Palestine occupée

Le silence de l’Occident face à la discrimination d’Israël est inacceptable


Bien que la Loi du Retour soit généreuse envers l'immigration des Juifs du monde entier, elle est discriminatoire à l'encontre des Palestiniens qui sont vraiment nés sur cette terre et leurs descendants. Des centaines de milliers de réfugiés palestiniens qui ont fui la violence et l'agression des milices sionistes et des forces israéliennes depuis 1948 jusqu'à aujourd'hui, ont été séparés de leurs terres et leurs biens en territoire israélien. La Loi du Retour ne reconnaît pas leur droit au retour, tout simplement parce qu'ils ne sont pas juifs. Encore aujourd'hui, les Palestiniens ne sont pas autorisés à retourner dans leurs villages.

Par Adri Nieuwhof
Adri Nieuwhof est un consultant et un défenseur des droits de l'homme.


dannybalit@yahoo.fr
Jeudi 23 Octobre 2008

Un soldat de l'occupation israélienne fouille un agriculteur palestinien alors qu'il revient de la récolte des olives à l'extérieur du village de Salem, près de la ville de Naplouse en Cisjordanie, Octobre 2008. (Rami Swidan / MaanImages)
Un soldat de l'occupation israélienne fouille un agriculteur palestinien alors qu'il revient de la récolte des olives à l'extérieur du village de Salem, près de la ville de Naplouse en Cisjordanie, Octobre 2008. (Rami Swidan / MaanImages)
En 1965, l'Assemblée Générale des Nations Unies a adopté la Convention sur l'Elimination de toutes les formes de Discrimination Raciale (CERD).

Cette convention définit la discrimination raciale comme «distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique."

Elle indique que la conviction que toute doctrine de supériorité fondée sur la différenciation entre les races est scientifiquement fausse, moralement condamnable et socialement injuste et dangereuse et que rien ne saurait justifier, où que ce soit, la discrimination raciale, ni en théorie ni en pratique, n'importe où. Israël a volontairement accepté l'obligation de travailler à la réalisation de ces objectifs par la ratification de la CERD en 1979. Pourtant, les Palestiniens n'ont toujours pas vu les bénéfices de la convention.

Ils n'ont pas non plus bénéficié des nombreuses améliorations en faveur de l'égalité des droits depuis la première Conférence mondiale Contre le Racisme en 2001. La Déclaration de Durban et le Programme d'action adopté lors de cette Conférence ont réaffirmé le droit inaliénable du peuple palestinien à une autodétermination et au respect des droits de l'homme internationaux et du droit humanitaire, et appellent à la fin de la violence, et à la reconnaissance du droit à la sécurité pour tous dans la région.

Au début du mois d’Octobre 2008, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme sud-africaine des Nations Unies, Navi Pillay, a confirmé que la Conférence d'examen de Durban pour évaluer et accélérer les progrès sur la mise en œuvre du Programme d'action aura lieu en avril 2009.


Israël est l'un des rares pays qui n'a pas de constitution, et qui a adopté à la place une série de lois fondamentales. La discrimination raciale institutionnalisée des Palestiniens en Israël est facilitée par la "loi du retour" du pays, qui "accorde à chaque Juif, où qu'il soit, le droit de venir en Israël et de devenir un citoyen israélien." Ce droit a été étendu «pour y inclure l'enfant et le petit-fils d'un Juif, le conjoint d'un enfant d'un Juif et le conjoint du petit-fils d'un Juif."

Bien que la Loi du Retour soit généreuse envers l'immigration des Juifs du monde entier, elle est discriminatoire à l'encontre des Palestiniens qui sont vraiment nés sur cette terre et de leurs descendants.

Des centaines de milliers de réfugiés palestiniens qui ont fui la violence et l'agression des milices sionistes et des forces israéliennes depuis 1948 jusqu'à aujourd'hui, ont été séparés de leurs terres et leurs biens en territoire israélien. La Loi du Retour ne reconnaît pas leur droit au retour, tout simplement parce qu'ils ne sont pas juifs. Encore aujourd'hui, les Palestiniens ne sont pas autorisés à retourner dans leurs villages.

Un autre exemple de l'institutionnalisation de la discrimination raciale en Israël est une loi votée par la Knesset, ou Parlement, en 2003 qui empêche les Palestiniens de Cisjordanie occupée ou de la bande de Gaza qui ont épousé des citoyens israéliens de vivre en Israël.

En conséquence, les citoyens palestiniens d'Israël qui épousent des Palestiniens des territoires occupés doivent soit s’y installer, soit se séparer de leurs maris ou de leurs épouses.

La loi autorise les conjoints palestiniens de sexe masculin de 35 ans et plus et les épouses de 25 ans et plus à demander des permis de visite temporaires en Israël. Toutefois, les enfants nés de ces mariages ne pourront pas obtenir la citoyenneté à l'âge de 12 ans et ils seront également contraints de quitter Israël. Cette loi «temporaire» a été prolongée par la Knesset en 2007.

Le Centre Mossawa, qui travaille à la recherche d’une égalité pour les citoyens palestiniens d'Israël, citant les statistiques du Ministère israélien de l'Intérieur, a affirmé que la loi touchait au moins 21298 familles, y compris des couples mariés depuis longtemps dont les demandes de permis de résidence étaient en instance. Ainsi, alors que la Loi du Retour est destinée à faciliter la réunification des familles juives israéliennes, la réunification des familles israélo-palestinienne a été encore aggravée par cette loi temporaire.

La discrimination raciale institutionnelle d’Israël à l’égard des Palestiniens a également lieu dans les territoires occupés. Depuis 1967, le gouvernement israélien a activement encouragé et facilité l'afflux de plus de 450000 colons juifs en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en violation flagrante du droit international.

En revanche, les Palestiniens sont soumis à un traitement différent. En 1967, 70.000 Palestiniens ont été dépouillés de leur droit de séjour en Cisjordanie et à Gaza, parce qu'ils ne se trouvaient pas dans les territoires occupés par Israël au moment du recensement qui a eu lieu peu de temps après la guerre de Juin.

Les demandes de regroupement familial avec les conjoints ou les enfants doivent être soumises aux autorités israéliennes par un parent proche ayant le statut de résident dans les territoires occupés.

Le processus de réunification de la famille peut prendre plusieurs années et, en attendant, les individus tentent à rester avec leurs familles en faisant des demandes de visas de touristes tous les trois mois.

Toutefois, Israël a gelé toutes les procédures de regroupement familial dans les territoires palestiniens occupés après le déclenchement de la deuxième Intifada palestinienne en Septembre 2000.

Les demandes de regroupement familial ne sont plus traitées et les permis de visite ne sont plus délivrés aux personnes concernées, séparant les époux et les enfants de leurs familles. En tant que geste dans les négociations israélo-palestiniennes, Israël a approuvé près de 32.000 demandes de regroupement familial en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis Octobre 2007.

La plupart des demandes ont été approuvées pour les Palestiniens qui sont restés avec leurs familles en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza après l’expiration de leur permis de visite. Toutefois, selon B'Tselem, près de 90.000 personnes sont toujours en attente d'une décision sur leur demande de regroupement familial.

Les États-Unis, le Canada et Israël se sont retirés du processus mondial pour éliminer la discrimination raciale. Ils seront sans doute rejoints par les pays de l'Union Européenne si le cas des discriminations raciales à l’égard des Palestiniens est mis clairement à l'ordre du jour.

Pourtant, des appels lancés par les Prix Nobel de la Paix, Martin Luther King Jr., Nelson Mandela, et l'archevêque Desmond Tutu pour combattre la discrimination raciale n'ont pas perdu leur force et sont toujours valables.

Lors d'une conférence de presse après une réunion du Conseil des droits de l'homme en Septembre 2008, Tutu a déclaré : «Je pense que l'Occident se sent, à juste titre, penaud, pénitent, pour sa terrible connivence avec l'Holocauste. La pénitence est payée par les Palestiniens. J’ai seulement à nouveau l'espoir que les citoyens ordinaires en Occident se réveilleront et diront « Nous refusons de participer à cela."

Le silence et l'indifférence de la communauté mondiale envers la discrimination raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens est un coup porté à toutes les personnes qui ne peuvent pas accepter l'injustice et le comportement injuste, soit de particuliers ou des Etats.

En outre, comme disait Martin Luther King, Jr. au sujet de la discrimination raciale contre les Africano-américains aux États-Unis, "L'injustice n’importe où est une menace pour la justice partout."

Source : http://electronicintifada.net/
Traduction : MG pour ISM


Jeudi 23 Octobre 2008


Commentaires

1.Posté par Aigle le 23/10/2008 15:23 | Alerter
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message supprimé !

Nous combattons la doctrine de choc des civilisations, nous ne pouvons tolérer les appels à violences comme vous le faites !

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