Géopolitique et stratégie

Les Etats-Unis, bâtisseurs des crises



La stratégie du gouvernement Bush vis-à-vis des progrès enregistrés par l’Iran sur le plan de la technologie nucléaire consiste à passer l’accès de ce pays à l’énergie fissile en une crise à l’échelle internationale, en évoquant la menace militaire.


IRIB
Lundi 19 Juin 2006



Mais un an après, la ferme volonté du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad à développer le programme nucléaire et à enrichir l’uranium, une volonté qui cristallise celle du peuple, a neutralisé totalement les complots ourdis par Washington, en divisant hommes d’Etats et politiciens d’un côté, et de l’autre, les pays européens, la Russie et la Chine.

Trois facteurs ont joué un rôle important dans cette question : premièrement, la légitimité absolue et juridique iranienne dans l’usage de la technologie nucléaire à vocation pacifique, deuxièmement, le respect des lois et troisièmement, la diplomatie arrogante du clan Bush, en filigrane d’une rhétorique belliciste, ponctuée de menaces, notamment durant ces derniers mois.

De même le désir de l’Amérique de vouloir participer aux pourparlers avec l’Iran est un signe manifeste confirmant le retrait des Etats-Unis.

Mais l’accent mis par la Secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice prétendant que l’Iran soutenait encore le terrorisme et que l’on ne pouvait pas avoir confiance à ses responsables témoigne du fait que Washington s’entête à poursuivre une politique de la guerre froide et de propagande américaine face à l’Iran.

L’une des méthodes propagandistes traditionnelles des Etats-Unis est de transmettre les informations aux médias, par les responsables gouvernementaux sans citer la source, en d’autres termes préférant garder l’anonymat. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre du changement du climat politique américain. Il y a un an que Simon Hersh, l’éditorialiste du New Yorker a rapporté de la bouche des responsables gouvernementaux américains que le futur objectif militaire américain est d’attaquer l’Iran et pour ce faire, les Américains ont envoyé leurs espions à destination de ce pays et les principales cibles résident dans la fixation de quelques points importants. (Le 17 janvier 2005, dans une interview avec CNN)

De même au début du printemps de cette année (le 9avril 2006) le Washington Post a écrit en grosse manchette « le plan Bush pour attaquer l’Iran », information qui a été immédiatement démentie, par le Président de et les responsables de la Maison Blanche.

Mais quelques jours après, le 12 avril 2006, Gram Alisson, professeur de Harvard, un architecte de la guerre froide a publié un article dans ce même Washington post. Il a fait un parallèle du développement de la technologie nucléaire et l’énergie en Iran avec la crise découlant des missiles atomiques de l’ex-Union soviétique sur le sol cubain à l’époque de John F. Kennedy au début de la décennie 1960, en concluant que l’Amérique et le monde sont menacés par une guerre nucléaire.

En d’autres termes, Gram Alisson a comparé les progrès nucléaires à vocation pacifique de l’Iran à un conflit atomique entre l’ex-union soviétique et l’Amérique dont chacun s’étaient dotées des milliers de missiles et de bombes atomiques.

Le point intéressant à noter c’est qu’à présent, en ce qui concerne l’affaire connue sous le nom de « crise de missile atomique sur le sol cubain », l’un des collègues de Gram Alisson à Harvard, du nom de Philippe Zelico est l’un des principaux conseillers juridiques et stratégiques de la secrétaire d’Etat américaine.

Dans l’affaire des missiles cubains, les Soviétiques ont retiré leur missile du sol cubain lorsque le Président américain a été lui aussi forcé de retirer ses missiles atomiques du territoire turc et des frontières soviétiques à l’époque.

Provoquer tension et guerre froide au sujet du programme nucléaire iranien a été orchestré par les Etats-Unis en totale harmonie avec leurs différents organismes.

Par exemple, simultanément à ces articles ambigus, dans un discours prononcé, le 7 mars 2006, où il a évoqué le développement de la technologie nucléaire iranienne, le vice-président américain, Dick Cheney a parlé des conséquences significatives de tels progrès enregistrés par l’Iran.

En ce même jour, le Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a accusé l’Iran d’être impliqué dans les sabotages en Irak et dans cette même semaine, le représentant américain aux Nations Unies, John Bolton a proféré des menaces à l’encontre de l’Iran.

En ces mêmes jours, Bush a considéré l’enrichissement d’uranium par l’Iran comme la grande préoccupation d’ordre sécuritaire du monde en déclarant que l’Amérique n’autoriserait pas à l’Iran de procéder à des progrès en matière nucléaire et en armement.

Dans son rapport datant du 28 mars 2006, adressé au Comité des affaires extérieures du Sénat américain, Rice a déclaré qu’il ne faisait aucun doute que l’Iran était une grande menace. Tout cela, pour semer la terreur parmi les élites et provoquer le stress chez l’opinion publique.

Ces menaces ont été menées juste au moment où tous les responsables iraniens dont le Guide suprême de la Révolution islamique, le Président de la République, les représentants iraniens auprès de l’AIEA, à Vienne et aux Nations Unies ont réitéré, à maintes reprises, que le développement de la technologie nucléaire était totalement pacifique et qu’il n’existait aucun plan pour la fabrication d’armes atomiques.

En dépit de toutes ces déclarations officielles de l’Iran, le mois dernier, le 8 mai 2006, Mickel Clear, un professeur du collège de New Hampshire a déclaré que le bombardement de l’Iran par Bush serait de 75% avant les élections générales américaines en novembre de cette année. Le directeur des « Etudes sur la non prolifération des armes atomiques » à la Fondation de paix de Carnegie aux Etats-Unis a écrit sur le Web site de la revue Foreign Politicy, citant l’un des conseillers proches de Bush que l’Amérique essaierait d’assener un coup dur à l’Iran.

Cette guerre froide se poursuit par les médias à la solde des Etats-Unis. De sorte que dans son éditorial datant du 21 avril 2006, le quotidien Wall Street Journal dépendant des grandes firmes financières et économiques américaines, a parlé de la nécessité d’un face à face de l’Amérique et du gouvernement Ahmadinejad, en encourageant le gouvernement américain à semer la discorde, à intervenir indirectement et à soutenir ses mercenaires à l’intérieur de l’Iran, afin de faire renverser le régime iranien de manière pacifique.

Cette guerre froide menée par l’Amérique a été déclenchée juste au moment où ses services secrets, ses alliés européens et les médias à sa solde ont tous parlé des conséquences désastreuses qu’engendreraient une attaque militaire contre l’Iran. A titre d’exemple, la hausse définitive du prix de pétrole et les difficultés éventuelles pour sa distribution sur les marchés mondiaux,, les dommages infligés aux bases américaines dans le Golfe persique, en Irak et en Afghanistan, la mobilisation et l’indignation générale du monde de l’Islam contre l’Amérique, l’accélération de l’échec militaire et économique du système américain et probablement le démembrement de son empire…

La résistance ferme de la nation iranienne face à ces menaces, l’impulsion donné à la diplomatie sur la scène internationale et régionale, l’accueil sans précédent des étudiants et des Indonésiens réservé au Président iranien lors de sa visite à Jakarta, notamment la lettre du Président Ahmadinejad à son homologue Bush, tous sont sans nulle doute un coup dur assené aux plans politiques et de propagande américains semant la crise.

Et pour affronter cette crise provoquée par l’Amérique et l’Occident, quelques points s’avèrent nécessaires à noter :

1-le sang froid de l’Iran face à ces menaces et ce climat de crise politique.

2- Traiter comme normale la question du développement du programme nucléaire à fins pacifiques.

3- Attirer l’attention des élites internationaux et de l’opinion publique sur des questions plus importantes.

4- Mettre l’accent sur les politiques à vocation pacifique de l’Iran

5- L’utilisation et l’exploitation efficace de la presse et des médias.

6- Parler en toute transparence des politiques du gouvernement et des exigences du peuple iranien notamment via des personnes et des organisations non gouvernementales, légitimes et influentes parmi les dirigeants, les hommes d’états, les experts, les étudiants, les directeurs et les différents partis, en Occident.

7- Le soutien et la participation aux mouvements anti-war aux Etats-Unis, en Europe et dans d’autres pays.

8- la mobilisation du peuple et de l’Oumma islamique.


Lundi 19 Juin 2006

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