviendrait : un régime collaborateur dirigeant des cantons coupés en deux et réprimés. Achcar a formulé cela de façon précise quand il a écrit à l'époque que :

«L'auto gouvernement sous la direction d'Arafat sera un cas extrême d'administration coloniale indirecte, plus proche d'un « gouvernement fantoche » que les gouvernements néo coloniaux émergeants de la décolonisation. Ou bien ce sera cela ou il n'existera pas. Le gouvernement sioniste a décidé de procéder par étapes, commençant avec Gaza et Jéricho, pour tester l'efficacité de l'appareil d'Arafat dans sa tâche répressive qui lui a été dévolue. Si cet appareil prouve qu'il est incapable de mener la tâche à bien, les accords de Washington finiront à la poubelle. » (25) L'effet sur les palestiniens de ce que Saïd a appelé « la trahison de notre histoire et de notre peuple » cela a été un sentiment croissant de désillusion et de cynisme. Oslo est devenu une crise ayant des proportions nationales : elle a plongé le peuple palestinien et ses institutions politiques dans la crise morale, culturelle, identitaire et politique la plus sérieuse et la plus profonde. (26)

Une telle dégénération et diminution de la vie nationale peut être évaluée en examinant la façon dont l'AP a reconstruit la société palestinienne occupée autour de sa propre capitulation et son opportunisme. Ceci m'amène à mon deuxième point : la politique de déligitimisation nationale. Si la méfiance de l'OLP vis-à-vis de la démocratie et de la mobilisation de masse a été re-confirmée lors de la 1ere Intifada, son héritier, l'élite de l'AP, mènera le contrôle politique étroit à sa conclusion logique, se substituant lui-même à la nation palestinienne. La bureaucratie et l'autoritarisme sont devenus la norme, et la sécurité le principal moyen de contrôle. (27) L'AP a sapé activement et co-opté les forces de la démocratie et de la résistance qui avait produit la première Intifada. Comme a conclu Glenn Robinson : « pour le dire abruptement, l'OLP à Tunis s'est emparé avec succès du pouvoir politique en Cisjordanie et à Gaza non pas parce qu'elle a conduit la révolution mais parce qu'elle a promis d'y mettre fin ». L'AP devait construire sa propre base politique, qui diminuerait la position de la nouvelle élite (éduquée à l'université et progressive) à l'intérieur de la Cisjordanie et de Gaza tout en consolidant son pouvoir ». (28) Avec les soutiens des sources traditionnelles de pouvoir comme les clans et les familles de notables, de vieilles formes de patronage et de contrôle ont été réactivées et ravivées. Nigel Parsons, qui a étudié en détail avec minutie le régime de l'AP, décrit le nouvel appareil centralisé d'Arafat comme suit :

« Plutôt que d'exploiter les capacités mobilisatrices développées pendant la première Intifada et la résistance menée contre la colonisation, l'AP a mis en place un contrôle social par le biais du patronage. L'expansion de la bureaucratie de l'AP a diminué la prédominance politique de la communauté des ONG - - le cœur de la société civile palestinienne et une forteresse de la gauche - - en centralisant la fourniture de services, redirigeant les ressources en les éloignant du secteur non étatique, et en recrutant largement dans la classe moyenne professionnelle et technocratique. » (29)

Beaucoup de palestiniens sont ainsi devenus totalement dépendants de l'AP pour les emplois et les opportunités de travail. (Actuellement 140 000), Cela a lié un portion significative de la population à un régime qui existait principalement pour nier la souveraineté et l'indépendance politique. Avec le mouvement des travailleurs soit réprimé soit « politiquement passif » (30) et avec une classe ouvrière faible et fragmentée, chancelant sous la politique de bouclage d'Israël, il y avait peu de force d'appui social pour soit affronter soit transformer le mécanisme de gouvernance de l'AP. Comme le note Nina Sovich : « l'AP a co-opté et étouffé la direction syndicale de même que les mouvements de base qui se sont levés occasionnellement ; et les dirigeants syndicaux eux-mêmes manquent de discipline, d'expertise, et de volonté politique pour mobiliser les travailleurs ». (31) Une telle démobilisation de la classe ouvrière a été aggravée par la perte de repères de la gauche politique après Oslo. Acceptant clairement son échec, le dirigeant du Front Populaire de Liberation de la Palestine (FPLP) a précisément déclaré, alors qu'il regardait en arrière sur les 7 ans d'Oslo, que l'opposition séculière « avait échoué à transformer le discours politique en action pratique matérielle » en en rejetant la faute sur la désunion, le factionnalisme pour son absence totale de la scène politique palestinienne. (32) Les choses ont peu changé depuis.

Un élément important d'un mécontentement politique fort est venu du Comité des 20 en novembre 1999. Parsons raconte cet épisode important du mécontentement palestinien et l'interprète comme « un présage » de l'Intifada al Aqsa. Signé par des personnalités politiques éminentes, dont 9 étaient des membres législatifs du propre groupe du Fatah d'Arafat, la pétition était intitulée « La patrie nous appelle » et attaquait la « corruption, la tromperie et le despotisme. Encore plus de terres sont volées tandis que les colonies se développent. La conspiration contre les réfugiés s'accélèrent dans les coulisses. Les prisons palestiniennes ferment leurs portes sur nos fils et nos sœurs. Jérusalem n'est pas revenue et Singapour n'est pas arrivé. Le peuple est divisé en deux groupes : celui des sélectionnés qui dirigent et volent, et celui de la majorité qui se plaint et cherche quelqu'un pour la sauver. » (33)

Les signataires attendaient avec impatience le jour où « les efforts collectifs des dépossédés » triompheraient de l'injustice et mettraient fin aux humiliations d'Oslo (34) Arafat a répondu par une dure répression, emprisonnant presque tous les signataires et provoquant un tollé public, des manifestations, et des appels à la solidarité des factions de l'opposition (Islamic Jihad, Hamas, FPLP et FDLP). Moins d'un an plus tard, les palestiniens occupés se révolteront de nouveau. Trompés par un faux processus de paix, déçus par une direction soumise, et assiégés par encore plus d'expansion coloniale, les palestiniens sont sortis par milliers pour manifester et protester. L'Intifada al-Aqsa avait commencé.




Résister à la brutalité et au siège
Cependant, la nature de la deuxième Intifada était très différente de la première. L'une des conséquences pratiques d'Oslo c'était que l'armée israélienne s'était redéployée en dehors des principales concentrations de population, rendant particulièrement difficile pour les palestiniens enclavés toute confrontation avec les forces d'occupation, contrairement à ce qui s'était passé lors de la première Intifada. Fragmentés par les points de contrôle et confinés localement, cela rendait des « actions de masse pratiquement impossible » (35) Reflétant les effets du régime de siège depuis les années 90, il y a alors eu une affaiblissement systématique de la capacité de la société palestinienne d'agir et de s'organiser comme une collectivité nationale. Comme Rema Hammami et Salim Tamari l'affirment, Oslo a détruit toutes les ressources d'une rébellion civile.

Mis à part de vastes marches à la bougie et les processions funéraires à l'intérieur des villes, la population dans son ensemble avait été laissée avec pratiquement aucun rôle actif dans le soulèvement. Ceci n'était certainement pas par choix, mais une conséquence du fait que les types de structures politiques qui rendaient possible l'organisation à la base du soulèvement lors de la première Intifada, au moins les premières années, n'existaient plus. Les comités populaires et de voisinage de même que les organisations de masse (et la plupart des mouvements politiques qui les soutenaient) ont commencé à s'effondrer à la fin de la première Intifada sous le poids cumulé des méthodes de contre insurrection israéliennes. Leur réactivation a été mise à mal par la Guerre du Golfe et, encore plus profondément, par Oslo et le processus de formation d'un état qu'il a enclenché. La démobilisation de la population et son aliénation de l'action politique s'approfondissant (jusqu'à l'actuel soulèvement) ont été parmi les effets les plus prégnants de la gouvernance de l'AP. (36)

Résultat, la deuxième Intifada en a sérieusement souffert. Elle était désorganisée et manquait de direction. « Non seulement l'Intifada al Aqsa était-elle principalement sans direction dans le sens organisationnel, l'expression d'objectifs, et les tactiques, mais l'AP (avec ses 40 000 policiers armés), a, par essence, abandonné son propre peuple aux caprices des coups punitifs d'Israël. » (37)

Et les coups ont été effectivement immédiats et sans merci. 3 semaines après le début de l'Intifada,le général Amos Malka, chef du renseignement militaire israélien, voulait savoir combien de balles l'armée israélienne avait tiré depuis le début. Ben Kaspit l'a révélé dans un article publié dans Maariv en 2002 :

« Quand la réponse est arrivée pour midi, la plupart des officiers qui étaient présents, selon un témoin oculaire, sont devenu livides. Dans les tout premiers jours de l'Intifada, l'armée israélienne a tiré environ 700 000 balles et autres projectiles en Judée Samarie (Cisjordanie) et environ 300 000 à Gaza. Au total, environ 1 million de balles et autres projectiles ont été utilisés. Plus tard, quelqu'un au commandement central a dit en plaisantant qu'on devrait nommer cela « une balle pour chaque enfant ». Ce nombre astronomique corrobore les faits sur le terrain. (38)

La répression dure, brutale d'Israël après le déclenchement de la seconde Intifada avait un objectif politique clair : la soumission totale palestinienne. Arafat n'avait pas été en position d'obtenir des concessions significatives israéliennes lors des négociations à Camp David en juillet 2000, en échange de ce que voulaient les US et Israël, ne les suivant pas jusqu'au bout de leur démarche. Barak, en réponse, a initié une longue campagne israélienne pour à la fois délégitimer Arafat comme interlocuteur et « partenaire pour la paix » et pour détruire l'AP.(39) En quelques mois, Arafat a été transformé d'un courageux Prix Nobel de la Paix en cerveau de la révolte et du terrorisme (40). L'utilisation immédiate par Israël d'une force massive pour écraser le mécontentement populaire palestinien qui a éclaté en septembre 2000 a aussi eu comme effet immédiat de militariser l'Intifada et de pousser les palestiniens vers des opérations armées, plutôt que d'essayer de réactiver les conditions pour une participation et une mobilisation civile soutenues. Trahis, assiégés, et sans défense, le soutien palestinien pour la résistance armée et les attaques suicide allait augmenter.

Trois groupes principaux étaient en compétition pour dominer ; Les Brigades des Martyrs d'al-Aqsa/Tanzim/ émergeant de la base désenchantée du Fatah, et qui avaient été actives comme force anti Oslo depuis la moitié des années 90 ; elles étaient dirigées par Marwan Barghouti, qui a été capturé par l'armée israélienne lors de l'invasion du printemps 2002. Le Jihad Islamique est un groupe nationaliste militaire comprenant des fondamentalistes actifs à Gaza depuis les années 80 et qui ne montre aucun intérêt pour le travail social ou la participation politique aux élections législatives. Le Hamas, le groupe de résistance le plus puissant, qui, comme le Jihad, est un produit de l'occupation israélienne, a été actif depuis la première Intifada. Combinant une branche militaire et une action sociale et d'aide, le Hamas se considère comme l'héritier du nationalisme séculier et du programme politique de l'OLP de libération de la Palestine, et a implicitement reconnu la solution de deux états sur la base d'une totale indépendance, souveraineté, et retrait total et démantèlement de toutes les colonies. (41)

Entre septembre 2000 et le cessez le feu de mi 2003, on estime que 96 % des attaques contre les cibles israéliennes ont eu lieu en Cisjordanie et à Gaza, avec seulement 4 % à l'intérieur d'Israël même. (42) C'était une indication claire que l'Intifada al-Aqsa était fondamentalement une rébellion anti-coloniale. Cependant Israël s'est arrangé pour obscurcir ce fait essentiel en affirmant que le terrorisme suicidaire contre les juifs était la vraie raison et motivation derrière la révolte. Comme Baruch Kimmerling l'exprime :

« Si le symbole de la première Intifada cela a été les enfants palestiniens jetant des pierres, le symbole de l'Intifada al-Aqsa - - des deux côtés - - se sont les attentats suicide. Israël a exploité ceci « pour obtenir une légitimité domestique et internationale pour l'utilisation sans restriction de sa puissance militaire. « (43)

Cependant, les attentats suicide étaient susceptibles d'être récupérés et mal compris. Parce qu'ils visaient des civils à l'intérieur de la ligne verte, ils pouvaient facilement être manipulés par Israël comme faisant partie du vieux désir palestinien de détruire la vie juive et l'état d'Israël. Comme forme de résistance par conséquent, les attentats suicide avaient en eux des faiblesses internes insurmontables. Dans leur texte excellent « sur les Attentats Suicide », Rema Hammami et Musa Budeiri ont montré qu'à la fois comme moyen de vengeance et de représailles contre la terreur israélienne et la violence et comme stratégie pour forcer à un retrait d'Israël, les attaques suicide ont eu des coûts élevés et des retours de bâton : c'est contre productif, inefficace, immoral et peut être même cela risque de délégitimer le combat palestinien pour l'émancipation et la justice. Son principal effet cependant a été sur le front domestique palestinien :

« (Cela) risque de transformer la société palestinienne en une société où les seuls à avoir un rôle politique sont ceux prêts à mourir ou tuer en mourant. Les autres sont confinés au rôle de spectateurs. Ils applaudissent, mais ne sont pas sollicités pour épauler toute tâche dans le combat en cours pour la libération et l'indépendance. L'histoire de la lutte politique nous enseigne que de telles actions déprécient le rôle des masses tout en les réconciliant avec leur propre impuissance - - elles amplifient simplement le sentiment chez les gens exploités et opprimés que la résistance doit être laissée à quelques martyrs. » (44)

Plutôt que d'être un moyen de surmonter le siège et mettre fin au colonialisme, l'attaque suicide est le symptôme d'une atomisation et d'un désengagement. Plutôt que de remobiliser les gens, il exacerbe leur démobilisation, et risque de miner leur potentiel de participation collective.

Une évaluation critique de l'attaque suicide a été réalisée par des groupes de résistance palestinienne, et la fin du ciblage des civils à l'intérieur d'Israël a été déclarée. Nasser Jumaa, le dirigeant le plus recherché par Israël des Brigades al-Aqsa, a fait l'estimation suivante lors d'une interview en 2005 : « Nous n'avions pas de stratégie claire pour la résistance palestinienne. Nous aurions du spécifier son terrain d'action comme étant celui des territoires occupés, et faire des colons et des soldats qui les protègent sa cible. De cette façon il aurait été possible d'obtenir un soutien au sein de la société israélienne. Cela aurait aussi empêché ceux de l'extérieur de nier nos droits à défendre notre terre et à expulser ceux qui volent et occupent notre terre. » (45) Ayant été abandonnés par le mouvement du Fatah de l'AP, les Brigades al-Aqsa n'ont pas été capables ni de démocratiser ni de réformer le Fatah, de surmonter la corruption, ou d'unir différentes factions, qui sont restées vaguement organisées et locales. Nasser Jumaa conclut : « nous cherchons maintenant une stratégie pour sortir de ce misérable abîme. »




Absence de stratégie
L'absence d'une stratégie claire pour la libération nationale est le problème le plus urgent auquel doivent faire face les palestiniens aujourd'hui. La supériorité militaire d'Israël reste écrasante, et Oslo n'a fait qu'améliorer la position diplomatique d'Israël dans le monde, tout en délégitimant les besoins palestiniens et leurs droits nationaux. Sous Oslo, la « normalisation » arabe avec Israël s'est intensifiée, et la plupart des états islamiques et du tiers monde ont supprimé les barrières économiques et politiques avec Israël. Cela a radicalement détérioré l'identification officielle internationale avec la cause palestinienne, qui était très élevée lors de la première Intifada. Les contraintes structurelles sur les palestiniens n'ont fait qu'empirer. L'effondrement du projet national palestinien a aussi rendu plus difficile les conditions subjectives d'auto réalisation nationales. La direction d'Abbas de l'OLP et de l'AP a abandonné les droits des réfugiés et leur représentation, une mesure claire de la dégénérescence de la cause palestinienne. (46)

Dans ses conditions, il reste des questions en suspens : les palestiniens seront-ils capables de formuler une stratégie de libération à succès qui peut surmonter à la fois le siège colonial et la capitulation de l'AP ? Quelles sont les tâches politiques du moment présent, et quel rôle la résistance militaire joue dans la reconstruction d'un projet national si elle en joue un ? Et comment, finalement, la question palestinienne peut elle redevenir centrale à la contestation populaire politique ?

Lors des élections législatives de janvier 2006, le Hamas avait une réponse qui parlait à la majorité de l'électorat palestinien occupé. La liste du Hamas « Reforme et Changement » s'est prononcé clairement et sans ambiguïté sur la défense des droits inaliénables du peuple palestinien, inclus le droit à l'auto détermination en Cisjordanie et Gaza et le droit de retour pour tous les réfugiés palestiniens. Engagé à renforcer la résistance contre l'occupation israélienne, le Hamas s'est engagé à réformer l'AP, mettre fin à la corruption et l'opportunisme, travailler à l'unité, défendre le pluralisme politique, et soutenir la ténacité et la détermination palestinienne. (47) Le Hamas a fait mention de son agenda régressif social d'islamisation de la société palestinienne, mais seulement une petite minorité de palestiniens (13 %) l'ont soutenu. Ce qui a attiré le plus les palestiniens occupés vers le Hamas ce n'est ni ses programmes élaborés d'aide sociale, ni son fondamentalisme religieux (bien que les deux ont jouer un rôle). C'était plutôt la promesse du Hamas de vivifier le nationalisme palestinien et de conduire à la victoire.

Résultat, le schéma d'Oslo a été plongé dans la crise. Oslo n'était pas conçu pour faciliter la vraie démocratie : les élections étaient une bonne idée tant qu'elles garantissaient la continuité du régime colonial, et on pouvait s'en passer si elles ne le faisant pas. Israël a reconnu cela et par conséquent était contre la tenue d'élections en 2006. Cependant, les US, empêtrés dans leur contradiction : leur rhétorique messianique sur la transformation démocratique du Moyen Orient s'opposait à leur réelle hostilité au nationalisme palestinien et au Hamas. Les US ont pris le risque d'élections en espérant une victoire du Fatah (comme les sondages le prédisaient). Quand le Hamas a gagné, toute la puissance de l'impérialisme US est tombée sur les palestiniens de façon encore plus dure : le siège a été renforcé par des sanctions économiques et un boycott diplomatique. Les palestiniens devaient être « affamés « à cause de leur choix, comme l'a déclaré le New York Times. Et, depuis tous les moyens pour un « changement de régime » ont été essayé par Israël et ses alliés, dont des attaques militaires israéliennes et des massacres ; (48) l'assassinat d'activistes, l'arrestation par Israël de presque un tiers du parlement nouvellement élu; des appels et menaces d'Abbas soutenu par les US pour organiser de nouvelles élections ; une marginalisation active par Abbas de ses propres ministres du gouvernement ; une grève politiquement motivée des services publics qui essayait de saper encore plus le travail des ministères du gouvernement ; des menaces sans fin de Muhammad Dalhan, le principal chef de la sécurité d'Abbas, pour « décimer « le Hamas ;(49) et finalement, la tentative de Dalhan de renverser le gouvernement par la force, conduisant à de sérieux affrontements armés entre factions, qui a fait de nombreux morts palestiniens et une menace latente de guerre civile.(50) Résultat, le Hamas a été poussé à renforcer son activité militaire et de sécurité à Gaza, une nouvelle fois différant les possibilités d'une mobilisation et organisation politique populaire. Le danger que le Hamas soit continuellement entraîné dans des combats pour des miettes dans un régime carcéral plutôt que d'aider le peuple à se libérer est vraiment réel.

Malgré tout cela, le Hamas - - et les palestiniens en général - - ont résisté à l'attaque mondiale. Israël, les US et ceux des palestiniens qui ont localement capitulés, tous ont échoué à revenir en arrière sur la victoire du Hamas. (51) Les US, embourbés en Irak, ont aussi échoué à empêcher la formation d'un nouveau gouvernement d'unité nationale sponsorisé par les Saoudiens craignant le soutien de l'Iran au Hamas. Cela a atténué la pression vers une guerre civile et la désintégration nationale, bien que des affrontements aient continué occasionnellement. Cependant, ce que le nouveau gouvernement n'a pas réussi à obtenir, c'est la fin d'un boycott international : l'argent des taxes due à l'AP (700 millions de dollars) n'a pas été versé et les sanctions internationales économiques et politiques sont restées en place. Israël et les US ont fait tout pour s'assurer que le nouveau gouvernement soit s'effondre soit ne puisse fonctionner efficacement ou correctement. Des contradictions internes ont été exacerbées par Dahlan (accusé par le Hamas d'être le « dirigeant de la faction putschiste américaine »), qui effectivement, a été armé et soutenu par les US et Israël et a activement saboté l'unité et poussé à la confrontation armée et à la guerre civile. (52) Le 14 juin 2007, l'opposition Fatah Hamas a été résolue par la force. Craignant un coup militaire soutenu par les US, le Hamas a délogé l'appareil de Dahlan et s'est emparé de la sécurité interne de Gaza. (53) Tandis qu'il annonçait très clairement que ce n'était pas un coup militaire mais un « pas nécessaire » pour enlever le « principal obstacle » à l'unité palestinienne et la réconciliation nationale, l'action du Hamas a été considérée par toutes les factions palestiniennes comme une agression illégitime, objectant contre l'utilisation de la force en politique palestinienne. (54) Abbas a exploité la maladresse stratégique du Hamas, et a déclaré l'état d'urgence national. Il a aussi dissous le gouvernement d'unité et formé un nouveau gouvernement de technocrates dirigé par le favori des américains, Salam Fayyad. Israël et le monde occidental ont applaudi à cet acte inconstitutionnel, promettant de soutenir Abbas et la fin du boycott et des sanctions. Le Hamas s'est retrouvé isolé et coupé de tout, et risquant d'amplifier la séparation géographique entre la Cisjordanie et Gaza avec une séparation politique entre Gaza dirigé par le Hamas et la Cisjordanie dirigée par l'AP, une conséquence sur lequel a travaillé Israël depuis 1991. (55) Une telle situation de pouvoir duel Hamas Fatah ne peut que renforcer la division politique palestinienne et la fragmentation.

Que l'unité soit restaurée ou que de nouvelles élections soient annoncées, une chose est certaine : Abbas ne pourra pas obtenir un état indépendant et une décolonisation que veulent la plupart des palestiniens ; tandis que le Hamas semble incapable d'organiser une mobilisation populaire de masse contre l'occupation. (56) L'alternative réelle est encore en sommeil : une nation contemple mécontente. La majorité des palestiniens blâme à la fois le Hamas et le Fatah pour la crise actuelle, doit encore se remobiliser contre l'occupation israélienne et surmonter la militarisation de leur politique. (57) Le seul espoir des palestiniens actuellement c'est une auto organisation collective.

Un développement récent positif c'est la consolidation de luttes populaires non violentes contre le Mur. Le village de Bil'in est devenu le symbole de telles campagnes de résistance locale, avec des palestiniens menant des protestations pacifiques attirant des activistes internationaux et israéliens en solidarité qui se joignent à eux pour protéger la vie palestinienne et la terre. Bien que les terres des villages aient rarement été sauvées, (Budrus est une exception importante) beaucoup reconnaissent la valeur de telles pratiques politiques collectives à la fois pour construire un soutien populaire à la fois international et israélien pour la cause palestinienne et pour communiquer la justesse et l'urgence de la question palestinienne. (58)

Il manque encore une stratégie de libération d'ensemble. Ni le nationalisme de l'élite, ni le fondamentalisme religieux n'ont réussi dans cette tâche. Les élections de janvier 2006 ont de nouveau réintroduit la question de la résistance comme projet politique. Comme Azmi Bishara l'a exprimé, comment « les occupés peuvent ils être (forcés) de payer le prix de leur occupation qu'ils ne veulent pas où ne peuvent pas supporter moralement, matériellement, émotionnellement, politiquement, économiquement, et socialement ? » (59) Une mobilisation collective de tous les palestiniens, autour d'objectifs nationaux cohérents est toujours nécessaire, de même qu'une élaboration claire à la fois de tâches à court terme et de buts stratégiques à long terme. Ceci ne peut se faire sans réactivation démocratique des forces de base à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la Palestine. Le plus près que les palestiniens se soient approchés de cette mobilisation populaire nationale cela été lors de la première Inti fada - - ce qu'Edward Saïd a appelé « l'une des plus extraordinaire insurrection de masse anti coloniale et non armée dans toute l'histoire de la période moderne. » (60) C'est seulement lorsque son souvenir révolutionnaire reviendra animer l'organisation politique palestinienne future, que le rapport de force politique crée sera suffisant pour faire payer à Israël 40 ans d'occupation et commencer à rectifier les torts commis contre le peuple palestinien. Une nouvelle représentation politique progressive est actuellement impérative. Ce n'est pas moins que la survie d'une nation oppressée qui est en jeu.

Notes

1. J'ai emprunté cette phrase à Amira Hass : « Comme cela a été le cas pendant les années Oslo, 3 millions d'individus tirent de leur immense réserve pour supporter la dureté du siège sans se rendre. » « Politique de bouclage par Israël : une stratégie inefficace pour contenir et réprimer. » Journal of Palestine Sutides, ‘31(3) Printemps 2002, p. 20.

2. Sur la position de Gaza après le retrait d'Israël voir le rapport Gisha, Occupants désengagés : le statut légal de Gaza, Tel Aviv, janvier 29007. Voir également de Patrick Cockburn, « Gaza is dying » The Independent, 8 septembre 2006 : « le siège israélien de l'enclave palestinienne est si serré que ses habitants sont au bord de la famine. Ici sur les côtes de la Méditerranée il se passe une grande tragédie qui est ignorée parce que l'attention dans le monde a été détournée sur les guerres au Liban et en Irak. »

3. Elle a été appelée l'Inti fada al-Aqsa parce que c'est la « visite » de Sharon au Dôme du Rocher accompagné par plusieurs milliers de policiers qui l'a déclenchée.

4. Movement and Access Restrictions in the West Bank: Uncertainty and Inefficiency in the Palestinian Economy, 9 May 2007, disponible à http://www.worldbank.org. Pour les citations utilisées ici, voir les Clauses 3 et 37. En réponse, le vice ministre de la défense Ephraim Sneh a accuse la Banque d'être “de parti pris” et a dit que les restrictions de voyage s'était pour empêcher le terrorisme. Voir Avi Issacharoff, “Sneh: World Bank Report Slamming Israel One-Sided”, Haaretz, 10 May 2007. Le nouveau ministre de l'information palestinien de l'époque Moustafa Barghouti a accueilli favorablement le rapport et a ajouté qu'il décrivait précisément le nouveau système d'apartheid israélien en Cisjordanie. Voir Joshua Brilliant, `World Bank Pessimistic on Palestinian Economy´, World Peace Herald (Online), 9 mai2007, disponible à http://www.wpherald.com.

5. Salem Ajluni, “The Palestinian Economy and the Second Intifada”, Journal of Palestine Studies, 32(3), printemps 2003, p. 69. Voir aussi Sara Roy, Failing Peace: Gaza and the Palestinian-Israeli Conflict, London: Pluto, 2007, spécialement “Ending the Palestinian Economy”, pp. 250-93.
6 AGONU, “Report of the Special Rapporteur on the Situation of Human Rights in the Palestinian Territories Occupied depuis 1967,” John Dugard, Conseil des Droits de l'Homme ONU 29 Janvier 2007, p. 21.

7 Hass, “Israel´s Closure Policy”, p. 18.

8 pour une excellente analyse de classe sur la question palestinienne et sur les différences entre le colonialisme des colons sionistes et l'apartheid d'Afrique du sud, voir Mona N. Younis, « Libération and Democratization: The South African and Palestinian National Movements », Minneapolis: University of Minnesota Press, 2000.

9 Azmi Bishara, “A Short History of Apartheid”, Al-Ahram Weekly Online, 8-14 Janvier 2004, disponible à http://weekly.ahram.org.eg.

10 Norman G. Finkelstein développe une telle comparaison historique “The Rise and Fall of Palestine”, Minneapolis: University of Minnesota Press, 1996, pp. 104-121.
11 Fayez A. Sayegh, “Zionist Colonialism in Palestine”, Beirut: Palestine Liberation Organization Research Centre, 1965, p. v.

12 Lecture à Barnard College, New York, 11 April 2005. Voir aussi Hass, “Israel´s Closure Policy”, specialement p. 10.

13 Amira Hass, “Drinking the Sea at Gaza,” New York: Henry Holt, 1999, p. 235.

14 B´Tselem, “Land Grab: Israel´s Settlement Policy in the West Bank, “ Jerusalem, Mai 2002, p. 69. Les citations dans ce paragraphe sont pp. 15-16, 37 et 69.

15 International Court of Justice, “Legal Consequences of the Construction of a Wall in the Occupied Palestinian Territory”, 9 Juillet 2004, clause 122.

16 Ibid., p. 122.

17 Le pire cela a été l'opération “Defensive Shield” en mars avril 2002, quand Israel a réoccupé toutes les principales villes palestiniennes et tué 220 personnes. Voir Muna Hamzeh et Todd May, eds., “Operation Defensive Shield: Witnesses to Israeli War Crimes,” London: Pluto Press, 2003.

18 See Amnesty International, Rapport d'Amnesty International 2007, London: Amnesty International Publications, 2007, pp. 147-50.

19 Edward Said, “The End of the Peace Process: Oslo and After,” New York: Vintage, 2000, p. 345. Après Oslo, Saïd est devenu le principal critique de l'OLP. Voir “Peace And Its Discontents”, New York: Vintage, 1996.

20 Les comptes rendus académiques les plus récents sont ceux de: Nigel Parsons, “The Politics of the Palestinian Authority: From Oslo to al-Aqsa,” London: Routledge, 2005; Cheryl A. Rubenberg, The Palestinians: In Search of a Just Peace, Boulder, CO: Lynne Rienner, 2003; Roy´s Failing Peace.]i Les essais d'Edward Said sont indispensables pour comprendre Oslo de même que les deux livres de Tanya Reinhart : “Israel/Palestine: How to End the War of 1948 , New York: Seven Stories, 2002 et The Roadmap to Nowhere: Israel/Palestine since 2003,” London: Verso, 2006.

21 “Israel-PLO Recognition: Exchange of Letters Between PM Rabin and Chairman Arafat”, Département d'Etat des US, mise en ligne en juillet 2003, disponible à http://www.state.gov.

22 Burhan Dajani, “The September 1993 Israeli-PLO Documents: A Textual Analysis”, Journal of Palestine Studies, 23(3), Spring 1994, p. 22.

23 Ibid., pp. 18, 19.

24 Ce sont certaines têtes de chapîtres dans le livre d'Allegra Pacheco « Flouting Convention: The Oslo Agreement », in Roane Carey, ed., « The New Intifada: Resisting Israel`s Apartheid, »]i London: Verso, 2001, pp. 181-206. dans son importante intervention juridique, elle déclare que : ”l'une des plus grandes erreurs des accords d'Oslo c'est qu'ils n'obligeaient pas Israel à respecter la Convention de Genève et de cesser la violation des droits humains “(p. 186).

25 Gilbert Achcar, “The Washington Accords: A Retreat Under Pressure”, in Achcar, ed., Eastern Cauldron: Islam, Afghanistan, Palestine and Iraq in a Marxist Mirror, New York: Monthly Review Press, 2004, p. 201.

26 Cité dans Samih K. Farsoun et Christina E. Zacharia, “ Palestine and the Palestinians, Boulder”, CO: Westview: 1997, p. 255. La citation est empruntée à Edward Said, “The Politics of Dispossession: The Struggle for Palestinian Self-Determination,” New York: Pantheon, 1994, p. xxxii.

27 Graham Usher nomme cela “securitisation”, conduisant à un processus de « de-politicisation de la société palestinienne et de corrosion du nationalisme palestinien » :“Dispatches from Palestine: The Rise and Fall of the Oslo Peace Process,” London: Pluto, 1999, p. 79.

28 Glenn E. Robinson, “Building a Palestinian State: The Incomplete Revolution,” Indianapolis: Indiana University Press, 1997, p. 177. Ceci signale une mise à l'écart diplomatique des négociateurs du processus de paix de Madrid, qui insistaient sur le respect du droit international et l'obligation pour Israel de se retirer des territoires occupés et de démanteler toutes les colonies.Voir l'importante interview de Rashid Khalidi interview avec le chef de la délégation palestinienne à Madrid Haydar Abd al-Sha?, « Looking Back, Looking Forward », Journal of Palestine Studies, 32(1), Automne 2002.

29 Parsons, “The Politics of the Palestinian Authority,” p. 222.

30 Ibid., p. 184.

31 Nina Sovich, “Palestinian Trade Unions”, Journal of Palestine Studies, 29(4), été 2000, p. 66.

32 “The Palestinian Secular Opposition at a Crossroads”: Interviews avec FPLP Abu Ali
Mustafa et FDLP Nayif Hawatimah, Journal of Palestine Studies, 29(2), hiver 2000, p. 84.
33 See Parsons, “The Politics of the Palestinian Authority,” pp. 185-6. Pour la restriction de la liberté d'expression et la torture, voir Amnesty International, « Palestinian Authority: Silencing of Dissent”, September 2000, disponible à http://www.amnesty.org.

34 Voir “The Homeland Calls Us!”, News from Within, January 2000.

35 Rubenberg, ” The Palestinians”, p. 329. Parsons cite une estimation de seulement 5 % de palestiniens actifs dans l'Intifada (p. 265).

36 Rema Hammami et Salim Tamari, “The Second Intifada: End or New Beginning?”, Journal of Palestine Studies, 30(2), hiver 2001, p. 17.

37 Rubenberg, “The Palestinians,” p. 330.

38 Ben Kaspit, “Jewish New Year 2002: The Second Anniversary of the Intifada”, Part I, Ma´ariv, 6 Septembre 2002. La brutalité d'Israel a conduit les palestiniens à l'interieur d'Israël a se lever pour protester et en solidarité avec leurs frères sous occupation. Israël a répondu en tuant 13 manifestants et en en blessant des centaines.

39 “Operation Defensive Shield” printemps 2002 a fait exactement cela, “le summum” étant la destruction des institutions civiles palestiniennes comme l e montre Rubenberg (The Palestinians, p. 351). Sur le bluff de la « généreuse offre « d'Israel à Camp David II, voir Reinhart, Israel/Palestine.

40 Le biographe de Sharon, Uri Dan, suggère que si Arafat n'avait pas été assassiné en novembre 2004, ce n'est pas parce qu'ils n'étaient pas prêts à le faire. En septembre 2004, Dans a interrogé Sharon, alors premier ministre pour une second terme, sur ses intentions concernant Arafat. Sharon a répondu : “ nous avons éliminé les chefs du Hamas -- Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi – et d'autres dirigeants terroristes au moment opportun. Le même principe vaut pour Yasser Arafat. Nous le traiterons comme les autres. Je ne vois pas de différence entre lui et Yassin : tous deux ont assassiné des juifs. Pour Arafat, nous choisirons le moment le plus propice pour nous. Chacun recevra ce qui lui est du. La question sera discutée au moment opportun, comme cela l'a été avec les dirigeants du Hamas. » Uri Dan, “Ariel Sharon: An Intimate Portrait”, New York: Palgrave Macmillan, 2006, p. 234. Dan dit aussi que Bush savait que Sharon planifiait un assassinat : le 14 avril 2004, Sharon a pu finalement se sortir d'une promesse qu'il avait faite involontairement au président américain en mars 2001 – de ne pas toucher à Arafat - -(p. 246).

41 Pour un excellent essai de revue des livres sur le fondamentalisme islamique palestinien voir Musa Budeiri, « The Nationalist Dimension of Islamic Movements in Palestinian Politics », Journal of Palestine Studies, 24(3), printemps 1995. Les deux livres de Khaled Hroub sur le Hamas sont indispensables: “Hamas: Political Thought and Practice,” Washington: Institute of Palestine, 2000 and “Hamas: A Beginner´s Guide,” London: Pluto, 2006.

42 Parsons, “The Politics of the Palestinian Authority” , p. 271. Il ajoute: “ la parité brute dans le nombre de victimes (355 au de là de la ligne verte, 393 à l'intérieur) est du au nombre beaucoup plus restreint d'attaques à l'intérieur, la plupart du temps des attentats suicide, et par conséquent beaucoup plus létaux. »

43 Baruch Kimmerling, “Politicide: Ariel Sharon´s War Against the Palestinians”, London: Verso, 2003, pp. 161, 137.

44 Rema Hammami and Musa Budeiri, “On Suicide Bombings”, al-Quds Newspaper, 14 December 2001 (in Arabe). Pour la traduction anglaise voir à www.musabudeiri.net sous la rubrique « newspaper articles ».

45 “From the Heart of the Struggle”, Al-Ahram Weekly Online, 14-20 Avril2005, disponible à http://weekly.ahram.org.eg

46 Randa Farah, “Palestinian Refugees”, Interventions: International Journal of Postcolonial Studies, 8(2), July 2006.

47 Pour une analyse détaillée de la plateforme électorale du Hamas voir Khaled Hroub, a "New Hamas" Through its Documents, Journal of Palestine Studies, 35(4), été 2006.
48 Comme l'a rapporté John Dugard , de juin à novembre 2006, Israel a tué plus de 400 Palestiniens et en a blessé 1500, menant 364 incursions militaires seulement pour Gaza: « En Novembre2006 seulement il y a eu 656 raids de l'armée israélienne en Cisjordanie (AGONU, « Rapport du Rapporteur Spécial», 29 Janvier 2007).Tout ceci, Israel l'a revendiqué le justifiant pour sauver un soldat israélien capturé tout en refusant un cessez le feu immédiat et un échange de prisonniers.

49 Khaled Amayreh, “Dahlan Vows to Decimate Hamas”, Al-Ahram Weekly Online, 8-14 Juin2006, disponible à http://weekly.ahram.org.eg.

50 Comme prévu par Gilbert Achcar immédiatement après les élections : « First Reflections on the Electoral Victory of Hamas », Znet, 27 Janvier 2006, disponible à http://www.zmag.org.

51 On ne devrait pas non plus ignorer l'initiative des prisonniers appelés : « the prisoners conciliation document », ratifié par le Hamas et le Fatah in Juin 2006. L'accord soutient la résistance, prône une participation de masse , et défend les droits des palestiniens. Pour les détails voir mon “ Occupied Palestine: Prisoners, Colonial Elites, and Fundamentalists », Znet, 11 Juin 2006.

52 Dahlan était le principal motif derrière la résignation récente du nouveau ministre des affaires intérieures Kawasmeh. Il protestait qu'il n'avait aucun pouvoir pour appliquer un nouveau plan de sécurité accepté pour mettre fin au « fawda il-silah » (le chaos des armes) à Gaza. En regardant en arrière sur la période depuis la victoire électorale, Danny Rubenstein conclut dans «The Original Sin », Haaretz, 22 Mai 2007: « Sans nul doute, toute une série de raisons - - politique, économique, sociale, et autres - - ont amené ces problèmes sur les palestiniens. Cependant, la cause directe de ce qui se passe actuellement dans la Bande de Gaza c'est que la direction traditionnelle palestinienne (au sommet du Fatah) n'était pas préparée à transférer l'autorité à la direction élue du Hamas ». Voir aussi Scott Wilson, “Fatah Troops Enter Gaza with Israeli Assent”, Washington Post, 18 Mai 2007.

53 Jonathan Steele, “Hamas Acted on a Very Real Fear of a US-sponsored Coup”, The Guardian, 22 Juin 2007.

54 Conference de presse par le chef en exile du Hamas Khaled Mishal on 15 Juin 2007.

55 Akiva Eldar, “Sharon´s Dream”, Haaretz, 20 June 2007.

56 Des commentateurs ont aussi prévenu que la dégradation des conditions pourrait aussi conduire à des versions plus extrèmistes du fondamentalisme islamique s'enracinant à Gaza. Voir, par example, Gideon Rachman, “Missed Opportunities, Gaza and the Spread of Jihadism”, Financial Times, 18 June 2007.

57 Comme l'a rapporté le Centre palestinien de Recherche Politique et de Sondage, 75 % de palestiniens veulent de nouvelles élections et 59 % disent que « le Hamas et le Fatah sont à blâmer à égalité pour les combats factionnels qui ont conduit à le Hamas à prendre le contrôle de Gaza » (Avi Issacharoff, Haaretz, 21 Juin 2007).

58 Pour lire un compte rendu puissant voir Reinhart, « The Roadmap to Nowhere, » pp. 174-217. “ Dans les mois à venir (début 2004) pratiquement tous les groupes anti occupation en Israel ont rejoint la lutte palestinienne le long de la route du Mur » (p. 198). Ta´ayush et les anarchistes contre la Mur sont deux de ces groupes.

59 Azmi Bishara, “The Quest for Strategy”, Journal of Palestine Studies, 32(2), hiver 2003, p. 43.

60 Saïd, “The Politics of Dispossession,” p. 137

Bashir Abu-Manneh; 06 octobre 2007 - ZNet | Israel/Palestine

Cet Essai est paru dans The Socialist Register 2008 : Global Flashpoints : Reactions to Imperialism and Neo Liberalism ( Points chauds : Reactions à l'Imperialisme et au Néo Liberalisme), actuellement disponible aux USA chez Monthly Review Press, au Canada Merlin Press, en Grande Bretagne et dans le reste du monde.

Bashir Abu-Manneh enseigne l'anglais au Barnard College, New York, et passe actuellement une année sabbatique à Londres.


Introduction et traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Soldats sionistes: crimes odieux, témoignages à charge

L'armée sioniste : une idole exigeant des sacrifices en vies humaines


Jeudi 11 Octobre 2007

Source :
http://www.planetenonviolence.org


Dimanche 14 Octobre 2007

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires