PRESSE ET MEDIAS

Le secret de la paix médiatique obtenue par Khalifa-France.


La sollicitude du journaliste en question n’était pas tellement désintéressée, puisque sa connaissance du Proche-Orient devait beaucoup aux scoops que lui réservait R. Chama’a. Il l’a fait remettre sur selle par le « généreux » milliardaire pour continuer à bénéficier de ses renseignements. On a appris aussi qu’un chroniqueur religieux d’un journal du soir bénéficiait des largesses de Khalifa…


Samir MEHALLA
Mardi 10 Octobre 2006

Une banque du Passé
Une banque du Passé
Le nom de Raghid Chama’a a été au procès de Khalifa à Nanterre il y a deux ans. L’ouverture du même procès à Cheragas, en Algérie, a permis d’en savoir un peu plus sur la façon dont ce libanais de Paris, très proche de feu Rafiq Hariri et a dirigé Radio-Orient, est entré en affaires avec Khalifa.
La direction de l’ex groupe Khalifa, en France, a été surprise par l’ampleur des révélations médiatiques sur les singulières pratiques du milliardaire algérien et de ses proches collaborateurs. Une compétition entre quotidiens et hebdomadaires a conduit à une véritable campagne, étalée sur plusieurs semaines. Habituée aux contacts avec les journalistes, la directrice de Khalifa-France a pris langue avec les journalistes les plus acharnés contre son groupe qui lui avouèrent que les dossiers secrets sur les irrégularités commises leur étaient communiqués d’Alger. La tante de Abdel Moumen Khalifa a pu convaincre un journaliste d’un hebdomadaire parisien de ne plus participer à la campagne contre le groupe et, surtout, contre son fringant neveu. Mais cet accord de paix était conclu à la condition expresse que Khalifa vienne en aide, d’une façon ou d’une autre, à Raghid Chama’a, qui n’arrivait pas à se remettre de sa rupture brutale avec Rafiq Hariri, qui fut suivie par son éviction de la direction de Radio-Orient. C’est ainsi que le cabinet de communication créé par Chama’a est devenu le consultant attitré de tout l’ex groupe Khalifa, et notamment de Khalifa-TV qui avait des difficultés avec le CSA. Chama’a s’y connaissait en artifices destinés à obtenir le renouvellement de la fréquence de Radio-Orient sur la bande FM. Il a commencé par déclarer celle-ci comme fréquence « cultuelle » qui obtint l’agrément du CSA d’autant plus facilement qu’il bénéficiait de la caution prestigieuse du cheikh Abbas, qui assurait alors à la mosquée un rayonnement aujourd’hui disparu en raison des insuffisances théologiques de Dalil Boubakeur et de l’incompétence, doublée parfois de corruption, de ses principaux collaborateurs (ou plutôt manipulateurs). Quand Radio-Orient a fait baisser les contenus religieux de sa grille des programmes, les responsables de mosquée qui lui signaient des recommandations à la demande du cheikh Abbas lui ont retiré leur caution. Mais Raghid pouvait alors s’en passer parce qu’il était rompu à une pratique très orientale du lobbying auprès du tout-Paris. Il offrait par exemple des week-ends gratuits dans des palaces de New-York ou de Dubaï, avec financement de tous les menus plaisirs, aux personnalités françaises, de droite comme de gauche, dont il sollicitait les interventions. Cette ascension rendue fulgurante par les pétrodollars a failli être interrompue quand Hédi Khédiri, ministre de l’Intérieur de Chadli, a essayé de s’assurer du contrôle indirect de Radio-Orient par l’intermédiaire de Mahdjoub Bentébria (le futur assainisseur des finances de la mosquée de Paris) qui y a animé une émission avant d’être licencié par Chama’a mis au courant par des milieux bien informés sur ce qui se préparait. Après avoir attiré l’attention sur le fait que Radio-Orient s’éloignait du culte, M. Bentébria a obtenu l’accord du CSA pour une fréquence cultuelle qui devait prendre la place de Radio France Maghreb dont le directeur, Abderrahmane Dahmane, faisait l’objet de plusieurs condamnations judiciaires. Mais une officine de renseignement basée à l’Elysée du temps de F. Mitterrand a sauvé la mise in extremis à cet agitateur qui ne semble exister politiquement que par ce genre de relations occultes.
Ainsi, Chama’a, qui narguait les pouvoirs maghrébins quand les pétrodollars coulaient à flot, n’a pu trouver un point de chute fort bien rémunéré, après son renvoi par Hariri, que grâce à un « ami » journaliste d’investigation qui a monnayé la paix médiatique avec Khalifa contre le recours par ce groupe aux services de cet ancien play-boy qui doit tout à la fortune amassée par Hariri en Arabie Séoudite. La sollicitude du journaliste en question n’était pas tellement désintéressée, puisque sa connaissance du Proche-Orient devait beaucoup aux scoops que lui réservait R. Chama’a. Il l’a fait remettre sur selle par le « généreux » milliardaire pour continuer à bénéficier de ses renseignements. On a appris aussi qu’un chroniqueur religieux d’un journal du soir bénéficiait des largesses de Khalifa…


P.S

Le chroniqueur religieux du journal français du soir est connu par ailleurs pour les cadeaux que lui offrent les "recteurs" de la grande mosquée, en échange du rôle d'attaché de presse qu'il accepte de jouer en leur faveur.
Alain Billon, conseiller de Chevènement pour l'Islam était salarié de Khalifa qui mettait à sa disposition une Mercedes. Le Parisien a raconté comment Billon attribuait des visas aux employés algériens que Khalifa faisait venir. Il les attendait à leur descente d'avion et leur tamponnait le passeport, moyennant…



Mercredi 11 Octobre 2006


Commentaires

1.Posté par boudiaf1 Mohamed le 01/01/2007 18:45 | Alerter
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