Conflits et guerres actuelles

Le virage humaniste/Obama, l’Iran et le lobby de la guerre



Dimanche 16 Novembre 2008

Image: leblogfinance.com
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Le premier président de couleur de toute l’histoire des Etats-Unis est très vite rattrapé par l’urgence de la situation...
Le fait qu’H. Clinton soit pressentie au poste de secrétaire d’Etat pourrait marquer un durcissement encore plus net à l’égard de Téhéran.

El-Houari Dilmi - K. Selim/Le Quotidien d’Oran

Le virage humaniste

par El-Houari Dilmi

Parce qu’il est présenté justement comme l’homme le plus puissant du monde, il est d’une triviale évidence que la tâche du prochain locataire de la Maison-Blanche ne sera pas de tout repos, loin s’en faudrait tant la planète se trouve dans un mauvais état et de nombreux pays dans de très mauvaises postures. Bien avant d’assumer la très lourde charge qui sera bientôt la sienne, le premier président de couleur de toute l’histoire des Etats-Unis est très vite rattrapé par l’urgence de la situation aussi bien à l’intérieur des frontières de son propre pays que dans de nombreuses régions du monde.

Fixant rapidement la priorité de ses priorités sous les coups lancinants d’une crise qui semble partir pour s’installer dans la durée, Barack Obama a déjà fort à faire avec les immenses attentes que son arrivée au bureau ovale suscite aux quatre coins du monde. Pour de nombreux peuples vivant sous le seuil du développement le plus sommaire, le franchissement de la barrière raciale est déjà en soi une grande victoire qui autorise les espoirs les plus fous. A cause d’abord de ses origines mais aussi et surtout en raison du ton guère belliqueux adopté lors de sa fougueuse campagne électorale et la vision lucide dont il a fait montre sur de nombreux dossiers brûlants de l’heure, le président afro-américain voulait adresser un signal fort que les choses peuvent évoluer dans la bonne direction. A condition que la paix et la sécurité soient la seule et unique « religion » tolérée partout dans le monde, a-t-il averti en préambule à l’action qui sera la sienne une fois intronisé à la tête du pays le plus puissant de la planète.

Pour combien de temps encore, de nombreux peuples continueront, dans une omerta et une complicité quasi générale, à subir le joug du colonialisme le plus injuste et les affres d’une pauvreté et pire encore d’une famine qui tuent autant que les armes les plus destructrices. Le seuil alarmant du milliard de personnes souffrant de faim sera franchi avec le début de l’année prochaine, alerte-t-on dans le propre camp des pays nantis. Et c’est là que se trouve précisément le virage humaniste que Obama peut amorcer pour montrer que sa volonté d’aider au retour de la paix, de la sécurité et du développement d’une façon équitable partout dans le monde n’est pas un simple argument marketing au profit d’une politique yankee farouchement attachée à une (di) vision du monde en ami et en ennemi, en bon et en mauvais selon la logique froide de la protection de ses propres intérêts et uniquement ses intérêts. Parce que le rêve promis par l’Amérique d’une nouvelle ère est tellement beau que le réveil risque bien de se montrer trop brutal et le désappointement trop cruel.

Obama, l’Iran et le lobby de la guerre

par K. Selim

Quelle politique mènera Barack Obama à l’égard de l’Iran ? Le nouveau président héritera de son prédécesseur deux guerres, l’Irak et l’Afghanistan, et aussi d’un « problème iranien » qui s’imposera à lui. L’équipe sortante, entravée par ses aventures guerrières en Irak et en Afghanistan, n’a eu ni le temps ni la capacité d’en découdre avec l’Iran. Mais elle lui impose l’Iran comme un dossier essentiel de son agenda international.

Le prochain locataire de la Maison-Blanche, à qui le président Ahmadinejad a adressé ses « félicitations », tout en lui demandant un changement de la politique des Etats-Unis, a douché les espoirs d’ouverture en adoptant, à la virgule près, le discours de l’administration sortante, aussi bien sur la « fabrication d’armes nucléaires » que sur le « soutien au terrorisme ». Le fait qu’Hillary Clinton soit pressentie au poste de secrétaire d’Etat pourrait marquer un durcissement encore plus net à l’égard de Téhéran. Personne n’oublie en effet qu’au cours de la campagne des primaires, Mme Clinton avait promis « d’effacer » l’Iran de la carte. En d’autres termes, la promesse de guerre sans cesse agitée par l’administration Bush sera-t-elle réalisée par le président Barack Obama ?

Un rapport publié en septembre par le Bipartisan Policy Center montrait l’existence d’un consensus entre démocrates et républicains en faveur d’une politique agressive à l’égard de l’Iran. Autant dire que le nouveau président américain est pratiquement ligoté par une option dure qu’il a clairement exprimée en affichant son intention de durcir les sanctions en vigueur, mais sans exclure des pourparlers directs avec Téhéran.

Ce consensus agressif vient pourtant d’être contredit par des experts et d’anciens diplomates américains, parmi lesquels James Dobbins, ancien émissaire spécial en Afghanistan, Thomas Pickeriong, ex-ambassadeur auprès de l’ONU, et des spécialistes universitaires du Moyen-Orient. Dans une déclaration qui doit être présentée la semaine prochaine lors d’une conférence sur l’avenir des relations américano-iraniennes, ces experts et diplomates soulignent qu’une « attaque serait presque certainement contre-productive (...) et une longue expérience montre que les chances de contraindre l’Iran avec succès par des sanctions économiques sont faibles dans le meilleur des cas ».

C’est sans doute la préconisation la moins guerrière et la plus politique jamais faite aux Etats-Unis, où les puissants lobbys pro-israéliens préconisent d’en découdre sans attendre. « Ouvrez la porte à des négociations directes, sans conditions, et globales au plus haut niveau diplomatique, où il est possible de faire évoluer les contacts personnels, de tester les intentions et d’explorer les possibilités des deux côtés ».

En clair, entrer en discussion directe avec Téhéran implique que les Etats-Unis renoncent à leur objectif de changer le régime iranien, acceptent que l’Iran ait une « place à la table » pour étudier l’avenir de l’Irak et de l’Afghanistan. Les bases existent donc pour une discussion où les appréhensions - fortement exagérées au demeurant - à l’égard du nucléaire iranien pourraient être entendues par Téhéran en contrepartie de garanties sur la sécurité de l’Iran.

Tout dépendra en définitive de la capacité de la prochaine administration à garder une marge de manoeuvre suffisante à l’égard des lobbys israéliens qui veulent « effacer » l’Iran de la carte.

16 novembre 2008 - Le Quotidien d’Oran

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Dimanche 16 Novembre 2008


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