Géopolitique et stratégie

Les Etats-Unis auront un potentiel de frappe nucléaire désarmante contre la Russie



Jeudi 2 Août 2007

Les Etats-Unis auront un potentiel de frappe nucléaire désarmante contre la Russie
Les chefs militaires américains ont officiellement parlé, pour la première fois, de la nécessité de renoncer à la prorogation du traité START-1. Le général James Cartwright, chef du commandement stratégique des Etats-Unis, affirme que cela permettra de porter plus facilement des coups dans la guerre globale contre le terrorisme international. La Russie craint que, grâce à cela, les Etats-Unis ne disposent d'un potentiel de frappe nucléaire désarmante et, compte tenu du système de défense antimissile en voie de création, d'un moyen d'éviter la riposte.

Selon le général James Cartwright, plusieurs conceptions d'une "frappe globale" contre les Etats voyous soupçonnés de créer des armes de destruction massive sont actuellement à l'étude. Certains spécialistes américains proposent d'employer les missiles balistiques Trident dotés d'ogives non nucléaires qui se trouvent à bord des sous-marins. Cela pose un problème: les Trident sont des missiles stratégiques faisant l'objet du traité START-1.

"Chaque chef militaire veut accroître le financement de son département, c'est pourquoi la menace, y compris terroriste, est souvent artificiellement exagérée, a déclaré Vladimir Evseïev, principal chercheur à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie. Mais le fait est qu'à la suite du renoncement au traité START-1 et de l'accroissement du nombre des missiles vecteurs, ces derniers peuvent être employés en tant qu'armes de haute précision pour porter des coups aux ouvrages stratégiques russes: silos de lancement de missiles, ou postes de commandement souterrains".

Mais, selon la Russie, le danger principal du renoncement des Etats-Unis au traité START-1 "en vue de lutter contre le terrorisme" réside ailleurs. "Le rééquipement des éléments des forces stratégiques nucléaires en moyens antiterroristes non nucléaires n'exclut pas leur rééquipement inverse, estime Vladimir Evseïev. En créant les forces antiterroristes, les Etats-Unis développeront un potentiel qui peut être rapidement reconverti en forces nucléaires stratégiques". Selon l'expert, cela représente une grave menace pour la sécurité de la Russie, où le nombre d'ogives se réduit. Bien que le traité sur la réduction des potentiels stratégiques offensifs autorise à disposer au maximum de 2.200 ogives, en réalité, il en reste environ 1.500 dans l'armée russe. Cela signifie, estime l'expert, que les Etats-Unis auront un potentiel de frappe nucléaire désarmante et, compte tenu de la création actuelle du système de défense antimissile, la possibilité de se prémunir contre la riposte.

source: Kommersant

La Russie propose ses missiles pour défendre le ciel européen



La Russie n'en finit pas de formuler des propositions de coopération avec l'Occident. Le commandant en chef de l'armée de l'air, Alexandre Zeline, a déclaré mercredi que les Russes pourraient participer à la création d'un bouclier antimissile européen unique, dont les Américains jetteraient les fondements en installant des missiles intercepteurs en Pologne et un radar de nouvelle génération en République tchèque. Selon le général, Moscou est prêt à sacrifier sur l'autel de la sécurité européenne commune ses systèmes d'armes sol-air S-400 Trioumf.

Le S-400 Trioumf est une arme réellement efficace, mais il a un défaut: son cerveau électronique (calculateur Elbrous) est obsolète. Pour le reste, il est plus performant que les Patriot américains: sa portée est de 400 km (contre 30), sa portée verticale est de 30 km (contre 24), et sa superficie de protection est de 500 kilomètres carrés (contre 150), etc. Sans entrer dans les détails techniques, on peut constater que cet écart ne s'explique pas par la supériorité technologique de la Russie, mais par la vocation même des missiles: le Patriot sert à neutraliser les cibles qui parviennent à percer les échelons avancés du bouclier antimissile, tandis que le S-400 agit en toute autonomie.

"Les propos du commandant en chef de l'armée de l'air russe s'inscrivent logiquement dans l'offre de (Vladimir) Poutine à (George W.) Bush. Si le S-400 est intégré dans le bouclier antimissile de théâtre européen, il garantira la protection de tout le continent", explique le colonel Igor Korottchenko, analyste auprès du ministère russe de la Défense.

Quoi qu'il en soit, le S-400 Trioumf et le radar de Gabala ont peu de chances de séduire les Occidentaux, malgré leurs mérites évidents. La méfiance réciproque, surtout dans les milieux militaires, reste à l'ordre du jour. La Russie et l'Occident n'ont pas la même vision du bouclier antimissile: Moscou n'y voit qu'une source de dépenses inutiles. "Les Américains souhaitent pouvoir neutraliser au laser des missiles balistiques intercontinentaux, mais nous ne travaillons pas là-dessus. Car il est impossible de créer un bouclier antimissile échelonné dans les 50 à 100 années à venir", souligne Igor Korottchenko.

source: Gazeta


Jeudi 2 Août 2007


Commentaires

1.Posté par y'ena marre des USA le 02/08/2007 14:27 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

le seul état voyou qui a fait usage de l'arme atomique, c'est les USA

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

Publicité

Brèves



Commentaires