Palestine occupée

Le sommet d’Annapolis pour compenser la défaite israélienne au Liban: Interview de Abu Imad Al-Rifai, représentant du mouvement du Jihad islamique au Liban


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Abu Imad : Au nom de Dieu, Tout Clément, Tout Miséricordieux La rencontre d’Annapolis peut d’abord être considérée comme une nouvelle étape des abandons et des concessions arabes, et une nouvelle phase du désengagement du monde arabe envers la question palestinienne, ce qui est d’ailleurs le but des Etats-Unis et de l’entité sioniste. La rencontre d’Annapolis intervient dans un nouveau climat vécu par la région, où la politique de Bush rencontre des difficultés et fait face à une crise politique et militaire dans la région, militaire en Irak et en Afghanistan, et où il se trouve incapable de trouver une solution ou une formule pour la question palestinienne.


Dimanche 2 Décembre 2007

CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance au Liban)
28 novembre 2007

Cirepal : Aujourd’hui, s’achève la rencontre organisée par les Etats-Unis à Annapolis. Comment jugez-vous cette rencontre ?



L’administration américaine, qui fait face à une crise politique et militaire dans la région, veut en échapper par la porte palestinienne, pour trouver une formule, pouvant imposer le Nouveau Moyen-Orient, basé sur le démantèlement de la région et les guerres civiles internes, ethniques, religieuses, nationales et confessionnelles. De plus, l’administration américaine souhaite transmettre, à la fin du mandat de Bush, un dossier aux républicains où des acquis ont été réalisés, notamment dans le conflit arabo-sioniste.

Le plus grave, dans le sommet d’Annapolis, est que les Etats-Unis veulent récompenser Olmert et compenser sa défaite dans la guerre de juillet-août 2006, où l’armée israélienne a subi une défaite importante au Liban. La politique israélienne comme la politique américaine ont subi une défaite, celle de l’armée sioniste, dans une bataille où les peuples ont prouvé, notamment les résistants, qu’ils sont capables d’asséner une défaite à cette armée, loin du rôle ou de la force officielle arabe, que ce soit au niveau politique ou militaire. Le camp officiel arabe n’a pas été impliqué, ni militairement ni politiquement, dans le soutien à la résistance.

C’est ce qui indique que la résistance et les peuples de la région peuvent réaliser des acquis contre le projet américano-sioniste. Bush veut compenser Olmert pour cette défaite en lui ouvrant les portes des capitales arabes et islamiques invitées à normaliser leurs relations avec l’entité sioniste. C’est l’aspect le plus grave du sommet d’Annapolis : la mobilisation arabe, le décor arabe à Annapolis, faux témoin du bradage de la question palestinienne, ou du cortège funèbre officiel de la question palestinienne auquel participent les régimes arabes et islamiques.

Le sommet d’Annapolis est un pas en direction de la liquidation de la question palestinienne, un pas en direction de la normalisation des relations, par l’ordre officiel arabe, avec l’Etat sioniste, un pas en direction de l’encerclement de la résistance, en Palestine et dans la région, pour consolider ce qu’ils appelent la ligne modérée, pour faire face au projet de la résistance dans la région, qui s’étend vers l’Iran, la Syrie, la Palestine et le Liban.

Mais, à notre avis, le sommet d’Annapolis vise aussi un autre objectif, mobiliser l’ordre arabe officiel, comme cela a eu lieu lors de l’agression contre l’Irak en 1991, sous le prétexte de l’occupation du Koweit par l’Irak. Aujourd’hui, il s’agit de mobiliser l’ordre arabe officiel pour couvrir une nouvelle agression des Etats-Unis et de l’Etat sioniste contre l’Iran. Ce sont les dangers que nous pressentons avec la conférence d’Annapolis. Mais est-ce qu’elle a réussi et abouti à ce que veulent les Etats-Unis ? Elle a plutôt dévoilé la situation de l’ordre arabe officiel devant ses peuples. Les protestations qui ont fusé dans toutes les capitales arabes indiquent que les peuples vont dans une direction, alors que les régimes et les gouvernants vont dans une autre, et que les pratiques des régimes n’ont rien à avoir avec les espoirs des peuples arabes et musulmans.

Cirepal : Est-ce que la rencontre d’Annapolis ne cherche pas également à couvrir une agression contre la bande de Gaza ?

Abu Imad : Ceux qui ont entendu le discours de M. Mahmoud Abbas, qui a totalement ignoré les souffrances de notre peuple et le blocus imposé sur la bande de Gaza ainsi que la nécessité de le lever, parlant au contraire des « obscurantistes » dans la bande de Gaza, comprennent qu’il a donné un feu vert palestinien officiel pour lancer une agression contre la bande de Gaza. L’institution militaire israélienne prépare une telle agression, toutes les données l’indiquent, mais est-ce que les Israéliens vont-ils se lancer dans cette direction ? Je pense que la position officielle de M. Abbas est d’une façon ou d’une autre, une couverture à cette agression mais est-ce que la position arabe officielle va-t-elle accorder une couverture arabe à Olmert et à Israël pour cette agression, visant à supprimer les mouvements de la résistance dans la bande de Gaza, et notamment le mouvement de Hamas, qui est considéré par eux comme un mouvement obscurantiste et putschite ? Il y a crainte et inquiétude à propos d’une couverture palestinienne et arabe officielle, pour lancer une agression ou une invasion de grande envergure sur la bande de Gaza.

Mais par ailleurs, les Israéliens savent parfaitement qu’une aventure dans la bande de Gaza n’est pas une promenade, il y a une résistance et celle-ci est décidée à faire face. La volonté populaire en Palestine, et notamment la volonté de la résistance dans la bande de Gaza, peuvent faire échec à une aventure militaire, comme cela a eu lieu dans le sud du Liban.

En fin de compte, est-ce que le sommet d’Annapolis va pouvoir réaliser ce que Bush souhaitait ? Redorer son image dans la région, imposer une nouvelle vision ou une nouvelle domination sur la région, le démembrement que promet le Nouveau Moyen-Orient dont ils parlent souvent, est-ce qu’il est capable de redorer son blason à l’intérieur des Etats-Unis, est-ce qu’il est capable de lancer une attaque, même avec l’alignement arabe à ses côtés, contre l’Iran ? A mon avis, la situation n’est pas aussi simple. La conférence d’Annapolis est, de notre point de vue, mort-née et elle va le rester, la position israélienne sera la première à la faire échouer, les déclarations israéliennes avant et après la conférence indiquent que cette conférence est un échec, les Palestiniens ne peuvent réaliser leurs espoirs, même du point de vue de Mahmoud Abbas. Je pense que tout ce à quoi peut parvenir cette conférence, c’est l’échange d’une poignée de mains entre quelques délégations arabes et les Israéliens à Annapolis. Il s’agit d’un début pour de futurs contacts, c’est le maximum que peut réaliser cette conférence.

C’est pourquoi, pour nous, la conférence a échoué car elle n’est pas en mesure de faire avancer la moindre revendication du peuple palestinien. De plus, les colonies sont là et n’ont pas été proposées à la discussion, ni al-Quds, ni les frontières, ni les réfugiés. Sur quoi vont-ils négocier ? Jusqu’où va l’Autorité palestinienne ? A quoi pouvons-nous nous attendre dans cette situation d’entêtement américain, complètement aligné aux côtés de la partie israélienne ?

Je pense qu’Israël ne donne rien et ne donnera rien. Ni les Etats-Unis, ni l’Europe ne feront pression sur les Israéliens, Israël est dans le giron de l’administration américaine, qui veut, pour son intérêt, maintenir Israël en tant que principale force dans la région, en tant qu’allié stratégique qui aide les Etats-Unis à dominer et à s’accaparer les biens et les ressources de cette région arabe et islamique.

Cirepal : Face à Annapolis, l’Iran a appelé les organisations palestiniennes à une rencontre. Par ailleurs des rencontres sont en cours de préparation. Est-il utile de répondre à la conférence d’Annapolis ou bien faut-il prendre l’initiative et envisager la question de fond, la réorganisation interne de la situation palestinienne ?

Abu Imad : Comme je l’ai dit, l’échec de la conférence d’Annapolis vient de l’attitude israélienne même, qui n’est pas prête à donner quoi que ce soit aux Palestiniens. Israël n’est pas prêt à discuter de questions essentielles qui sont les constantes pour les Palestiniens. En fait, le but de la conférence d’Annapolis n’est pas de régler la question palestinienne, mais ouvrir la voie à la normalisation des relations entre l’ordre arabe officiel et l’entité sioniste. Par ailleurs, l’opposition à la conférence d’Annapolis a commencé, à mon avis, avant même sa tenue, par le mouvement de la rue, les positions politiques exprimées par l’ensemble des forces et organisations palestiniennes, les partis arabes, les institutions, associations ou syndicats arabes qui ont tiré la sonnette d’alarme refusant les concessions supplémentaires et le recul face à l’entité sioniste.

D’autre part, en tant que peuple palestinien et mouvements de résistance, nous ferons toujours face à ce projet, en y consacrant nos forces, sur le plan politique ou par la résistance. La poursuite de la résistance est un droit légitime qui ne peut être remis en cause, c’est la poursuite de la résistance qui affirmera le droit des Palestiniens sur la Palestine, elle dévoilera également les accords et ceux qui les signent, car la résistance dans le cadre de l’occupation israélienne, est légitime, dans le cadre de la spoliation de la terre, la construction du mur, la confiscation des terres dans al-Quds et en Cisjordanie, la construction des colonies, dans le cadre du maintien de 6 millions de Palestiniens exilés loin de leur patrie, dispersés dans les pays du monde, c’est ce droit que la résistance maintiendra vivant, elle est la première à défendre les droits des peuples et a le plus de capacités à les défendre.

Concernant la conférence à Téhéran, l’invitation lancée par la république islamique d’Iran est un geste important au moment où le système arabe accourt vers Annapolis souhaitant couper les liens entre la question palestinienne et la question arabe. Elle intervient pour remettre la question palestinienne dans sa position normale, affirmant que cette question est celle des Arabes et des musulmans.

Lorsque l’Iran appelle à une conférence à Téhéran, malgré toutes les pressions et toutes les conditions vécues par la république islamique, il veut signifier que si les Arabes veulent abandonner cette cause, qui est la leur, le monde musulman doit s’y attacher puisqu’elle est la cause des arabes et des musulmans. Cette cause n’est pas seulement sacrée pour les Palestiniens, elle l’est également pour les arabes et les musulmans, ainsi que pour tous les hommes libres de ce monde. Ainsi, le retour de la question à sa place naturelle, le monde musulman, c’est ce que nous avons pour ambition.

Cirepal : Ce qui veut dire, pour le côté opposé, la confirmation et la consolidation du camp de la modération face au camp de l’extrémisme. Si l’Iran adopte une conférence opposée, il consacre cette division. Sur le plan palestinien, l’Autorité palestinienne a commencé à agir selon cette équation, et son accentuation peut représenter une catastrophe pour le peuple palestinien, notamment dans les territoires occupés.

Abu Imad : En réalité, la position palestinienne est divisée depuis Oslo, et même avant. Il y a une division claire entre ceux qui ont choisi l’accord d’Oslo et ceux qui ont choisi la résistance. Cette division est naturelle, puisque des Palestiniens sont concernés par le projet de règlement, d’autres forces et organisations ont adopté la voie de la résistance. C’est une réalité, mais le problème se pose lorsque ce conflit politique se traduit par un conflit sur le terrain, à des affrontements armés, mais nous faisons en sorte que ce conflit politique ne se traduise pas par un conflit armé sur le terrain. Le conflit politique existe, et il demeurera car l’entente entre les deux courants n’est pas possible, l’un qui proclame être prêt à récupérer tous ses droits, même par la voie de la résistance, et un autre qui affirme être prêt à faire des concessions pour récupérer ce qui en reste. C’est une logique que nous refusons. Donc, le conflit politique existe, nous avons des points de vue divergents, la division entre Palestiniens existe, mais à mon avis, face aux Etats-Unis qui essaient de montrer que dans la région, il y a un courant de la modération qu’il faut consolider et un courant extrémiste, nous demandons : où se tient le peuple ? Est-ce que le peuple soutient le courant de la modération dans la région ou bien le courant extrémiste ? Je pense que les peuples arabes et musulmans, en cas de sondage, affirmeront à plus de 80% qu’ils sont aux côtés de la résistance. Annapolis : une menace pèse sur les Palestiniens de 48 (extraits de l’interview du secrétaire général du Mouvement du Jihad islamique, Ramadan Abdallah Shallah, au quotidien Al-Quds al-‘Arabî 27 novembre 2007

Traduction CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

R.S. …Ce qui est nouveau et dangereux, ce sont les paroles de Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, qui a récemment déclaré que l’Etat palestinien évoqué constituera une solution aux Arabes en Israël - ce sont ses paroles - c’est-à-dire notre peuple arabe palestinien dans les régions de 48.

Question : comment un Etat palestinien peut-il être une solution pour les Palestiniens de 48, est-ce qu’il s’agit de les expulser, et où ? Est-ce possible ?

R.Sh. : Israël vit un problème qui s’appelle les Arabes de 48. Il croit que la clé de sa solution se trouve dans l’idée de la judaïté de l’Etat d’Israël, et c’est par là que le danger nous menace : il s’agit d’une nouvelle catastrophe ou une nouvelle Nakba, c’est la solution des deux Etats. Dans le cas où un Etat palestinien ou un Etat dans l’intérêt israélien comme nous l’avons appelé, se met en place, tel qu’il est défini par les déclarations israéliennes, les Israéliens diront à notre peuple dans les régions de 48 : « Vous êtes palestiniens et arabes, fondamentalement, au niveau de votre appartenance et de votre identité. Israël est un Etat pour les Juifs, vous n’y avez pas votre place. Allez vers l’avorton d’Etat qui se trouve à côté, l’Etat des Palestiniens ! » Cela ne se produira pas actuellement, mais le chemin vers ce scénario commence à Annapolis.

L’Autorité palestinienne est entrée dans cet engrenage, dans des questions très graves, je ne sais pas si elle est consciente de leurs dimensions ou pas.. A la télévision palestinienne, Abu Mazen a évoqué le 10 octobre dernier la superficie de l’Etat palestinien réclamé, qui est la superficie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, 6205 kms2. Il n’a pas rattaché cette superficie aux frontières du 4 juin 1967, c’est-à-dire qu’il a parlé de superficie et non de frontières, ce qui veut dire qu’il accepte le principe de l’échange de territoires, ce qui leur sera imposé avec le maintien des colonies. Il y a près d’un demi-million de colons en Cisjordanie, y compris al-Quds, qui est entourée de 150 colonies, sans compter les points de colonisation qui dépassent les 200. Les colonies et les routes qui y conduisent seront rattachés aux blocs de colonisation. Avec le maintien des colonies, c’est l’eau également qui est perdue car Israël vole plus de 85% des eaux de la Cisjordanie. 70% des eaux volées par les Israéliens se trouvent sur les terres où sont implantées les colonies. Pour maintenir les colonies et concentrer la superficie dévolue à l’Autorité, il a accepté le principe de l’échange des terres. Le discours d’Abu Mazen est clair. Tout son souci consiste à confirmer le principe de l’échange à égalité, c’est un principe proposé par le document de Genève, dont le parrain est Yasser Abd Rabboh, membre principal de l’équipe de négociation chez Abu Mazen. Mais dans quelle direction se fera l’échange ?

Deux directions sont évoquées : la première est de donner aux Palestiniens une partie des terres du Naqab, longeant le sud de la bande de Gaza et proche de l’Egypte. La seconde direction est d’échanger et d’annexer des terres à très forte densité de population (arabe) dans la région du Triangle dans les territoires de 48 aux territoires de l’Autorité, l’Etat ou l’empire palestinien. Nommez-la comme vous voulez ! L’essentiel est de se débarrasser des Palestiniens de 48, même par étapes. Ce que je veux dire par là, c’est que le principe de l’échange des terres conduira d’une façon ou d’une autre au principe de l’échange de population, et à mon avis, celui qui accepte d’abandonner la terre, pour commencer ou par échange, qui est d’ailleurs le nœud de la question, ne s’en soucie pas vraiment. Du moment qu’il a ouvert la porte de la concession et de l’échange, l’appétit israélien s’ouvrira pour exécuter le projet de transfert des Arabes de 48, à plus ou moins court terme.

Question : quelle est l’alternative alors ? Que faire ? Est-ce que l’alternative consiste à libérer la Palestine du fleuve à la mer, comme vous le dites ainsi que d’autres organisations ? Est-ce un objectif réaliste ? Est-il possible de proposer une programme à partir de cette vision pour récupérer les droits du peuple palestinien ?

R. Sh. : D’abord, concernant l’objectif de la libération de la Palestine, il est devenu interdit d’en parler, comme s’il s’agissait d’un crime aux yeux des réalistes. Nous distinguons entre deux choses essentielles : La première est la justice de l’objectif. Ensuite, la possibilité de le réaliser. Et là, je demande à tout Arabe, tout Palestinien, tout Musulman et tout homme libre dans ce monde. L’objectif de libérer la Palestine est-il juste ou non ? Tous ceux qui ne croient pas en la justice de cet objectif pensent de facto que le projet sioniste et ses objectifs sont justes, alors qu’ils sont fondés sur la ruine de notre peuple et de notre patrie… Quant à la seconde question, nous admettons que l’objectif de libérer entièrement notre terre n’est pas possible aujourd’hui dans le cadre du terrible effondrement arabe. Mais le fait que l’objectif ne soit pas possible aujourd’hui ne supprime pas son caractère juste, et de ce fait, ne le supprime pas et ne l’écarte pas du circuit. Ensuite, la Palestine est une cause et non un programme… Lorsque la Palestine est passée d’une cause à un programme, comme ce fut le cas avec le programme transitoire de 1974, la ruine et la perte actuelle et future ont été instaurées, mais aussi les dangers qui nous guettent encore. Le programme transitoire est celui qui a posé la pierre fondamentale d’un Etat de l’intérêt israélien et le programme transitoire, taillé pour la Cisjordanie et Gaza, est celui qui a éloigné et ignoré les Arabes de 48 de l’agenda de la lutte nationale palestinienne, les considérant comme s’ils étaient réellement des citoyens israéliens. Aujourd’hui, la suite du programme transitoire fonde à Annapolis leur expulsion et veut les arracher à leur terre. Le programme transitoire est celui qui a éloigné les réfugiés et les Palestiniens de l’exil, car il est spécifique à la Cisjordanie et à Gaza… Le programme transitoire est celui qui a institué Oslo (les accords) et la vision de Bush ainsi que toutes les misères de la situation du peuple palestinien. Si nous voulons dire en quelques mots ce qu’il faut faire, d’abord et avant tout, nous devons cesser de répandre l’illusion et faire échec au choix des deux Etats, qui est très dangereux car il aboutira à un Etat dont la fonction sera de liquider la cause de la Palestine. Ce qui ne veut pas dire que nous acceptons le choix d’un Etat unique ou ce qui s’appelle l’Etat bi-national ou l’Etat démocratique… Tous ces choix qui reconnaissent le droit des Juifs sur la Palestine sont refusés… Pour nous, l’alternative consiste à laisser la porte ouverte au conflit. Nous ne demandons pas aux Arabes de mener des guerres globales alors qu’ils sont dans cet état, ni même des guerres limitées. Mais nous leur demandons de laisser les peuples résister, de ne pas mettre des entraves à leur résistance par les mensonges et les illusions, ou le mirage des règlements dont les faux espoirs ont été mille fois dévoilés. Ce ne sont pas des slogans ou des rêves d’un autre genre. Le Hizbullah a mené une guerre limitée contre l’Etat hébreu et il a gagné. L’intifada a réalisé des exploits dans l’Etat sioniste, elle a déchiré ses entrailles et a instauré l’équilibre de la terreur avec lui. Ce sont toutes ces réalisations qui sont aujourd’hui mises en vente à Annapolis, où ils veulent annoncer une nouvelle étape et proclamer la défaite de la résistance et de l’intifada, pour revivifier le processus de règlement ou la série des cauchemars palestiniens commencée à Oslo… Mais nous affirmons que cela n’aura pas lieu. Dans peu de temps, la glace fondra et la prairie s’épanouira, comme on dit.

Centre d'Information sur la Résistance en Palestine


Dimanche 2 Décembre 2007

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