Sciences et croyances

Le plasma en trois dimensions



Vendredi 12 Juin 2009

Le plasma en trois dimensions

Une bande double de lumière ultraviolette met en évidence les flux de plasma entourant l'équateur terrestre.
Crédit : NASA IMAGE Satellite/University of California Berkeley.


Thunderbolts, Stephen Smith, 12 juin 2009


      Le plasma est souvent qualifié de quatrième état de la matière. Puisqu’il forme plus de 99% de l'Univers, on devrait le considérer comme le premier état.


      C'est en septembre 2006 que fut confirmée  la prémisse majeure de la théorie de l’Univers Électrique : L’atmosphère de la Terre est reliée électriquement à l'ionosphère. Comme l'électricité circule toujours dans un circuit, si la magnétosphère terrestre est reliée à l'ionosphère, alors elle est aussi connectée aux circuits du Système solaire.


      Bien que la prémisse générale, selon laquelle la Terre est en quelque sorte une entité électrique, date probablement de milliers d'années, c’est seulement dans les 100 dernières années que les scientifiques ont sérieusement ajouté foi à la possibilité que nous vivons dans un Système Solaire dynamique où l’électricité joue un rôle important.


      Les aurores polaires sont une preuve supplémentaire de ce lien, tout comme le sont les décharges en haute altitude, connues sous le nom de farfadets [red sprites, immenses éclairs dans la haute atmosphère, ndt] et jets bleus [blue jets, décharge de lumière bleue s’élançant vers l’espace depuis le sommet des nuages lors des orages, ndt]. Les farfadets et les jets bleus diffusent les charges des couches basses atmosphériques dans l'ionosphère. On les aperçoit d’habitude aperçus dans les hauteurs au-dessus des orages, si haut que l'orage est parfois sous l'horizon quand le phénomène se produit [est aperçu].


      La lueur des farfadets et des jets bleus a été notée lors de vols de la navette spatiale, au moment où ils s’élancent vers les hauteurs spatiales. Ce sont essentiellement des décharges de foudre inversées, qui commencent comme de puissants mouvements ascendants et diminuent rapidement en petits filaments, et semblent fermer le circuit entre le sommet des nuages et l’ionosphère.


      Par ailleurs, les charges électriques issues du Soleil circulent le long de tubes de flux magnétique découverts récemment. Ces « tornades magnétiques, » de plusieurs kilomètres de large, permettent directement l’afflux de courants électriques du Soleil vers les régions polaires, en produisant de la lumière visible, des ondes radio et des rayons X.


      La puissance générée par l’orage élémentaire (substorm) d’une aurore polaire est bien supérieure à ce que les êtres humains sont capables de produire par tous les moyens de combustion réunis, du charbon, du mazout et de l'hydrogène. Ces courants sont composés de flux de faible densité de particules chargées largement séparées, et sont appelés courants de Birkeland. Malgré la faible densité du courant, le volume de la charge globale est si grand que l’intensité du flux est extrêmement élevée : plus d'un million d'ampères.


      Il est banal chez le spécialiste planétaire de parler du plasma, mais il le fait de manière à ce que sa nature électrique semble avoir peu d'importance. « Vent » solaire, « pluie » de particules chargées, « impacts » ioniques, « nuages de gaz ionisé « : ces termes ont pour but de donner un aspect inerte au plasma et de le réduire à rien d'autre que du gaz chaud et de la poussière. Les astrophysiciens étant convaincus que l'électricité n’intervient pas comme facteur lorsqu'ils traitent des objets spatiaux, il n’est tenu aucun compte du fait que le plasma puisse agir avec une force supérieure de 39 ordres de grandeur à la gravité.


      Toute décharge électrique dans le plasma forme le long de son axe une sorte de gaine magnétique tubulaire. Si suffisamment de courant afflue dans le circuit, la décharge rend la gaine luminescente, créant parfois un certain nombre de gaines supplémentaires à l'intérieur. La gaine est appelée « double couche. »


      Des doubles couches se forment quand des charges positives s'accumulent dans une région de nuage de plasma et que des charges négatives s’accumulant à proximité. Un puissant champ électrique apparaît entre les deux régions, ce qui accélère les particules chargées. Les charges électriques tournent en spirales dans les champs magnétiques en émettant des rayons X, de l’ultraviolet extrême et, parfois, des rayons gamma.


      Dans le Système Solaire, chaque monde est un corps chargé en orbite dans du plasma. Il existe de nombreuses façons dont le plasma interagit avec la poussière ou les gaz atmosphériques, quelle que soit leur température. Les vaisseaux spatiaux envoyés vers d'autres planètes, aussi bien que les satellites en orbite autour de notre propre planète, ont détecté des aurores, des éclairs de foudre, des tornades et des tourbillons de poussière [dust devils, en particulier sur Mars, des tourbillons géants zébrés d’éclairs, ndt].


      De grands champs magnétiques, détectés dans des galaxies, indiquent que des courants de Birkeland affluent dans des circuits à travers elles. Le courant induit des forces magnétiques qui étirent les courants en filaments, torsadent les filaments les uns autour des autres, puis « pincent » le plasma galactique jusqu'à ce que la pression interne équilibre la constriction magnétique. Des étoiles se formeront comme des perles le long d'un fil galactique, ce fil étant un filament de courant de Birkeland.


      On a découvert que des volcans de la Terre « crachent la foudre » par leur cheminée. Les tempêtes de poussière globales sur Mars ont montré qu’elles sont alimentées par des milliers de cheminées à une altitude très élevée. Plus loin, dans le Système Solaire, des engins télécommandés ont rencontré du bruit radioélectrique, des comètes électrifiées, des rayons dans les anneaux de Saturne et de nombreuses autres formes de l'activité électrique.


      Dans un magazine d'actualité scientifique, il est rare de lire un article qui traite de la nature électrique du plasma et de son rôle dans l'Univers. Puisque de plus en plus d’instruments capables de mesurer l’environnement plasmique de l'espace sont construits, et que des détecteurs plus sensibles sont envoyés vers différentes planètes, lunes, comètes, et, éventuellement, nébuleuses, le paradigme de l'Univers Électrique ne fera que gagner toujours plus de soutien. Et ce n'est pas du gaz chaud.



Original : thunderbolts.info/tpod/2009/arch09/090612dimensions.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info





Vendredi 12 Juin 2009


Commentaires

1.Posté par mimi20 le 13/06/2009 00:16 | Alerter
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très intéressant cet article

"Dans le Système Solaire, chaque monde est un corps chargé en orbite dans du plasma."

Je ne suis pas sur de comprendre. Cela voudrait-il dire que les corps en orbites sont dans une sorte de rail de plasma? Une sorte de guidage?

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