Politique Nationale/Internationale

Le rêve poutinien d'édification d'une grande Europe commune s'écroule (Nezavissimaïa gazeta)


Avant de se rendre en Europe, au sommet Russie-UE qui se tiendra le 24 novembre en Finlande, le président russe s'est adressé dans la presse aux Européens en les invitant à ne pas craindre les visées russes. Vladimir Poutine a rappelé, pour une énième fois, que la Russie était un membre naturel de la "famille européenne".


Nezavissimaïa gazeta
Jeudi 23 Novembre 2006


L'idée maîtresse de l'article est exposée dans ses deux derniers paragraphes. Le chef de l'Etat russe y réfléchit au travail commun sur un nouvel accord qui remplacera l'accord actuel de partenariat et de coopération. L'auteur prévoit des difficultés - "Les prochaines négociations ne doivent pas se transformer en un échange de griefs" - et attire l'attention sur la menace d'une apparition de nouvelles lignes de division en Europe. Cela se produira, si les Européens cèdent à l'influence de ceux qui parlent de dépendance croissante de l'Europe vis-à-vis de la Russie et qui essaient de présenter leurs rapports dans l'optique du schéma suranné "ami-ennemi".

Alexander Rahr, directeur du programme de recherches sur la Russie et les pays de la CEI de la Société allemande de politique étrangère: Au cours de sa présidence, Vladimir Poutine a essayé de créer une grande Europe commune. Son deuxième mandat s'achève et il comprend qu'au bout des six années écoulées ce projet est en train de s'écrouler sous ses yeux, non pas par sa faute, mais à cause d'une tendance observée actuellement dans l'UE à ralentir le processus de création d'une zone économique commune avec la Russie.

Ne voulant pas entrer dans l'histoire comme l'homme qui a perdu le lien avec l'Europe, Vladimir Poutine explique clairement aux Européens, dans son article, que la Russie n'a pas d'ambitions impériales et leur propose de saisir une chance, peut-être la dernière, fournie par l'histoire d'amorcer les processus d'intégration entre la Russie et l'UE.

Georges Sokoloff, professeur, conseiller au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPI): Vladimir Poutine a lancé des avertissements, notamment à la Pologne et à d'autres pays d'Europe de l'Est qui souhaitent, de l'avis du président russe, tracer des lignes de partage en Europe.

Vladislav Inozemtsev, directeur scientifique du Centre d'étude de la société postindustrielle: Tout ce qui est dit dans l'article est parfaitement juste, sauf un point qui suscite l'étonnement. Vladimir Poutine répète sans cesse que la Russie est une partie intégrante de l'Europe, mais il ne se voit pas dans l'Union européenne. En règle générale, on affirme que les Européens ne veulent pas inviter la Russie. L'article met l'accent non pas sur le fait que l'UE ne nous invite pas, mais, au contraire, sur notre refus d'y adhérer. Les raisons de cette position ne sont pas expliquées.


Jeudi 23 Novembre 2006

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