RELIGIONS ET CROYANCES

Le sort des Musulmans au XXIe siècle sera-t-il celui des Juifs de l’holocauste ?


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vdida2003@yahoo.fr
Samedi 26 Août 2006

« Un prince doit comprendre, s'il veut garder son pouvoir, qu'il lui faut souvent agir contre la foi, contre la charité, contre l'humanité et contre la religion ».
Machiavel

1. Le Judaïsme et le christianisme : Des relations toujours conflictuelles.
Sans vouloir remonter aux causes de la crucifixion de Jésus. Se pose, la question : comment a évolué la perception du judaïsme dans l’Occident chrétien pour arriver à ce degré d’autisme concernant les dépassements de l’Etat théocratique d’Israël. Pourtant, les rapports entre le christianisme et le judaïsme n’ont pas, loin s’en faut, cet unanimisme de façade que depuis Vatican II en 1965. C’est à cette date que l’on a commencé à parler d’Occident judéo-chrétien, au lieu de religions abrahamiques excluant, de fait, l’Islam, des religions révélées. (1).
Ainsi, tout ce qui peut remettre en cause ce modus-vivendi s’expose, on l’aura compris, à toutes les foudres de la terre. On comprend alors, pourquoi Le film de Mel Gibson sur les débuts du christianisme relance les polémiques sur la vie du Christ, sa famille, sa Passion et sa mort. La Passion du Christ a de ce fait, soulevé un tollé en France où il y eut un véritable barrage médiatique pour ne pas distribuer le film. Sorti le 25 février 2004 aux Etats-Unis, le film est d'une ferveur bouleversante. Mel Gibson, catholique traditionaliste, aurait conçu une œuvre accusée d’être antisémite en désignant les Juifs comme responsables de la crucifixion de Jésus. Que s’est-il passé, en fait, pour que Jésus soit crucifié ? Le Talmud précise que «Jésus fut pendu [à la croix] la veille du sabbat, la veille de la Pâque» et sous-entend qu'il fut condamné à mort par le conseil suprême de Jérusalem (sanhédrin). Ce qui s'accorde avec les Evangiles de Marc et de Luc - «Et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi». Il est historiquement établi que c'est bien le sanhédrin, présidé par le grand prêtre, qui accuse Jésus. Voilà donc Jésus, puis ses disciples, devant le grand prêtre du Temple, Joseph Caïphe car il passe pour un séditieux, un homme qui soulève la foule contre le Temple et l'ordre établi, qui sème le trouble dans les rues et risque de déclencher la colère des Romains contre tous les Juifs sans distinction.
Cette tension intérieure est peut être l'origine des dures expressions qu'on trouve dans l'Évangile de Mathieu, dans l'Évangile de Jean et dans quelques passages des lettres de Paul, comme celui-ci: "Dieu n'aime pas les Juifs, car ennemis de tous les hommes en nous empêchant de prêcher aux païens afin qu'ils puissent être sauvés. De cette manière ne font qu'augmenter la liste de leurs péchés! Désormais la colère de Dieu ne pourra les épargner » Après la conversion de l'Empereur Constantin, le christianisme devint la religion de l'Empire et lentement les chrétiens se transformèrent de persécutés en intolérants persécuteurs! Saint Jean Chrysostôme, pour éviter aux femmes chrétiennes de fréquenter la Synagogue, ainsi grondait: "La Synagogue n'est pas seulement un lupanar et un théâtre, mais aussi une tanière de brigands et un refuge de bêtes féroces..." Au cours des siècles la thèse commune aux Pères de l'Eglise était que les Juifs devaient prendre sur eux la responsabilité de la mort de Jésus et non pas Pilate, surtout les Juifs en tant que peuple, d'où sortit l'accusation de "peuple déicide". Des loïs anti-juives avaient déjà été promulguées sous l'Empereur Théodosie II (438): toute charge publique était interdite aux Juifs; le prosélytisme était interdit (peine de mort!); il était interdit de construire de nouvelles synagogues et d'embellir les existantes. Les mots terribles prononcés par Bossuet en 1652 dans la cathédrale de Metz montrent l'écho de cette "haine religieuse" mûrie dans le coeur des Chrétiens: "Dieu les a dispersés à travers le monde... ils ont toujours gravé en eux le signe de Sa vengeance".
A l'époque des Croisades la vraie phase de calamité de l'histoire de la diaspora médiévale va commencer. On pouvait compter par milliers les victimes des mouvements anti-judaïques, vainement combattus par les mêmes autorités ecclésiastiques. Par la suite il y aura les ordres d'expulsion: de l'Angleterre (1290), de l'Espagne (1492), où l'on persécuta même les Juifs convertis, "traîtres". A Rome aussi on impose le régime du ghetto (Bulle de Paul IV), c'est-à-dire un quartier réservé aux Juifs, où ils devront habiter par force, entourés de murs et pourvus d'une seule Synagogue. On impose un signe de discrimination: en France un disque d'étoffe jaune, en Allemagne un chapeau pointu, imposé aussi à Rome en même temps que le ghetto. Il y a aussi l'exclusion d'une longue série de métiers. Au XII siècle se développe aussi le stéréotype du Juif "usurier". Il faut savoir enfin, qu’au Moyen-Âge les Juifs n’avaient pas le droit d’enterrer leur mort. Ils achetaient à prix d’or des places et enterraient leurs morts de nuit. Paradoxalement, en terre d'Islam, les Juifs jouirent de conditions juridiques plus élastiques et favorables que dans l'Occident chrétien.
A côté de l’anathème de l’Eglise, dès le XIXe siècle, les différents gouvernements européens ont pris la relève de l’Eglise en inventant, avec leurs intellectuels organiques au sens d’Antonio Gramsci le dangereux mythe de l’inégalité des races. En France , Arthur Gobineau (avec son ouvrage : traité sur l’inégalité des races), Ernest Renan (pamphlet violent contre les Sémites) et Jules Ferry (mythe des races supérieures), furent les chantres de la supériorité de l’homme blanc, naturellement chrétien. Vint, alors, le vingtième siècle, les idéologies racistes entretenues par l’Eglise, ont permis l’amalgame surtout en tant de crise. Les pogroms contre les Juifs eu Russie en Pologne du XIXe siècle vont donner naissance au nazisme et au fascisme. Ces deux idéologies ne sont pas tombées du ciel, elles sont le produit d’une filiation de l’Occident chrétien qui, pendant près de vingt siècle a bâti son credo sur l’idéologie de la race supérieure.
De l’autre côté le tiers exclus : l’Islam a, dès le départ, fait l’objet de tous les annathèmes . Au 8° siècle, le Maghreb, l'Espagne et le sud de la France sont occupés par des musulmans. Dès cette époque, l'Occident chrétien et le monde musulman sont deux puissances politico-religieuses qui s'affrontent sans ménagements. La chrétienté médiévale perçoit l'islam en expansion comme une redoutable menace. En Espagne, la «Reconquista» par les catholiques s'achève au cours du 15° siècle. Les Musulmans subirent alors une violente persécution. Avec la bataille de Lépante (1571), la progression des Ottomans est définitivement stoppée. Dans un tel contexte, c'est l'incompréhension réciproque qui domine. L'Église catholique, puis la réforme protestante vont garder une attitude fermée et défiante vis-à-vis du monde musulman. Pour la papauté, l'interprétation fréquemment donnée à l'adage «Hors de l'Église, point de salut», laissa supposer que les musulmans ne pouvaient avoir part aux fruits de la rédemption.
2. Le retour en grâce du judaïsme, le renouveau des fondamentalistes aux Etats-Unis, et la bénédiction du 11 septembre 2001
Depuis le Concile Vatican II, par la déclaration Nostra Aetate de 1965, l'Église a changé radicalement de direction en qui concerne son point de vue vis-à-vis du Judaïsme, religion et peuple. Jean Paul II dans son discours du 6 mars 1982, annonçait: "Il faudra que cet enseignement nous fasse entrevoir les Juifs et le Judaïsme de façon honnête et objective sans aucun préjugé". C’est, d’ailleurs, le même pape qui a demandé pardon à tous les peuples que l’Eglise a persécutée. Naturellement, l’Islam a été exclus de ce repentir : les croisades contre les Musulmans dont toujours assumées voire revendiquées.(1)
D’où vient le rapprochement judéo-chrétien ? Après l’horreur du nazisme, l’instrumentalisation de la déportation des Juifs a permis à ces derniers de faire payer ad vitam eternam leur faute quasi péché originel à l’Occident. Pour se donner bonne conscience, l’Occident rembourse la dette de guerre évaluée à plusieurs milliards de dollars, sacralise l’holocauste, donne à tort, une terre à Israël sur le dos des autochtones et leur permet l’impunité. En fait, pour parler d’Israël, il faut être Juif militant du sionisme. Pour pouvoir passer en boucle sur les plateaux de télévision ou écrire dans les journaux, il faut affirmer son allégeance. Il n’est d’ailleurs que de voir avec quelle sollicitude, les dîners du Crif sont courus aussi bien par la Droite que par la Gauche en France. Le nouvel adversaire c’est l’Islam, des porte voix n’hésitent à parler comme Bernard Henry Levy de fascisme islamique . Des hommes politiques comme Berlusconi affirment haut et fort la supériorité du christianisme sur l’Islam. Dans ces conditions n’est-ce pas de l’Islamophobie que de laisser éditer des ouvrages outrageants telle que la rage et l’orgueil d’Oriana Fallaci, dont la haine incompréhensible sourd à chaque phrase ?. Il est pratiquement interdit d’écrire, de parler , de citer Israël si ce n’est qu’en éloges qui frisent les limites de l’indécence.
Après la chute de l’empire soviétique sous les coups de boutoir du monde occidental et de l’Eglise, les Etats-Unis se retrouvant seuls en tant que superpuissance,se considèrent comme le gendarme du monde investi d’un « magister moral » surtout depuis l’avènement de Georges Walker Bush en 1999, ému avec l’aide décisive des évangélistes fondamentalistes du Wasp. Il se dit lui-même « borna gain » , une sorte de renaissance. Le Wasp (White Anglo-Saxon Protestant) se considère comme le gardien des Écritures et des lieux auxquels elles sont liées. Il connaît la Bible, il connaît le dessein de Dieu et dispose en conséquence du sort de la Terre sainte. En tant que Landlord, il ne fait qu’interpréter la volonté divine en " réinstallant " les Juifs comme locataires dans leur ancien pays. C’est cette tranquille assurance qui anime Lord Balfour, auteur de la fameuse déclaration par laquelle le gouvernement anglais, a donné son appui au sionisme en 1917 et se substituant à Dieu , en promettant pour la deuxième fois une terre aux Juifs.
Suite à la croisade initiée par le président G.W.Bush, il est désormais de bon ton d'accuser les arabo-musulmans de tous les maux. A partir des attentats du 11 septembre, toute critique du sionisme est d'emblée associée à l'antisémitisme et les Arabes deviennent globalement l'incarnation de tout ce qui porte atteinte à la civilisation. On n'est pas loin de la propagande raciste anti-juive des années trente. Des « philosophes » va-t'en-guerre comme M. Finkielkraut ou Bernard Henry Levy viennent apporter de l'eau au moulin de la haine. L'essor du mouvement dit « populiste », nationaliste, raciste et xénophobe, en Europe, s'alimente à de semblables délires. Au nom d'un "humanisme lucide" qui "sache garder les yeux ouverts et ne pas s'endormir d'illusions", Alain Finkielkraut récuse le "narcissisme pénitentiel" qui conduit à culpabiliser sans cesse l'Occident : "L'islamisme est une réalité endogène à l'islam. L'Occident, lui, n'a pas mis une guerre de civilisation à son ordre du jour ». Au contraire, les « intellectuels arabes » installés en Occident, font de leur reniement identitaire un combat, en tentant à tout prix de faire dans « l’intellectuellement correct » dans leur pays d’adoption pour s’attirer les bonnes grâce. C’est dire, si le travail de démystification est ardu, pour convaincre dans le calme et la sérénité tous les prophètes de malheur qui croient à la supériorité de leur race ou de leur religion.

3.La sixième guerre d’Israël avec une milice nationaliste libanaise
La sixième guerre entre Israël et une milice nationaliste libanaise ne s’est pas déroulée comme prévu , c’est à dire par l’écrasement de l’adversaire. Les résistants libanais ont infligés une défaite morale à Israël qui pour la première fois est prise de doute quant à son invulnérabilité. Ce que n’ont pas pu faire des Etats arabes gouvernés d’une façon illégitime au point de se retrouver défaits en quelques jours d’une façon expéditive par Israël, des résistants libanais qu’on traite à tort de la mouvance d’Alquaida, ont montré à la face du monde et principalement aux Américains Israéliens et Européens que réoccupé le Liban n’est pas une partie de plaisir. De combien de jours avez-vous besoin –sous entendu pour démolir le Hezbollah- ? aurait dit Sarkozy au début de l’invasion à un ministre israélien. Ce ne fut pas une question de jours, ou de semaines, délais demandé par Israël aux Américains qui ont usé de leur force pour bloquer une résolution de l’ONU, pour donner du temps à Israël. Rien n’y fit, les combattant du Hezbollah ne se résignaient pas à mourir ou à se rendre. Au contraire, ils se battirent en hommes partout, malgré le déluge de bombes, malgré les armes interdites par les conventions internationales. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Israël est un pion de l’hégémonie américaine et son destin est
On l’a souligné, depuis le 11-Septembre, un débat agite les responsables politiques : dans la guerre contre le terrorisme, dans l’affrontement entre « la civilisation » et « la barbarie », le droit international, le droit humanitaire, peuvent-ils s’appliquer ? Le président George W. Bush a instauré une nouvelle catégorie, celle d’« ennemis combattants », qui ne sont pas justifiables des procédures légales, et que l’on peut enfermer à Guantanamo, voire torturer, au nom de la défense de « la civilisation ».(2)
Pour certains intellectuels néoconservateurs, parfois issus du Parti démocrate, la mobilisation « patriotique » a toujours joué un rôle important de cohésion sociale. Avec les années 1970 et la « détente », ces faucons se sont donc inquiétés de la moindre réduction des tensions internationales. Depuis le 11 septembre 2001, tout va bien pour eux..(3).
De plus le moteur de leur action est la haine qui ne doit pas s’embarassuer des droits de l’homme. Alain Gresh écrit à ce propos : « John Podhoretz, un des théoriciens néoconservateurs américains, s’interroge dans un article du New York Post du 25 juillet : « Est-ce que les démocraties libérales n’ont pas évolué à un point où elles ne peuvent plus mener de guerres efficaces à cause du niveau de leurs préoccupations humanitaires pour les autres... ? » Et il poursuit : « Et si notre erreur tactique en Irak était que nous n’avions pas tué assez de sunnites au début de notre intervention pour les intimider et leur faire tellement peur de nous qu’ils accepteraient n’importe quoi ? Est-ce que ce n’est pas la survie des hommes sunnites entre 15 et 35 ans qui est la raison de l’insurrection et la cause fondamentale de la violence confessionnelle actuelle ? » Tuer tous les hommes entre 15 et 35 ans, c’est ce que les milices serbes ont fait à Srebrenica..(2).. »
Podhoretz demande implicitement à Israël de ne pas se préoccuper du droit international pour vaincre : « Est-ce que c’est un terrifiant paradoxe de l’art de la guerre au XXIe siècle ? Si Israël et les Etats-Unis ne peuvent être défaits militairement au sens conventionnel, est-ce que nos ennemis ont découvert un nouveau moyen de gagner ? Est-ce qu’ils ne cherchent pas la victoire à travers notre démoralisation seulement, en nous mettant au défi d’atteindre leur niveau de barbarie et en sachant que nous ne le ferons pas ? (...) Serait-il possible que la grandeur morale de notre civilisation - son étonnante attention à la valeur de l’individu - ne mette pas en cause aussi l’avenir de notre civilisation ? »
Ce raisonnement terrifiant, est porté aux Etats-Unis par le courant néoconservateur, le professeur de droit à Harvard Alan Dershowitz, explique que « le droit international et ceux qui l’administrent devraient comprendre que les vieilles règles » ne s’appliquent pas à cette guerre sans précédent contre un ennemi brutal et fanatique et que « les lois de la guerre et les règles de morale doivent s’adapter à ces réalités ». (4). Donald Rumsfeld avait l’habitude de dire que la vieille Europe était dépassée, il sous entendait par là que les règles les retenues, les fils rouges tracés par la morale et le droit de la guerre, notamment , édictés à Genève n’ont plus cours.
En France, ces idées sont celles des intellectuels communautaristes inconditionnels d’Israël. « Voici bien longtemps qu’Israël n’existerait plus s’il ne réagissait pas avec démesure, affirme Claude Lanzmann, dans Le Monde du 4 août, reprenant l’argument développé par Bernard-Henri Lévy. Tous les deux semblent pensent qu’elles ne peuvent s’appliquer qu’aux « civilisés ». On retrouve là l’argumentation qui prévalait à l’époque de la colonisation triomphante. En 1898, Heinrich von Treischke, un expert en sciences politiques, soutenait ce qui, pour nombre de ses contemporains, apparaissait comme une banalité : « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. (5)
« La balle dum-dum, conclut Alain Gresh, fut inventée à la fin du XIXe siècle ; elle causait des blessures particulièrement graves. En 1897, la convention internationale de La Haye adoptée par les Etats « civilisés » la bannissait ; elle fut réservée à « la chasse au gros gibier et aux guerres coloniales ». Pour les « barbares » d’aujourd’hui, pour l’essentiel des Arabes, on peut user de bombardements massifs, indiscriminés, de bombes à fragmentation, ils ne comprennent pas un autre langage.. ».(3).
Comment peut-on croire à une paix dans le monde quand des organisations sionistes appellent à la guerre. Ainsi Le Jerusalem Post publie, le 7 août 2006, un encart publicitaire du New Right Movement, un organe de la communauté loubavitch. Sous le titre « Nous avons besoin d’un changement décisif d’attitude ! », Non au cessez-le-feu [au Liban] ! Non à une force internationale de maintien de la paix ! Oui à une destruction totale de toutes les zones d’où des roquettes sont lancées ! Ce mouvement exige que Tsahal force Téhéran à se soumettre, ce qui implique le bombardement non-conventionnel (c’est-à-dire nucléaire) de tous les sites militaires et nucléaires civils du pays. Le tout est assorti des bénédictions du rabbin Shmuel Shmueli. Il faut savoir et comme le rapporte un rédacteur du réseau voltaire que l’éventualité d’un bombardement nucléaire de l’Iran est à l’étude depuis un an aux États-Unis. Cette option est désormais défendue, par les principales organisations sionistes dans le monde. Ainsi, le 20 juillet dernier, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Congrès juif européen publiaient un encart publicitaire dans les principaux quotidiens allemands, français et néerlandais. Ils appelaient à une action indéterminée contre l’Iran en citant… la doctrine militaire française autorisant l’usage de la bombe atomique contre un État sponsorisant de vastes attentats touchant les intérêts vitaux du pays.(6).
A côté de ses va t-en guerre, il se trouve, heureusement, des israéliens contre la politique d’Israël. S’adressant à ses concitoyens israéliens, Gideon Levy, chroniqueur du quotidien Ha’aretz, dénonce le voile de haine qui obscurcit leurs yeux et les empêche de voir les crimes commis en leur nom à Gaza et au Liban.(7). « À la guerre comme à la guerre : Israël va s’enfonçant dans une atmosphère nationaliste véhémente et l’obscurité commence à tout recouvrir…. Israël montre un visage uniforme, nationaliste. La destruction que nous semons au Liban ne touche quasi personne et elle n’est, pour l’essentiel, même pas montrée aux yeux des Israéliens.. La destruction que nous semons en ce moment également à Gaza – près de 120 tués depuis l’enlèvement de Gilad Shalit, dont 27 pour la seule journée de ce mercredi – touche moins encore. Les hôpitaux de Gaza sont remplis d’enfants brûlés, mais qui s’en soucie ? Depuis que nous avons été habitués à considérer qu’une punition collective est, entre nos mains, une arme légitime, il n’y a pas lieu de s’étonner que la cruelle punition infligée au Liban tout entier pour les actes du Hezbollah ne suscite ici aucune discussion. .. Commentateurs, généraux à la retraite et politiciens rivalisent de suggestions extrêmes. Haïm Ramon ministre de la justice « ne comprend pas » comment il y a encore de l’électricité à Baalbek. Le député du Shas, Eli Yishai propose de transformer le Sud du Liban en « bac à sable ». (7)
« Le chauvinisme et le désir de vengeance relèvent la tête. .. Haïm Avraham, dont le fils avait été enlevé et tué par le Hezbollah en octobre 2000, tire pour les journalistes un obus de l’armée israélienne en direction du sud du Liban : vengeance pour l’assassinat de son fils. Son image, au moment où il saisit l’obus tout décoré, était une des plus humiliantes de cette guerre, à son commencement. Un groupe de jeunes filles a lui aussi été photographié alors qu’elles ornaient des obus de l’armée israélienne d’inscriptions arrogantes… Le Liban qui n’a jamais fait la guerre à Israël, un pays avec 40 quotidiens, 42 universités et une centaine de banques différentes, est en train d’être détruit par nos avions et nos canons, et presque personne ne prend en compte le prix de la haine que nous semons. L’image d’Israël dans l’opinion internationale est devenue monstrueuse .. Le Parti travailliste s’est à nouveau révélé être un partenaire dévoué à tout gouvernement : Les ténèbres à la face de l’abîme : bien avant que la guerre ne soit conclue, on peut déjà établir qu’à son coût croissant s’ajoute aussi l’obscurité morale qui nous enveloppe et qui ne menace pas moins notre existence et notre image que les Katiouchas du Hezbollah ». (7).
Pour Michel Warschawski, écrivain et ancien officier israélien « Le centre de gravité du conflit israélo-arabe va vraisemblablement bouger dans les semaines à venir, de Gaza vers le Liban. Mais ne nous trompons pas : il s’agit d’une seule et même campagne, dont l’initiative est 100% israélienne, dans le cadre de ce qu’ils appellent eux-mêmes, à la suite de leur maître et seigneur de la Maison Blanche, « une guerre permanente et préventive contre le terrorisme . Il est donc important de remettre les choses à leur place, et les événements dans leur ordre chronologique : ce n’est pas l’opération militaire menée il y a trois semaines par un commando palestinien et l’enlèvement du caporal Gilad Shalit qui ont poussé le gouvernement israélien à lancer son offensive sanguinaire contre les habitants de la Bande de Gaza ; ce sont les bombardements quotidiens de l’artillerie israélienne et les dizaines de morts palestiniens, dont une majorité de civils et de nombreux enfants, qui ont poussé ces militants palestiniens à rompre la trêve déclarée par les principales organisations palestiniennes et scrupuleusement respectée par ces dernières depuis plus d’un an ». (8).
« La libération du soldat Gilad Shalit est le dernier des soucis de ces mêmes autorités israéliennes. La seule chose qui importe aux généraux israéliens, c’est de « leur apprendre » ce que cela coûte de s’attaquer à Israël. « Leur apprendre » est le concept le plus utilisé dans les déclarations officielles des dirigeants civils et militaires, dans le plus banal des langages coloniaux. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, et aucune retenue, convention internationale ou lois de la guerre ne sont de mise…D’abord, parce qu’il s’agit d’une punition collective : c’est la population de Gaza toute entière qui doit « apprendre » à bien se conduire, même si celle-ci, n’a évidemment rien à voir avec la capture d’un prisonnier de guerre israélien. Ensuite parce qu’il s’agit d’un véritable massacre, le nombre de victimes civiles « collatérales » étant disproportionné avec le nombre de victimes « ciblées ». ...Dans la mesure où on peut cerner des objectifs politiques dans le déchaînement de violence mise en œuvre dans la Bande de Gaza, la mise en échec de l’accord Hamas-Fatah est l’un d’entre eux. Pendant plusieurs mois, le Premier Ministre palestinien Ismail Haniyeh du Hamas et Mahmud Abas, Président de l’Autorité Palestinienne et dirigeant du Fatah ont œuvré à la rédaction d’un document programmatique commun, basé sur ce que l’on appelle « le document des prisonniers ». Ce document, rédigé par les dirigeants des deux grandes formations politiques palestiniennes détenus dans les prisons israéliennes, définit le cadre d’un nouveau consensus politique palestinien basé sur la lutte pour un état palestinien, libre et indépendant, dans les territoires occupés en juin 1967, ce qui implicitement signifie la reconnaissance de l’Etat d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967. »(8).
« Pour les autorités de Tel Aviv, un tel document ne devait en aucun cas voir le jour, car il enlevait le prétexte de la non-reconnaissance du gouvernement palestinien et de la guerre permanente contre ceux qui ont osé élire une majorité Hamas au parlement palestinien.
L’attaque spectaculaire contre Gaza a mis fin aux négociations entre Abas et Haniyeh, alors que les journaux annonçaient un accord... pour le lendemain. Cette même attaque pourrait cependant permettre un autre consensus inter palestinien : celui d’une résistance unie contre la guerre israélienne, sans illusion sur une éventuelle volonté de négocier de la part de Tel Aviv, soi-disant en échange de nouveaux compromis palestiniens….Nous sommes entrés dans une phase de dérégulation du droit international et des modes de comportement des Etats, telles que définis à la suite de la victoire sur le fascisme (Conventions de Genève, Chartre des Nations Unies, résolutions diverses de l’ONU). A la place se sont imposés la loi de la jungle et le droit du plus fort, l’unilatéralisme, et, sous prétexte de guerre permanente et préventive contre le terrorisme, le terrorisme d’état sans entrave. … Ces nouvelles valeurs ont été très rapidement intériorisées par l’immense majorité de la société israélienne qui se sent aux premières lignes de la guerre de civilisation contre le terrorisme, lui-même identifiée au monde musulman. C’est ce qui explique pourquoi le mouvement pacifiste de masse a disparu…. S’il faut saluer le courage et la détermination des quelques milliers de militantes et de militants qui dénoncent aujourd’hui l’agression israélienne, on ne peut pas ne pas reconnaître que, du point de vue du front interne, le gouvernement Olmert-Peretz-Peres a les mains libres pour poursuivre ses méfaits ».(8).
Conclusion
Quelque soit l’issue de la guerre du Liban, plus rien ne sera plus comme avant, on a beau dire à tort ou à raison que les Iraniens étaient derrière, c’est possible en ce qui concerne l’armement, mais ce ne sont pas les iraniens qui se sont battus, ce ne sont pas eux qui ont accepté le corps à corps à Bint Djbail, contre un ennemi armé technologiquement jusqu’aux dents. Cette défaite morale était prévisible depuis longtemps, les militaires israéliens ont donné l’impression aux israéliens que le pays était sanctuarisé , Ils découvrent que le Hezbollah n’a pas baissé la garde et a rendu coup sur coup donnant un aperçu tragique de ce que c’est que la terreur au quotidien des Libanais- aux habitants du Nord d’Israël . Nul doute que des révisions déchirantes seront faites en Israël et que peut être cette leçon à nulle autre pareille, fera entendre la raison et qu’enfin un gouvernement accepte de vivre avec ses voisins en restituant les territoires en échange de la paix.
Si l’Occident continue à diaboliser les Arabes et les Musulmans en tentant d’imposer sa vision du monde messianique, on s’acheminera, inexorablement, à une période où les musulmans seront pourchassés par les nouveaux inquisiteurs à l’image de Torquemada. Les Musulmans, ces Juifs du XXIe siècle connaitront des opérations dignes du IIIe Reich comme celle de « Nacht und Nebeul » ; « Nuit et brouillard » ; où des Juifs furent persécutés, C’est ce qui arrive de plus en plus aux Musulmans en Occident. A n’en point douter, les Musulmans sont les Juifs du XXIe siècle, nul besoin d’étoile ou de signe distinctif, la morphologie s’en charge, le délit de faciès aura encore de beaux jours devant lui. Il vient que L’alignement injuste de l’Occident et partant, dénué d’équilibre sur Israël, défie la communauté internationale, et ne ramènera pas la sérénité au Moyen Orient. Il est utopique de croire que des décisions prises dans les bureaux du Pentagone peuvent remodeler le monde si on ne tient pas compte des hommes et de leur culture. L’entêtement de l’Occident chrétien aboutira, à Dieu ne plaise, à l’Apocalypse. C’est peut être cela le vœu des évangélistes citant la Bible et Armageddon. Après l’extermination des mécréants,-les musulmans-, Les Juifs seront sauvés ensuite, s’ils redeviennent chrétiens, sinon ils seront, à leur tour, exterminés….
1. C.E. Chitour L’anti-sémitisme est chrétien ; l’Islam est le nouveau coupable. l’Expression 2004.
2.Alain Gresh : La fin du droit international ? 16 août 2006 www.millebabors.org.
3.Phillipe Golub : Métamorphoses d’une politique impériale Le Monde diplomatique 03 2003.
4.Norman Finkelstein, « Should Alan Dershowitz Target Himself for Assassination ? », Counterpunch, 12-13 août 2006.
5.Sven Lindqvist : Exterminez toutes ces brutes, Le Serpent à plumes, 1998. »
6.Rédaction reseauvoltaire.org article 17493
7.Gideon Levy : Temps obscurs Reseauvoltaire 4 août 2006
8.Michel Warschawski Une initiative 100% israélienne www.milliebabords.org 19/07/2006



Samedi 26 Août 2006


Commentaires

1.Posté par Laïd DOUANE le 28/08/2006 10:42 | Alerter
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Le sort des Musulmans au XXIe siècle sera-t-il celui des Juifs de l'holocauste ?
C'est bête de titrer un article comme ça, de cette manière!! On dirait que vous ne pesez pas les chiffres! Pour mériter ce sort, il faudrait être ce que les Juifs étaient! Et puis combien y a-t-il de Musulmans dans le monde?

2.Posté par zizifridolin le 15/09/2006 21:22 | Alerter
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pour le moment en terre d islam , c est plutot le sort du chretien qui risque d etre celui du juif de l holocauste.
dieu^^que toutes ces superstitions stupides me fatiguent.
qu on massacre une bonne x pour toutes tous les croyants de quelque religion que ce soit , que l homme normal puisse enfin vivre en paix!!!!!!!!!!!!!!!!!

3.Posté par Naibed le 30/07/2007 20:33 | Alerter
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@Laïd DOUANE
"Le sort des Musulmans au XXIe siècle sera-t-il celui des Juifs de l'holocauste ?
C'est bête de titrer un article comme ça, de cette manière!! On dirait que vous ne pesez pas les chiffres!"


Toutafé ! Cet article est une takiânerie (Al taqqiya)

@zizifridolin
"qu on massacre une bonne x pour toutes tous les croyants de quelque religion que ce
soit" .

D’accord. A condition de ne pas oublier les religions séculières : laïcardisme, socialisme, national-socialisme, communisme, tiersmondisme….
(si on supprime tous les cons, sûr que ça va faire de la place…)


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