Conformément à un rapport d’audit interne datant de mai 2012, ce service s’est permis en une seule année 2776 irrégularités en matière de collecte de renseignements. La plupart des irrégularités en question ont rapport à la surveillance non autorisée pratiquée sur les citoyens US ou les services de renseignement étrangers. Elles étaient soit délibérées, soit elles faisaient suite à des erreurs accidentelles. La NSA avait plus particulièrement intercepté « un grand nombre » d’appels téléphoniques venant de Washington à cause d’une erreur du logiciel qui avait assimilé le code téléphonique local à celui des appels internationaux entrant en Égypte. Cette erreur n’est pas du tout un fait divers parce qu’elle montre à que point les logiciels de surveillance globale sont potentiellement dangereux et vulnérables.

Les États-Unis justifient la surveillance qu’ils pratiquent sur leurs propres citoyens et les étrangers par la lutte contre le terrorisme, et plus généralement par les impératifs de sécurité nationale. Mieux encore, le logiciel PRISM, lancé en 2007 et révélé par Snowden, n’est qu’une infime partie de l’énorme mécanisme de contrôle. Les possibilités de PRISM ont de quoi surprendre. Grâce à ce logiciel, la NSA et le FBI ont pu accéder aux serveurs de sociétés comme Skype, Microsoft, Yahoo, Facebook, Google et Apple. Il s’agit de mégabits d’information relative aux pseudonymes, mots de passe et correspondances des gens, sans compter les fichiers audio et vidéo et statistiques personnelles dans les réseaux sociaux. En plus de PRISM, il existe au moins trois autres logiciels officiels également gérés par la NSA. Il s’agit de MAINWAY, NUCLEON et MARINA.

Théoriquement, les services spéciaux sont capables de constituer un dossier complet sur toute personne depuis son enfance. Il pourra inclure les notes scolaires et le certificat d'enseignement secondaire, tous les déplacements à travers le pays, les relevés de caméras de surveillance, les sites internet les plus visités, les appels téléphoniques et SMS, les informations sur les parents et amis.

Il est évident qu’il s’agit d'une violation du droit au secret de la vie privée mais la question est de savoir qui peut avoir accès à ces bases de données : l’État, les structures commerciales, les banques ou encore les terroristes ? Après tout, l’information confidentielle sur le passé du particulier peut être utilisée à des fins de chantage ou d’escroquerie.

Il existe cependant d’autres moyens de surveiller la vie privée des citoyens américains, comme le suivi du web par la CIA avec la complaisance les sociétés IT. On sait par exemple que le fonds de capital-risque In-Q-Tel qui est une émanation de la CIA a des participations dans les sociétés comme Gainspan, GATR Technologies, Ember Corporation, Infinite Power Solutions, Infinite Z, Looxcie, MiserWare, MotionDSP, Oculis Labs, OpenSpan, Palantir, Perceptive Pixel, Recorded Future, Seventh Sense, Sonitus Medical, SpotterRF,Walleye Technologies, Keyhole, 3VR, Adaptx, Basis Technology, Biomatrica, Cloudera Enterprises, Digital Solid State Propulsion, FireEye et d’autres encore.

Le récent scandale de surveillance et d’écoute des communications du correspondant de la chaîne Fox News James Rosen ou l’enregistrement des conversations téléphoniques des journalistes d’Associated Press sont autant de témoignages de l’ampleur des atteintes aux libertés civiles des Américains.

 

L’argentest égalementvisé

Non contentes d’essayer de contrôler entièrement la vie privée des Américains, les autorités US cherchent à étendre ce contrôle à leurs épargnes, et par la même occasion à tout le système financier mondial. Après tout, on peut faire des milliards de dollars rien que sur les intérêts des transactions bancaires.

La loi Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) qui vient d’entrer en vigueur a donnée au gouvernement des États-Unis le droit de réclamer les dossiers financiers des Américains à toutes les banques étrangères. Celles qui refusent de « coopérer » risquent d’être inscrites à tout jamais sur une « liste noire ».

L’administration d’Obama étudie depuis le début de l’année le projet de loi qui autorisera officiellement l’accès total aux comptes des Américains. Il sera effectué la NSA et la CIA en association avec le renseignement financier FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network) récemment impliqué dans une série de scandales.

Les Américains sont de plus en plus nombreux à se demander si la politique des États-Unis les a rendus plus heureux, si le monde est devenu plus juste, et qu'est-ce que le système américain a fait des principes immuables du libéralisme et des libertés inscrits dans la Constitution des États-Unis.

Il faut rendre justice aux Américains compétents en économie et en politique qui se rendent compte de la situation présente. Les citoyens conscients regroupés au sein de l’Association pour la défense des libertés civiles (ACLU) luttent contre l’arbitraire des autorités. Les militants de l’Association ont exercé un recours contre l’administration en reconnaissance du caractère anticonstitutionnel de la surveillance pratiquée sur les citoyens. Les membres de l’ACLU se dressent également contre les tentatives des autorités d’intimider les citoyens. Malgré une opposition
http://french.ruvr.ru/2013_09_12/Le-tentaculaire-et-generalise-systeme-de-surveillance-americain-0278/