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Le sionisme au service du gaz de schiste et autres hydrocarbures


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Dan Fisher
Jeudi 19 Décembre 2013

Le sionisme au service du gaz de schiste et autres hydrocarbures
Israël s’est toujours auto-promotionné en tant que modèle de développement durable, mais nombreux sont ceux qui dénoncent le soutien du lobby sioniste à l’extraction maximum de combustibles fossiles en Amérique du Nord, à l’exploitation du gaz de schiste (par fracturation) et au forage en mer.
Historiquement , Israël a aidé les États-Unis sécuriser les flux de pétrole depuis le Moyen-Orient. En 1958, le Conseil de sécurité nationale des États-Unis a déclaré : « si nous choisissons de lutter contre le nationalisme arabe radical et d’obtenir le pétrole du golfe Persique si nécessaire par la force, un corollaire logique serait de soutenir Israël comme la seule puissance forte et pro-occidentale qui subsiste au Proche- Orient. » Aujourd’hui, les organisations pro-israéliennes défendent l’exploitation intensive de ressources énergétiques en Amérique du Nord même.
Les dirigeants sionistes sont allés jusqu’à former une alliance avec les foreurs de pétrole et de gaz. Appelée Conseil de sécurité de l’Amérique, cette alliance été présentée comme potentiellement « une des coalitions les plus importantes de notre industrie » par la Kansas Independent Oil and Gas Association.
« L’augmentation de la production nationale »
Avec un conseil d’administration comprenant Samuel Eizenstat, un ancien vice-président de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), et Malcolm Hoenlein, vice-président de la Conférence des présidents des principales organisations juives, le groupe affirme que « l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz naturel » peut réussir à « réduire l’effet de levier » des pays producteurs de pétrole et « renforcer notre allié Israël ». Le site Web du groupe soutient le projet de loi United States-Israel Energy Enhancement pour promouvoir la collaboration entre les États-Unis et Israël dans le domaine de l’extraction de gaz naturel.
L’AIPAC soutient également une extraction intensive. Son mémo en politique énergétique pour 2013 note avec approbation : « Alors que le gaz naturel continue de prendre de l’importance dans l’économie mondiale, les États-Unis et Israël sont en mesure de jouer un rôle de premier plan ».
Alors que des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche en février pour protester contre le projet Keystone XL pipeline conçu pour apporter du pétrole dans des conditions très polluantes depuis les sables bitumineux du Canada jusqu’aux US, l’American Jewish Committee a fait son maximum de lobbying pour que le projet soit approuvé. Dans un communiqué de presse en avril, le directeur de la commission David Harris a fait valoir le pipeline était « important pour la sécurité énergétique des États-Unis » et qu’il était « temps de dire ’oui’ au projet ».
Le Comité juif américain fait également campagne pour « des forages onshore et offshore », « la fracturation hydraulique [pour l’extraction du gaz de schiste] », « le charbon propre et l’énergie nucléaire » et « les accords de libre-échange » qui annulent les réglementations environnementales.
« Les extrémistes de l’environnement »
Quand ils ne préconisent pas l’extraction des combustibles fossiles, les groupes sionistes prennent parfois directement pour cible des militants écologistes. Par exemple, l’Anti-Defamation League [ADL], qui prétend lutter contre « l’antisémitisme et toutes les formes d’intolérance », passe aussi une partie de son temps à fliquer les organisations de défense de l’environnement.
Sa base de données « Extrémisme en Amérique » répertorie plusieurs groupes environnementaux, y compris Earth First ! et Earth Liberation Front. Malgré les tentatives de salir ces groupes, la base de données a reconnu que « personne n’a encore été blessé » par le mouvement de défense de l’environnement aux États-Unis. L’ADL a formé le Département de Police de New York en 2008 sur la façon de répondre aux « écologistes extrémistes, aux anarchistes, et aux extrémistes anti-mondialisation ».
Avec l’aide de l’Institut de recherche et d’intervention sur le terrorisme [ITRR], l’Office of Homeland Security de Pennsylvanie a suivi les militants pacifiques anti-gaz de schiste. Le Pennsylvania Intelligence Bulletin d’oût 2010, signé par l’ITRR, stigmatise les militants anti-gaz de schiste comme des « extrémistes » et renseigne sur leur intention d’assister aux audiences publiques et fournit à cet égard un documentaire.
Selon son site Web, « des experts israéliens et américains [de l’ITRR] fournissent dans la lutte contre le terrorisme des séminaires de formation ... avec des techniques israéliennes pour cette formation, testées éprouvées sur le terrain, et que nos instructeurs ont utilisées avec succès dans certaines des unités les plus actives en Israël ».
« Jetez une bombe à la nitroglycérine »
Lorsque des groupes pro-israéliens des États-Unis se rassemblent pour soutenir les intérêts de l’extraction de combustibles fossiles, il ne s’agit pas particulièrement d’un complot. Ces groupes marchent simplement dans les pas de la philosophie du fondateur du sionisme,Théodore Herzl, qui prônait la domination de la nature et sa soumission aux puissances impériales occidentales. Il n’est pas surprenant que des médias toujours aussi serviles et qu’une certaine culture politique fassent bon accueil au message de Herzl .
Dans son livre de 1896, L’État juif, Herzl a montré une claire volonté de dominer l’environnement de la Palestine. « En supposant, par exemple , que nous soyons obligés de nettoyer un pays de ses bêtes sauvages ... nous organiserons une importante et active partie de chasse, rassemblant les animaux et jetant au milieu une bombe à la nitroglycérine », écrivait-il.
Les Palestiniens sont aujourd’hui confrontés à un nombre incalculable de risques environnementaux, des zones industrielles israéliennes polluant des villages de Cisjordanie et les eaux usées non traitées inondant les rues de Gaza. En Israël, la grande majorité des ménages palestiniens ne sont pas connectés à un réseau d’égouts, et le flux des eaux usées non traitées s’écoule parfois dans les rues ou pollue les cours d’eau.
Dans le même livre, Herzl célèbre son État sioniste en gestation comme « une partie d’un rempart de l’Europe contre l’Asie », préfigurant le rôle d’Israël dans la sauvegarde des flux d’énergie pour les intérêts occidentaux. Le sénateur américain Henry Jackson a déclaré en 1973 qu ’« Israël a servi à empêcher et à contenir ces éléments irresponsables et radicaux dans certains pays arabes, qui, s’ils étaient libres d’agir, présenteraient une grave menace pour nos principales sources de pétrole dans le golfe Persique ».
Depuis 1967, Israël a renforcé à plusieurs reprises le contrôle de Washington sur le pétrole du Moyen-Orient. Lors de la guerre de 1967, Israël a écrasé le régime égyptien de Nasser, considéré comme subversif car il préconisait « le pétrole arabe pour les peuples arabes » et avait accueilli le premier Arab Petroleum Congress. En 1970, Israël a aidé à imposer le retrait de la Syrie de la Jordanie, accélérant le repli du nationalisme arabe.
Dans les années 1980, Israël a agi comme un intermédiaire US et a vendu des armes à l’Iran. L’mbassadeur israélien Moshe Arens a expliqué que l’objectif était d’ établir un contact avec l’armée iranienne et d’essayer de finalement renverser le régime de Khomeiny, lequel avait nationalisé l’industrie pétrolière iranienne. Dans la guerre du Golfe, Israël a fourni les États-Unis avec des bombes et des tenues pour le désert, contribuant à affaiblir l’Irak qui pouvait menacer les champs de pétrole de l’Arabie Saoudite.
« Tous les éléments en notre pouvoir »
Prenant la parole devant l’ONU en septembre dernier, le président Obama a réitéré la volonté de Washington « d’utiliser tous les éléments en notre pouvoir, y compris la force militaire » pour assurer « nos intérêts fondamentaux » au Moyen-Orient. Plus précisément , il a promis de « garantir la libre circulation de l’énergie depuis cette région vers le reste du monde ».
Obama et le grand capital accélèrent également l’exploitation des ressources en Amérique du Nord, pillant le charbon de Black Mesa et du centre des Appalaches, le gaz de schiste de Marcellus, les sables bitumineux de l’Alberta et le pétrole extrait du schiste des montagnes Rocheuses.
Avec une économie mondiale qui doit croître ou mourir, avec l’épuisement des réserves de pétrole et la déstabilisation du climat, les planificateurs militaires s’attendent à une intensification des conflits et des guerres dans les années à venir. De nombreux gouvernements et de nombreuses corporations s’intéressent déjà de très près aux armes, à la technologie et aux formations à la contre-insurrection fournies par Israël. Après tout, Israël a développé une large expertise dans la répression des populations.
Il sera donc de plus en plus crucial pour les mouvements sociaux de prendre une position de principe contre l’oppression et le colonialisme, y compris contre le sionisme .
* Dan Fischer est enseignant en mathématiques et organisateur associatif dans le Connecticut. Il est membre de Capitalisme contre le climat et du Comité de crise au Moyen-Orient . Il a écrit cet article pour PalestineChronicle.com.
 
8 décembre 2013 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinechronicle.com/z...
Traduction : Info-Palestine.eu - Naguib


Jeudi 19 Décembre 2013


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