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Le système de défense antimissiles étasunien ou l'inépuisable Pudding Magique


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Vendredi 22 Août 2008

Le système de défense antimissiles étasunien ou l'inépuisable Pudding Magique

La Pologne n'est que le dernier zozo berné par la politique étrangère étasunienne dictée à Washington par les lobbyistes du complexe militaro-industriel


The Guardian, George Monbiot, 19 août 2008


​​​C'est une nouvelle manière de détourner votre propre énergie. Juste au moment où la Russie montre ce qui arrive aux anciens larbins qui l'agacent, la Pologne accepte d'héberger une base de défense antimissile étasunienne. Les Russes, comme l'espérait la Pologne, répondent à cette avancée en proposant de transformer le pays en parking. Ça prouve après tout que le système de défense antimissile est nécessaire : il arrêtera les missiles russes qui viseront désormais la Pologne, la République tchèque et le Royaume-Uni, en réponse à, euh, leur implication dans le système de défense antimissile.


​​​Le gouvernement étasunien insiste sur le fait que les intercepteurs, qui seront stationnés sur la côte de la Baltique, n'ont rien à voir avec la Russie : leur but est de défendre l'Europe et les États-Unis contre les missiles balistiques intercontinentaux que l'Iran et la Corée du Nord ne possèdent pas. C'est pourquoi ils sont placés en Pologne, qui, comme le sait tout étudiant texan en géographie, partage une frontière avec des États voyous.


​​​Ils nous permettent d'espérer en un avenir rayonnant, dans lequel, selon le Pentagone, la défense antimissiles « protégera notre patrie. . . et nos amis et alliés des attaques de missiles balistiques, » aussi longtemps que les Russes attendront que ça marche avant de nous atomiser. La bonne nouvelle, c'est qu'au rythme actuel des progrès, l'efficacité d'une défense antimissile dure seulement 50 ans. La mauvaise nouvelle, c'est que les 50 ans se sont évaporés dans les six décennies passées.


​​​Ce système a été développé depuis 1946, et jusqu'à présent il est parvenu à un zéro impressionnant. Vous ne le savez pas si vous lisez les communiqués de presse publiés par l'agence de la défense antimissile du Pentagone : le mot « réussite » a le plus souvent une toute autre signification. Il est vrai que le programme a réussi à atteindre deux des cinq missiles tirés dans les cinq dernières années, au cours d'essais de sa principale composante, le système au sol de défense antimissile à mi-course (GMD). Mais, hélas, ces tests n'ont aucun rapport avec une situation ressemblant à une véritable frappe nucléaire.


​​​Tous les essais menés jusqu'ici, réussis ou non, étaient truqués [1]. La cible à intercepter, son type, sa trajectoire et sa destination, sont connus avant le début de l'essai. Un unique missiles ennemi est utilisé puisque le système n'a pas l'ombre d'une chance d'en frapper deux ou plus. Quand des missiles leurres sont déployés, ils ne ressemblent pas à la cible et ils sont identifiés à l'avance en tant que leurres. Afin de tenter de renforcer l'apparence de leur réussite, les récents essais en vol sont devenus encore moins réaliste : l'agence a maintenant cessé radicalement d'utiliser des leurres lors des tests de son système GMD.


​​​Cela met en évidence l'une des faiblesses insolubles de la défense antimissiles : il est difficile de voir comment les intercepteurs pourraient jamais déjouer les tentatives ennemies pour les désorienter. Comme le fait remarquer Philip Coyle, un ancien haut fonctionnaire du Pentagone chargé de la défense antimissiles, il existe des moyens illimités grâce auxquels un autre État pourrait tromper le système. Pour chaque missile réel lancé, il pourrait expédier une foule de leurres dotés de la même signature radar et infrarouge. Même des ballons ou des morceaux de feuille métallique rendraient inutilisable tout ce qui ressemble à l'actuel système. Vous pouvez réduire de 90% la vulnérabilité d'un missile à la perforation d'un laser en le peignant en blanc. Ce moyen sans technologie sophistiquée, disponible dans votre magasin de bricolage local, rend obsolète une autre composante du programme coûtant plusieurs milliards de dollars. Ou encore, vous pouvez tout simplement oublier les missiles balistiques et attaquer en utilisant des missiles de croisière, contre lesquels le système est inutilisable.


​​​La défense antimissile est si hors de prix et les mesures requises pour l'esquiver si bon marché, que, si le gouvernement des États-Unis faisait sérieusement marcher le système, il mettrait le pays en banqueroute, exactement comme la course aux armements a aidé à terrasser l'Union Soviétique. En dépensant quelques milliards de dollars sur la technique des leurres, la Russie engagerait les États-Unis à dépenser des billions de dollars en contre-mesures. Le rapport des coûts est tel que l'Iran pourrait même l'emporter en dépenses sur les États-Unis.


​​​Les États-Unis ont dépensé entre 120 et 150 milliards de dollars dans ce programme depuis que Ronald Reagan l'a inauguré en 1983. Sous George Bush, les dépenses se sont précipitées. Le Pentagone a demandé 62 milliards de dollars pour la tranche des cinq prochaines années, ce qui veut dire que le coût total entre 2003 et 2013 sera de 110 milliards de dollars. Pourtant, il n'existe aucun critère clair de réussite. Comme le montre un récent article de la revue Defense and Security Analysis, le Pentagone a inventé une nouveau système de financement afin de permettre au programme de défense antimissile de se soustraire aux standards comptables habituels du gouvernement. Il est appelée spirale de développement, ce qui est tout à fait approprié puisqu'il assure que les dépenses s'élèvent en spirale hors de contrôle.


​​​Spirale de développement signifie, pour reprendre les termes d'une directive du Pentagone, que « l'état du produit final est inconnu au début du programme. » Au lieu de cela, le système est autorisé à se développer de quelque manière que ce soit, comme le jugent opportun les responsables. Le résultat est que personne n'a la moindre idée de ce que le programme est censé réaliser, ou de quand il doit s'achever. Il n'y a aucune date fixée, aucun coût établi pour chaque composante du programme, aucune sanction en cas de dérapage ou d'échec, aucune sorte de spécification pour évaluer le système. Et ce monstrueux système est toujours incapable de réaliser ce que pourrait faire la diplomatie au prix de quelques centaines de dollars en une après-midi.


​​​Pourquoi donc engager sans fin des milliards dans un programme vouée à l'échec ? Je vais vous donner un indice : la réponse est dans la question. Ça persiste parce que ça ne marche pas.


​​​La politique des États-Unis, à cause de l'incapacité des Républicains et Démocrates à faire face aux problèmes de financement des campagnes électorales, est pourri de la tête aux pieds. Mais sous Bush, la corruption a atteint des proportions dantesques. Le gouvernement fédéral est un vaste programme de bienfaisance envers les entreprises, récompensant les industries qui font des millions de dollars de donations politiques en fonction de contrats de plusieurs milliards. La défense antimissile est la plus grande magouille de toutes, le Pudding Magique [2] ne s'épuisera jamais, même si vous le mangez. La manne investie dans la défense, aérospatiale et autres compagnies de fabrication et de service, ne pourra jamais se tarir car le système ne marchera jamais.


​​​Pour que le pouding conserve son onctuosité, l'administration doit exagérer la menace de nations qui n'ont pas les moyens de l'atomiser, et ignorent la réponse crédible à lui faire. La Russie n'est pas sans ses propres influences corruptrices. Vous pouviez voir le plaisir sardonique des généraux russes et des fonctionnaires de la défense la semaine dernière. Ils ont trouvé dans ce nouveau déploiement un prétexte pour renforcer leur pouvoir et demander une rallonge au budget. La pauvre vieille Pologne, comme la République tchèque et le Royaume-Uni, gagnent à être fortement armés en devenant des amorces de fond [3] des États-Unis.


​​​Si nous cherchons à interpréter la politique étrangère étasunienne en termes d'engagement rationnel envers les problèmes internationaux, ou même comme moyen efficace de projeter sa puissance, nous ne cherchons pas là où il faut. Les intérêts du gouvernement ont toujours été en dehors. Il cherche à apaiser les groupes de pression, à modifier l'opinion publique au stade crucial du cycle politique, à s'adapter aux fantasmes des Chrétiens enragés et à flatter les compagnies de télévision dirigées par des milliardaires excentriques. Les États-Unis n'ont pas vraiment besoin de politique étrangère. Ils ont une série de politiques nationales qui se projettent au-delà de leurs frontières. Le fait qu'ils menacent le monde avec 57 variétés de destruction est sans intérêt pour l'administration actuelle. La seule question d'intérêt est qui payer et quels seront les pots-de-vin politiques.



Original : www.guardian.co.uk/.../usforeignpolicy.russia?gusrc=rss&feed=networkfront
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info



Notes de traduction


[1] Ce fait avait été déjà signalé par Leuren Moret dans son grand article La planète Terre comme arme et cible.


[2] The Magic Pudding est un livre en anglais pour enfants, qui raconte les aventures de Bunyip Bluegum et de ses amis Bill Barnacle et Sam Sawnoff, dans une histoire de pouding qui ne s'épuise pas quand on le mange.


[3] C'est-à-dire des pompes à finance (moyen de détournement des fonds public), comme par exemple le système de santé en France.




Vendredi 22 Août 2008


Commentaires

1.Posté par STALKER le 22/08/2008 09:57 | Alerter
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Excellent article.

Une vision très réaliste de la politique américaine et de ses capacités technologiques.

Un peu de réalisme dans le brouhaha virtualiste général fait le plus grand bien.

Cette vision de la technologie et de la politique américaine est applicable à toute l'industrie militaire états-uniennes. Cela permet de mieux comprendre le virtualisme et la fantaisie imaginaire de toutes les théories "complotistes" américaines (HAARP, AMD, etc...), qui ne repose que sur du bluff.

La réalité est bien plus banale et triste: il n'y a plus d'Etat en Amérique, ou alors celui-ci est privatisé. Les Etats-Unis ne sont de fait plus une nation. La politique américaine ne fait qu'obéir à la politique lobbyiste des industries militaires, pétrolières, de biotechnologie, etc... qui est une politique d'enrichissement sur du vide, sur le maintient de la croyance en la réalité et en la puissance de ce vide (via les médias) et dans la pérennisation éternelle de ce vide. C'était une mécanique bien huilée.

Dans une course entre le virtuel et le réel, c'est toujours le réel qui, in fine, l'emporte.

La ligne d'arrivée est proche désormais et l'illusion ne fera plus long feu.

2.Posté par Roublev le 22/08/2008 10:29 | Alerter
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Effectivement très bon article !

Quand je pense que THE GUARDIAN est une grande presse anglaise, c'est rafraichissant...

La puissance réelle américaine va éclater au grand jour et tous leurs grands projets militaires censés leur permettre de dominer la planète n'ont toujours été que fantasmes et corruption.

Le mythe permet à l'empire de garder encore virtuellement la tête hors de l'eau, il n'y en a plus pour très longtemps.

L'excitation me gagne.

3.Posté par belh le 22/08/2008 10:42 | Alerter
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Malheureusement, ils sont tellement lâches pour assumer leurs folies, qu'ils n'hésiteront pas un instant à entrainer le monde dans leur chute inéluctable vers les ténèbres.
Ce ne sont que des fous pris dans un engrenage satanique, ils sont comme hypnotisés par des forces diaboliques, et ce sont eux qui modèlent nos sociétés.
Vous n'avez qu'à ouvrir les yeux pour comprendre qu'il n'y a plus rien qui tourne rond.
C'est foutu.

4.Posté par STALKER le 22/08/2008 10:58 | Alerter
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A belh.

Ne soyez pas si pessimiste.

L'URSS s'est effondrée et ça a fait grand bruit. Les US s'effondreront prochainement et ça fera encore plus de bruit. Mais il faut savoir passer outre les discours de façade et le conformisme, regarder comment le monde commence à se réorganiser sans eux, leur perte d'influence et leurs défaites stratégiques partout. C'est ça la réalité. L'Europe reste sur sa position de facilité pour le moment mais dans la réalité, ce sont les propostiions de Medvedev sur l'Europe qui sont discutées et débattues et en aucun cas "l'Alliance des démocraties" américaine...

Pour la crise Géorgienne, quand la propagande se sera dissipée, nous pourrons mieux constater l'énorme échec stratégique de Washington. Nous assistons à la décomposition de l'OTAN, et cette guerre va donner un grand coup d'accélération à ce processus.

Les masques vont tomber. Il est normal que dans un futur très proche, nous traversions des moments de conflits et d'extrême tension. Mais le pire sera évité, car le déséquilibre des forces est trop important. Il est illusoire de croire et d'apporter de l'intérêt aux dicours dominants de la gouvernance européenne. En cas de crise géopolitique grave, le bon sens réapparaîtra. On en a vu quelques prémices avec la crise Géorgienne. Les Géorgiens ont complètement surestimés le soutien de Washington à leur égard. De même, beaucoup surestiment beaucoup trop l'allégeance européenne envers les US. Il faut bien comprendre ce qu'est le conformisme, et il faut bien comprendre comment celui-ci s'évapore sitôt qu'il est confronté à la réalité.

5.Posté par Roublev le 22/08/2008 11:01 | Alerter
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A STALKER

Tout à fait d'accord, mais il reste une inconnue : Israël.


6.Posté par belh le 22/08/2008 11:18 | Alerter
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Roublev dans mon poste 3, je voulais principalement parler d'eux les sionnistes et les néo-sionnistes de la maison blanche.

7.Posté par UN chouka le 22/08/2008 11:29 | Alerter
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Oui, pendant ce temps les industries de l'armement se gavent les popoches jolies ,pour faire croire au populasses qu'il y a des gentils militaires aux ordres qui protègent les petites gens , alors qu'il est si facile de faire peter une arme nucléaire sur la tete des villes protégées :-(
Du pipot comme d'hab bien sur !
C'est comme l'ordre public et la légitime défence d'ici ou d' ayeur ,qui laisse aparaitre les belles bobines de ceux qui tirent les grosses ficelles crasseuses qui impressionnent tant les petits enfants naifs et crédules ,que l'on plume a tour de bras ?
Chacun pour sa poche gentille ,et ouvrons les yeux sur les bonnes gens ? :-D

8.Posté par belh le 22/08/2008 11:33 | Alerter
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Stakler par "le conformisme s'évapore sitôt confronté aux réalités" je comprends aussi que beaucoup de monde surtout chez les élites politiques ou des médias par exemple mangent à tous les rateliers, comme jadis des collabos sont devenus comme par hasard des résistants à la fin de la guerre, pourrissant la société civil pépétuellement.

9.Posté par Roublev le 22/08/2008 11:46 | Alerter
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Behl, il est plus difficile de déceler un résistant (par essence caché aux yeux de la population) à la libération, qu'un journaliste ou un politique qui s'expose publiquement depuis des années.

Certains finiront en prison et d'autres disparaitront, mais leurs influences ne seront plus.

10.Posté par belh le 22/08/2008 12:08 | Alerter
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Pourtant certains comme Papon et beaucoup d'autres sont passés à travers

11.Posté par STALKER le 22/08/2008 17:29 | Alerter
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Je reviens sur le virtualisme comme décryptage de l'information. Ceci est valable pour un site d'informations comme celui-ci.

Ce que nous dit Montbiot dans cet article, et qui est totalement juste, c'est que le bouclier anti-missile américain ne marche pas et qu'il ne marchera jamais. Technologiquement, les américains sont trop à la ramasse pour faire fonctionner un système comme celui. Le bouclier anti-missile américain ne répond donc pas du tout à l'objectif pour lequel il est censé être créé, à savoir protéger l'europe d'une attaque des pays voyous. La raison d'être du bouclier est ailleurs. Elle est marchande et sert à l'enrichissement de lobbys industriels militaires.

Mais on pourrait lire des articles de presse ou on nous expliquerait le danger pour la Russie de ce bouclier. Il permettrait une première frappe nucléaire américaine. Il serait dirigé contre la Russie pour bloquer ses offensives. Ce genre d'avis circulent beaucoup. Certains sont bien argumentés et très réalistes , voire même intelligents. Mais ils occultent la réalité: ce système ne marche pas et ne marchera pas. Du coup, toute l'interprétation de la politique russe par exemple qui en découle est fausse. Elle reste dans la sphère du virtualisme.

Lorsqu'on quitte cette sphère et qu'on raisonne dans le réel, on comprend alors que la politique Russe n'est pas une politique de réponse face à une menace militaire américaine. La politique russe est une politique de test de l'Europe. La Russie demande implicitement à l'Europe de faire un choix. Continuer à suivre le délire politique des lobbys états-uniens, ou se rapprocher d'elle. La Russie rend réel des conséquences de ce qui n'est que virtuel. Car elle estime (et je pense qu'elle a raison) qu'en mettant les dirigeants européens face aux conséquences qu'auraient leurs actes s'ils n'étaient pas virtuels, ils finiront par remettre le pied sur Terre. Ce que nous apprend la Russie en ce moment, c'est qu'en menant une politique virtualiste toujours plus grossière, celle-ci peut finir par avoir des conséquences dans la réalité. Et que ces conséquences, personne, pas même les US, ne sont capables de les assumer.

L'exemple du bouclier anti-missile américain est l'illustration la plus évidente du virtualisme de la politique américaine et pourrait permettre d'ouvrir les yeux de beaucoup sur la réalité.
Ainsi, on lit souvent des articles qui préviennent de menaces américaines très fortes. Un autre exemple de ce que je veux illustrer. Prenez le projet HAARP par exemple. J'ai pu lire des articles (plus ou moins conspirationnistes) qui mettaient en garde contre les dangers de ce système et la capacité des Etats-Unis à mener des guerres climatiques. De telles considérations relèvent d'une certaine méconnaissance de la réalité technologique et militaire américaine. Et je sais de quoi je parle.

Cela procède comme pour le bouclier anti-missile. Oui, le système HAARP existe. Oui, il a coûté des sous. Mais non, il ne marche pas et les américains sont bien incapables de le faire fonctionner. C'est même pas dit qu'ils en comprennent le principe. Ainsi les articles (dont certains étaient de qualité) mettant en garde contre ce système étaient de bons articles, mais dans la sphère virtuelle. Dans la réalité, les choses sont beaucoup simples: ce système a été financé et mis en place, c'était l'objectif. Mais l'objectif n'était en aucun cas de le faire fonctionner, c'est bien pour cela qu'il ne fonctionne pas.

Il s'agit maintenant d'une relique, que nous visiterons peut-être un jour comme une curiosité digne d'un parc d'attraction.

L'exemple actuel du JSF en est encore un autre parmi tant, car toute la politique américaine est ainsi.

C'est pourquoi il faut toujours se ramener à la réalité. Car en produisant des articles (même très critiques et à première vue anti-américain) à l'égard de technologies ou de menaces américaines qui ne sont que virtuelles, on joue finalement leur jeu, on leur fait de la pub et on entretient le virtualisme.

Je pense que beaucoup de gens se méprènent sur la "puissance" supposée des "élites de ce monde". Je crois que la théorie du complot vire parfois à une forme de fascination qui tend à renforcer la considération de puissance de cette élite. Mais il n'en n'est rien. La puissance REELLE aujourd'hui (technologique, politique, économique, militaire) n'est sûrement pas dans leur main. Ils sont dépendants de notre bonne charité, qui est entretenue par le virtualisme et l'illusion de leur soit-disant puissance.
La réalité (qui est souvent le leit-motiv des dénonciateurs de complot) est tellement plus triste et banale... Ce qui rend la situation encore plus déprimante. Car tout ce système qui tend vers la réification de l'homme occidental et l'extermination pure et simple (par la famine, par la guerre, etc...) des "indigènes" du sud ne tient que sur un vaste bluff. Le complotisme tend parfois, à mon humble avis, à renforcer la croyance en ce bluff. Il opère de la fascination.

12.Posté par Roublev le 22/08/2008 18:12 | Alerter
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Moi même ayant été soumis à cette fascination fût un temps, il m'a été difficile d'admettre la réalité : Les Etats-Unis sont à la rue technologiquement et la quasi totalité de leur grands projets de recherches n'existent que dans le but d'engraisser des actionnaires de multinationales. Il n'y a pas d'état aux EU, simplement un rapport de force entre différents groupes d'intérêts. Leur quantité d'armes reste certes très importante mais elles sont caduques face à n'importequelle puissance convenablement équipée.

L'Irak et l'Afghanistan resteront les derniers terrains de jeu dans lesquels ils ont pu se maintenir des années sans trop de pertes. A la manière des projets sans but, ces guerres sont sans fin.

Et s'ils sont contraints de suivre Israël en Iran, malgré toutes leurs craintes, leur faiblesse éclatera au grand jour et cette dernière agression aura valeur de suicide.

Le règne est révolu

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