Palestine occupée

Les Israéliens viennent de qualifier Gaza d’'entité ennemie', Abou Zahri nous en parle



Par Palestine Info

Dans une interview exclusive donnée à notre Centre Palestinien d’Information (CPI), docteur Sami Abou Zahri, porte-parole du mouvement de la résistance islamique Hamas, parle de la scène palestinienne, en particulier concernant la qualification de la bande de Gaza comme une « entité ennemie » par le gouvernement de l’occupation israélienne.


Palestine Info
Mercredi 26 Septembre 2007

La réunion d’automne prochain appelée par le président américain Bush et la dure campagne menée par l’autorité palestinienne contre le Hamas en Cisjordanie font partie des sujets évoqués dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins.



Gaza, une terre occupée

CPI : Le gouvernement de l’occupation israélienne a déclaré Gaza comme étant une « entité ennemie », quelle signification porte cette déclaration ?

Abou Zahri : Ce n’est pas nouveau, l’occupation israélienne traite tout le peuple palestinien comme une entité ennemie, pas seulement la bande de Gaza. Et depuis longtemps, elle continue son escalade contre Gaza. Cette nouvelle annonce est en fait une nouvelle déclaration de guerre, une guerre totale contre notre peuple.

Nous rappelons ici que la Bande n’est pas une entité indépendante. C’est une terre occupée envers laquelle l’occupant doit assumer ses devoirs selon les lois internationales.

La communauté internationale est alors appelée à assumer ses responsabilités en prenant une position ferme contre cette escalade. Et nous saluons toutes les positions déjà prises.


Les messages de la résistance

CPI : Cette décision est venue en corollaire avec des menaces d’une opération militaire contre la bande de Gaza, y a-t-il un lien ?

Abou Zahri : Nous devons nous rappeler que l’agression israélienne contre la bande de Gaza n’a jamais connu de répit. Mais après cette déclaration, il y aura une escalade. A noter cependant que les Israéliens sont en désordre, suite aux messages donnés par la résistance palestinienne et ses branches militaires qui affirment qu’elles feront face à toute nouvelle attaque avec plus de détermination et de force. Ce désordre a été exprimé par plus de manœuvres militaires…


Les Etats-Unis, un ennemi

CPI : L’administration américaine a béni la décision israélienne considérant la bande de Gaza comme une « entité ennemie », quelles sont alors les indications de tous ces mouvements, précisément en ce moment ?

Abou Zahri : La bénédiction américaine donnée à cette décision et la qualification du Hamas comme étant un mouvement ennemi par la ministre américaine des affaires étrangères ne sont qu’une expression du partenariat américano-sioniste contre notre peuple. Nous appelons alors notre nation arabo-islamique à traiter l’administration américaine en ennemi…


Position humiliante !

CPI : Quant à l’autre partie de l’autorité palestinienne, celle de Ramallah, quelle sera sa position face à nouvelles sanctions collectives contre la bande de Gaza ?

Abou Zahri : La position de l’autorité de Ramallah est vraiment honteuse. C’est cette position qui avait préparé le terrain à une telle décision. Le président Abbas était le premier à qualifier Gaza d’« entité sombre ». Les quelques critiques données à cette décision ne sont là que pour brouiller les pistes…


Positions internationales positives

CPI : La décision israélienne qualifiant Gaza d’« entité ennemie » a été condamnée par le secrétaire général des Nation Unies et par différentes organisations arabes et internationales. A votre avis, ces positions pourront-elles influencer cette décision et ce qui va suivre ?

Abou Zahri : Nous avons de l’estime pour toutes ces postions condamnant cette position israélienne, nous saluons les partis arabes, en particulier la position du secrétaire général de la Ligue Arabe. Nous saluons aussi les positions de la France, de l’Union Européenne, de la Croix-Rouge… Ces positions doivent pousser les Israéliens à repenser leur décision…


Nous ne baissons pas les bras

CPI : La question urgente est de savoir comment les affaires seront dirigées dans la bande de Gaza sous toutes ces pressions en escalade ?

Abou Zahri : Le siège imposé sur peuple palestinien n’est pas nouveau. Ce peuple y est habitué. Et bien que les souffrances soient en augmentation, il ne baisse pas les bras, il ne laisse pas tomber ses droits. Nous avons des contacts avec les Arabes pour prendre une position ferme contre cette décision. Et s’il y a des confrontations sur le terrain, la résistance ne sera pas absente.


La réunion d’automne

CPI : Georges Bush, le président américain, a appelé à une réunion pour l’automne prochain, que veut-il vraiment tirer de cette réunion ?

Abou Zahri : La réunion d’automne connaîtra l’échec. Nous ne sommes pas inquiets d’une telle réunion qui est vide de tout sens. Elle ne réussira pas à faire passer quelque projet que ce soit destiné à liquider la cause palestinienne. En effet, l’occupation israélienne n’est prête à remettre au peuple palestinien aucun de ses droits. En outre, le peuple palestinien n’a donné à qui que ce soit une procuration pour parler en son nom. Nous appelons les Arabes à boycotter cette réunion qui n’a pour objet que la normalisation des relations entre l’occupant et les pays arabes et la mise en attente du dossier palestinien afin de se libérer pour envisager d’autres dossiers plus chauds tels ceux de l’Irak et de l’Iran.


Un plan à trois branches

CPI : Parlons de ce qui se passe sur la scène intérieure palestinienne. En Cisjordanie, une dure campagne est menée par les appareils de l’autorité contre le mouvement du Hamas. Que pensez-vous du devenir de ce dernier en Cisjordanie ?

Abou Zahri : Ce qui se passe en Cisjordanie, les enlèvements, les tortures, les destructions d’institutions du mouvement du Hamas, la suppression de plusieurs conseils municipaux et beaucoup d’autres crimes de l’autorité font partie d’un plan américano-sioniste. Elle participe dans le déracinement du mouvement islamique de la Cisjordanie. Nous disons que malgré les souffrances, ce plan tombera et verra la déroute, à l’instar de celui de 1996. Je voudrais rassurer tout le monde en affirmant que le fait que le Hamas prend son mal en patience ne vient pas de la faiblesse mais de la force, de la sagesse et non de la lâcheté. Nous voulons simplement éviter toute agitation intérieure, qu’Allah (le Tout Puissant) ne le permette.

Le Hamas est assez fort pour confirmer que les résultats de la guerre menée contre lui seront contraires à ceux qu’avaient souhaité les autres. L’avenir sera le meilleur témoin de cela.


Une autorité oppressive !

CPI : Cette campagne est en escalade. Les familles des détenus dans les cellules de l’autorité sont agressées. Le député madame Mona Mansour a été le sujet d’attaques. Comment peut-on lire cette escalade ?

Abou Zahri : En l’absence des caméras, les manifestations et les rassemblements féminins organisés en Cisjordanie ont pour but de divulguer ces pratiques menées contre le mouvement du Hamas, ses sympathisants et ses institutions. Agresser les rassemblements ne fait que confirmer combien cette autorité est oppressive. En prime, elle essaie de cacher la réalité par tous les moyens. Mais cette réalité est désormais au vu et au su de tout le monde. Source : Palestine Info

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7493&type=analyse&lesujet=R%E9sistances http://www.ism-france.org/news/article.php?id=7493&type=analyse&lesujet=R%E9sistances



Mardi 25 Septembre 2007

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