Politique Nationale/Internationale

Le plan Livni-Rice : vers une paix juste, ou vers l’Apartheid ?


Depuis des années, je fais partie des Cassandre affirmant que la solution à deux Etats est morte et enterrée et que l’apartheid est désormais le seul résultat politique réaliste du conflit israélo-palestinien, tout du moins tant qu’un combat anti-apartheid de grande ampleur n’aura pas surgi, qui vienne changer fondamentalement l’équation.
J’ai fondé mon évaluation sur plusieurs réalités semble-t-il incontestables.

Par Jeff Halper

Jeff Halper est le coordinateur de l’ICAHD (Israeli Committee Against House Demolitions) et il est candidat, ainsi que le militant pacifiste palestinien, cofondateur d’ISM, Ghassan Andoni, pour le Prix Nobel de la Paix 2006.


Jeff Halper
Samedi 5 Mai 2007

Photo : Condoleezza Rice et la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzpi Livni
Photo : Condoleezza Rice et la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzpi Livni
Durant les quarante années écoulées, Israël a étendu une Matrice de Contrôle épaisse et irréversible sur les Territoires occupés, comportant pas moins de trois cents colonies, qui éliminent irrémédiablement la possibilité d’un Etat palestinien viable.

Aucun(e) homme (femme) politique israélien ne saurait être élu sur la base d’un retrait des Territoires occupés assez conséquent pour qu’un véritable Etat palestinien puisse véritablement émerger, et même si c’était le cas, la perspective de mettre sur pied une coalition gouvernementale ayant la volonté et l’énergie nécessaires pour mener à bien un tel projet est hautement improbable, voire carrément impossible.

Et étant donné le soutien inconditionnel bipartisan dont bénéficie Israël dans les deux chambres du Congrès américain et auprès des administrations successives, renforcé par la droite chrétienne, l’inflluente communauté juive américaine et les lobbyistes des fournitures militaires, ainsi qu’une absence de volonté, de la part de la communauté internationale, d’exercer des pressions sur Israël afin de le contraindre à faire des concessions plus que symboliques, une solution à deux Etats qui soit authentiquement une solution semble virtuellement hors de question – même s’il s’agit là de l’option préférentiellement faite sienne par la communauté internationale, avec l’initiative moribonde dite de la "Feuille de route".Bien.

S’il est bien avéré qu’on puisse dire "bye-bye" à la solution à deux Etats, l’alternative logique suivante serait celle d’une solution à un seul Etat, en particulier dès lors qu’Israël voit dans toute la contrée s’étendant entre la Méditerranée et le Jourdain un seul pays – la Terre d’Israël – et qu’il en a fait, de facto, un seul pays, du fait de ses colonies et de ses autoroutes.

Constatant qu’Israël est le seul gouvernement effectif, dans l’ensemble du territoire concerné, depuis quarante ans, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout, et pourquoi ne pas faire de ce gouvernement de facto la base d’un Etat démocratique, l’Etat de tous ses habitants ? (Après tout, Israël se targue bien d’être la seule démocratie au Moyen-Orient, non ? Alors, prenons-le au mot !).

La réponse est évidente : un Etat démocratique sur la Terre d’Israël est inacceptable (pour Israël) car un Etat de cette nature, dont la population est majoritairement palestinienne, ne saurait être"juif".

Voilà qui nous ramène à l’Apartheid – un système dans lequel une population se sépare d’une autre population, après quoi elle se met à dominer cette autre population de manière permanente et structurelle.

Dès lors que le groupe dominant cherche à contrôler la totalité du pays, mais tout en voulant se débarrasser de la population indésirable, il la dirige indirectement, via un bantoustan, une sorte d’Etat-prison.

C’est précisément ce qu’Olmert a exposé devant une session conjointe du Congrès, en mai dernier, quand il a présenté son "plan de convergence" (salué par dix-huit ovations debout !).

Et c’est précisément aussi ce que Condoleezza Rice et la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzpi Livni ont mis au point durant les navettes mensuelles de Rice dans la région.

Ce plan incarne le pire cauchemar des Palestiniens.

La Phase II de la Feuille de route présente l’"option" d’un Etat palestinien indépendant, doté de frontières provisoires, comme "une étape en vue d’un règlement de statut permanent".

Livni pousse publiquement afin que cette Phase II se substitue à la Phase I, suscitant les craintes palestiniennes de se retrouver gelés indéfiniment dans des limbes entre l’occupation et un Etat "provisoire" sans frontières, sans souveraineté, sans économie viable, assiégé, cantonisé et contrôlé par Israël et ses colonies en expansion constante.

De leur côté, Livni et Rice continuent très calmement, en contraste marqué avec leurs patrons mâles.

Elles se sont même retenues de donner un nom à leur plan, que Livni appelle sobrement et de manière faussement naïve "initiative israélienne de paix en vue d’une solution à deux Etats".

Ari Shavit, un journaliste en vue du quotidien israélien Haaretz, demande : "La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a-t-elle un plan diplomatique précis, qu’elle serait en train de tenter de promouvoir ?
Livni laisse entendre que c’est le cas, mais elle refuse d’être plus explicite. Elle parle de la vision à deux Etats.
Elle parle de la nécessité de diviser politiquement le pays…
Toutefois, elle n’explique pas réellement ce qu’est ce fameux plan
."

Ce plan est très simple, mais il vole bien au-dessous de l’altitude où les radars de l’opinion publique pourraient le déceler. (Le New York Times a rappelé Rice à ses devoirs après qu’elle se soit "humiliée" en se rendant très fréquemment en Israël en étant dépourvue d’un quelconque projet visible).

Afin, en apparence, de se conformer à l’initiative de la Feuille de Route ostensiblement pilotée par les Etats-Unis, Livni parle de la solution à deux Etats, à laquelle on parviendrait au moyen de négociations.

Mais la Feuille de Route exige d’Israël le gel de ses constructions de colonies – chose qu’Israël refuse catégoriquement de faire.

Comment ces positions contraires pourraient-elles être conciliables ?

Comment Israël peut-il rechercher une solution à deux Etats, tout en étendant, dans le même temps, ses colonies et son infrastructure, précisément dans les territoires où un tel Etat palestinien est supposé émerger ?

On trouve la réponse à cette interrogation dans un changement fondamental, bien que peu remarqué, dans la politique américaine, annoncé par le président Bush en avril 2004, et quasi unanimement ratifié par les deux chambres du Congrès.
"A la lumière des nouvelles réalités du terrain, y compris d’importantes concentrations de population israélienne d’ores et déjà existantes sur le terrain (c’est ce que l’administration Bush appelle les grands blocs israéliens de colonisation)", a-t-il déclaré, "il est irréaliste d’attendre que le résultat des négociations sur le statut définitif soit un retour total et complet aux lignes d’armistice de 1949".

En un seul coup de cuillère à pot (unique, mais immensément significatif), Bush sape mortellement la base même de la diplomatie internationale en matière de conflit israélo-palestinien, y compris sa propre Feuille de route : le retrait d’Israël sur les frontières de 1967 (1949) en vue de créer de l’espace pour un Etat palestinien digne de ce nom.

Israël, par conséquent, clame que la construction de colonies à l’intérieur de ces blocs de colonisation ne viole en rien la Feuille de route, dès lors que le territoire a été reconnu unilatéralement par les Etats-Unis comme appartenant définitivement à Israël.

De cette manière, ce sont de 15 % à 25 % de la Cisjordanie qui ont été exclus des négociations et annexés de facto à Israël, tandis que les "territoires occupés" étaient redéfinis comme la seule superficie extérieure aux blocs de colonisation – et, cela, en vue d’être négociés et "compromis".

Ce qu’Israël attend des Palestiniens, par conséquent, c’est un type d’occupation par consentement mutuel, rendu possible par des "négociations" dans lesquelles, a priori, les Palestiniens perdent jusqu’à 85 % de leur patrie historique.

Bien entendu, c’est là quelque chose de manifestement inacceptable, pour les Palestiniens.

L’attitude initiale d’Israël était la suivante : qui en a quelque chose à cirer ?

Les Palestiniens ont toujours été quantité négligeable, y compris dans le "processus de paix" d’Oslo.

Dans son discours devant le Congrès, Olmert a été très explicite sur l’intention israélienne d’imposer une Pax Israeliana de manière unilatérale, si besoin est : "Nous ne pouvons pas attendre les Palestiniens indéfiniment. Notre souhait le plus profond est de bâtir un avenir meilleur pour notre région, main dans la main avec un partenaire palestinien.
Mais à défaut, nous irons de l’avant – mais pas seuls. Nous n’aurions jamais pu mettre en œuvre le plan de désengagement sans le soutien indéfectible que nous apporte l’Amérique.
Le désengagement ne se serait jamais produit, n’eût été les engagements énoncés par le président Bush dans sa lettre du 14 avril 2004, avalisées par les deux chambres du Congrès des Etats-Unis, avec des majorités sans aucun précédent."



Mais ici, Olmert est tombé sur un os.

La Feuille de route – à laquelle on se doit de rendre un hommage verbal qui ne mange pas de pain – appelle clairement à une fin négociée à l’occupation et au conflit.

Le confit israélo-palestinien, dit le texte, doit être réglé "au moyen d’une solution négociée conduisant à un règlement définitif et exhaustif".

Tant Bush que Blair ont chopé Olmert dans un coin et ils lui ont dit que son "Plan de Convergence" ne pouvait être imposé unilatéralement.

Il l’ont donc chargé de "faire comme si" (et je sais que c’est là exactement l’expression qu’a utilisée le gouvernement britannique) il négociait avec Abbas, pendant un an.

C’est ça, qu’il y a derrière les rencontres occasionnelles d’Olmert avec Abbas, qu’Olmert a limitées publiquement à des "questions strictement pratiques".

Le quotidien américain Boston Globe a écrit, le 15 avril, que "le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas ont entamé une série de rencontres, à l’initiative des Etats-Unis, dimanche dernier, faisant l’impasse sur certains des problèmes les plus polémiques du conflit au Moyen-Orient…
‘Nous ne discuterons pas les questions clés du conflit, à savoir Jérusalem et les frontières’, a déclaré Olmert lors du conseil des ministres hebdomadaire, dont certains échanges ont été radiodiffusés
."

Et c’est là où l’idée livnienne consistant à substituer la Phase II à la Phase I intervient.

Après le passage d’une année complète (en mai 2007) et étant donné qu’il est clair que les Palestiniens ne se sont pas montrés "coopératifs", Israël sera autorisé à déclarer que le tracé de sa barrière de sécurité représente une frontière provisoire, annexant du même coup environ 10 % de la Cisjordanie.

Cela peut sembler peu, mais cela incorpore à l’intérieur d’Israël les principaux blocs de colonisation (ainsi qu’un demi-million de colons israéliens), tout en découpant la Cisjordanie en un certain nombre de petits "cantons" minuscules, disjoints et appauvris.

Cela prive les Palestiniens de leurs terres agricoles les plus fertiles, ainsi que de la totalité de leurs ressources hydriques.

Cela crée, aussi, un "grand" Jérusalem israélien, qui recouvre toute la portion centrale de la Cisjordanie, coupant par conséquent le cœur économique, culturel religieux et historique de tout Etat palestinien éventuel.

Cela prend dès lors en sandwich les Palestiniens coincés entre la barrière/frontière et une énième ligne de "sécurité", à savoir la Vallée du Jourdain, ce qui donne à Israël une double frontière orientale.

Cela empêche les mouvements des populations et des biens, vers l’intérieur tant d’Israël que de la Jordanie, mais aussi à l’intérieur du territoire, entre les divers cantons ainsi créés.

Israël conserve également la sphère électro-magnétique, et même le droit de quelque Etat palestinien que ce soit de mener sa propre politique étrangère.

De cette manière, les Palestiniens ont leur Etat, mais avec des "frontières provisoires", Israël s’étend sur 82–85% du territoire, tout en continuant à se conformer à la Feuille de Route et l’apartheid – sous l’avatar d’une "solution à deux Etats" – devient une réalité politique.

Et c’est là où nous en sommes arrivés, apparemment pour l’éternité.

Mais, à mon tour de tomber sur un os !
Soyez aussi persuasifs que vous le puissiez, ni les Israéliens, ni les Palestiniens, ni les gouvernements, ne veulent renoncer à la "solution" à deux Etats, car ils ne voient nulle part où aller, à partir de la situation présente.

Aussi vais-je me montrer un peu plus coulant.

Tzipi Livni, un des rares responsables gouvernementaux capables de réfléchir que nous ayons, nous autres Israéliens, a prononcé récemment des phrases pleines d’espoir, qui vont plus loin, tant par leur tonalité que par leur contenu, que celles de n’importe qui d’autre au Parti travailliste.
"D’un côté, je désire ancrer mes intérêts sur la question de la sécurité, de la démilitarisation et sur le problème des réfugiés…", a-t-elle expliqué récemment, poursuivant : ".. et de l’autre, je veux créer une alternative crédible pour les Palestiniens, qui inclue une solution à leur problème national."

Elle a même critiqué les approches exclusivement masculines du conflit, depuis des décennies.
"Vous n’avez pas vu ces hormones mâles faire rage, autour de vous ?", lui avait-on demandé lors d’une interview accordée au quotidien Haaretz (29 décembre 2006).

"Parfois, ce sont des histoires entre mecs", avait-elle répondu, candide.
"Y a-t-il eu un problème de mecs, dans la conduite de la guerre au Liban ?" s’était empressé de glisser l’interviewer.

"Et pas seulement dans la guerre", avait-elle rétorqué.

"Dans toutes sortes de discussions, j’entends des arguments échangés entre généraux et amiraux et assimilés, et moi je leur dis : "Les mecs, ça suffit !" Il y a un peu de cela, en l’occurrence… Durant ces jours-là [de la guerre], la réflexion était par trop militariste…
Au début du conflit, d’aucuns pensaient que le rôle de la diplomatie consistait exclusivement à fournir toujours plus de temps à l’armée.
C’est compréhensible : par le passé, nous avons toujours réussi : nous avons conquis, nous avons cédé, nous avons gagné, et puis le monde entier est venu tout nous reprendre…
Mais cette fois-ci, ce qui s’est passé, c’est le contraire …"



A l’instar de la plupart des Israéliens, Livni ne peut abandonner le plan à deux Etats.

Les alternatives – un seul Etat ou l’apartheid – sont manifestement inacceptables. L’existence d’un Etat juif dépend de celle d’un Etat palestinien.

Pourtant, cela n’a en rien ralenti l’expansion des colonies israéliennes, qui se poursuit de plus belle tandis que j’écris ceci.

Livni semble croire, avec la plupart des Israéliens, qu’il y aurait une mince intersection magique entre le minimum acceptable pour les Palestiniens et le minimum susceptible d’être concédé par Israël – en particulier si l’on met l’accent sur le territoire d’un Etat palestinien plus que sur son authentique souveraineté et sur sa viabilité économique.

Personnellement, j’en doute, en particulier à la lumière du fait que plus de 60% des Palestiniens vivant dans les territoires occupés ont moins de dix-huit ans et ont donc besoin d’un avenir véritablement vivable.

Ne réussissant pas avec la carotte – et, à ce sujet, je ne suis pas réellement certain de la position réelle de Livni – les Israéliens se tournent vers le bâton, les pressions militaires, les sanctions économiques et les duretés quotidiennes, susceptibles (du moins le croient-ils) de forcer les Palestiniens à accepter un mini-état tronqué, à moitié souverain et non viable.

La seule chose dont ils aient besoin, pour cela, c’est d’une pression maintenue de la part d’Israël, combinée à quelque "édulcorant" permettant de rendre l’apartheid buvable pour la communauté internationale.

Par exemple, en restituant 90 % des territoires occupés aux Palestiniens.

Bien que toutes les ressources naturelles, tout le potentiel de souveraineté et de développement se trouvent dans les 10 % que s’arrogerait Israël, le simple fait de proposer aux Palestiniens une "offre" tellement "généreuse" aurait pour effet de soumettre ceux-ci à des pressions tellement irrésistibles qu’ils seraient forcés d’accepter.

Qui, après tout, en a réellement quelque chose à cirer de la "viabilité" ?

Pour moi, la "solution" à deux Etats est forclose, et l’apartheid est à nos portes.

Je n’entrevois aucun moyen par lequel ces "pinaillages" pourraient dégager assez de terres de bonne qualité permettant à un Etat palestinien viable d’émerger.

Mais puisque nous sommes coincés là-dedans en attendant mieux, j’aurais tendance à affirmer que trois critères absolument nécessaires doivent être réunis pour donner à une quelconque solution à deux Etats une chance minimale de succès :

(1) les Palestiniens doivent obtenir Gaza, de 85 % à 90 % de la Cisjordanie, sous une forme cohérente (y compris sous l’angle des ressources hydriques) et une liaison (routière) extra-territoriale [en territoire israélien, ndt] entre les deux.

(2) ils doivent avoir des frontières non supervisées avec les pays arabes (voisins) (la vallée du Jourdain et le point de passage de Rafah, au sud de la bande de Gaza), plus des aéroports et des ports totalement autonomes ;

(3) enfin, une ville de Jérusalem en partage doit être partie intégrante d’un Etat palestinien, avec un accès libre et non contingenté.

Je crains que le plan Livni-Rice ne satisfasse pas à ces conditions.

Je ne doute pas de la sincérité de Livni (propos inhabituel, dans ma bouche, concernant un quelconque personnage politique, du Likoud – Kadima, qui plus est…), mais je crains qu’à l’instar de tous les Israéliens qui recherchent la paix, elle ne minimise ce que les Palestiniens sont en mesure d’accepter en plaçant la barre au-dessous de ce qu’ils sont en mesure d’obtenir.

Ainsi, Livni a elle-même dit, d’une manière ô combien parlante : "Abbas n’est pas un partenaire pour un accord définitif, mais il pourrait en être un en vue d’autres arrangements, sur la base du processus cadencé de la Feuille de route."

Livni est-elle en mesure de sortir la situation du marasme ?

Tout dépend de sa sincérité, de sa capacité à manœuvrer un gouvernement extrêmement à droite, pour le placer sur une piste conduisant à une réelle paix, ou alors, sinon, d’être élue Première ministre elle-même et mettre ensuite sur pied un gouvernement qui serait en mesure de prendre les décisions drastiques qu’une paix réelle et juste avec les Palestiniens requerrait. Ordre de mission particulièrement long.

Mais il faut garder en mémoire le nom de Tzipi Livni, que peu de gens reconnaissent aujourd’hui.

Sur ces entrefaites, le non-plan Livni-Rice, anonyme et sans publicité, poursuit sa course, dissimulé par des événements en apparence plus importants, telle l’initiative de l’Arabie Saoudite.

Mais attendez !

Qu’en est-il de l’initiative prise conjointement par la Ligue arabe et l’Arabie saoudite ?
Cela ne plaide-t-il pas en faveur d’une solution à deux Etats et à un retour de réfugiés ?

Si, bien sûr, mais peu de gens, dans le monde arabe, prennent ce projet au sérieux.

Dans cette région du monde, en effet, les gens comprennent que la justice pour les Palestiniens, cela signifie beaucoup moins de choses, aux yeux des gouvernements arabes, que de bonnes relations avec les Etats-Unis, ainsi, mais oui… qu’avec Israël, en particulier en raison de la menace iranienne, qu’ils perçoivent en commun.

Ainsi, l’initiative de la Ligue arabe vise plus à apaiser la rue arabe qu’elle n’est une véritable position politique susceptible d’affecter négativement le plan Livni-Rice.

Quant à nous, dans le camp de la paix, nous devons surveiller de près les manips de Livni et de Rice.
Il n’y a rien de véritablement secret ; tout ce que nous avons rapporté plus haut a été dit ou écrit dans les médias israéliens. Il s’agit simplement de relier entre eux les points, de relever les indices et les demi-déclarations.

Nous devons développer notre capacité à comprendre la signification de déclarations anti-scoop et fadasses du style "Abbas n’est pas un partenaire pour un accord final, mais…", si nous voulons, contrairement au New York Times, "piger" ce qui est en train de se tramer.

En l’état, l’initiative Livni-Rice fait sens dans l’exacte proportion inverse où elle est perçue comme digne d’intérêt

Source
Traduction : Marcel Charbonnier


Samedi 5 Mai 2007

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