MONDE

Le premier ministre historique du Népal est mort samedi

Koirala restera celui qui a remplacé la dynastie Rana par la démocratie


Samedi 20 mars 2010 Girija Prasad Koirala est mort à l’age de 87 ans. Après avoir été cinq fois premier ministre du Népal, après avoir été un activiste parfois violent de la démocratie, après avoir succédé à son frère aux responsabilités, après avoir passé sept ans dans les prisons royales ; Koirala avait réussit à instaurer la démocratie dans son pays, il avait réussit à destitué un roi autoritaire sans embraser le pays. Il avait réussit à signer la paix avec les maoïstes après plus de dix ans de guerre, sous sa vigilance une constitution pour le Népal s’élaborait. Mais Koirala est aussi connu pour avoir agit lui aussi de manière autoritaire et pour avoir favoriser la corruption dans l’administration.


legrandvillage@gmail.com
Mercredi 24 Mars 2010

Le premier ministre historique du Népal est mort samedi
Né en 1925 d’une famille politique exilée en Inde, GP Koirala suivit naturellement les traces de son père puis les pas de son frère. En 1950 il est au devant de la révolte pour la démocratie, ne fuyant pas les nombreux affrontements. Après l’échec de la première démocratie népalaise, le roi Mahendra qui a retrouvé toute son autorité l’enferme dans les geôles royales. Ce roi qui a éliminé par le sang toute la famille Rana en 2001 agit en despote ce qui favorise la montée des forces « démocratiques » népalaises conduites par GP Koirala. A la direction du congres, Koirala est à nouveau premier ministre en 1990 lorsque la monarchie parlementaire est instaurée.

maoistLors de cette période, Koirala a favorisé la liberté de la presse et les libertés individuelles. Mais il n’a pas empêcher la montée de la corruption dont il a lui même largement profité avec quelques affaires retentissantes. Il n’a pas non plus su intégrer le contexte multi-ethnique du Népal aux postes de l’état, ce qui a entre-autre favorisé la montée du mouvement maoïste. Le roi Mahendra a ensuite pris les pleins pouvoirs par un petit coup d’état avec l’excuse de combattre la rébellion maoïste. S’en est suivit une longue période de guerre meurtrière pour la population où Koirala a su tirer son épingle du jeu en ne refusant pas le dialogue avec les rebelles.

Ces dernières années furent historiques pour le Népal. Cette « Histoire » a été écrite en grande partie par GP Koirala. Il a réussit à obtenir un cessez le feu et la déchéance de la dynastie Rana. Les maoïstes sont entrés au gouvernement, « élus ». Mais la démocratie ne s’installe pas naturellement, les hommes s’attachent au pouvoir et les blessures sont encore trop fraiches pour être ignorées. Les dirigeants maoïstes ont été évincés et ils se retrouvent à nouveau dans la rue. Leur principale exigence n’est pas respectée. Ceux-ci exigeaient que l’armée du peuple soit intégrée à l’armée régulière, or cette dernière est restée attachée au régime précédent et ne veux absolument pas avoir leurs anciens ennemis comme frère d’arme. De plus, sans ennemis l’armée n’a plus besoin d’être aussi nombreuse.

koiralaCe samedi Koirala est donc mort en laissant le pays fragile, il restait l’unique figure du dialogue entre les parties. Les tensions sont vives au sein du gouvernement et donc dans la rue, le peuple népalais souffre encore de couvre-feus et de restrictions de déplacement. Le Terai est à nouveau sur le pied de guerre et il n’y a plus d’homme fort capable de mettre d’accord les belligérants. Malgré tout le pays est dans les rails de la démocratie, rien n’est acquis mais des mesures dans le bons sens sont prises, je reste optimiste quant à la capacité des hommes de s’entendre. D’autres problèmes approchent du Népal et il faudra tout le sang-froid de cette jeune nation pour y faire face. Ces deux « super voisins » l’Inde et la Chine font preuve d’une ingérence historique. Et la culture si riche et si préservée du toit du monde est chaque jour menacée.

Pour conclure, GP Koirala a participé à l’histoire moderne de son pays et il en a influencé l’avenir. Ses méthodes autoritaires et mafieuses ont plongé le pays dans la corruption dont il est très difficile de se débarrasser. Il s’est rendu indispensable et a donc laissé ainsi un pays orphelin de son leader. Mais il a mis fin à une dynastie Rana, parfois bienveillante, et il a lancé son pays sur le chemin de la démocratie, ce qui est très courageux au regards des difficultés à prévoir. Le Népal a perdu son premier ministre et le monde ne l’a même pas vu, pourtant ce pays, charnière de l’Himalaya a une importance capitale pour la géopolitique mais aussi pour sa culture unique.

source : LGV



Mercredi 24 Mars 2010


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