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Le scénario afghan pour le 'Somalistan'


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Dans un contexte où l'opinion publique mondiale semble préoccupée par les affaires irakiennes, la crise du Proche-Orient et d'autres questions régionales, les habitants du continent noir craignent qu'un nouveau génocide ne se produise en Afrique. Les Africains accusent la communauté internationale d'indifférence aux crises africaines.


IRIB
Lundi 17 Juillet 2006

Le scénario afghan pour le 'Somalistan'



De Mohammad Adjam


En somalie, les partisans des Tribunaux islamiques ont pris en main le contrôle de la capitale, Mogadiscio et de vastes régions centrales et australes du pays, après leurs combats d'envergure en avril 2006 contre les milices du gouvernement de transition, l'Alliance des Seigneurs de guerre, soutenue par les Etats-Unis. Les forces des Tribunaux islamiques se préparent à attaquer bientôt les autres bases des Seigneurs de guerre. En somalie existent plusieurs gouvernements autoproclamés, mais en réalité, il s'agit d'un pays sans Etat depuis plus de 15 ans.

L'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine, la Ligue arabe et l'Organisation de la Conférence islamique ont déployés tous leurs efforts pour rendre le terrain propice à la formation d'un gouvernement central fort et représentatif en Somalie, mais ces efforts se sont voués toujours à l'échec.

La semaine dernière, lors du Sommet de l'Union africaine à Banjul, capitale gambienne, les chefs d'Etat et de gouvernement africains ont soutenu le gouvernement de transition et demandé l'expédition des forces africaines de maintien de la paix en Somalie.

Le président de l'Union africaine a demandé à la communauté internationale de soutenir la position de l'Union africaine à propos de la Somalie. Le gouvernement de transition, qui est d'ailleurs soutenu par l'Ethiopie, contrôle une petite région de Baidoa au nord-ouest de Mogadiscio. Mais il semble que le gouvernement de transition aurait le même sort que le gouvernement provisoire afghan qui céda la place aux Taliban, permettant à ces derniers de prendre en main, très facilement le contrôle des villes principales de l'Afghanistan comme Herat et Mazar-é Charif.

En effet, la Somalie risque de connaître le même sort que l'Afghanistan.

Mohmmad Ali Djaddi, Premier ministre du gouvernement de transition somalien a mis en garde contre le développement des activités du réseau d'Al-Qaïda en Somalie, Selon lui, la nébuleuse d'Oussameh Ben Laden a déjà plusieurs camps sur le sol somalien, et les membres du réseau Al-Qaïda sont devenus bien capables d'insécuriser les côtes somaliennes et les voies maritimes internationales dans le golfe d'Aden et dans l'Océan indien, le long des côtes somaliennes.

Il ne faut pas oublier qu'en 1998, les filières locales du réseau Al Qaïda étaient auteurs des attaques contre les ambassades des Etats-Unis à Nairobi et à Dar es-Salaam, et de l'attentat à la bombe contre un hôtel dans la ville balnéaire de Mombasa et de l'attaque contre avion de ligne israélien au Kenya. Mohammad Ali Djaddi accuse les Tribunaux islamiques de collaboration avec la nébuleuse Al Qaïda pour prendre la capitale, Mogadiscio. Le Premier ministre du gouvernement de transition a demandé à la communauté internationale d'expédier des forces de maintien de la paix en Somalie, avant qu'il ne soit pas trop tard.

Dans son dernier message audio, le chef d'Al Qaïda, Oussameh Ben Laden, a mis en garde contre l'envoi en Somalie des forces multinationales de l'Organisation des Nations Unies ou de l'Union africaine. Pour le chef de la nébuleuse, toute force étrangère expédiée en Somalie serait des mercenaires des "impies croisés".

Par ailleurs, les Etats-Unis regardent de très mauvais œil les Tribunaux islamiques qui ont pris en main le contrôle de Mogadiscio et les accusent d'avoir des liens avec Al Qaïda. A Washington, certains craignent que la Somalie ne deviendra bientôt un "Somalistan" sur le modèle de l'Afghanistan des taliban.

Cependant, le leader des Tribunaux islamique, Cheikh Charif Cheikh Ahmad, démentit tout lien avec le réseau Al Qaïda. Mais les dirigeants américains n'ont pas oublié l'échec humiliante de leurs forces en Somalie en 1992, et ils savent bien que la Somalie risque de devenir une arrière base dangereuse de la nébuleuse d'Oussameh Ben Laden. En effet, le Département d'Etat américain a intégré depuis 2001 le nom de Cheikh Hassan Zahir Avis, l'un des chefs des Tribunaux islamiques somaliens dans la liste des membres recherchés d'Al Qaïda.

Le président George W. Bush, quant à lui, a lancé des mises en gardes successives contre les leaders des Tribunaux islamiques, en ce qui concerne tout lien avec Al Qaïda, assurant qu'il ne permettra pas que la Somalie ne devienne un nouveau Afghanistan.

Prinder Gast, ancien conseiller personnel de bill Clinton a comparé la situation actuelle de la Somalie avec l'Afghanistan des taliban dans les dernières années de 1990. A cette époque-là, les Taliban avaient permis à Al Qaïda de dresser plusieurs camps d'entraînement sur le sol afghan et de recruter de nouveaux hommes pour le réseau d'Oussameh Ben Laden. Gast accusent les responsables des trois derniers gouvernements américains, depuis celui de Bush senior, de n'avoir rien fait pour favoriser la formation d'un gouvernement central représentatif et fort en Somalie. Selon lui, la Somalie actuelle a les mêmes caractéristiques que l'Afghanistan des Taliban : la pauvreté, système tribal, l'analphabétisme, le chaos, l'insécurité, des conflits intérieurs et l'absence d'un gouvernement central puissant.

Les guerres successives parmi les groupes paramilitaires ont entraîné l'exode forcé d'une grande partie de la population, créant un climat favorable au développement des activités du réseau Al Qaïda en Somalie.

Depuis le début de la guerre civile en Somalie en 1991, de 300 à 500 mille somaliens ont trouvé la mort, dans les conflits de toutes sortes. La guerre civile a commencé il y a 15 ans lorsque les Seigneurs de guerre ont reversé le gouvernement de l'ancien dictateur somalien Mohammad Siad Barre.

A cette époque-là les combattants arabes qui revenaient d'Afghanistan ont joué un rôle important pour expulser les forces américaines qui s'étaient installées en Somalie. Désormais, un gouvernement de transition formé par les Seigneurs de guerre a été mis sur pied. Depuis 1993, presque tous les représentants diplomatiques des autres pays dont la République islamique d'Iran ont quitté Mogadiscio et aucun pays n'a rouvert son ambassade dans la capitale somalienne.

La société somalienne est fondée sur un système tribal particulier. La Somalie a de longues côtes sur l'Océan indien et le golfe d'Aden. Les terres arables n'y manquent pas et le pays à une grande potentialité d'agriculture et d'élevage. Cependant, la somalie est l'un des pays les plus pauvre du monde, et avec une population de plus de 10 millions d'âmes, elle le plus grand pays sans Etat du monde. Le pays compte actuellement 18 provinces, et les historiens de la période islamique la considéré comme la partie orientale d'Abyssinie. La Somalie et son voisin éthiopien s'impliquent depuis plusieurs décennies dans un conflit territorial sur la propriété de la région de l'Ogaden. Le conflit a éclaté en 1977 entre la Somalie et l'Ethiopie, ayant pour cause essentielle la volonté de somalie de réunir dans le même Etat toutes les populations de langue somalienne. Mais cette guerre a terminé avec une défaite totale de l'armée somalienne. Actuellement, les Etats-Unis tentent, à l'intermédiaire du gouvernement éthiopien d'exercer des pressions sur les Tribunaux islamiques somaliens. En effet, les unités de l'armée éthiopienne ont occupé la région de Baidoa dans le sud-ouest de la Somalie.

L'autre problème des somaliens consiste en l'indépendance autoproclamée du Somaliland. La Somaliland est un ancien territoire britannique situé au nord-est de la Somalie dans la corne de l'Afrique. En mais 1991, les clans du nord ont proclamé l'indépendance de la République du Somaliland qui comprend 5 régions administratives du pays. Hargeisa est la capitale du Somaliland avec une population d'environ 400 mille habitants. Bien que reconnu par aucun gouvernement, ces régions restent stables politiquement, par rapport aux autres régions somaliennes.

En novembre 1949, l'ONU accorda l'indépendance à la Somalie italienne, mais sous condition d'une tutelle préalable d'une durée de dix ans exercée par les Nations Unies. Le 1er avril 1950, l'Assemblée générale des Nations Unies a placé le pays, baptisé Somalie, sous l'administration de l'Italie. Puis conformément aux décisions de 1949, la Somalie a accédé à l'indépendance le 1er juillet 1960 et fusionna peu après avec l'ancien protectorat britannique du Somaliland, qui était indépendant depuis le 26 1960.

La création des Tribunaux islamiques somaliens remonte aux années 1991-1997, dans le chaos qui s'est installé après le renversement de la dictature de Siad Barre. Les tribunaux islamiques régionaux ont été créés à l'initiative des religieux, mais le général Farah Aidid qui contrôlait Mogadisci et les régions du sud du pays s'opposait au développement des activités des Tribunaux islamiques.

Le premier Tribunal islamique tribal a été mis sur pied en 1994, et il était présidé par Cheikh Ali Mahmoud Tairi. Au fur et à mesure, les Tribunaux islamiques se sont doté d'une branche militaire en tant qu'organe exécutif pour pouvoir réinstaurer l'ordre et la stabilité dans différentes régions de la Somalie. En l'an 2000, les Tribunaux islamiques de la Somalie ont accepté l'initiative de l'Organisation de la Conférence islamique qui avait décidé d'envoyer ses représentants en Somalie pour examiner les conditions de travail des tribunaux islamiques dans ce pays.

Depuis février 2006, le conflit s'est déclenché entre les Tribunaux islamique et les Seigneurs de guerre soutenus par les Etats-Unis. Cheikh Charif, leader des Tribunaux islamique a déclaré que ses forces résisteront à toute attaque éthiopienne ou américaines.


Source : baztab.com


Lundi 17 Juillet 2006

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