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Les Ambitions Nucléaires Personnelles de Cheney


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Alors que depuis des années Dick Cheney tient un discours dur sur les activités nucléaires imputées à l'Iran, le vice président poursuit tranquillement ses propres ambitions nucléaires.


syryne3@hotmail.com
Mardi 13 Novembre 2007

Les Ambitions Nucléaires Personnelles de Cheney
Alors que depuis des années Dick Cheney tient un discours dur sur les activités nucléaires imputées à l'Iran, le vice président poursuit tranquillement ses propres ambitions nucléaires.

Pendant plus de deux ans, Cheney et un fonctionnaire de l'administration peu connu, le sous secrétaire à l'énergie, Clay Sell, ont régulièrement rendu visite à la Commission de Contrôle Nucléaire ( Nuclear Regulatory Commission - NRC) pour s'assurer que les responsables de l'agence réécrivent les règles de contrôle afin de contourner les auditions publiques et alléger le processus d'attribution des licences pour les sociétés productrices d'énergie qui ont déposé des demandes pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires, mais aussi pour d'autres sociétés qui ont prévu de déposer des demandes dans les mois à venir pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, selon des fonctionnaires en poste depuis longtemps à la NRC.

Avant d'être assermenté comme sous secrétaire à l'énergie en mars 2005, Sell, un juriste dont les racines plongent dans l'état du Texas dont Bush est originaire, était un lobbyiste à la Maison Blanche travaillant sur les problèmes d'énergie. Il a aussi participé à des rencontres secrètes avec le Groupe de Travail sur l'Energie de Cheney.

En avril, Sell et Cheney avaient tous deux rencontré les responsables de la NRC pour finaliser les règles de contrôle liées aux nouveaux réacteurs nucléaires. Suite à cette rencontre, Sell a prévenu un groupe de sociétés de production d'énergie qu'elles pourraient commencer à tirer avantage d'un processus de demande plus rapide selon les responsables de la NRC.

Les responsables de la NRC ont dit que Cheney avait exprimé le désir de voir les demandes pour les projets de réacteurs nucléaires approuvées par la NRC avant que lui et Bush ne quittent la Maison Blanche en janvier 2009.

Les entreprises de production d'énergie pour qui Cheney et Sell ont fait du lobbying auprès de la NRC cette année ont conseillé le vice président Dick Cheney et son personnel sur la politique de l'énergie afin d'augmenter leurs marges de profit. Ces entreprises ont aussi fait don de millions de $ lors des dernières campagnes présidentielles de Bush et Cheney.

L'un des piliers de la politique nationale énergétique du président Bush, divulguée en mai 2001, mais jamais complètement adoptée, c'était « le développement de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis comme composante majeure de notre politique nationale énergétique ». Cheney a dit que réactiver l'industrie de l'énergie nucléaire serait une solution à long terme pour répondre à la demande croissante en électricité du pays.

Au moment ou la conscience du public concernant les énergies renouvelables, les effets dévastateurs du réchauffement climatique et l'importance de la préservation est au plus haut, l'administration Bush a dépensé des dizaines de milliards de dollars d'impôts payés par les contribuables pour rénover l'industrie de production d'électricité nucléaire dormante, la présentant comme la seule technologie ayant fait ses preuves pour combattre le réchauffement climatique.

Dans les coulisses, Cheney et Sell ont travaillé en tandem avec l'Institut de l'Energie Nucléaire (NEI) une puissante organisation de l'industrie dont font partie certaines des plus grandes entreprises d'énergie, pour que le NRC réécrive les règles environnementales considérées comme obsolètes, et limite la supervision des nouveaux projets nucléaires, simplifiant ainsi le processus d'application, et réduisant de façon significative le temps nécessaire pour que les nouveaux projets nucléaires puissent démarrer, a dit un responsable de la NRC.

Le NEI a dépensé 680 000 $ pendant la première moitié de 2007 à faire du lobbying auprès de la Maison Blanche, du Congrès, du Ministère de l'Energie, et d'autres agences fédérales selon un document révélateur posté en ligne le 13 août par le bureau des enregistrements publics du Sénat. Un vieil ami de Cheney, Tom Loeffer, un ancien lobbyiste et sénateur Républicain, représentait le NEI. L'ancienne aide de Loeffer, Nancy Dorn, a travaillé pour Cheney comme liaison au Congres, et plus tard est devenue lobbyiste pour General Electric.

Les efforts de Cheney et Sell dans les coulisses ont été d'une aide précieuse pour l'industrie nucléaire de l'énergie – et pour Westinghouse Electric, un concepteur de réacteurs nucléaires dont le réacteur prototype AP1000 a été certifié par le Ministère de l'Energie. L'entreprise est sur le point de gagner des dizaines de milliards de dollars de profit seuelement grâce à la vente d'un petit nombre de ces réacteurs. Cheney a dit publiquement qu'il veut en voir des douzaines dispersées sur le territoire des US.

En septembre, l'entreprise basée à Princeton, NRG Energy INC, qui a survécu à des procédures de banqueroute, est devenue la première entreprise en 30 ans à soumettre une demande pour construire deux nouveaux réacteurs nucléaires conçus par General Electric, sur sa centrale nucléaire d'électricité à Bay City, Texas, une démarche qui est le résultat direct de plusieurs réunions privées que des lobbyistes de NRG et des directeurs ont eu avec Cheney et Sell, selon des responsables de l'entreprise. L'ancien président de NRG, David Peterson, a voyagé à Washington à deux reprises en 2001, pour aider le Groupe de Travail sur l'Energie de Cheney à formuler la politique énergétique du pays, selon des comptes rendus du gouvernement.

Avant la demande de NRG, il n'y avait pas eu de demande pour une nouvelle centrale électrique nucléaire aux US, et ce depuis la fonte du réacteur nucléaire de Three Mile Island il y a trois décennies.

Le directeur exécutif de NRG, David Crane, a récemment dit aux investisseurs que les massives exonérations de taxes fédérales et les garanties de prêts fédéraux incluses dans l'Acte sur la Politique de l' Energie de 2005, ont été les facteurs décisifs pour que l'entreprise s'engage dans ce projet nucléaire de 6 milliards de $.

Crane a dit que « la raison pour laquelle nous avons choisi cette voie ce sont les avantages inscrits dans l'Acte sur la Politique de l'Energie de 2005. »

Cette législation accorde jusqu'à 123 millions de $ de déduction annuelle de taxes pour une central nucléaire, en plus des garanties pour les prêts couvrant jusqu'à 80 % des coûts de construction. De plus, le gouvernement fédéral a fourni 2 milliards de $ en assurance risque pour les coûts d'application, protégeant ainsi les entreprises d'énergie au cas ou elles ne seraient pas à même de financer un projet nucléaire à cause d'obstacles lié au contrôle.

Le programme de prêt fédéral exige automatiquement des contribuables de couvrir tout manquement concernant les prêts. Dans un rapport du Congres de février, la Cour des Comptes du gouvernement a dit qu'échouer dans la prévision de tout risque de défaut de paiement dans le programme de prêt était un facteur qui « pourrait résulter en coûts substantiels pour le contribuable. »

En octobre, le Tennessee Valley Authority (TVA), le fournisseur public national d'électricité le plus important, a aussi rempli une demande auprès de la NRC pour une licence pour construire et faire fonctionner deux nouveaux réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité dans le nord de l'Alabama, en utilisant des réacteurs AP1000 de General Electric/Westinghouse. L'application a été remplie en utilisant le nom de NuStart Energy, LLC, un consortium de sociétés de production d'électricité qui se sont regroupées en 2004 pour tester un programme simplifié de licence de réacteur nucléaire. Les coûts de licence ont été payés par le gouvernement fédéral dans le cadre du programme du Ministère de l'Energie appelé Pouvoir Nucléaire 2010 (NP2010) pour promouvoir la construction de nouvelles centrales nucléaires de production d'électricité.

Selon le site du Ministère de l'Energie, le NP2010 a été lancé en 2002, et est un « effort conjoint gouvernement/ industrie de partage des coûts pouvant aider à fournir des solutions pour répondre à la demande de base future en énergie et répondre au changement climatique. NP2010 cherche spécialement à : faire la démonstration de nouveaux processus non testés pour la licence de réacteurs aux US ; identifier des sites pour de nouvelles centrales nucléaires de production d'électricité, compléter l'ingénierie spécifique pour la conception d'un nouveau réacteur ; développer et mettre sur le marché des technologies nouvelles de centrale nucléaire, et évaluer l'aspect rentabilité pour la construction de nouvelles centrales nucléaires de production d'électricité. »

Sell a dit que la demande de TVA était un « énorme pas en avant pour la renaissance de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis. »

Il a aussi fait l'éloge des réacteurs AP1000 de General Electric et Westinghouse, qui ont aidé à faire monter les actions des deux entreprises. Sell a dit que la demande de TVA a posé les bases pour la construction de douzaines de réacteurs AP1000 de Westinghouse aux US. General Electric est l'une des entreprises qui a conseillé Cheney sur la Politique Nationale de l'Energie.

Le consortium NuStart inclut comme membre : Constellation Energy, Duke Energy, EDF International North America, le représentant américain d'EDF, Entergy Nuclear, Exelon Generation, Florida Power & Light Company, Progress Energy, South Carolina Electric & Gas, Southern Company et Tennessee Valley Authority, Knoxville, Tennessee.

Exceptés Progress Energy, South Carolina Electric Gas & Light et EDF International, toutes ces entreprises ont participé aux réunions avec le Groupe de Travail sur l'Energie de Cheney et ont conseillé le vice président sur la politique énergétique. Il faut ajouter à cela que des entreprises ont dit publiquement qu'elles avaient l'intention de remplir des demandes pour obtenir des licences pour des réacteurs nucléaires avant la fin 2008, la limite pour percevoir des milliards de dollars en subventions fédérales et exonérations de taxes. Le NRC dit qu'il compte recevoir jusqu'à 21 demandes pour construire 32 nouveaux réacteurs avant la fin 2008, la plupart, sinon tous, prêts à fonctionner pour 2015.

Depuis 2005, Sell a rencontré les directeurs des entreprises du consortium au moins une demi douzaine de fois. Il a relayé auprès des hauts responsables de NRC les inquiétudes du groupe concernant la politique de contrôle de l'agence vieille d'une décennie, et liée au long processus de revue pour l'accord d'une licence pour des centrales nucléaires de production d'électricité, et a pressé le NRC d'élaborer de nouvelles règles qui proposent l'octroie d'une licence combinant la construction et le fonctionnement, permettant essentiellement de diminuer la supervision et le contrôle public, selon trois hauts responsables du Ministère de l'Energie (DOE).

Dans un communiqué de presse du 30 octobre, le DOE a dit qu'il « a sélectionné NuStart pour faire la démonstration du nouveau processus NCR non encore testé pour l'octroie de licence pour des nouveaux réacteurs aux US, et pour l'obtention de l'accord de contrôle pour la conception de nouveaux réacteurs. »

Pendant ce temps, le ministère de l'Energie a entrepris un vaste effort de relation publique, qui continuera jusqu'à la fin 2008, pour promouvoir l'énergie nucléaire comme nouvelle énergie « verte ».

Début octobre, le ministre de l'énergie, Samuel Bodman, lors d'un discours à une conférence sur l'électricité d'origine nucléaire qui s'est tenue au Centre Baker pour la Politique Publique à l'Université du Tennessee, a décrit l'énergie nucléaire comme « sûre, propre et fiable. Et, dans l'immédiat, c'est la seule technologie au point, sans émission, qui peut fournir l'électricité dont l'Amérique aura besoin pour répondre à l'augmentation prévue de la demande dans les 25 années à venir. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous devons insister pour conduire une renaissance du nucléaire ici aux US ».

En 2003, l'Institut de Technologie du Massachusetts a publié une étude : « The Future of Nuclear Power, Le Futur de 'Energie Nucléaire » qui disait que même avec des prix volatiles pour le gaz et un marché fluctuant sans contrôle, le coût de production de l'électricité à partir de centrales nucléaires est encore 20 % plus cher que l'électricité produite par des centrales au gaz, et 60 % plus cher que l'électricité produite par une centrale fonctionnant au charbon.

Au début de cette année, Bodman tandis qu'il faisait la promotion de l'énergie nucléaire comme une alternative aux combustibles d'origine fossile, a dit que l'administration Bush continuerait à s'opposer aux réductions obligatoires des gaz à effets de serre sous la forme de seuils de CO2, à la suite d'un rapport publié en janvier par des scientifiques spécialistes mondiaux du climat qui disait que des vagues de chaleur, des inondations et une augmentation du nombre de violentes tornades et tempêtes tropicales étaient dus à l'émission de gaz à effets de serre. Bodman a dit que les seuils de CO2 pourraient ruiner financièrement les entreprises d'énergie responsable de la pollution de l'air.

« Il y a une inquiétude au sein de l'administration, que je partage, que d'imposer des seuils de CO2 dans ce pays pourrait conduire, conduirait, à un transfert d'emplois et d'industries à l'étranger (vers des pays) qui n'ont pas de tels seuils de CO2 à respecter « a dit Bodman en février. « L'économie des US serait touchée d'un côté, et on aurait les mêmes émissions, des émissions potentiellement encore pires. »

Avant d'avoir été choisi comme ministre de l'Energie, Bodman dirigeait une entreprise de chimie, Cabot Corporation, qui s'est trouvée être parmi les 5 plus gros pollueurs du pays pendant des années. Pour la seule année 1997, Cabot a été responsable de 54 000 tonnes d'émissions toxiques dégagées dans l'atmosphère par les raffineries de l'entreprise. Cabot a été identifiée comme la quatrième plus grande source d'émissions toxiques au Texas. Cabot est le plus grand producteur mondial de carbone noir industriel, un produit dérivé du processus de raffinage du pétrole. Bodman est le plus riche des responsables de l'administration Bush. Son revenu net est estimé entre 42 millions et 164 millions de $, la majeure partie en actions Cabot, compensations différées et autres bénéfices.

Peut être que le problème le plus épineux pour Cheney, Sell, Bodman de même que l'industrie de l'énergie nucléaire c'est ce qu'ils prévoient pour le retraitement des déchets nucléaires. Le Ministère de l'Energie, l'agence principalement responsable pour contrôler le retraitement des déchets, prévoit de soumettre une demande l'année prochaine au NRC pour la construction d'un dépôt à Yucca Mountain, le site d'une ancienne zone de tests nucléaires au Nevada, où l'agence a proposé d'enfouir profondément les déchets dans le sol. Le processus d'examen du projet prendrait au moins trois ans.

Mais le dirigeant de la majorité au Sénat, Harry Reid, l'élu démocrate du Nevada, s'oppose au plan du DOE, et a juré de continuer à couper les financements du projet de Yucca Mountain.

« Avec une expérience de fonctionnement de plus de 50 ans l'industrie nucléaire n'a toujours pas réussi à résoudre les problèmes de sûreté, sécurité, liés aux déchets radioactifs dangereux » a dit John Block, un directeur de projet sur l'énergie nucléaire et changement climatique pour l'UCS, l' Union des Scientifiques Responsables. « Tant qu'on n'a pu le faire, on ferait mieux d'investir dans des sources d'énergie plus sûres, plus propres tel que les éoliennes, la géothermie, l'énergie liée aux marées, et le solaire ».

Jason Leopold 6/11/07

Copyright 2007 Jason Leopold Truthout

Gobal Research

Jason Leopold est responsable de publication et reporter de Truthout. Il a reçu un Oscar « Project Censored » en 2007 pour son histoire sur le travail d'Halliburton en Iran publié en exclusivité sur Global Research en 2005.

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


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