Géopolitique et stratégie

Le réchauffement climatique :Les pays industrialsiés reponsables du malheur du monde


«L'absence des Etats-Unis di protocole de Kyoto signifie que 25 % de l'économie mondiale manque à l'appel. C'est comme remplir un tonneau avec un large trou dans le fond».
Al Gore


vdida2003@yahoo.fr
Samedi 10 Février 2007

Les scientifiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) ont publié le 2 février un nouveau rapport établissant avec un degré de certitude jamais atteint auparavant que les activités humaines sont responsables du


. Le GIEC, instance qui, avec ses 2.500 chercheurs venus de 130 pays, fait autorité en la matière, prédit des pluies diluviennes, une fonte des glaciers, des sécheresses, des vagues de chaleur et une lente montée du niveau des mers.
Le texte final du rapport juge, avec une probabilité de plus de 90%, que l'essentiel du réchauffement climatique de ces cinquante dernières années est imputable à des activités humaines et en particulier à l'utilisation de combustibles fossiles. Le précédent rapport du GIEC, en 2001, établissait un lien entre les activités humaines et le réchauffement avec une probabilité d'au moins 66%. "La plupart des augmentations observées des températures moyennes depuis le milieu du XXe siècle sont très probablement dues à l'augmentation observée des concentrations de gaz à effet de serre anthropogéniques (d'origine humaine)", dit le texte dont Reuters a pu prendre connaissance. Les discussions qui se déroulent depuis lundi à Paris entre scientifiques du GIEC et représentants de gouvernements ont pris fin après minuit après un ultime différend sur la montée des océans.(1)
Aujourd’hui le principe de précaution devrait prévaloir, car si rien n’est fait les conséquences de ces changements seront probablement désastreuses et d’autant plus désagréables que nous nous livrons à une expérience incontrôlée, tout en étant nous-mêmes à l’intérieur de l’éprouvette. L’étude prévoit, d’ici à 2100, entre autres :
– une hausse de température moyenne de 1 à 3,5 °C (nous ne sommes qu’à 9°C de la dernière période glaciaire !),
– une hausse du niveau des océans de 15 à 95 cm (la raison principale n’étant pas la fonte des calottes glaciaires mais la dilatation de l’eau due au changement de température),
– des sécheresses et des inondations plus sévères et plus fréquentes, accompagnées de plus grandes instabilités du climat dues au fait qu’une plus grande énergie potentielle est stockée dans l’atmosphère ainsi qu’une plus grande quantité d’humidité ; peut-être un changement de direction du Gulf Stream s’accompagnant d’un nouvel âge glaciaire en Europe ?
Définie en 1994, l’emprunte écologique consiste à évaluer quelle charge fait peser sur la nature une population donnée. Il s'agit de calculer quelle est la superficie "consommée" annuellement par chaque individu, en divisant la surface nécessaire à produire l'ensemble des biens consommés par la communauté (comme les terres cultivées ou les espaces aquatiques productifs) par le nombre d'individus dans cette communauté. Le résultat de ce calcul à l'échelle mondiale montre que les capacités de la terre à répondre aux besoins humains en ressources renouvelables sont insuffisantes. Cette méthode de calcul permet de comparer l'impact de différents modes de transport ou de consommation. Selon le WWF qui propose divers modes de calculs et des solutions pour améliorer son empreinte, le fait de remplacer 5 heures de voyage en avion par 5 heures de train sur le même parcours permet une économie de 1000 m2 d'empreinte par an. L'empreinte écologique des pays du Nord est telle que si tous les hommes consommaient autant que les européens, il nous faudrait 3,4 planètes, et s'ils consommaient tous comme des américains, il en faudrait 5,61.(2).
Les responsables de l'Onu espèrent que ce rapport incitera les gouvernements et les entreprises à faire davantage pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dégagés principalement par les combustibles fossiles dans les centrales électriques, les usines et les véhicules automobiles. Le rapport prédit aussi une augmentation probable des températures de 1,8 à 4 degrés centigrades au XXIe siècle, avec une fourchette plus large oscillant entre 1,1 et 6,4 degrés. Les températures ont augmenté de 0,7°C au XXe siècle et, depuis que l'on a commencé à établir des statistiques, en 1850, les dix années les plus chaudes ont été postérieures à 1994. Le temps est compté pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
D'après le quotidien australien The Age, les projections des calculs de l’étude en cours, intitulé "Impacts, adaptation et vulnérabilité", indiquent que 200 à 700 millions de Terriens pourraient souffrir de pénuries alimentaires d'ici 2080 du fait du changement climatique. Les pénuries d'eau pourraient frapper elles entre 1,1 et 3,2 milliards d'êtres humains.
Pourtant, trente-cinq nations industrielles se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2008-2012 de 5% par rapport aux niveaux de rejet de 1990 dans le cadre du Protocole de Kyoto. Ces pays souhaitent à présent que des pays extérieurs au protocole (Etats-Unis, Chine, Inde) en fassent plus. Selon une précédente mouture du rapport, le niveau des mers pourrait s'élever de 28 à 43 cm au cours de ce siècle. Cette projection est inférieure à celle avancée en 2001 mais des délégués ont expliqué qu'elle ne tenait pas compte d'une possible accélération de la fonte de la glace du Groenland, qui serait en cours selon certaines études.
Pourquoi La terre se réchauffe
La situation énergétique mondiale est dominée par les combustible fossiles, qui représenteront 90% de l’approvisionnement énergique total en 2030.Le pétrole restera la première source d’énergie (34%)suivi du charbon (28%). Prés des deux tiers de l’augmentation de l’approvisionnement charbonnier entre 2000 et 2030; proviendra de l’Asie .D’après les projections le gaz naturel représentera un quart de l’approvisionnement énergétique mondial en 2030, cette augmentation provenant principalement de la production d’électrique.
En 2030 la situation restera inchangée. Malgré toutes les études concernant les changements climatiques les scénarii de l’Agence Internationale de l’Energie (Novembre 2006) du Conseil Mondial de l’Energie (2006) et de l’Union Européenne ( janvier 2007) prévoient que les énergies fossiles continueront à dominer le bilan énergétique. La part des énergies renouvelables ne dépassera pas les 10 %. On prévoit un retour du charbon et du nucléaire ! Mieux encore le parc de voitures qui est actuellement de 700 millions de voitures dont le 1/3 est aux Etats-Unis doublera à cette échéance. Il lui faudra naturellement de l’essence responsable de l’envoi de CO2 dans l’atmosphère. Un 4X4 envoie près de 300 g/CO2 dans l’atmosphère par km contre 150 g pour une voiture normale. On apprend aussi que l’Américain qui est responsable de l’envoi dans l’atmosphère de 20 tonnes de CO2 contre 900 kg en Inde et beaucoup moins en Afrique. En moyenne les 6,5 milliards de terriens envoient dans l’espace 10 milliards de tonnes de CO2 .
En Algérie nous sommes responsables de près de 30 millions de tonnes annuellement. C’est marginal par rapport aux 6 milliards de tonnes des Etats-Unis, mais c’est beaucoup pour ce que nous en faisons. La semaine dernière, le président américain George Bush a reconnu dans son discours sur l'état de l'Union que le changement climatique constituait un "défi sérieux". Mais il s'est abstenu d'imposer une limitation aux rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Il s'était retiré en 2001 du Protocole de Kyoto en dénonçant les limitations d'émissions, présentées comme des carcans économiques, et en déplorant que les pays en développement en soient dispensés. Il a raison s’agissant de grands pays comme la Chine qui consomment du fait de la grande population de grandes quantités et n’appliquent pas eux aussi le protocole de Kyoto. Il faut cependant remarquer que la consommation par Chinois est marginal (moins de 1 tonne équivalent pétrole . On dit souvent que si les Chinois adoptaient le mode de vie américain, il faudrait quatre planètes comme la terre pour subvenir à leur besoin…
Quels sont les impacts du changement climatiques ?
L’homme « industrialisé » est le grand responsable de la perturbation du climat . Ce n’est pas en s’en doute l’Africain moyen qui consomme moins d’énergie que l’homme préhistorique qui avait à sa disposition des forêts luxuriantes où il pouvait puiser à volonté du bois , d’autant qu’on pense qu’il y avait moins de 10 millions de personnes il y a 100.000 ans. En moyenne l’Africain de la savane consomme 200 kg équivalent pétrole à comparer aux 10 tonnes que consomme le citoyen américain technologiquement avancé et le Koweitien qui gasipille aussi de façon éhontée d’autant qu’il ne produit aucun bien manufacturé par contre la climatisation, les voitures 4X4 font qu’il est placé à tort à côté de l’Américain. Bref ce que consomme l’Américain en une semaine, l’Africain le consomme en une année.
Les impacts du changement climatique qui sont pour une grande partie irréversibles à l’échelle humaine . Il y aura d’abord un impact sur les écosystèmes (affaiblissements, disparitions d’espèces, déplacements). Il u aura aussi une augmentation du niveau des océans évaluée à au moins 40 cm. C’est dire si certaines régions côtières seront noyées. Il y aura aussi un impact sur les courants marins et donc sur les climats régionaux . Il y aura modification des phénomènes extrêmes, les pics de chaleur seront de plus en plus fréquents et de plus en plus insupportables
En quelques décennies, le poisson le saint-pierre, qui se pêchait au large des côtes africaines, a profité d’un courant marin plus chaud pour remonter jusqu’en… Irlande ! Poissons, oiseaux insectes, et même plantes, ont ainsi entamé leur longue marche vers le nord au rythme moyen de 6 km par an au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Au total, les scientifiques ont recensé environ 1700 espèces « migratrices ». Une vaste étude internationale sous la direction de Chris Thomas, de l’université anglaise de Leeds (Nature, janvier 2004), alertait sur le fait que cette migration s’accompagnait d’un changement de distribution et d’abondance des espèces, mais surtout d’une crise d’extinction appelée à prendre une grande ampleur dans les décennies à venir. Les précipitations seront intenses, imprévisibles et alterneront avec des sécheresses . Le trou d’ozone augmentera de taille et donnera lieu à des maladies dues aux radiations solaires (ultra-violets) . De ce fait les impacts sur la santé humaines seront de plus en plus importants, il y aura déplacement des zones endémiques pour les maladies, conséquences de ces phénomènes brusques. L’Afrique sera de plus en plus vulnérable du fait de la sécheresse et de l’aggravation de la pénurie d’eau .
Le mercredi 24 janvier 2007 Les dirigeants du monde économique et politique ont parlé parler environnement lors du Forum économique mondial de Davos. 17 sessions ont été consacrées à la question du changement climatique. "We are getting huge demand from our members to place climate change and issues of environmental security at the very heart of the programme," said Dominic Waughray, head of environmental initiatives at the World Economic Forum (WEF). Résultat des courses : rien de palpable. Les pollueurs ne sont toujours pas les payeurs. Le monde industrialisé auquel il faut ajouter la Chine tournent le dos à la réalité qui touchera tout le monde, il n’y a pas de visa pour la sécheresse ni pour les inondations. Ce n’est pas le cri pathétique d’Al Gore lors de la présentation de son film « Une vérité qui dérange » qui pourra faire entendre raison aux responsables des pays industrialisés. Al Gore a appelé son pays à rejoindre le protocole de Kyoto. «D'une certaine manière, c'est pire que de ne rien faire, parce que cette approche endort les naïfs en leur faisant croire que quelque chose est fait, alors que c'est faux.» "Notre mode de développement n'est ni durable, ni réplicable" Selon lui, l'investissement dans les énergies renouvelables n'est pas seulement un impératif environnemental, c'est pour les Etats-Unis une question d'indépendance économique et de sécurité nationale.
L’Afrique n’est pas en mesure de faire face à cette catastrophe que représenterait le réchauffement climatique et qui pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 5,5 trillions d’euros, selon le rapport Stern, : L’humanité devrait dépenser 1% du PIB annuel de la planète, soit 275 milliards d’euros, sous peine de voir le coût du réchauffement climatique être de 5 à 20 fois plus élevé. Il faudrait, comme proposé dans ledit rapport, que les gouvernements occidentaux prennent des mesures radicales. Tony Blair plaide pour un accord post-Kyoto qui inclurait les principaux pays émergents tels que la Chine et l’Inde, ainsi que les Etats-Unis Le Canada, pour sa part, s’est engagé à demander, lors de la Conférence de Nairobi, une révision complète du protocole de Kyoto. Des promesses pour aider l’Afrique à faire face au réchauffement climatique non tenues. (4)
Sans vouloir jouer les Pythies, on prévoit à côté des guerres pour l’énergie qui ont commencé avec le millénaire, des guerres de l’eau dans les prochaines années. La dissolution d’une partie du CO2 dans l’eau des océans amène ra une acidification et il n’est pas interdit de prévoir comme l’a fait une étude récente que 70 % des espèces de poisson disparaîtront à 2050. C’est à dire dans deux générations ! Avec toutes ces « nouvelles » , nous n’avons pas fait le tour de toutes les mauvaises surprises possibles à l’avance, puisque la situation est inédite pour tout le monde, faibles et puissants riches et pauvres. Les pays indsutriasiés ont une responsabilité dans la débacle climatique. Et c'est nturellemetn les plus vulnérables qui vont en pâtir en premier.
C’est peut être, sans verser dans l’eschatologie millénariste, là une manifestation de la justice divine puisque celle des hommes est …injuste. C'est peut être l'avènement de l'après « Karn Arba’tache » : "le quatorzième siècle de l'Hégire" porteur de toutes les plaies du monde, et dont nous parlaient avec un certain effroi, nos mères
(1) Reuters : Les activités humaines responsables du réchauffement climatique - vendredi 2 février 2007
(2). http//.notre-planète.info/actualites_838pup
(3). Laurent Mauriac Liberation : Al Gore se donne un genre avec effet de serre 22 septembre 2006.
(4). Chems Eddine Chitour : Quelles énergies pour demain ? Les changements climatiques et le développement durable. Sous presse Editions Enag Alger . (2007)

Prof. C.E. Chitour



Samedi 10 Février 2007

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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