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Le silence des médias sur le carnage en Irak -- 10.000 irakiens tués chaque mois


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Michael Schwartz
Samedi 7 Juillet 2007

Le silence des médias sur le carnage en Irak -- 10.000 irakiens tués chaque mois

Counterpunch, par Michael Schwartz, juillet 2007


​​​​Une étude de pointe publiée dans la question du 12 octobre 2006 de The Lancet (le plus prestigieux journal médical britannique) concluait il y a un an que 600.000 Irakiens avaient subi une mort violente à cause de la guerre en Irak. C'est-à-dire que pendant les 39 premiers mois de guerre, le taux mensuel de mortalité irakienne s'élevait à environ 15.000.


​​​​Ce n'était pas le pire, car le taux de mortalité augmentait en flèche, et pendant la première moitié de 2006 le taux mensuel était environ 30.000, un taux qui sans aucun doute a augmenté davantage durant les féroces combats lié à la poussée [le fameux surge de Bush, NDT] étasunienne actuelle.


​​​​Les gouvernements US et britannique ont vite rejeté ces résultats comme « étant de méthodologie défectueuse, » bien que les chercheurs se soient servi des procédures standard pour mesurer la mortalité dans des zones de guerre et de désastre. (Ils ont visité un ensemble aléatoire de maisons et ont demandé aux habitants si quelqu'un dans leur ménage était mort dans les dernières années, enregistré les détails, et inspecté les certificats de décès dans la grande majorité des cas.) les deux gouvernements belligérants n'ont donné aucune raison concrète pour leur rejet des résultats de l'étude, et ils ont ignoré le fait qu'ils avaient commandité des études identiques (entreprises par quelques-uns des mêmes chercheurs) dans d'autres régions de désastres, dont le Darfour et le Kosovo. Cependant, la raison de ce rejet était assez évidente : les résultats étaient simplement trop dévastateurs pour que les gouvernements responsables les reconnaissent. (Secrètement le gouvernement britannique a plus tard admis que c'était « une manière éprouvée et vérifiée pour mesurer la mortalité dans les zones de conflit » ; mais il n'a jamais admis publiquement sa validité).


​​​​Les chercheurs de bonne réputation ont reconnu la validité des résultats de l'étude du Lancet sans pratiquement aucun désaccord. Juan Cole, le spécialiste du Moyen-Orient le plus en vue aux USA, les a résumés dans un commentaire particulièrement vif : « La mésaventure US en Irak est responsable en trois ans d'avoir déclenché le massacre de deux fois plus de civils que Saddam est arrivé à en liquider en 25 ans. »


​​​​En dépit du consensus des spécialistes, le démenti des gouvernements a été assez efficaces du point de vue de l'instruction du public, et les quelques articles citant l'étude du Lancet la mettent ex æquo avec les réfutations officielles. Un rapport de la BBC, par exemple, mentionnait le chiffre dans un article intitulé « Énorme élévation du nombre de morts en Irak, » et citait longuement la réfutation publique du président Bush, dans laquelle il disait que la méthodologie était « passablement mise en doute, » ajoutant que « six cents mille ou tout ce qui a été estimé est simplement... ce n'est pas crédible. » Suite à ce genre de couverture médiatique, la plupart des étasuniens croient sans doute que le chiffre, donné par Bush en décembre 2005, de 30.000 morts civils irakiens (moins de 10% du total réel) est jusqu'à ce moment la meilleure évaluation des morts irakiens.



Décompte du nombre d'irakiens tués par l'occupation


​​​​Ces statistiques choquantes deviennent plus terrifiantes quand nous réalisons que parmi les quelques 600.000 victimes des violences de la guerre irakienne, la plus grande partie ont été tuées par les militaires étasuniens, pas par les voitures bombes ni par les pelotons de la mort, ni par les criminels violents -- ni même par toutes ces catégories réunies.


​​​​Les interviewers du Lancet ont demandé aux sondés irakiens comment leur êtres chers étaient morts et qui était responsable. Les familles étaient bien au fait de la cause de la mort, indiquant aux envoyés que plus de la moitié (56%) étaient dues aux coups de fusil, deux huitièmes était dus aux voitures bombes (13%) et aux attaques aériennes (13%), et aux ordres (14%) [sans doute les exécutions de prisonniers, NDT]. Seulement 4% étaient dus à des causes inconnues.


​​​​Les familles n'étaient pas à même d'identifier qui était responsable. Bien qu'elles savaient, par exemple, que les victimes d'attaques aériennes étaient tuées par l'occupant, et que les victimes des voitures bombes étaient tuées par les insurgés [*], les morts par coup de fusil et par ordre se produisaient souvent lors d'échanges de tirs ou dans des circonstances sans témoin. Elles ne pouvaient donc pas dire avec certitude qui était responsable. Et les interviewers ne remplissaient pas la partie responsable quand les « ménages avaient quelque incertitude » sur la responsabilité de la mort.


​​​​Cependant, les résultats sont atterrants pour ceux d'entre nous qui lisons la presse US : pour les morts dont les familles de victimes connaissaient avec certitude l'auteur, les forces US (ou leur « coalition alliée bien disposée ») étaient responsable de 56% des cas. C'est-à-dire que nous pouvons être pleinement assurés du meurtre d'au moins 180.000 Irakiens par la coalition jusqu'à mi 2006. Et qui plus est, nous avons toutes les raisons de penser que les USA sont responsables de leur quote-part (ou de davantage) de morts non imputés. Cela signifie que les USA et leurs alliés peuvent bien avoir tué plus de 330.000 Irakiens en mi 2006.


​​​​Le reste peut être attribué aux insurgés, aux criminels, et aux forces irakiennes [*]. Et soyons bien clair sur ce point : les voitures bombes, la source la plus facile à identifier pour les familles de victimes, étaient responsables de 13% des morts, quelques 80.000 personnes, soit 2.000 par mois environ. C'est affreux, mais c'est bien inférieur à la moitié du total étasunien confirmé, et inférieur à un quart du total étasunien probable.


​​​​Même si nous travaillons avec le chiffre confirmé le plus bas, de 180.000 morts irakiens causés par la puissance de feu de l'occupant, cela donne depuis le commencement de la guerre une moyenne de plus de 5.000 Irakiens tués chaque mois par les forces US et leurs alliés. Et nous devons nous rappeler que la moyenne globale du taux de mortalité était deux fois plus élevé en 2006, ce qui veut dire que la moyenne étasunienne en 2006 était bien plus de 10.000 par mois, soit plus de 300 irakiens chaque jour, dimanche compris. Avec la poussée qui a commencé en 2007, le chiffre actuel est sans doute encore plus élevé.



Comment se fait-il que nous n'en sachions rien ?


​​​​Ces chiffres semblent impossibles à la plupart des étasuniens. Certainement 300 irakiens tués par les USA chaque jour devraient faire maintes fois les gros titres de l'actualité. Néanmoins, les médias électroniques et imprimés ne nous disent absolument pas que les USA tuent tous ces gens. Nous entendons beaucoup au sujet des voitures bombes et des pelotons de la mort, mais peu au sujet des étasuniens tuant des Irakiens, excepté un terroriste anecdotique, et de bien plus anecdotiques histoires d'atrocités.


​​​​Comment, alors, les USA accomplissent-ils ce carnage, et pourquoi ne sont-ils pas d'intérêt médiatique ? La réponse se tient dans une autre statistique étonnante libérée par les militaires US et rapportée par la hautement respectable Brookings Institute : Pendant les quatre dernières années, les militaires US ont envoyé quelque chose comme plus de 1000 patrouilles chaque jour dans les environs hostiles, comptant capturer ou tuer des insurgés et des terroristes. (Depuis février, le nombre a grimpé jusqu'à presque 5.000 patrouilles par jour, si nous incluons les troupes irakiennes participant à la poussée US.)


​​​​Ces milliers de patrouilles se transforment régulièrement en milliers de morts irakiens parce qu'elles ne vont pas « se balader au soleil » comme il nous semble dans notre imagination. En fait, comme le journaliste indépendant Nir Rosen l'a décrit d'une manière vivante et atroce dans son livre indispensable, Dans le ventre de l'oiseau vert, elles impliquent un genre de brutalité volontaire qui est rapportée parfois seulement par les journalistes traditionnels US intégrés [dans les troupes].


​​​​Cette brutalité est tout à fait logique quand nous comprenons le but et le processus de ces patrouilles. Des soldats et des marines US sont envoyés dans les communautés hostiles où pratiquement la population entière soutient l'insurrection. Ils ont souvent une liste d'adresses de suspects ; et leur travail est à d'interroger, d'arrêter ou de tuer les suspects ; et de rechercher dans les maisons des preuves compromettantes, en particulier des armes et des munitions, mais aussi de la littérature, des équipements vidéo, et d'autres articles dont dépend l'insurrection pour ses activités politiques et militaires. Quand elles n'ont pas de listes de suspects, elles mènent des recherches « porte à porte », recherchant des individus ou des signes de comportement suspect.


​​​​Dans ce contexte, tout homme en âge de combattre n'est pas un simple suspect, mais un adversaire potentiellement mortel. Il est dit à nos soldats de ne rien laisser au hasard : dans de nombreux cas, par exemple, frapper à une porte a pu provoquer des coups de fusil à travers celle-ci. Leurs instructions sont donc d'utiliser l'effet de surprise chaque fois que la situation semble dangereuse, d'enfoncer les portes, de tirer sur tout ce qui est suspect, et de jeter des grenades dans les pièces ou dans les maisons, où dans tout ce qui peut occasionner de la résistance. S'ils rencontrent une résistance concrète, ils peuvent appeler l'artillerie et/ou la force aérienne plutôt que d'essayer d'envahir un bâtiment.


​​​​Voici comment deux civils irakiens ont décrit ces patrouilles au reporter Pepe Escobar de l'Asia Times :


Hussein et Hasan confirment que les étasuniens viennent d'habitude la nuit, parfois le jour, toujours protégés par des hélicoptères. « Parfois ils jettent des bombes dans les maisons, parfois ils arrêtent des gens, parfois ils tirent des missiles »


​​​​Si elles ne rencontrent pas de résistance, ces patrouilles peuvent découvrir en gros 30 suspects, ou inspecter plusieurs douzaine de maisons, en un jour de travail. C'est-à-dire, que nos quelques 1000 patrouilles peuvent envahir 30.000 maisons en un seul jour. Mais si un IED [dispositif explosif improvisé, NDT] explose sous leur Humvee ou si un tireur isolé proche leur tire dessus, alors leur boulot est de trouver, capturer, ou tuer l'auteur de l'attaque. Les insurgés irakiens déclenchent souvent des IED et provoquent des échanges de tirs, afin de retarder les patrouilles pour empêcher de force les soldats d'entrer à 30 dans les maisons, d'aborder violemment leurs résidants, et peut-être de battre, d'arrêter, ou d'humilier simplement les résidants.


​​​​Les batailles déclenchées par les IED et les attaques de tireurs isolés impliquent presque toujours les bâtiments entourant l'incident, où se mettent à l'abri les insurgés pour éviter la contre-attaque US. Les étasuniens se précipitent donc dans ces bâtiments où sont suspectés se cacher les auteurs, avec tous les dangers que ça comporte de tuer les autres personnes. Les règles de combat des soldats incluent la volonté d'éviter de tuer les civils, et il y a de nombreuses notes de restrictions au cas où les civils sont manifestement dans la ligne de feu. Mais aux trousses d'un malfaiteur, leurs règles de combat indiquent clairement que capturer ou tuer les insurgés prend le pas sur la sécurité civile.


​​​​Il semble que ce soit assez maîtrisé, et incapable de produire les statistiques documentées par l'étude du Lancet. Mais le total des patrouilles US, 1000 par jour, et le total des confrontations dans les maisons des gens, les réponses aux tireurs isolés et aux attaques d'IED, et les échanges de tirs pour sécuriser s'additionnent jusqu'à donner un massacre de masse.


​​​​La brutalité cumulée de ces milliers de patrouilles peut être déduite de la récente investigation sur des soupçons de crimes de guerre commis à Haditha le 19 novembre 2005. L'enquête cherche à établir si les marines ont délibérément assassiné 24 civils, incluant dix-neuf femmes désarmées, des enfants et des hommes âgés, dans une seule chambre, apparemment en châtiment pour la mort d'un de leurs camarades plus tôt dans la journée. Ces accusations horribles ont donné un intérêt médiatique à l'incident et activé l'enquête.


​​​​Mais c'est la version de la défense qui rend Haditha utile pour comprendre l'explication du rôle des patrouilles dans les centaines de milliers de morts irakiens. Le premier lieutenant William T. Kallop, l'officier le plus haut gradé à Haditha ce jour-là, a dit à l'audience militaire qu'il avait ordonné à la patrouille de « nettoyer une maison irakienne d'Haditha après qu'une bombe en bord de route ait tué un marine » plus tôt dans la journée. Plus tard, après l'échange de tirs que cette action a provoqué, il est allé inspecter la maison et a été choqué de découvrir que seuls des civils avaient été tués :


Il a inspecté l'une des maisons avec un caporal des marines, Hector Salinas, et trouvé les femmes, les enfants et les hommes âgés qui avaient été tués quand les marine ont jeté une grenade dans la salle.


Le lieutenant Kallop a témoigné avoir demandé à haute voix : « Que diable est-il arrivé, pourquoi n'y a-t-il aucun insurgé ici ? » J'ai jeté un coup d'œil au caporal Salinas, et il a regardé exactement aussi choqué que moi.


​​​​Il est important de garder à l'esprit que le lieutenant Kallop n'aurait pas été choqué s'il y avait eu un ou plusieurs insurgés parmi les morts. Ce qui a rendu la situation problématique était que tous morts étaient manifestement des civils, et ça présentait la possibilité qu'ils n'étaient pas aux trousses d'un combattant ennemi.


​​​​Plus tard, cependant, le lieutenant Kallop a décidé que même cette situation n'impliquait pas une mauvaise conduite de la part de ses troupes, après interrogatoire du sergent-chef Frank D. Wuterich, qui menait la patrouille et commandait l'action militaire :


Le sergent Wuterich lui a dit qu'ils avaient tué les gens dans cette maison après s'être approchés d'une de ses porte et avoir entendu le bruit métallique distinct de l'armement d'une AK-47.


J'ai pensé à ce qui était dans le règlement de combat parce que le chef de peloton pensait qu'il allait donner un coup de pied dans la porte et trouver une mitrailleuse, a dit le lieutenant Kallop.


​​​​Selon Kallop, les soldats suivaient donc les règles de combat parce que si le chef de peloton « pensait » qu'ils allaient être attaqués (à cause de la reconnaissance d'un bruit à travers la porte fermée), il était pleinement autorisé et justifié d'utiliser la force meurtrière de la patrouille (une grenade à main dans ce cas), assez pour tuer tous les gens blottis dans l'appartement.


​​​​Une distinction cruciale est à faire avec l'intentionnalité. Le premier lieutenant Max D. Frank, envoyé pour étudier l'incident un peu plus tard, a expliqué cette logique : « Ce qui est arrivé est regrettable, Monsieur, » a dit le lieutenant Frank au procureur des marines, le lieutenant colonel Sean Sullivan, « mais je n'ai aucune raison de croire qu'ils l'ont fait à dessein. »


​​​​Traduit, ça signifie que tant que les soldats ont sincèrement cru que leur attaque pourrait capturer ou tuer un insurgé armé qui pouvait les attaquer, les règles de combat justifiaient leur action et ils étaient donc innocents de tout crime.


​​​​Noter ici que d'autres solutions de rechange n'ont pas été considérées. Les soldats auraient pu décider qu'il y avait de fortes chances de blesser des civils dans cette situation, et donc auraient pu battre en retraite sans poursuivre l'insurgé suspecté. Cela lui aurait permis de partir, mais aurait protégé les habitants de la maison. Cette option n'a pas été considérée, bien que bon nombre d'entre nous sentons que laisser s'échapper deux ou trois insurgés (dans une ville qui en est pleine) serait plus acceptable que de risquer (et en fin de compte d'abréger) la vie de 19 civils [5 victimes sont passées à l'as ? NDT].


​​​​Plus tard à l'audience, le major général Richard Huck, l'officier commandant responsable des marines à Haditha, a souligné ces règles de combat en termes plus généraux, « et a aussi ignoré l'option impensable de laisser partir les insurgés » quand il a expliqué pourquoi il n'avait pas ordonné d'enquête sur les morts :


C'est arrivé lors d'une opération de combat et il n'est pas rare que des civils meurent dans de telles circonstances. J'ai vu en imagination le feu des tirs insurgés, j'ai vu le feu de la Kilo Company, « Huck a témoigné, par l'intermédiaire du lien vidéo du Pentagone, là où il est commandant adjoint assistant des plans, politiques et opérations. Je peux comprendre comment 15 personnes neutres puissent être tués dans ces circonstances. » [Le général oublie 9 victimes sur 24 ? NDT]


​​​​Pour le général Huck, et pour d'autres commandants en Irak, dès que « le feu des insurgés ou même la menace du feu des insurgés » intervient dans le tableau (et il existait certainement plus tôt, quand le soldat étasunien a été tué), alors les actions rapportées par les marines dans cette maison d'Haditha étaient non seulement légitimes (s'ils les ont rapportées honnêtement), mais exemplaire. Elles répondaient de manière appropriée à une situation de champ de bataille, et la mort de « 15 personnes neutres » n'est « pas rare » dans ces circonstances.


​​​​Gardons à l'esprit, ensuite, que les USA entreprennent quelques 1000 patrouilles chaque jour, et ce nombre s'est élevé récemment à plus de 5000 (si nous comptons aussi les patrouilles militaires irakiennes). Selon des statistiques militaires US, elles aussi rapportées par le Brookings Institute, le résultat de ces patrouilles est actuellement juste sous les 3000 échanges de tirs chaque mois, ou dans une moyenne de 100 par jour (sans compter les quelques 25 en plus impliquant les alliés irakiens). La plupart d'entre elles ne produisent pas 24 morts irakiens, mais d'après les règles de combat nos soldats ont tendance « à jeter des grenades à main dans les bâtiments tenus par les insurgés suspectés, à utiliser une puissance de feu maximum contre les tireurs isolés, et à faire intervenir l'artillerie et la force aérienne contre résistance farouche, » ce qui garantit une succession régulière de morts.


​​​​Ça vaut la peine d'enregistrer comment sont rapportés ces événements dans la presse étasunienne, quand ils sont signalés. Ici, par exemple, il y a un récit de l'Associated Press sur des patrouilles US/britanniques dans la province de Maysan, un bastion de l'armée du Mahdi :


Bien au sud, les officiels irakiens ont rapporté que 36 personnes avaient été tuées durant une nuit de féroce combat qui avait commencé alors que les forces britanniques et irakiennes menaient des recherches porte à porte à Amarah, un bastion de la milice Chiite de l'armée du Mahdi.


​​​​Cette courte description faisait partie des cinq paragraphes d'un compte-rendu de combat sur tout l'Irak, une partie du compte-rendu intitulé « Les USA et les forces irakiennes avancent sur les insurgés. » Il contenait les courts récits de plusieurs opérations différentes, aucune d'entre elles n'étant présentée comme un événement majeur. Il y avait 100 environ engagements ce jour-là, et bon nombre d'entre eux ont fait des morts. Combien ? En se basant sur l'article du Lancet, nous pourrions deviner que ce jour « et la plupart des jours » l'incident d'Amarah représentait peut-être un dixième de tous Irakiens tués ce jour-là. En juin, le total cumulé s'est probablement élevé à quelque chose comme 10.000.


​​​​Lors de l'audience au sujet d'Haditha, l'un des enquêteurs a abordé la plus large question qui émerge du sacrifice de tant de civils à la cause de la chasse et de la capture des insurgés en Irak. Le lieutenant Max D. Frank, le premier officier à enquêter sur les morts, a décrit « un résultat malheureux et inattendu pour permettre aux combattants insurgés d'utiliser les maisons familiales des riverains pour tirer sur les patrouilles qui passent. » Utilisant une logique semblable, le premier lieutenant Adam P. Mathes, le cadre du bureau de la compagnie impliquée, a plaidé contre la publication d'excuses aux riverains pour l'incident. Mathes a préconisé de publier à la place un avertissement aux habitants d'Haditha, selon lequel l'incident était « une chose malheureuse qui arrive quand vous laissez les terroristes se servir de votre maison pour attaquer nos troupes. »


​​​​Le dictionnaire Merriam Webster définit la terreur comme « l'action violente ou destructrice (comme lancer des bombes) commise par des groupes afin d'intimider une population. » L'incident d'Haditha était précisément un tel acte de violence, et c'était l'un des quelques 100 de ce jour-là qui, comme l'espère le lieutenant Mathes, dissuadera la population d'Haditha et des autres villes d'Irak de continuer à soutenir les insurgés.


​​​​


Original : http://www.counterpunch.com/schwartz07052007.html

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info



* NDT : Des insurgés comme ces anglais habillés en arabes, pris sur le fait de terrorisme, emprisonnés par la police irakienne à Bassorah, puis libérés par la force des armes par leur unité ? Ou comme ces irakiens dont la voiture est équipée de bombes télécommandées pendant que les forces US vérifient, soi-disant, leurs papiers dans leur base ?

​​​​En fait, même les morts civils attribués aux factions sont tous imputables aux USA et aux britanniques car, soit comme on l'a vu dans d'autres articles il leur est facile de manigancer les attentats et ils ne se privent pas de le faire, soit ils financent et arment les groupes de terroristes fanatiques pour provoquer une guerre civile.




Dimanche 8 Juillet 2007

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