Géopolitique et stratégie

Le torchon brûle entre la Russie et la Géorgie



La Russie n'a jamais pardonné à la Georgie son virage pro occidental. Depuis l'élection en 2004 de Mikhaïl Saakachvili à la présidence, la petite republique n'a cessé d'être une menace aux yeux de Moscou. Lors de la révolution rose, bien que les Russes ont suivi en détail le retournement spectaculaire des Géorgiens, ils se sont gardés de réagir en fonction. C'est cette non-chalance d'époque qu'ils cherchent à présent à réparer.


irna
Samedi 14 Octobre 2006








Dès son accession au pouvoir, Saakachvili a tenté de prendre ses distances avec Moscou. d'Abkhazie puis d' Ossétie du sud, il a congédie les troupes russes avant de diriger son opération de charme en direction de l'Otan. et ses efforts se sont avérés bien payants. Le jeune Président est parvenu à s'assurer le soutien politique et financier des Etats Unis et de l'Europe, heureux d'être débarassés de son prédecesseur, Edward Shwartsnatzeh. Il est vrai que les ingérences américaines n'ont cessé d'assombrir la fin de règne de ce dernier, provoquant dans la foulé, des périodes de froid diplomatique intense entre Tiblissi et Moscou. Ces frictions ont valu en 2002, l'esquisse d'une offensive militaire russe contre la Géorgie au motif que son sol servait de base arrière aux séparatistes tchéchènes.A l'époque, les analystes soulignaient le rôle actif de Washington et d'Ankara dans les conflits du Caucase, voisin immédiat des pays petrolifères du bassin de la Caspienne.



Entre Russes et Américains, s'interpose désormais une Georgie en quoi chaque partie ne voit pas plus qu'un simple pré carré enérgétique à préserver à tout prix. Dès l'avril 2002 et l'entrée en scène d'une consortium international dirigé par BP (British Petrolium) et chargé de concrétiser le projet de pipeline Bakou-Tiblissi-Jeyhan, Moscou a décidé de mettre de l'ordre dans ses régions frontalières avec la Géorgie. La grosse partie du dit pipeline traverse en effet le territoire géorgien, pays qui se prépare à adhérer à l'Otan, en mettant progressivement à la porte les forces russes cantonnées dans 4 bases militaires héritées de l'époque soviétique. Si deux de ces bases ont été dementelées en 2001 avec la bénédiction du Conseil de coopération et de sécurité de l'Europe, la Russie détient toujours les deux autres bases avec chacune leur 1.500 soldats. Aux appels répétés de démentèlement géorgien, Moscou fait la sourde oreille en arguant que son départ exigerait près de 500 millions de dollars de fond ainis qu'un délai étalé sur trois ans.



La signature en 2003 d'un accord de coopération défensif entre Géorgiens et Américains, n'a pas non plus arranger les choses, Moscou se sentant directement visé ; d'autant que le texte autorise la présence sans visa des militaires américains en Géorgie ainsi que leur déplacement illimité à travers tout le pays. L'accord prévoit également de multiples prérogatives pour les militaires américains dont et surtout l'immunité politique et judiciaire.



Ceci étant, la révolution de velour de 2004 a ouvert la voie au dialogue entre Moscou et Tiblissi pour qu'ils débattent de leurs multiples différends, entre autres, du statut de la vallé de Pankissi qui avec ses 3000 réfugiés tchéchènes sert, selon les Russes, d'arrière cour au séparatisme armé ou encore de la situation de deux républiques autoproclamées russophone d'Abkhazie et d'Ossétie qui vivent depuis 1991 séparées de la Georgie et qui sont resté jusqu'à présent totalement rétifs aux efforts d'unification du Président Saakachvili. Il est vrai que les manoeuvres anti unification de la Russie y ont été pour beaucoup, Moscou étant allé jusqu'à offrir sa citoyenneté aux Abkhaziens et Ossétiens. pour Tiblissi, couper court aux infleunce russes dans ces deux républiques rebelles est une priorité ainis que l'est la fermeture de deux bases militaires russes dans ces deux régions.



Côté moscovite, c'est la construction du pipeline reliant le pétrole azéri à la Méditéranné qui fait l'object d'irritation. A l'époque de la signature de l'accord tripartite entre la Turquie, la République d'Azerbayedjan et de la Géorgie, la Russie a affiché son profond mécontentement. rien d'étonnant dans la mesure où l'accord se traduit dans les fait par la perte substentielle du controle russe sur la gestion des ressources pétrolières de la Caspienne. La promesse d'aide américaine de 160 millions de dollars faite à la Géorgie et sa possible adhésion à l'Otan ne vont pas non plus apaiser les craintes russes. pour contrer ces craintes, Moscou a laissé entendre qu'il ne refusait aucune option. Il semble déterminé à jouer toutes les cartes dont celle, très efficace, de la main d'oeuvre immigrée géorgienne qui traveille en Russie et qui injecte chaque année près d'un milliard de dollars à l'économie malade de la Géorgie. Le processus d'explusion des travailleurs géorgiens de la Russie a dors et déjà commencé.....


Samedi 14 Octobre 2006

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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