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Le stimulus incantatoire de Bush : 250 dollars de dégrèvement par contribuable



Mike Whitney
Jeudi 17 Janvier 2008

Le stimulus incantatoire de Bush : 250 dollars de dégrèvement par contribuable

Symbole de Wall Street. Le veau d'or devenu taureau ?


Par Mike Whitney, le 15 janvier 2008


​​​​Dans les prochaines semaines, George Bush va prouver que le secteur de l'entreprise de ces 30 dernières années, l'économie [déréglementée] du marché libre, n'a été rien de plus qu'un tas de fumier de cheval trop fait. En fait, pour le moment, les B-52 sont chargés de palettes pleines de billets de cent dollars fraîchement imprimés, qui seront largués par nuées dans la mer ensoleillée dès que le roi George fera un signe de tête.


​​​​Vous pensez que je suis dingue ?


​​​​Les « offres de stimuli » de Bush sont la plus grande et la plus scandaleuse escroquerie hyper-inflationniste jamais perpétrée contre le peuple étasunien. Ce sont 100 milliards de dollars de renflouage, payés par le contribuable, qui sont jetés ensemble à une allure folle afin de prévenir l'effondrement de la consommation des ménages, l'exode des capitaux étrangers, et le douloureux glissement vers la récession. Et, devinez quoi ? Les deux partis politiques sont sur le pont. C'est un acte de désespoir absolu, conçu pour traiter la catastrophe créée par la Réserve fédérale, la désintégration de l'immobilier. Le gouffre financier du subprime (emprunt à haut risque) dans l'immobilier de Greenspan, à présent en pleine crise, menace d'asséner le coup de grâce à l'économie mondiale. C'est pourquoi les feux rouges clignotent au 1600 Avenue Pennsylvania [à la Maison Blanche, NDT]. Et, c'est pourquoi la cohorte entière des 435 politicards sans scrupules aux cheveux laqués qui mènent le Congrès galopent en rond autour en essayant de trouver une solution.


​​​​Le fer de lance de la magouille du renflouage d'urgence est Hank Paulson, l'ancien boss de Goldman Sach. Paulson prévient de l'effondrement « d'une manière assez appréciable » de économie, et de l'énorme besoin de secouer le capital pour éviter de sombrer complètement.


​​​​Paulson a exprimé son avis, « Nous regardons les choses qui pourrait être faites rapidement. Le temps est essentiel. »


​​​​Paulson ressemble de plus en plus à un homme au bord de la dépression nerveuse. Il vaudrait mieux qu'il cache sa propre peur et se confesse au peuple étasunien à propos de l'état lamentable de l'économie.


LE SERPENT PÉTROLIER DE SUMMERS


​​​​Larry Summers, ancien Ministre des Finances, a recommandé une remise d'impôt « opportune, ciblée et temporaire, de 250 dollars par contribuable et de 500 dollars par couple, pour les familles ayant un revenu imposable de moins de 100.000 dollars. » (Wall Street Journal) Quelques variations du plan de Summers seront sans aucun doute appliquées bientôt. La « main invisible » du marché, dont Bush fait l'éloge ad nauseum, sera utilisée pour conduire les hélicoptères de la Réserve Fédérale, car ils dispersent la richesse nationale comme des confettis à travers les plaines porteuses de fruits. Ces cadeaux de plusieurs milliards de dollars devraient, une fois pour toutes, classer l'affaire de la folle notion d'un vaudou économique qui n'est rien de plus qu'un truc de charlatan de salon. La théorie du secteur de l'entreprise est une chimère qui mène inévitablement à la catastrophe.


​​​​À l'heure actuelle, le système financier est si bloqué par la crasse du subprime et les autres saletés adossées à des créances hypothécaires, que les banques ne peuvent même pas accorder de prêt aux demandeurs ayant de bonnes garanties. Les mécanismes se sont tout simplement figés sur place. C'est pourquoi la Réserve Fédérale et le Ministère des Finances ont imaginé cette magouille loufoque d'une aumône de dizaines de milliards de dollars par le biais de dégrèvements fiscaux aux familles à revenu faible et moyen. C'est leur seule manière de ranimer assez longtemps le consommateur étasunien fauché afin de le faire dépenser de nouveau. Les génies de Washington qui ont imaginé ce dernier miracles ne voient pas que cela nous achètera quelques mois de plus de fausse prospérité tout en nous poussant davantage dans la dette. Si Paulson l'emporte, dans quelques semaines le fisc commencera le découpage des chèques, ce qui fera que les caisses enregistreuses du supermarché vont tinter sous peu.


​​​​Est-ce que quelqu'un à Washington s'est jamais inquiété de la pagaille qu'ils laissent à nos enfants, ou bien comptent-ils sur les Chinois pour payer ça aussi ? Le Conseil National sur la Dette en est déjà à neuf billions de dollars, et pourtant, les politiciens ont très envie de tirer juste un autre chèque de 100.000 milliards de dollars du compte à découvert. C'est de la folie.


LA CITÉ ENSOLEILLÉE SUR LA COLLINE POURRAIT ETRE UN ASILE DE PAUVRES


​​​​Les trente ans de reaganisme ont détruit le pays. Ils ont éviscéré notre base industrielle, brisé le contrat social, écrasé nos syndicats, éreinté nos écoles et nos infrastructures, et déplacé la richesse nationale de la classe moyenne vers les cinq pour cent de la partie supérieure. Maintenant, cette même hydre à multiples têtes se dévore elle-même. Les salaires ont stagné, le dollar a plongé, le système bancaire est paralysé, et le poison du subprime reflue travers le système mondial, faisant frémir les banques et les entreprises du monde entier. Les offres des stimuli anémiques de Bush ne font rien pour inverser cette tendance. C'est comme injecter une dose massive de méthamphétamine à un homme en train de mourir. Ça va juste le secouer assez longtemps pour qu'il se voit glisser dans les replis mortels. À quoi bon le faire ?


​​​​Bien entendu, quelques-uns argueront qu'un chèque du gouvernement de 250 dollars par mois est un répit bienvenu et une preuve de « compassion du conservatisme. » Mais comment concilier ça à notre expérience de sept ans avec GW Bush ?


​​​​Est-ce le même Bush « compatissant » qui avait délibérément refusé la nourriture, l'eau et les fournitures médicales aux victimes de Katrina blotties dans le Superdome puant, infesté de fèces, ou accrochées au toit de leur maison, tandis que les canots de secours étaient détournés par les gorilles de la FEMA ?


​​​​Oui, c'est lui.


​​​​La largesse du gouvernement n'est pas l'expression de sa magnanimité, mais de son désespoir. Les chèques sont l'ultime effort pour emballer l'économie moribonde, et voir si la barre du navire de l'État peut être redressée. Il n'y a rien de généreux là-dedans. En outre, Bush et ses collègues sont opposés par idéologie à donner une pause au gens qui travaillent, et, s'ils avaient le choix, ils ne feraient pas ça maintenant. Mais le marché de l'immobilier s'effondre, le marché boursier a mis le cap sur les soins intensifs, et les géants financiers du pays, étendus sur une dalle de marbre, attendent le démarrage de la musique de la cathédrale. Bush sait qu'il doit agir vite ou faire face aux conséquences. C'est pour ça qu'il a abandonné son présumé engagement au « fondamentalisme du marché libre, » et qu'il a ordonné à la Réserve Fédérale de régler les presses à imprimer sur Plein Pot. Que les principes aillent au diable, on est dans l'écroulement contemporain !


​​​​Le projet de Bush équivaut moralement à exhumer Milton Friedman de son sépulcre moisi et à pilonner son cœur avec un pieu de bois. Mais, il faut dire que l'honneur n'a jamais beaucoup compté pour cette clique. Tout ce qui lui importe c'est le pouvoir et la cupidité.


« FRIC GRATUIT » OU BILLIONS DE DOLLARS DE DETTE ?


​​​​Les cadeaux de fric (alias, « stimuli ») sans précédent de l'administration Bush, accompagnés d'une réduction dévastatrice de la valeur du dollar, enverront le prix de l'essence et de l'alimentation sur la Lune. Pendant que la nation glisse de plus en plus profondément dans la récession, il serait utile de se souvenir que les ennuis actuels commencèrent avec les « faibles intérêts » de la politique monétaire de Greenspan, et la corruption du marché déréglementé des « placements structurés, » qui a permis aux banquiers de ciseler les emprunts à haut risques, vendus à des employés de restaurants au chômage, de mauvais crédits sans nantissement ni acompte, dans le marché secondaire, comme s'il s'agissait d'avoirs de valeur. À présent que cette arnaque à la Ponzi implose, il est évident que nous serons tous tenus de payer les pertes de plusieurs billions de dollars.



Original : http://www.smirkingchimp.com/thread/12162
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info




Mardi 18 Mars 2008


Commentaires

1.Posté par $tef le 18/01/2008 20:46 | Alerter
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Un grand merci à Pétrus Lombard d'avoir traduit cet excellent article !

Quand on lit ça : "Ce sont 100 milliards de dollars de renflouage, payés par le contribuable, qui sont jetés ensemble à une allure folle afin de prévenir l'effondrement de la consommation des ménages, l'exode des capitaux étrangers, et le douloureux glissement vers la récession. Et, devinez quoi ? Les deux partis politiques sont sur le pont. C'est un acte de désespoir absolu, conçu pour traiter la catastrophe créée par la Réserve fédérale, la désintégration de l'immobilier. Le gouffre financier du subprime (emprunt à haut risque) dans l'immobilier de Greenspan, à présent en pleine crise, menace d'asséner le coup de grâce à l'économie mondiale."

Quand on lit ça, on comprend mieux où va le monde à la différence des gens hypnotisés par la télé et autres journaux bidons, sans oublier la radio, bien verrouillée aussi par les grands patrons et autres hommes de pouvoir...
Les grands médias français veulent nous le cacher mais pas Alter info et ceux qui travaillent dur pour nous traduire des articles aussi important que celui-ci !

Merci encore Pétrus !

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