A la veille de la présentation aux chambres du texte adopté par la Commission de la constitution sur la liberté du port du hijab et la levée de son interdiction dans les universités, les déclarations des personnalités turques et étrangères ont retenu l'attention des milieux politiques. A ce propos, Zeki Sezer chef du DSP, le Parti Démocrate de Gauche, parle du rejet du projet de loi de la levée de l'interdiction du port du hijab à la cour constitutionnelle. D'autre part le président de la Commission mixte des parlements turc et européen a soutenu la levée de l'interdiction du port du hijab dans les universités turques. Tandis que les milieux politiques turcs évoquent différents points de vue à ce propos. Les partisans de la liberté du port du hijab dans tous les centres gouvernementaux, les réfractaires de la liberté du port du hijab et les partisans de la liberté du port du hijab aux universités exclusivement concernant les étudiants, sont les trois courants politiques et sociaux qui ont des divergences sur la question du hijab dans les établissements scolaires et les centres gouvernementaux. En fait, le parti au pouvoir l'AKP, ainsi que le parti du Mouvement national MHP, les co-auteurs du projet de loi de la levée de l'interdiction du port du hijab dans les universités agissent dans le sens des desideratas de la société et des réformes politiques préparant le terrain à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Mais l'opposition turque notamment les partis laïcs contestent les raisons qui ont donné jour à ce projet de loi. En premier lieu, ils qualifient de politique ce projet de loi qui pourrait influencer tous les acquis de la nouvelle Turquie au cours des 80 ans et affaiblir les partis traditionnels et laïcs. En second lieu, les partis de l'opposition ne désirent pas que les réformes préparant le terrain à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne soient exécutées par le parti islamiste au pouvoir. Et en troisième lieu, ils s'inquiètent que ce projet de loi qui vise à présent les universités, aboutit à la mise en avant d'un autre projet de loi sur le recrutement des femmes portant le hijab dans les centres gouvernementaux qui, selon eux, pourrait mettre en danger les bases de la laïcité. En surcroît, l'AKP et le MHP occupent la majorité des sièges au Parlement, ce qui redouble les inquiétudes des partis laïcs, d'autant plus qu'ils préfèrent que les militaires gardent le silence et qu'ils n'y interviennent pas. L'opposition sous-jacente des militaires à l'élection d'Abdullah Gül à la magistrature suprême qui n'a fait qu'augmenter les voix en faveur de l'AKP, qu'aboutir à des élections parlementaires anticipées et enfin à élire Gül à la magistrature suprême, a poussé les laïcs dans une position passive, et ils s'inquiètent que toute implication des militaires accélère la levée de l'interdiction du port du hijab.