Géopolitique et stratégie

Les Etats Unis ont déclenché la stratégie dite de 'maîtrise et de guerre froide' contre l'Iran


Saraj : "la gestion de crise américaine consiste pour le moment à appliquer une stratégie dite de maîtrise et de guerre froide dont les dimensions sont multiples."


Mercredi 24 Janvier 2007

  Les Etats Unis ont déclenché la stratégie dite de 'maîtrise et de guerre froide' contre l'Iran
Selon l'expert des questions politiques, Reza Saraj la nouvelle stratégie de Bush avec comme point d'orgue l'envoie de 21.500 soldats supplémentaires en Irak a divisé les analystes et les chroniqueurs en deux groupes. Une première tendance y voit le signe de l'obstination des néo conservateurs à poursuivre leurs objectifs militaires au Moyen Orient en dépit des recommandations et des appels à la modération que cristallise le rapport Baker –Hamilton. En face de ce premier groupe, il y aussi ceux qui arguent de l’impuissance des néo conservateurs à maintenir leur ligne dure. Aux yeux de ce groupe, l’envoie de nouvelles troupes en Irak s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de la gestion de crise qui cherche à renoncer au militarisme au profit des approches plus politiques, plus culturelles. Selon la première tendance, l’élargissement du contingent américain en Irak marque une nouvelle étape dans la politique belliciste de Washington.


Avec l’exécution de Saddam, les Américains ont visé un double objectif. Ils ont cherché d’abord à libérer les potentiels baasistes et à les faire rallier aux nouvelles orientations de la Maison Blanche, lesquelles prônent un remodelage des rapports des forces en présence sans écarter un possible recours à un coup d’état. Le second objectif consistait à allumer la mèche d’un conflit interconfessionnel en Irak. C’est dans cette perspective, que Saddam n’a été jugé que pour une infime partie de ses crimes perpétrés à l’encontre des seuls chiites.



D’après ces partisans inconditionnels du va-t-en guerrisme, le retrait des troupes US de la région seraient catastrophique pour les intérêts américains d’où leurs efforts censées ménager une sortie honorable de l’impasse irakienne. « Or, estime M Saraj, une évacuation précipitée des forces américaines de la région mettra Israël, le plus grand allié de Washington face à d’insurmontables défis, et ce dans l’une des périodes les plus périlleuses de l’histoire de cette entité factice, marquée par sa défaite de l’été dernier au Liban ».



Avec 22 milliards de barils de réserves en pétrole et une consommation quotidienne qui atteint désormais les 21 millions de barils, les Etats-Unis auront de jours difficiles devant eux au cours de la décennie à venir. Et La perduration de la crise en Irak ou le retrait américain risque d’obscurcir davantage l’horizon. Par ailleurs toute concession, de la part de Washington pourrait creuser le fossé entre l’Europe et les Etats-Unis avec pour conséquence immédiate la perte de vitesse de ces derniers sur l’échiquier géopolitique. Le refus du rapport Baker- Hamilton fait écho aux craintes américaines en ce sens. C’est sur la base de telles argumentations que les bellicistes proches des centres du pouvoir à Washington cherche à faire passer la nouvelle stratégie de la Maison Blanche.



Pour M Saraj, cette nouvelle stratégie qui a pour premier objectif de barrer la route à l’influence stratégique grandissante de l’Iran dans la région s’efforce de changer la nature des rapports de force en Irak. Parallèlement, elle souhaite élargir le champ d’action d’Israël, toujours groggy dans la foulée de sa mésaventure estival. C’est en ce sens que peut se comprendre le soutien de Washington à Siniora ou encore ses efforts divisionnistes visant à casser l’unité entre Fatah et Hamas.



C’est toujours dans cette même perspective de fuite en avant, qu’il faut interpréter l’adoption de la résolution anti iranienne au Conseil de sécurité, résolution qui veut intégrer l’Iran au cœur du scénario américain de gestion de crise. Une fois entré dans l’ordre, un Iran dompté pourra offrir aux républicains une chance désespérée pour gagner les élections de 2008.



Aux antipodes de cette lecture martiale des réalités, il existe un second groupe qui appelle à un changement radical des politiques de la Maison Blanche car, selon lui, le temps du militarisme est révolu. Le besoin de déclencher un véritable virage politique s’explique, par la déroute républicaine au cours des deux dernières élections ainsi que par le mécontentement croissant de l’opinion américaine.



Les partisans du dialogue ont d’ailleurs marqué ces derniers temps des points. Ils ont réussi à détrôner Bolton et Rumsfeld, deux faucons de la première heure. Selon ces gens, maintenir le cap actuel équivaudrait pour les Etats-Unis à plus d’isolement sur les scènes internationales. Cet isolement aboutira d’une part à l’affaiblissement du « soft power » américain et de l’autre, à l’accentuation des écarts entre l’Amérique et les autres acteurs de la région. À ce cela s’ajoute une vague désormais incontrôlable du ressentiment anti américain qui traverse tout le monde musulman. Estimé à plus de 600 milliards de dollars, les frais de la guerre pèse lourdement sur l’économie américaine. Selon M Saraj, les deux dernières tentatives de Bush contre l’Iran celle de faire adopter une résolution au Conseil de sécurité et celle d’envoyer des renforts en Irak visent en réalité à ménager une voie de passage la moins accidentée possible du bellicisme vers la diplomatie.



Ces deux démarches visent en effet à limiter les dégâts du à l’effondrement de la politique guerrière de la Maison Blanche. Ce passage sera donc assuré par ce que les experts qualifient de stratégie « de maîtrise et de guerre froide ». Cette stratégie est multidimensionnelle et va de la menace et de l’intimidation et des pressions diplomatiques à l’embargo économique et la guerre des nerfs en passant même des initiatives sécuritaires.



La gestion de crise a l’américaine prône les affrontements religieux et sectaires au Moyen Orient, la création des défis et des préoccupations pour les gouvernement de la région, la réduction du rôle de la RII via un consensus anti iranien de certains dirigeants arabes de la région et le changement de la structure et du comportement des pays dit problématiques.



farsnews.com


Mercredi 24 Janvier 2007

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