Palestine occupée

Les Etats du Golfe à Abbas : 'Mettez de l'ordre chez vous avant de demander de l'argent'


Les Etats arabes riches du pétrole auraient averti le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas qu'ils ne continueraient pas à subventionner le régime de Ramallah soutenu par les USA tant que "la maison palestinienne resterait divisée contre elle-même".

Par Khaled Amayreh > amayreh@p-ol.com


Khaled Amayreh
Jeudi 31 Juillet 2008

Les Etats du Golfe à Abbas : 'Mettez de l'ordre chez vous avant de demander de l'argent'
Selon des sources diplomatiques arabes comme de responsables palestiniens à Ramallah, l'Arabie Saoudite, principal bailleur de fonds de l'Autorité Palestinienne, le Koweit et le Qatar ont informé la direction de l'AP que "à partir de maintenant, nos contributions financières seront conditionnées aux efforts de restauration de l'unité nationale palestinienne."

On ne sait pas exactement si le dernier appel d'Abbas au "dialogue national" avec le Hamas, qu'il a fait au Caire au début de la semaine, est une conséquence de l'avertissement des Etats du Golfe.

Abbas a déclaré en effet que le Fatah souhaitait reprendre les pourparlers de réconciliation sous médiation égyptienne avec le Hamas sans conditions préalables.

Le Hamas a cependant rejeté l'appel, estimant que c'était une tentative pour détourner l'attention du bombardement d'une voiture à Gaza vendredi dernier, qui a tué cinq membres des forces de sécurité du Hamas et une petite fille de 6 ans.

Le Hamas a accusé "la cinquième colonne traîtresse" du Fatah, un groupe dirigé par l'ancien homme fort de Gaza Muhammed Dahlan, du bombardement. Le Fatah a nié toute implication.

Quelques Etats arabes, spécifiquement le Qatar et le Kuweit, ont effectivement arrêté leur soutien financier au régime de l'AP, exhortant sa direction à faire pression sur les USA pour qu'ils obligent les Etats à honorer leurs engagements pris lors de la Conférence des Donateurs, à Paris, au début de l'année.
Cette semaine, le Département d'Etat US a demandé instamment aux donateurs arabes et autres de maintenir financièrement à flot l'Autorité Palestinienne.

Le Premier Ministre de l'AP Salam Fayyad a demandé à la Banque Mondiale de l'aider à trouver des fonds d'urgence pour pallier au manque de l'argent des donateurs et payer les fonctionnaires.

Plus tôt cette semaine, une agence de presse occidentale a cité des sources européennes et palestiniennes anonymes disant que Fayyad était à la recherche d'une attestation de capacité financière de l'agence de prêt internationale basée à Washington pour obtenir un prêt à court terme d'une banque privée.

La semaine dernière, l'AP a promptement annulé son projet de ne payer qu'une partie des salaires de quelques 5.000 à 6.000 enseignants nommés sous le gouvernement national Hamas-Fatah il y a presque deux ans. Les enseignants, qui ne sont pas encore titularisés, attendent toujours les "autorisations de sécurité" des Mukhabarat de l'AP (les Renseignements Généraux).

Des responsables palestiniens ont dit qu'à moins que les donateurs n'honorent très rapidement leurs engagements, l'AP serait en banqueroute et ne serait pas en mesure de payer les salaires d'environ 165.000 employés.

L'une des principales raisons de la dernière crise financière à laquelle est confrontée l'AP a à voir avec la nature structurelle du budget palestinien.

L'autorité Palestinienne, régime sans autorité ni souveraineté qui survit grâce aux dons étrangers, emploie jusqu'à 60.000 personnels de sécurité qui dévorent la part du lion de ce budget.


12 septembre 2006. Des députés palestiniens lors de leur audience devant le tribunal militaire israélien. Au centre, avec les cheveux blancs, le Président du Parlement palestinien, Abdul Aziz Duweik. (photo Reuters)
12 septembre 2006. Des députés palestiniens lors de leur audience devant le tribunal militaire israélien. Au centre, avec les cheveux blancs, le Président du Parlement palestinien, Abdul Aziz Duweik. (photo Reuters)

Selon Haaretz, Abbas menace de dissoudre l'Autorité Palestinienne si Israël libère les prisonniers

Le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a prévenu la semaine dernière qu'il dissoudrait complètement l'Autorité Palestinienne si Israël libérait les parlementaires palestiniens affiliés au Mouvement de la Résistance Islamique, le Hamas, a rapporté la presse israélienne mercredi.

Israël maintient actuellement en captivité plus de 45 députés palestiniens pour obliger le Hamas à libérer un soldat de l'occupation israélienne que les combattants palestiniens ont capturé au cours d'une opération transfrontalière près de Gaza il y a plus de deux ans.

Selon le quotidien israélien Ha'aretz, Abbas a envoyé un avertissement au commandant en chef militaire israélien en Cisjordanie, le Général Gadi Chamni, via Hussein al-Sheikh, chef du département des affaires civiles de l'Autorité Palestinienne.
Al-Sheikh, ancien chef de la sécurité, est chargé de la coordination avec Israël pour les affaires concernant les territoires palestiniens occupés.

Ha’aretz a qualifié l'avertissement d'Abbas de "message personnel", ajoutant que le chef de l'AP avait souligné à Shamni qu' "il ne parlait pas d'une simple démission mais du démantèlement de l'Autorité Palestinienne".

Al-Sheikh a réfuté avec véhémence le compte-rendu du Ha'aretz, disant que c'était une "invention".

"Cela ne mérite même pas un commentaire", a dit al-Sheikh, ajoutant qu'il poursuivrait Ha'aretz en justice pour diffamation.

Selon des sources fiables à Ramallah, Abbas pense que la libération des députés palestiniens incarcérés dans les geôles israéliennes réactiverait le Conseil Législatif Palestinien dominé par le Hamas, qui pourrait alors voter une motion de censure contre le gouvernement de Salam Fayyad soutenue par les USA.

Le Conseil Législatif Palestinien est maintenant effectivement paralysé par la scission Fatah-Hamas et par la détention collective de la grande majorité des députés Hamas de Cisjordanie par Israël.

D'après Ha'aretz, le Président de l'AP redoute que la libération d'hommes politiques éminents du Hamas des prisons israéliennes en échange du soldat israélien emprisonné, Gilad Shalit, renforce le Hamas aux dépens du Fatah.

L'Autorité Palestinienne a mené une répression, apparemment en coordination avec Israël, contre les institutions islamiques ou semi-islamisques civiles dans toute la Cisjordanie.

La campagne de répression a visé des écoles, des orphelinats, des associations caritatives, des commerces, des institutions sanitaires et financiers, ainsi que de nombreuses ONG.

De plus, les agences de sécurité de l'AP, financées et armées par les Etats-Unis, ont arrêté des centaines de personnalités ayant une appartenance religieuse et soupçonnées de sympathie pour le Hamas. Des professeurs de collège, des étudiants, des responsables religieux et des intellectuels ont été arrêtés.

Les médias contrôlés par l'AP ont globalement ignorés l'article du Ha'aretz, ce qui est susceptible d'embarrasser et de discréditer Abbas et son régime aux yeux des masses palestiniennes.
Israël appuie le Fatah plutôt que le Hamas, pendant que le premier sera plus enclin à faire des concessions d'une portée considérable à l'Etat juif sur les questions du statut final comme Jérusalem, les frontières et en particulier, le droit au retour primordial pour les millions de Palestiniens déracinés de leur patrie lorsqu'Israël a été créé il y a plus de soixante ans.

Israël séquestre dans ses prisons et camps de détention plus de 10.000 prisonniers palestiniens, dont des centaines sont incarcérés dans des conditions très dures, dans accusation ni procès.

Certains des leaders palestiniens les plus en vue sont en prison en Israël, et parmi eux le chef du Fatah Marwan Bargouthi, le chef du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) Ahmed Sa'dat et le Président du Parlement Palestinien Abdul Aziz Duweik.

Le Hamas demande qu'Israël libère un millier de prisonniers palestiniens, dont tous les hommes politiques arrêtés, en échange de Shalit.

Cependant, ce qui préoccupe Israël, c'est que la satisfaction des demandes du Hamas renforce le mouvement islamique sur tous les territoires occupés, en particulier en Cisjordanie où le "gouvernement" de l'AP travaille sous occupation militaire israélienne.

La question des prisonniers est un sujet très sensible pour les Palestiniens en général, car nombre de familles palestiniennes sont directement affectées par les emprisonnements interminables de leurs bien-aimés, qui ont sur elles un lourd impact psychologique et économique.

Traduction : MR pour ISM


Jeudi 31 Juillet 2008


Commentaires

1.Posté par Odile le 01/08/2008 21:00 | Alerter
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Mais quand donc Abbas se décidera-t-il à faire une tête d'enterrement quand il rencontre les bourreaux de "son" peuple ?

2.Posté par Samuel le 03/08/2008 01:28 | Alerter
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Les Bourreaux? parle t on du Hamas qui a massacre aujourd hui des dizaines de Palestiniens?

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