Politique Nationale/Internationale

Les États-Unis d'Afrique, c'est pour quand ?


Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) a été officiellement créée dimanche 7 juillet, nous publions ici le long article en forme d'utopie sur les États-Unis d'Afrique publié par Usbek & Rica dans son numéro d'avril 2019.


Benoît Hervieu
Lundi 15 Juillet 2019

« L’Afrique doit s’unir en vue de réaliser sa renaissance. » La phrase figure en toutes lettres dans le préambule de l’Agenda 2063, l’Afrique que nous voulons. Signé en janvier 2015 à Addis-Abeba par les chefs d’État et de gouvernement du continent, ce vaste plan d’action affiche l’ambition de faire du XXIe siècle « le siècle de l’Afrique ». Cent ans après la fondation en 1963 de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le « berceau de l’humanité » aura-t-il réalisé l’unité chère aux inspirateurs du panafricanisme ? Plusieurs facteurs incitent à parier sur un essor continental, notamment un potentiel économique généré par une démographie exponentielle. Mais la constitution d’un grand marché africain ne signifie pas forcément l’avènement des États-Unis d’Afrique, utopie traversée depuis toujours par les tensions internes au mouvement panafricain.

« Qu’il serait bon et plaisant
Avant Dieu et l’homme
De voir l’unification de tous les Africains
Afrique, unis-toi, car les enfants veulent rentrer à la maison. »
(Bob Marley, « Africa Unite »)

Qu’elle serait « bonne et plaisante » l’unification africaine invoquée par Bob Marley en 1979, deux ans avant sa mort. L’album Survival, qui contient la chanson « Africa Unite », est à l’image de la longue marche de l’Afrique en direction d’elle-même : tendue, incertaine et parfois contradictoire. Qui scande ici l’unité ? Non pas un Africain mais un Jamaïcain. Espère-t-il une Afrique sans frontières internes ? Il célèbre sur le même disque la naissance annoncée d’un nouvel État, le Zimbabwe (ex-Rhodésie), toujours tributaire des frontières héritées des tutelles européennes.
Paradoxe de la période postcoloniale, l’Afrique se cherche jusqu’à aujourd’hui dans les nouveaux noms de sa fragmentation. Le Dahomey est devenu le Bénin en 1975, la Haute-Volta se renomme Burkina Faso en 1984, la République démocratique du Congo se fait Zaïre en 1971 avant de reprendre sa dénomination initiale en 1997, le Swaziland se rebaptise Eswatini en 2018. Et c’est encore en Afrique qu’apparaît le dernier des États siégeant à l’Onu : le Soudan du Sud, qui a hissé son drapeau en 2011.

« La marche vers l’unité n’est pas toujours flagrante et une partie de la population s’est pliée à la logique des frontières », constate l’agronome et ancien fonctionnaire du ministère de la Coopération Henri Rouillé d’Orfeuil. « En matière de panafricanisme, seule une classe intellectuelle préserve l’héritage. » Tout comme une autre a porté le mouvement à son origine. Hors du continent. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Le mouvement panafricain n’est pas né en Afrique mais parmi les consciences noires d’Europe, d’Amérique du Nord et de la Caraïbe, comme le rappelle l’historien Amzat Boukari-Yabara dans Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme (La Découverte, 2014).

Nous sommes à la fin du XIXe siècle quand émerge une mobilisation internationale en faveur de l’émancipation des « peuples de couleur ». Le siècle qui s’achève a été marqué par la fondation de la première République noire en Haïti (1804) puis par l’abolition de l’esclavage (1848). Un peu plus tôt encore, avant le Liberia en 1847, la colonie britannique de la Sierra Leone a été instituée en 1787 avec le rapatriement d’esclaves affranchis. Pourtant, sur les continents américain et européen, la fin du statut d’esclave ne signe en rien la fin des discriminations, qui se paient de théories pseudo-scientifiques sur les hiérarchies raciales. L’Europe a abandonné la traite ? Elle ne cesse de croire en sa « mission civilisatrice » qu’entérine la conférence de Berlin des années 1884-1885. Quatorze pays se réunissent alors dans la capitale allemande et se partagent les zones d’influence. L’Afrique est désossée en autant de territoires sous tutelle qui deviendront plus tard des États. Un seul a résisté : l’Éthiopie millénaire, victorieuse des troupes italiennes lors de la bataille d’Adoua, le 1er mars 1896.

« L’Afrique aux Africains »
Le salut des peuples noirs opprimés viendra de la reconquête du berceau volé. L’Américain W. E. B. Du Bois est l’un des premiers à poser l’enjeu d’une réappropriation territoriale superposé à celui de l’émancipation. C’est à son initiative que se tient la toute première conférence panafricaine à Londres, du 23 au 25 juillet 1900. La rencontre réunit trente-sept délégués, tous ressortissants des Amériques et d’Europe. Ce panafricanisme de la première heure oscille néanmoins entre l’horizon continental et la lutte pour les droits civiques à l’extérieur.

Au Liberia, les tensions entre « autochtones » et anciens de la diaspora soulignent déjà les difficultés de l’unification. La conception progressiste qu’en donne Du Bois est bientôt rattrapée par celle, plus radicale, du Jamaïcain Marcus Garvey pour qui la restauration de l’unité perdue de l’Afrique se joue dans un vaste élan populaire de solidarité raciale. « Afrique », « Afrique noire » et « négritude » (même si ce mot apparaît plus tard) se confondent dans la promesse messianique du grand retour à la Terre promise et son creuset éthiopien, d’où se concrétisera le mot d’ordre : « L’Afrique aux Africains ».Il faut attendre le cinquième congrès panafricain, à la suite de la conférence de 1900, pour que ce mot d’ordre s’insère dans un projet politique. Tenu en octobre 1945 sous l’impulsion de George Padmore et Kwame Nkrumah, le congrès de Manchester fait coïncider la lutte pour l’émancipation et la cause des indépendances. Or, s’agit-il d’asseoir l’émancipation dans la construction de nouveaux États-nations, surgis des tracés de l’ancien colonisateur ? Ou doit-on considérer la décolonisation comme une étape, prélude à la fusion de ces États à peine nés dans une grande Afrique ?

Nkrumah incarne l’autre grande tension du panafricanisme. Père de l’indépendance du Ghana, il est aussi le premier à employer le terme d’« États-Unis d’Afrique ». « L’Afrique est reliée au reste du monde (…) mais pas à elle-même », écrit-il dans son ouvrage L’Afrique doit s’unir, publié en 1963, l’année de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) devenue l’Union africaine (UA) en 2002. Dans son sillage, l’intellectuel sénégalais Cheikh Anta Diop développe la perspective d’un « destin fédéral de l’Afrique ». Que reste-t-il aujourd’hui de cette promesse ? L’Afrique a-t-elle acquis l’assise suffisante pour se relier à elle-même dans un avenir proche et ne pas subir l’influence de l’Europe, des États-Unis ou de la Chine ?

Tsunami industriel et numérique
Nombreux sont les facteurs à conforter le poids futur du continent à l’échelle mondiale. Forte de ses 44 millions de km2, la superficie africaine se classe au deuxième rang planétaire après celle de l’Asie. En son sein se joue l’éclosion d’un vivier économique soutenu par une inégalable croissance démographique. L’Afrique compte 1,2 milliard d’habitants et sa population devrait passer, selon les projections onusiennes, à 2,5 milliards d’individus en 2050 puis à près de 4 milliards en 2100 (à croissance constante).

« La proportion de citadins africains représentera la moitié de la population totale du continent en 2030, avant d’atteindre 60 % en 2050 »

Le continent brille également par sa jeunesse, avec 200 millions de personnes issues de la tranche d’âge 15-24 ans. Jeune, la population africaine s’urbanise. De 36 % actuellement, la proportion de citadins africains représentera la moitié de la population totale du continent en 2030, avant d’atteindre 60 % en 2050, toujours selon l’Onu. Rien de tel pour stimuler un marché intérieur avec, à la clé, une demande de produits alimentaires appelée à tripler au milieu de ce siècle. À raison d’une croissance de 5 % au cours de la prochaine décennie, l’Afrique devrait afficher un PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars grâce à la zone de libre-échange continentale dont elle s'est dotée dimanche 7 juillet.

Tous ces indicateurs conduisent l’ancien Premier ministre franco-béninois Lionel Zinsou à prédire pour l’Afrique trois vagues synonymes de « tsunami industriel », comme il le confiait à RFI en 2014. La première tient à l’intégration en cours de certaines industries africaines dans les chaînes de valeur mondiales. La deuxième « viendra de la satisfaction des besoins africains : automobiles, ciment, agroalimentaire, etc. ». Enfin, la troisième vague sera suscitée par les délocalisations et les avantages compétitifs du continent qui, alors, « se substituera à l’Asie ».

Au tsunami industriel annoncé se conjugue une révolution numérique. En 2017, l’Afrique est devenue la région du monde à avoir enregistré la plus forte progression en matière d’accès à Internet (+ 20 %), totalisant 400 millions d’utilisateurs, selon le fonds Partech Africa. Certains pays caressent déjà le rêve d’abriter les Silicon Valley de demain. En tête, le Rwanda a inauguré en novembre 2018 la Kigali Innovation City. Complexe universitaire et technologique d’envergure « panafricaine », selon le vœu du président rwandais Paul Kagame, cette structure implantée sur 70 hectares prévoit de créer plus de 50 000 emplois, de former chaque année 2 600 diplômés, et de générer 150 millions de dollars annuels en exportations de produits et services dans les nouvelles technologies.



De quoi combler les déséquilibres connectiques d’un continent où quatre habitants sur cinq n’ont toujours pas accès au Web ? « Les Européens flattent les start-up mais les jeunes Africains rêvent surtout d’un ailleurs », tempère Henri Rouillé d’Orfeuil. Quant au panafricanisme revendiqué à l’aune des meilleurs indices économiques, il relève plus d’un « afrolibéralisme », que déplore l’économiste dakarois Ndongo Samba Sylla. « On libère les marchés et rien d’autre, puis on s’imagine que le projet politique en découlera. » « On », c’est-à-dire les États et une Union africaine plutôt à la peine.

L’intégration en trompe-l’œil
« Il n’y a pas d’idée plus puissante en Afrique que le panafricanisme », assure l’économiste et sociologue Martial Ze Belinga. « Candidats en campagne ou dirigeants la mentionnent régulièrement dans leurs discours. Mais brandir l’idée quand on est dans l’opposition est une chose, et l’assumer une fois au pouvoir en est une autre. » Tout aussi circonspect, l’historien Amzat Boukari-Yabara critique « ce décalage entre une idée fédératrice et l’agenda propre d’États qui disent la défendre ». Un décalage révélé, selon lui, par l’actuelle situation de l’UA « où sont rassemblés les 55 États du continent sans que tous aient intérêt à en faire partie », et qui explique pour beaucoup les difficultés à recharger le grand dessein commun.

Conduit sous l’égide de Paul Kagame, le dernier sommet de l’UA à Addis-Abeba, en février 2019, laisse derrière lui un bilan bancal. Le président rwandais a certes obtenu la création d’un fonds pour la paix – bien que doté de 80 millions de dollars, loin des 400 prévus au départ – destiné à soutenir le règlement des conflits continentaux. L’accord de Khartoum pour la paix en Centrafrique, signé le 6 février 2019, a conforté l’initiative. Or, la paix demeure fragile et la nouvelle présidence annuelle de l’UA confiée à l’Égypte ne laisse pas forcément présager le même résultat en Libye.

« L’Union Africaine continue d’incarner, avec d’autres, les institutions de la colonialité »

Plus embarrassant, le financement de l’UA dépend à plus de 70 % des apports extérieurs, et l’Afrique du Sud a rejeté la proposition d’une taxation des importations des pays membres pour parvenir à un autofinancement. « L’UA continue d’incarner, avec d’autres, les institutions de la colonialité », constate Martial Ze Belinga. Et cette « colonialité » n’est pas sans incidence sur l'autre grand chantier que représente la Zone de libre échange continentale africaine (Zlec), lancée lors du dernier sommet de l'UA à Niamey, le 7 juillet 2019.

La mécanique a tardé à prendre corps du fait des réticences d'un autre poids lourd de la région : le Nigeria, dont le PIB représente à lui seul 70 % de celui de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Le pays est en passe de devenir en 2050 la troisième puissance démographique mondiale après l’Inde et la Chine, avec 400 millions d’habitants. « Il y a là un sérieux risque de désintégration économique », prévient Ndongo Samba Sylla. La réduction de 90 % des barrières douanières prévue par la Zlec se télescope, dans les pays de la Cedeao, avec des dispositifs similaires prévus par les accords de partenariat économique (APE) conclus avec l’Union européenne (et également refusés par le Nigeria). « Comme la finalisation des APE en Afrique de l’Ouest n’était pas possible sans le Nigeria, l’Union européenne a signé des APE intérimaires en 2007 avec les deux autres pays les plus avancés de la région », poursuit Ndongo Samba Sylla. En l’occurrence, la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Plus grave, les autres pays de la Cedeao signataires de la Zlec ne pourront pas davantage taxer les produits correspondant à 90 % des importations du Ghana et de la Côte d’Ivoire en provenance de l’Union européenne. « Le Nigeria a eu raison d’être prudent. Une intégration économique continentale sans garantie fera des perdants. » Martial Ze Belinga le rappelle : « L’accès à la souveraineté est un processus long. L’histoire l’a montré sur le continent américain. N’a-t-il pas fallu cent douze ans pour construire le dollar après la période britannique ? » Le réveil panafricain par l’intégration économique impliquerait-il l’alternative d’une monnaie commune ?

L’unité sans les États ?
Le symbole monétaire fait aujourd’hui l’objet d’attentions militantes, en particulier dans les quatorze pays de la zone franc CFA (tous les pays d’Afrique subsaharienne autrefois sous domination coloniale française, à l’exception de la Guinée, ndlr). La fin du fiduciaire postcolonial vient en écho à certains discours panafricanistes du moment. Délivrerait-elle du spectre des anciens empires ?

Pourfendeur du CFA et coauteur en 2013 d’un Manifeste pour la construction des États-Unis d’Afrique, Ndongo Samba Sylla préconise un système de monnaies nationales solidaires qui atténuerait les écarts intracontinentaux et reposerait sur trois piliers : « Une unité de compte commun aux pays pour permettre les convertibilités, des chambres de compensation pour commercer entre Africains sans pression de l’euro ou du dollar, et enfin un système de réserve entre pays débarrassé de la “garantie française”. »
« L’Afrique de l’Ouest se mobilise beaucoup. L’Afrique centrale, moins, compte tenu de la persistance de “vieux régimes” et d’une économie rentière »

Le levier économique d’une intégration réelle est de plus en plus discuté au sein de collectifs de la société civile tels que Y’en a marre ! au Sénégal, Balai Citoyen au Burkina Faso, Lutte pour le changement (Lucha) en République démocratique du Congo, ou encore les Economic Freedom Fighters en Afrique du Sud. « L’Afrique de l’Ouest se mobilise beaucoup. L’Afrique centrale, moins, compte tenu de la persistance de “vieux régimes” et d’une économie rentière », observe Martial Ze Belinga.

Amzat Boukari-Yabara s’inquiète du manque de relais politique digne de ce nom à tous ces mouvements. « La faillite des partis politiques africains n’aide pas », regrette l’historien, pour qui Thomas Sankara a constitué la dernière grande figure d’un leadership panafricain aujourd’hui introuvable : « Paul Kagame a pratiqué une approche top-down quand il faudrait faire le contraire. » Et le fameux passeport continental, que ce dernier a fait approuver en 2018 – mais pour l’instant réservé aux chefs d’État et diplomates –, ne suffira guère à promouvoir une conscience citoyenne à la mesure de l’enjeu.

Une telle conscience nécessite de relever le défi majeur que posent tous les interlocuteurs ici sollicités : la démocratisation, tant des régimes que des institutions transnationales. « Y aura-t-il un jour un Parlement panafricain élu ? Ce projet serait révolutionnaire, et voilà un projet que l’UA devrait soutenir si elle ne veut pas rester une enceinte de jeux de pouvoir », plaide Amzat Boukari-Yabara. « Pour l’instant, l’UA mime l’Union européenne, mais mal », abonde Ndongo Samba Sylla. Si personne ne songe à supprimer les États – « même s’il en existe de faillis, voire dissous, comme la Centrafrique et la Somalie », rappelle Henri Rouillé d’Orfeuil –, la résurgence du panafricanisme pourrait bien passer « par-dessus » ces derniers.

« Penser la mobilité à l’intérieur de l’Afrique, c’est l’enjeu du XXIe siècle. Redessiner les frontières, mais aussi la carte du ciel africain »

C’est en tout cas l’hypothèse que formule Martial Ze Belinga. Moins que des « États-Unis d’Afrique », l’économiste et sociologue franco-camerounais voit poindre une Global Africa, « une forme de panafricanisme non étatique, voire transgressant les États ». Sa force de frappe ? Une production culturelle instillant une identité commune : « Il n’y a pas un artiste africain, sur le continent ou au-dehors, qui n’ait chanté l’Afrique », fait valoir le spécialiste de l’économie de la culture.

Un autre vecteur ramène, selon lui, aux sources du panafricanisme « du fait de la circulation, de plus en plus fréquente, des afro-descendants de la diaspora sur le continent et des visites des lieux de mémoire ». La mobilité continentale constitue l’autre question centrale qu’Amzat Boukari-Yabara voudrait voir accéder au rang de projet politique : « Penser la mobilité à l’intérieur de l’Afrique, c’est l’enjeu du XXIe siècle. Redessiner les frontières, mais aussi la carte du ciel africain, affirme l’historien. Est-il normal de transiter encore par un aéroport européen pour aller d’une capitale africaine à l’autre ? » Horizon autant que territoire, l’Afrique fait corps dans son propre mouvement.



Merci à Usbek & Rica
Source: https://usbeketrica.com/article/les-etats-unis-d-afrique-c-est-pour-quand
Date de parution de l'article original: 13/07/2019
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=26510


Lundi 15 Juillet 2019


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