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Le pithécanthrope et l'anthropopithèque au Concile de Durban II


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"Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu'elle suit la nôtre."

Georges Bernanos, Essais et écrits de combat, tome II (1995), La liberté pour quoi faire?


Manuel de Diéguez
Lundi 11 Mai 2009

Le pithécanthrope et l'anthropopithèque au Concile de Durban II
Je ne sais si la cohorte entière de nos historiens des civilisations, de nos psychanalystes de la condition simiohumaine, de nos observateurs et arpenteurs de l'évolution cérébrale de notre espèce, des sociologues de nos amusements et de nos fureurs, de nos écrivains de génie et des narrateurs de nos philosophes d'autrefois, dont ils mutilent les ouvrages à l'usage des enfants des écoles, je ne sais, dis-je, si cette armée de nos savoirs a compris l'extraordinaire nouveauté de la conception et de l'organisation d'un jardin des supplices de la démocratie.

Pour la première fois dans l'histoire du pithécanthrope et de son sosie l'anthropopithèque, la simiohumanité expose sous le soleil de la sainteté démocratique un million six cent mille spécimens de l'homo sapiens sapiens livrés à la faim, à la soif et aux maladies après un beau massacre. Les yeux de milliers de caméras enregistrent sur leur rétine de verre les capacités de résistance et la durée de survie d'un échantillon des évadés actuels de la zoologie placé dans un gigantesque abattoir au coeur de la civilisation de la liberté

Or, ce titanesque charnier, pas un chef d'Etat de la planète ne vient l'inspecter, le drapeau de son pays à la main, pas un guide spirituel harnaché de ses chapelets et de ses bréviaires ne vient y assister les malades et les mourants. Que se passerait-il si le successeur de Saint Pierre, le Dalaï Lama , le grand Rabin de Jérusalem , les dirigeants des Eglises protestantes, orthodoxes, coptes et maronites, les muftis musulmans, les sages indous, les sorciers africains et tutti quanti donnaient rendez- vous à leurs amulettes et à leurs gris-gris en ces lieux où le pithécanthrope et l'anthropopithèque modernes attendent qu'un vrai dieu monte du soleil de l'humanité?

Seules deux colonnes de fournis sur roues ont convergé vers cette foire universelle de la mort. L'une est partie de Londres, l'autre de Milan. Mais Paris, Madrid, Berlin , Tokyo, New-York, Pékin, Moscou, Mexico jouent au golf sur les vertes pelouses du dieu Liberté. Et pourtant, quelle illustration d'une prophétie du siècle dernier : "Le monde sera sauvé par quelques-uns!"

J'ai tenté de soulever un coin du voile. Comment, me suis-je dit, les dieux tueurs ne seraient-ils pas ensanglantés ? Si les rituels des sacrifices enfantaient de vrais dieux, ne serait-ce pas une étrange anomalie ? Je suis donc allé un peu flairer les offertoires et j'y ai trouvé celui de Gaza.

 

1 - Les embarras du dictionnaire
2 - La politologie post darwinienne cherche son assiette
3 - Les premiers pas du nourrisson
4 - Un nouveau tribunal de Nuremberg
5 - La rétine de la conscience universelle
6 - Comment truquer la balance de la justice?
7 - Le singe onirique
8 - Comment capturer le pithécanthrope et l'anthropopithèque en tant que tels ?
9 - Où le pithécanthrope découvre l'anthropopithèque qui l'habite
10 - Une espèce semi protégée
11 - Suite des embarras de la simianthropologie
12 - Sur les traces de la balance invisible
13 - L'homme invisible
14 - Le creuset biblique de l'histoire
15 - Le pithécanthrope, l'anthropopithèque et le ciel des bouchers
16 - Le dieu mort d'Israël
17 - Le tueur aux mains nues
18 - Le Tartuffe de Molière vu par la simianthropologie
19 - L' abattoir et le jardin des supplices de la démocratie
20 - La France et l'anthropologie transcendantale

 

1 - Les embarras du dictionnaire

Les paléontologues n'ont pas encore réussi à distinguer clairement l'anthropopithèque du pithécanthrope. Le Petit Larousse illustré de 1950 témoignait déjà de la confusion qui allait en découler. A anthropopithèque vous lisiez : "Genre hypothétique d'animaux fossiles dans lesquels on a cru voir les précurseurs de l'homme." A pithécanthrope vous découvriez "un être considéré par certains paléontologistes comme anatomiquement intermédiaires entre le singe et l'homme et dont on a retrouvé à Java quelques ossements fossiles." Dans le Dictionnaire d'aujourd'hui d'Alain Rey , l'anthropopithèque a quitté les lieux pour laisser la place à son frère de lait, le pithécanthrope, devenu un "fossile humain, homo erectus, vieux d'un million d'années." Suit une flèche qui renvoie le lecteur à l'anthropopithèque, grand oublié du nouveau dictionnaire.

Selon que le singe - pithecos - précède ou suit l'anthropos - l'homme - on le voit gagner ou perdre beaucoup de son rang d'astre fixe ou d'étoile filante: l'anthropopithèque n'est encore qu'une comète en voyage entre deux espèces, tandis que l'ossature sursitaire du pithécanthrope jouit déjà du statut d'un véhicule certes précaire, mais honorable de notre glorieuse destination. La politologie critique sera-t-elle une pithécanthropologie transitoire dans l'espace intersidéral ou une anthropopithécologie préfiguratrice d'une constellation stable? Autrement dit, le capital psychogénétique de la simiohumanité actuelle sera-t-il réduit à un rôle intercalaire entre l'animal et des hommes resplendissants?

Comme il se trouve que le latin simies a donné simiesque, ce primate à fourrure ne fait pas figure d'aube stellaire de notre espèce, mais d'ancêtre piteux des dieux que nous sommes devenus à nous-mêmes sous le soleil. Il est donc décisif de savoir qui tient le premier rang dans le peloton de tête des chromosomes d'un animal de feu; et comme il se trouve qu'aux yeux de toute la paléontologie moderne, l'homme et le chimpanzé ne sont que des variétés vibrionnaires d'une espèce qu'un caprice de la nature a projetés dans le vide de l'immensité, il est indispensable non seulement de distinguer ces deux primates au premier coup d'œil, ce qui est à la portée de l'objectif des photographes, mais de hiérarchiser leurs logiciels bourdonnants afin de placer le meilleur de nos encéphales en chef de file de notre éternité. Mais sur quelle pellicule de notre histoire enregistrer les exploits et les naufrages de notre intelligence si nous ne savons à quelles longitude et latitude le radeau de notre raison a cargué les voiles de son immortalité?

2 - La politologie post darwinienne cherche son assiette

Le premier défi qu'il appartient à l'anthropologie critique et à ses trois filles jumelles - l'histoire, la politique et la culture - de relever sur "l'océan des âges" du vieil Hugo est de déposer nos deux principaux spécimens - l'anthropopithèque et le pithécanthrope - sur les plateaux de la balance de Chronos, puis de nous visser la loupe l'œil afin d'observer à l'aide d'un verre hyper grossissant les divers types d'endogamies dont témoigne l'évolution cérébrale d'une paire de singes au capital psychogénétique si difficile à différencier. Certes, leur mélange diversement cuisiné semble nous raconter l'histoire mouvementée de nos apprêts cérébraux, mais seulement au compte-gouttes; et comme nos civilisations se sont sans cesse chamaillées afin de valider leur sceptre et leur trône dans l'arène des nations, l'embarras de la politologie post simienne est de faire son choix dans la multitude et la diversité des progénitures des deux spécimens que la meule des heures a étroitement confondus; car ces deux descendances ont si intimement emmêlé leurs chromosomes qu'il n'est pas de pire casse-tête que de tenter de préciser les mérites et les déficiences respectifs des innombrables rejetons d'une seule et même famille de carnassiers malicieux et féroces.

Comment allons-nous hiérarchiser les mixtures désordonnées des cruels descendants de l'anthropos et du pithecos, du simies et de l'homo, du quadrumane toisonné et du bimane épilé s'il y faut une échelle graduée, dite des valeurs, et si les barreaux de cette échelle désespérément branlante ont précisément été frottés et polis par des alliances et des mésalliances imprécises et incontrôlées entre les deux provenances de leurs codes génétiques? Quel four en fusion que celui où la double ascendance des deux marmots a bouillonné et dans lequel les températures changeantes de la fonte ont fait cracher une espèce aléatoire au cosmos!

Aussi, toute la difficulté méthodologique et doctrinale d'une politologie critique branchée à la fois sur une anthropopithécologie bancale et sur une pithécanthropologie hasardeuse est-elle de localiser l'enracinement des branches nouées au tronc antédiluvien d'un arbre généalogique dont la taille s'étend grosso modo, nous disent d'une seule voix le Petit Larousse illustré du siècle dernier et le Petit Robert d'aujourd'hui, sur un tohu-bohu tardif de quelque mille millénaires. Car les civilisations simiohumaines se disputent sans relâche le prix d'excellence les unes aux autres; et comme il se trouve que chacune ne brandit jamais que le drapeau de ses propres valeurs, les puînées s'entraînent à damer le pion à leurs génitrices, ce qui, comme vous le voyez bien, change la politologie critique en rébus des sciences humaines muettes ou criardes de notre époque.

3 - Les premiers pas du nourrisson

C'est pourquoi il convient de mettre ce bébé au banc d'essai d'une expérience chronométrée des peuples et des nations; et, à titre d'exemple paradigmatique à souhait, je propose de tirer un instant de leur cachette les axiomes et les théorèmes fondateurs de cette discipline flambant neuve. Comment le ferais-je si je ne me mettais docilement à l'écoute des enseignements qu'un Concile fameux vient de mettre sous vitrine, celui de Durban II, dont l'objet était de savoir si tous les fils actuels de l'anthropos et du pithecos sont cérébralement égaux entre eux dès le berceau ou si, encore de nos jours, certains peuples attardés ou réticents ne feraient pas montre d'une prédilection chuchotée à l'égard des musées où ils exposent leurs propres chromosomes.

C'est à ce titre que Durban II s'est révélé un atelier et une chambre de résonance providentiels de l'histoire des banderoles de son code génétique qu'une espèce encore aphasique a brandies au cours des siècles; mais la qualité des premiers phonèmes et fanions dont j'ai pu enregistrer l'éclat m'a laissé pantois, tellement le décor, les personnages et l'intrigue d'une anthropologie en bas âge me semblent avoir été plantés en catimini par un bambin de génie. Je suis allé, tenez-vous bien, jusqu'à me demander si le divin marmouset allait bondir sur la scène à la chute du rideau, s'incliner devant les spectateurs et recueillir un tonnerre d'applaudissements bien mérités, tellement la tragédie témoignait de la magnificence d'une distribution tous sourires, de la perfection du chronométrage de son déroulement et de l'impeccable précipitation des péripéties d'un beau désastre.

Une centaine d'Etats se pressaient sur les planches de leur grammaire, tous harnachés de décorations verbales et étroitement pelotonnés les uns contre les autres, au risque de ternir l'éclat de leur vocabulaire dans la cohue de leurs dictionnaires. Une déclaration longtemps enrubannée dans les coulisses de leur théologie devait proclamer la décision toute spontanée de leurs docteurs de se placer au même endroit sur la route caillouteuse des millénaires. C'était une coulée régulière et fervente de leur foi et de leur syntaxe confondues, disaient-ils, qui les avait conduits du pithecos à l'anthropos . Au bout de leurs poings levés flottait un seul et même étendard sur lequel on pouvait lire en plusieurs idiomes un bréviaire enflammé de plus de cent versets brodés en lettres d'or.

4 - Un nouveau tribunal de Nuremberg

A la différence de Vatican II , qui s'était tenu à Rome quarante sept ans auparavant, Durban II fut le premier concile du langage universel des descendants du pithecos et de l'anthropos enfin rassemblés pour entonner d'une seule et même voix une cantate à la gloire de l'ancêtre unique que dix mille siècles avaient suffi à miraculer à quelques encablures seulement d'une étoile errante. Mais ce fut également l'occasion solennelle de la première révérence internationale au comique et au tragique de l'anthropopithèque et du pithécanthrope confondus; car, parmi les peuples sagement alignés sous l'horloge de Chronos, l'un d'eux ne cessait d'étendre son territoire le glaive à la main. Trois mois plus tôt seulement, il avait allègrement écrasé au canon et froidement carbonisé au phosphore une multitude de femmes et d'enfants à Gaza. Aussi toutes les nations de la terre en avaient-elles été si saintement horrifiées qu'elles s'apprêtaient le plus verbalement du monde à faire comparaître le coupable à la barre du tribunal de la première civilisation des dérobades majestueuses de la conscience universelle. Les unes l'accusaient de génocide, les autres de crimes de guerre, mais toutes jugeaient littéralement inévitable sa comparution pieds et poings liés devant la cour d'assise des dévotions oratoires de ses congénères.

Le déroulement de la pièce était d'autant plus prometteur, disait-on, que les deux mamelles du devenir du pithécanthrope et de l'anthropopithèque sont précisément le comique et le tragique rappelés ci-dessus. L'étude de ces deux ressorts du vocabulaire de notre espèce allait faciliter le décryptage de la psychogénétique générale à laquelle toutes les variétés de descendants d'un primate touffu se trouvent secrètement assujetties. Aux dires des observateurs de leur stylistique, l'hilarant de la comédie et le sanglant de la tragédie allaient faire de Durban II un laboratoire d'une fécondité inégalée tant au bénéfice de notre politologie critique à venir que de notre simianthropologie universelle - car nul n'ignore que les sciences humaines du XXIe siècle attendent avec des trépignements d'impatience de démailloter ces deux disciplines encore dans les langes.

5 - La rétine de la conscience universelle

Si les membres du concile s'étaient indignés en chœur des retards d'une procédure demeurée dans les limbes, s'ils s'étaient levés comme un seul homme et avaient déserté avec fureur les planches où le monde traîne ses chaînes aux chevilles, si les évêques et les archevêques du théâtre des lenteurs et des paresses confessionnelles avaient fait montre de leur stupéfaction qu'on bafouât l'orthodoxie du genre humain en public et sous les yeux de tous les peuples de la terre, si le tribunal appelé à juger un meurtrier couronné de lauriers avait appelé la sainte Inquisition d'autrefois à la rescousse , si la démocratie des instruments de torture de la justice universelle avait allumé les rôtissoires infernales du dieu Liberté, si le pape lui-même avait souligné le comique et le tragique de toute la représentation, nul doute que l'autorité du principe apostolique d'égalité entre les pithécanthropes et les anthropopithèques aurait couru le grand risque de faire débat et de se trouver affaiblie aux yeux des plus grands docteurs de notre évolution cérébrale.

Mais si le clergé planétaire des droits de l'homme et du citoyen avait refusé de quitter les lieux, comment aurait-il réfuté l'hérésie des blasphémateurs de l'Etat d'Israël? A quels arguments fallait-il tenter de recourir sous le soleil, alors qu'il était ordonné aux avocats du peuple élu de fermer résolument les yeux devant des événements historiques dont la mappemonde entière avait été la spectatrice effarée ? Autrefois, on tendait l'oreille pour entendre le vacarme de l'histoire ; maintenant, l'œil substituait l'image irréfutable aux voix incertaines des nations. Comment orchestrer l'oratorio de l' évolution de notre boîte osseuse dans le système solaire si l'ubiquité du théâtre des criailleries du pithécanthrope et de l'anthropopithèque réunis remplaçait les psaumes et les tapages de nos ancêtres et si l'oreille des morts qu'alertaient autrefois nos cantates renonçait à sa magistrature pour céder à nos seules rétines la présidence d'un tribunal des incorruptibles du salut?

6 - Comment truquer la balance de la justice?

Dans ces conditions, il fallait se hâter de fabriquer une balance qui pèserait à l'école de l'œil et de l'image les derniers arrivés des chromosomes et des gènes du pithecos et de l'anthropos. Mais le pire était la rumeur qui commençait de s'infiltrer dans les colimaçons du Concile : cette balance, disait-on, existait depuis belle lurette. Certes, depuis trois mille ans environ, elle avait cessé de s'adresser aux yeux, aux oreilles et au pif du pithécanthrope mâtiné d'anthropopithèque ou l'inverse. On la prétendait même si subtilement agencée par ses artisans les plus légendaires - ils avaient mis, disait-on, des siècles à la rendre invisible - que l'observation au microscope de l'évolution cérébrale des deux espèces permettait d'ores et déjà de formuler les théorèmes fondateurs d'une axiomatique générale du genre simiohumain. L'examen des rouages et des ressorts de la balance cachée à nos regards excluait également, disaient les experts, que les pères conciliaires se séparassent tout cois et sans résultats au moins verbifiques et auriculaires ; car il faut savoir que, parmi les fabricants de la balance invisible, on relevait les noms des plus illustres ascensionnels du silence - Isaïe , Jérémie, Socrate, Bouddha, Jésus-Christ, Mahomet et j'en passe.

Comment ces pifs-là flairaient-ils l'odeur du boucher de Gaza? Comment pesaient-ils les prières de l'anthropopithèque et du pithécanthrope? Que disaient-ils de leurs confessionnaux, de leurs génuflexions, de leurs dévotions ? Remarquez que si le haut clergé des droits de l'homme et de la Démocratie avait décidé de poursuivre ses travaux sans broncher au lieu de lever précipitamment la séance et de s'égailler dans les couloirs du concile, comment aurait-il évité la déroute de toute la théologie et de toute la dogmatique des dignitaires d'un gibet? Car les Saintes Ecritures de la démocratie avaient perfectionné l'organe olfactif de la planète. Il ne restait donc qu'un seul moyen de sauver le pif sommital du genre simiohumain, celui de disqualifier les oreilles et la rétine de ce primate et de lui faire adopter dare-dare un dogme aussi velu ou élégamment vêtu que tous les précédents - celui dont les phonèmes proclameraient une fois pour toutes l'égalité substantifique, auriculaire, principielle, verbifique et quintessentielle de tous les anthropopithèques et pithécanthropes issus de la même souche. Mais alors, que disait la balance des grands silencieux et de quel matériau l'avaient-ils fabriquée?

Afin de mesurer le degré actuel de subtilité dont jouit l'encéphale encore embryonnaire du pithécanthrope et de l'anthropopithèque aux gènes confondus, il faut tenter de fonder rien de moins qu'une problématique générale, une méthodologie hyperlogicienne et une axiomatique impavide, afin de rendre compte de la cécité dont cet animal se trouve affligé de naissance. Et pour cela, bis repetita placent, une théorétique universelle du comique et du tragique simiohumains était instamment requise des mutants. Observons donc de plus près comment la politologie transeuclienne fera du moins progresser de quelques pas une science historique rendue anosmique à Gaza.

7 - Le singe onirique

On sait que l'organe olfactif de la masse des parfumés de la zoologie leur impose une attente de plusieurs générations pour seulement apprendre à goûter les odeurs rares que quatre ou cinq encéphales sommitaux par siècle leur ont préparées. A la fin du XVIIe, tout était pourtant en place pour autoriser les futurs encyclopédistes du XVIIIe siècle à humer les parfums du savoir critique que la postérité tour à tour silencieuse et tonitruante de Bossuet avait mis en flacons. De même, à la fin du XXe siècle, tout était prêt pour que l'Etat d'Israël découvrît la senteur des hosties que les peuples et les nations modernes offrent en sacrifice aux narines frémissantes des démocraties immolatoires.

C'est à ce titre que la conférence de Durban II a imposé en secret un tournant aussi décisif qu'inaperçu à une science des autels de la Liberté alors à bout de souffle. D'abord, et pour la première fois, un gouvernement israélien avait confirmé à haute et intelligible voix le refus caché de tous ses prédécesseurs depuis soixante ans de jamais accepter qu'un Etat palestinien dressât ses offertoires aux côtés des prêtres de Jahvé, ce qui avait momentanément contraint tous les Etats pseudo iréniques de la terre à réaffirmer bien haut la volonté toute verbale des démocraties d'en fonder un tel sans barguigner davantage.

Secondement, pour la première fois également, l'expansion par le fer et le feu des colonies juives en Cisjordanie avait été rappelée et condamnée par toutes les chancelleries avec un mélange alors en usage de stupeur feinte, d'étonnement attristé et d'indignation incrédule. C'est ainsi que, sans le vouloir expressément et même à son insu, le concile du mutisme de l'anthropopithèque et du pithécanthrope associés a considérablement rapproché la date fixée par le dieu Liberté d'un rendez-vous de l'histoire et de la politique avec une science entièrement nouvelle, qui serait chargée de découvrir les fondements psychogénétiques du meurtre simiohumain ; car Durban II a rendu évident que notre espèce se divise, comme il est dit plus haut, entre plusieurs variétés d'un seul et même animal, mais diversement armé et doté d'encéphales coulés dans les moules distincts entre lesquels la loi universelle des sacrifices de sang partage ses ciboires.

Aussi le laboratoire des immolations inauguré au Moyen Orient soixante ans auparavant était-il appelé à devenir le champ d'expérimentation d'une future pithécanthropologie des sacrifices ; car, en 1948, quatorze ans avant Vatican II, les Etats conciliaires de la démocratie des droits universels du simianthrope avaient décidé de transporter tout subitement un peuple entier d'évangélistes de leurs gènes sur le territoire d'une autre mythologie des chromosomes. Il faut savoir qu'en ces temps reculés, la simianthropologie du salut était encore tellement balbutiante qu'elle ignorait tout des fondements de la psychobiologie religieuse des nations.

Depuis lors, nous avons appris que tout peuple transplanté sur un territoire délimité au cordeau par des arpenteurs et des géomètres chevronnés de leur ciel s'étend fatalement et par la force des armes de ses idoles et que le tranchant du glaive de la rédemption extermine froidement ses voisins et congénères, à la manière des Celtes en Gaule, des Espagnols en Amérique du Sud, des Italiotes en Etrurie, des Anglo-saxons en Amérique du Nord, en Australie ou en Nouvelle Zélande. Le meurtre simiohumain est onirique par nature et s'allume au feu de l'éternité. Mais comment arracher les armes de l'immortalité des mains des égorgeurs purifiés par leur ciel si, depuis la nuit des temps, les glaives et les prêtrises ne font pas de quartier?

8 - Comment capturer le pithécanthrope et l'anthropopithèque en tant que tels?

Mais surtout, si Durban II a fait débarquer sans coup férir la connaissance anthropopithécanthropologique du singe miraculé dans les ateliers de la politologie et de la science historique modernes, ce fut à la faveur même du retard considérable dont souffraient les sciences simiohumaines de l'époque; car elles s'échinaient toutes et depuis des décennies, à placer le pithecos sous la lentille des microscopes électroniques les plus perfectionnés de leur temps, avec l'espoir toujours déçu d'y découvrir les prémices psychogénétiques d'un anthropos censé avoir d'ores et déjà débarqué en tant que tel sur la terre et s'y trouver habillé de pied en cap, ce qui passait pour légitimer les pesées de ses propres ressorts auxquelles cet animal se livrait désespérément; car il ignorait que les plateaux des balances qu'il se fabriquait rendaient indiscutables à ses yeux des verdicts faussés d'avance par leur mode même de construction parmi les autres animaux, tous demeurés dévêtus.

Quand nous eûmes découvert que les appareils de pesée sont nécessairement à l'image des peseurs qui en ont assemblé les pièces dans leurs ateliers, nous avons su que l'espèce prématurément qualifiée d'humaine ne pouvait découvrir dans ses ateliers l'ADN d'une espèce radicalement nouvelle; puis nous avons appris que nos interlocuteurs futurs ne seraient jamais plus des charpentes osseuses et des masses musculaires, mais des personnages vocaux et abstraits. Quelles allaient être les armes offensives et défensives d'une espèce dont les spécimens useraient d'instruments meurtriers ou pacificateurs d'un type inconnu des autres animaux - à savoir, un langage épointé, contendant et fort éloigné des modulations vocales des bêtes féroces, mais plus terrifiant que le rugissement des fauves?

Au cours même du Concile, les pithécanthropologues d'avant-garde ont commencé de découvrir que tous les Etats simiohumains du monde sont à eux-mêmes des acteurs à la fois décorporés et criards et qu'ils ne siègent jamais en tant que tels qu'à l'école et à l'écoute de leur identité proprement cérébrale, vocale et collective. Comment se fait-il que les citoyens croient habiter physiquement la voix et le langage de leur nation, à l'image du mouton, qui fait corps avec ses bêlements, du chien qui s'exprime par ses aboiements, du tigre reconnaissable à son feulement, de l'éléphant identifiable à ses barrissements ? Nos voix sortent de nos poumons, mais à qui s'adressent-elles?

On avait sottement imaginé qu'à l'instar des animaux, les nations étaient armées de bras et de jambes, on s'était bêtement figuré que la France était un assemblage d'os, de muscles et de viscères. Aussi les plus savants des Gaulois observaient-ils encore sous toutes ses coutures zoologiques la foule de leurs magistrats, de leurs gendarmes et de leurs robes noires; et c'était d'une voix ferme et assurée que les simianthropes de l'époque disaient, au vu de tant de témoins dûment assermentés par leurs glottes: "Voilà la République". A quoi bon leur faire remarquer qu'ils photographiaient en vain leurs palais de justice, leurs écoles, leurs chemins de fer, leurs gares, leurs cheminées d'usine, leurs prés, leurs routes et tout leur peuple physiquement tapi dans ses maisons ou trottinant dans ses rues? A quoi bon leur demander où ils avaient rencontré le personnage biologique que leurs cordes vocales avaient galonné et qu'ils appelaient fièrement la France, à quoi bon les taquiner sur les chamarrures dont ils paraient leur identité osseuse?

9 - Où le pithécanthrope découvre l'anthropopithèque qui l'habite et vice versa

Mais pourquoi la France demeurait-elle obstinément cachée aux regards de ses soi-disant habitants ? Certes, leur Zeus vaporisé échappait, lui aussi à leur globe oculaire, certes, ce personnage invisible se cachait à son tour dans une immensité où son trône d'or avait été jeté à la casse depuis plusieurs siècles. Mais comment se faisait-il qu'un bimane en chemin vers l'espèce inconnue qui l'attend s'entêtât à s'identifier à la musculature d'un pithécanthrope en lequel il croyait habiter au cours de son passage sur la terre et dont il transportait la coquille au ciel après sa mort ? Comment se faisait-il que les dieux et les nations de l'anthropopithèque semblassent effectivement porter des armes, labourer des arpents, s'agiter sur la scène internationale, soumettre six milliards et demi de simianthropes à leurs lois et à leurs décrets, alors qu'en leur existence propre, leurs Etats demeuraient aussi incapturables que leurs Olympe ? Nous tentions de capturer l'individualité qui n'appartient en propre qu'aux nations et à leurs dieux. Où fallait-il domicilier les peuples et leurs Olympes si tous deux sont vaporeux par nature ? Dans quels alambics et cornues parviendrions-nous à analyser la composition de leurs habitacles tant dans les nues que sur la terre?

Pour le comprendre, vous observerez à nouveaux frais que Dieu et les Etats simiohumains prétendent, comme il est dit plus haut, se partager des régiments de robes noires ; mais cette fois-ci, vous vous étonnerez de ce que leur Zeus nouveau - ils ont enterré le précédent, qui avait encore bras et jambes et portait la barbe - que leur Jupiter dernier cri, dis-je, refuse maintenant de se loger dans ses cathédrales, ses Eglises, son culte, ses parfums, ses cierges et ses cérémonies. Et pourtant les Etats et leurs dieux savent bien qu'ils augmentent leur puissance et leur rang à augmenter le poids de leur corporéité imaginaire et à s'embellir d'anses coloriées afin de ressembler à des cruches saisissables à pleines mains. Tous deux seraient-ils, en réalité et secrètement, à l'image du corps psychique du pithécanthropus erectus, tous deux se voudraient-ils des acteurs cérébraux incarnés, donc des personnages physiques en dialogue avec des dii ex machina physiques à leur tour et censés piétiner en chair et en os à leur porte ? Dans ce cas, n'aurait-il pas été profitable aux pères conciliaires du genre simiohumain réunis à Durban II d'observer de plus près les rôles physico-cérébraux qu'ils s'étaient auto-distribués en douce, ainsi que les personnages osseux et vaporeux en diable qu'ils étaient souverainement devenus à eux-mêmes sur la scène du monde?

10 - Une espèce semi protégée

Observez maintenant l'étroitesse de l'interstice entre le surréel idéologique ou religieux, d'une part et le réel terrestre que Durban II a illustré à l'école de l'éloquence sacrée des démocraties, d'autre part. Alors même que la haute assemblée des aristocrates et des princes du sang d'une démocratie de la liberté et de la justice de tous les peuples du monde évoquait la parfaite égalité qui règne entre les diverses races égaillées sur le globe terrestre et qu'Israël prétendait prêter serment sur les saints évangiles de 1789, l'état osseux des singes affamés de Gaza s'était dégradé depuis l'opération fulminatoire que Jahvé avait baptisée "plomb durci"; et ils étaient retournés au paléolithique en ce qu'ils reconstruisaient leurs maisons avec des briques de boue séchée.

Aussi les simianthropologues de la sainteté des démocraties mettaient-ils tous leurs soins à peser le Gazaoui invisible sur la balance de leurs méditations. Car Israël avait imaginé et proposé aux Pères conciliaires d'enfanter une espèce intermédiaire entre celle de l'anthropopithèque moyen et celle de l'animal tout nu, laquelle serait qualifiée de "protégée". Mais l'anthropologie critique n'a pas tardé à découvrir qu'il s'agissait, en réalité, de squelettes étriqués, malingres et protégés seulement à demi, de sorte que l'énigme à résoudre était de comprendre pourquoi ces spécimens avariés ne seraient préservés qu'à moitié, alors que l'extermination radicale et instantanée de leur substance tant osseuse que charnelle aurait présenté un avantage stomacal et respiratoire considérable pour Israël. Et pourtant, la survie pulmonaire des Gazaouis dans le royaume séraphico-démocratique des théologiens de Durban II peinait à trouver l'assise de son éternité doctrinale au sein du Concile de la Liberté. Les tergiversations d'Israël s'expliquaient-elles du fait que, dans ce cas, les valeurs immuables de la démocratie éternelle auraient légèrement froncé leurs célestes sourcils?

Quoi qu'il en soit du statut confessionnel d'une espèce semi protégée entre le ciel et la mâchoire d'Israël, les points de passage du blocus de Gaza restaient hermétiquement fermés, la frontière avec l'Egypte demeurait cadenassée et, chaque jour, les autorités israéliennes veillaient au verrouillage de l'approvisionnement des produits de première nécessité : une centaine de camions seulement était censée assurer la survie d'une population d'un million six cent mille habitants, ce qui exigeait de chaque véhicule qu'il fournît leur fourrage à cent soixante mille Gazaouis. Une espèce aussi mal protégée dans son ossature et ses viscères dispose d'environ trois cent douze grammes de picotin par jour, parce que les camions apportent également vingt-cinq pour cent du gaz et du fioul nécessaires à la population.

Quelle durée de survie cet avoine assure-t-il aux ligaments et aux cartilages du pithécanthrope? Toute la difficulté de ce type de calcul résultait de l'impossibilité de percer les derniers secrets de la stratégie de l'affameur. Pensait-il exterminer le Gazaoui à petit feu ? Dans ce cas, combien de temps l'extinction totale de la population prendrait-elle sous le soleil des dieux ? Et puis, comment s'assurer que la lenteur de l'agonie et du pourrissement de la chair gazaouique serait payante? Il n'était pas démontré que le prix d'entrée au paradis des droits du pithécanthrope du cru serait inférieur à celui que l'Eglise imposait à ses Gazaouis à elle aux guichets de son Purgatoire.

11 - Suite des embarras de la simianthropologie

Un cheptel aussi peut mourir de faim et de soif. Mais si vous tenez à nourrir le Gazaoui mâle ou femelle, enfant ou adulte en tant qu'être simiohumain, il faut que vous lui ajoutiez un statut qui seul fera de lui un interlocuteur transcorporel et grammatical - et ce statut surréel, vous ne le trouverez pas davantage sous la lentille du microscope que "la France". Le simianthrope, je le redis, est le seul animal transcendant à son squelette; et c'est seulement en cela qu'il se révèle l'acteur biphasé d'une histoire devenue logophore ; et c'est seulement en cela que son destin propre est celui de sa tête.

Si nous avions pu filmer les Croisades, peut-être nos civilisations sauraient-elles depuis plus de mille ans ce qu'il en est de l'évasion du pithécanthrope et de l'anthropopithèque de l'univers de la matière; peut-être saurions-nous même que les os découverts à Java n'étaient nullement ceux d'un prétendu précurseur de notre espèce, parce que le simianthrope réel d'aujourd'hui est demeuré le locataire époumonné d'une ossature éphémère. Mais se cache-t-il pour autant dans la parole vaine qui le vaporise et le déchaîne à l'école des idoles qu'il a coulées à son image? Quand nous voyons, à Durban II, les pseudo croisés des droits du pithécanthrope, les pseudo guerriers de la dignité de l'anthropopithèque et les pseudo apôtres du ciel de la démocratie mondiale du simianthrope , dites-vous bien que ce ne sont pas encore des hommes véritables que vous voyez. C'est pourquoi vous demeurez dans l'étonnement : "Comment se fait-il, vous dites-vous les uns aux autres, que nos simianthropologues, eux, voudraient porter un regard sur le pithécanthrope absent de ses viscères, de sa chair et de son squelette ? Le rêve du singe langagier serait-il d'accorder une chair invisible à cet homme-là ? Mais alors, qu'en est-il de la chair invisible de l'humanité à venir?"

12 - Sur les traces de la balance invisible

Et pourtant, on commençait d'entonner des psaumes aux Etats-Unis et jusque dans l'abside des nations européennes. Ehoud Olmert lui-même, alors premier ministre d'Israël, avait dû se résoudre à laisser certaines denrées alimentaires - fromage, pommes de terre, jus de fruit, pâtes - franchir le rideau de fer entre les deux peuples. Puis, en raison de la dégradation accélérée de l'enveloppe charnelle des damnés de la démocratie, John Ging, directeur de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, avait lancé un appel sacrilège pour la réouverture pure et simple des frontières, parce que , disait-il, les quantités qu'Israël laissait entrer en fraude aux enfers ne pouvaient conduire l'espèce semi protégée qu'à une mort inévitable.

Pis que cela : le compte rendu hebdomadaire de l'Office de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour la semaine du 8 au 14 avril, avait révélé que cent trente deux mille personnes n'avaient aucun accès à l'eau courante et que, sur trois cent vingt cinq mille aborigènes , cent mille ne pouvaient s'acheter des indulgences contre espèces sonnantes et trébuchantes. Or, il faut savoir qu'une espèce semi protégée ne jouit pas de la protection des ventres que la société protectrice des animaux domestiques accorde aux chats et aux chiens : aussi les diarrhées et les hépatites virales y deviennent-elles rapidement dévastatrices.

Tous les futurs simianthropologues de la planète étaient aux abois : si, par bonheur, la famine se révélait un moyen d'éradication trop lent et à courte vue des Gazaouis des deux sexes et de tous les âges, peut-être, se disaient-ils, la simianthropologie critique aurait-elle le temps de percer les derniers secrets de fabrication de la balance invisible qui permet de peser le pithécanthrope et l'anthropopithèque conciliaires. Comment se faisait-il que les yeux de chair de la démocratie et de tous les évêques et archevêques réunis à Durban II ne voyaient pas dans leur invisibilité les matériaux de construction, le ciment, le fer, les pièces détachées interdits de pénétrer dans la bande de Gaza ? Comment se faisait-il que les anthropopithèques du début du IIIè millénaire ne voyaient des infirmes et des scrofuleux de leur propre race dans la foule des animaux privés de leurs terriers et de leurs tanières qui survivaient d'expédients dans les ruines de leurs antres et de leurs gîtes?

Que fallait-il conclure de ces premières observations sur l'inégalité des espèces simiohumaines, sinon que la semi conscience des démocraties exterminatrices demeure inapte à assurer la semi défense des espèces dites semi protégées et que l'anthropologie transcendantale à venir se trouvait devant de grandes difficultés à débrouiller cet écheveau d'apories.

13 - L'homme invisible

Et pourtant, si vous appliquez seulement les premiers rudiments de l'anthropologie critique à l'interprétation pithécanthropologique des déficiences cérébrales dont souffrent les apôtres de la démocratie mondiale et de son royaume des cieux, vous ne manquerez pas de remarquer que le personnage théologique appelé Israël ne se trouvait pas physiquement représenté parmi les espèces exposées à Durban II et que nul ne pouvait pourtant prétendre que cet acteur tout mental de l'histoire physique du monde ne s'y trouvait pas pleinement présent en son essence et quintessence, donc en tant que moteur cérébral et de héros sanglant de la simiohumanité en marche. Qu'en est-il donc des relations que le corps prétendument "réel" des nations entretient avec leur corps magnifié et biblique?

Autrement dit, qu'est-ce qu'un "Etat juif" si c'est en tant que spéculaire qu'il est agissant? Comment un "Etat juif" de nature onirique par nature se dote-t-il d'un corps, d'os et de muscles bien réels, alors que ni le juif, ni le musulman, ni le chrétien, ni le bouddistes, ni même le sorcier ne sont reconnaissables à leur chair et à leur sang, mais seulement en tant qu'acteurs transcorporels de Clio, puisque, encore une fois, le pithécanthrope et l'anthropopithèque ne sont pas des animaux définissables en tant que tels à leur hémoglobine ou à leurs sucs gastriques, ni même à la sorte de résonnance qu'ils se donnent à s'auto-sacraliser mélodieusement dans l'atmosphère ? Qu'en est-il de la demeure criarde et ensanglantée de leurs résonances dans le cosmos et pourquoi appellent-ils cette bâtisse celle de leur histoire?

14 - Le creuset biblique de l'histoire

Décidément, la balance invisible dont la vocation est de peser les identités cultuelles de cet animal est difficile à trouver sur le marché des engrenages de fer et des ressorts d'acier qui permettent au savoir simiohumain de peser sa propre simiohumanité. Mais si ce ne sont pas la chair et le sang moléculaires du peuple juif qui ravagent la Palestine et qui mettent Gaza à feu et à sang, mais seulement l'animal invisible que le simianthrope cérébralisé à l'école de ses autels est devenu à lui-même, on comprend pourquoi "Israël" n'en revient pas de voir ses globules rouges cités à comparaître devant un tribunal qu'il juge non seulement illégitime par définition , mais incompréhensible par nature, puisque stupidement composé d'anthropopithèques en chair et en os - vous savez, ces animaux qui s'imaginent bêtement se trouver présents en tant que tels sur les lieux à ne brinquebaler que leur pauvre ossature sur les planches. Comment un personnage éternel et invisible ab ovo tel qu'Israël serait-il cité à comparaître devant un tribunal d'animaux accusateurs?

Heureux le chimpanzé ! Celui-là, du moins, ne rencontre jamais que des congénères sagement toisonnés! Le pithécanthrope et l'anthropopithèque, eux, en décousent sans relâche avec des personnages béatifiés et qu'ils rendent cent fois plus réels de les vaporiser à l'école de leur gosier. Hier encore, les deux espèces s'ingéniaient à faire parler leur créateur haut et fort ; et ils lui ordonnaient de changer de ton, de discours et de cordes vocales à chaque génération. Jusqu'au XVIe siècle, la magistrature du ciel et celle des nations ont fait un solide attelage de leurs larynx ; et des hordes de leurs congénères en fureur assassinaient les mal pensants à pleins poumons.

Puis peu à peu, les Etats ont commencé de parler tout seuls et d'écouter leurs propres oracles, qu'ils ont appelés leurs idéalités et qu'ils ont armées de pied en cap. On sait qu'à force de discourir chacune de son côté, les deux idoles ont commencé de se marcher sur les pieds et de se tailler des croupières. Alors, la paire s'est barricadée sur son territoire rétréci . Enfin, une gigantomachie homérique a déchiré les vêtements de parade des locuteurs campés, l'un là-haut et l'autre ici-bas.

Mais, encore une fois, n'allez pas vous imaginer que les personnages proprement simiohumains seraient devenus moins réels d'avoir perdu leur corps en cours de route. Au contraire, Israël et son frère jumeau, un certain Jahvé, sont devenus autrement puissants que la France, qui a perdu son haut-parleur triomphal dans les nues et dont le phonographe ne fait plus entendre que la voix éraillée d'un vieillard. Les nations seraient-elles devenues à elles-mêmes le Maigret efflanqué auquel Simenon prétend avoir fait écrire ses mémoires de sa propre encre et qui, non seulement, voit peu à peu le Maigret né de la plume du grand Belge grossir et prendre sa place jusque Boulevard Richard Lenoir, puis réduire sa carcasse à la portion congrue aux côtés de celle d'une Mme Maigret amaigrie, mais qui remarque , non sans malice et avec quelque esprit de revanche que Simenon, lui-aussi, a pris de la bouteille et ressemble de plus en plus au Maigret que lui souffle une déesse, la Littérature.

Et voici qu'Amon Râ, lui aussi, se voit vieillir. Ecoutez ce qu'en raconte l'un de ses scribes : "Comme tous les êtres vivants, le Seigneur Râ vieillissait. Superbe et solide dans la force de son âge, sa taille s'affaissait et il dut s'appuyer sur un bâton pour soutenir son corps épuisé et courbé. Infirme et cassé, la salive de sa bouche tremblante dégouttait sur le sol." Que valent les dieux du langage simiohumain s'ils périclitent et tombent en poussière aux côtés de leurs créatures? Le pithécanthrope et l'anthropopithèque seraient-ils livrés de naissance aux idoles grelottantes qu'ils sont à eux-mêmes ? Mais alors, où se cache-t-elle, la balance à peser le silence ascensionnel des dieux morts à Gaza?

En vérité, le Simenon qu'Israël est à lui-même ne sait plus comment rédiger ses mémoires de jardinier de ses cimetières. Vous voyez bien qu'au Moyen Orient, le pithécanthrope et l'anthropopithèque des tombeaux ont affaire à des personnages de fiction et que leur creuset est leur assommoir, leur abattoir, leur jardin des supplices, leur charnier.

15 - Le pithécanthrope, l'anthropopithèque et le ciel des bouchers

Nous approcherions-nous de l'ultime secret de l'histoire véritable du singe semi pensant? Pourquoi erre-t-il parmi les morts depuis que ses nations en sont réduites à raconter le destin de ses entrailles à la manière du Maigret devenu prosaïque et que son géniteur condamne à tremper sa plume dans l'encrier des jours ? Que vont devenir les peuples privés de leur souffleur sacré? Suivons cette piste - peut-être nous conduira-t-elle où nous voudrions aller. Car les massacres religieux d'autrefois jouissaient d'un avantage théologique immense sur ceux d'Israël aujourd'hui: sachez qu'en ces temps reculés, Caïn se défaussait encore de ses crimes sur l'idole qui les métamorphosait en offrandes d'agréable odeur sur ses autels du sacrifice. Souvenez-vous de l'aïeul de Jahvé, le grand Amon Râ, qui retourna triomphalement dans son palais sur le dos de la vache sacrée et qui abattit sous les flèches de ses archers les comploteurs révoltés par les verdicts de sa justice. Pourquoi le Dieu aux fines narines a-t-il ensuite pardonné à son peuple en ces termes : "A partir de ce jour, le sang de mes offertoires rachètera vos crimes ; et quand vous vous serez lavés de vos meurtres dans le sang qui coulera de mes autels, je me tiendrai pour vengé et vous serez pardonnés."

De cette époque datent les immolations cultuelles qui ont fait, du sang du pithécanthrope et de l'anthropopithèque l'eau lustrale de l'histoire de la terre et du ciel réunis. Cependant, le cœur d'Amon Râ était ouvert à la tendresse : quand il se fut fatigué de voir ses créatures déposer sans relâche les cadavres de leurs victimes sur ses propitiatoires, il décida que des animaux domestiques ou des bêtes sauvages seraient pieusement égorgés en lieu et place du simianthrope. Alors des globules rouges de remplacement - bœufs, moutons, gazelles, oiseaux - ont été déclarées non moins enivrants au nez d'Amon Râ que les futurs Gazaouis d'Israël. De plus, ces quadrupèdes ou ces volatiles présentaient l'avantage de faire les affaires du ciel à bien moindre prix, mais à la condition expresse que le prêtre sacrificateur prononcerait très exactement les mêmes paroles rituelles qu'autrefois afin de faire agréer sans sourciller aux Célestes des victimes plus dociles et dix fois moins coûteuses que le pithécanthrope des cierges et des prières.

16 - Le dieu mort d'Israël

Trois millénaires plus tard, le Seigneur Amon Râ acheva sa réforme du ciel et de la terre par un décret plus subtil encore : il ordonna qu'on feignît désormais de lui immoler un seul individu en chair et en os, et que ce serait toujours le même. Il y fallait un subterfuge extraordinaire: on déclarerait invisibles les molécules de sa chair et de son sang sur l'autel et que ces deux substances se cacheraient sous un pain et un vin avalés seulement en imagination par le prêtre et par tous les assistants. Et c'est ainsi que le Seigneur Amon Râ fonda sur l'anthropophagie le sacrifice le plus astucieux et le plus économique du monde, celui des chrétiens.

Mais sitôt que le dieu eut réconcilié l'offrande avaricieuse d'un animal avec le "vrai et réel sacrifice" des ancêtres, qui immolaient sans rechigner des congénères sur les offertoires de leurs idoles, tous les peuples de la terre se sentirent orphelins de leurs crimes sacrés et crurent bien avoir perdu en chemin le boucher des nues qui les lavait de leurs meurtres dans les plus hautes régions de l'atmosphère. Notre espèce éperdue courait désormais un risque terrible, celui d'immoler ses victimes à Personne. Allait-elle traîner la patte parmi les dépouilles funéraires de ses ennemis devenus inutilisables sur la table des dieux? Tant de cadavres sous un ciel vide n'allaient-ils pas compliquer leur politique au jour le jour sur la terre ? Voyez comme Israël se débat maintenant parmi les autels désertés de son dieu mort.

17 - Le tueur aux mains nues

Mais sachez bien que vous n'avez encore émis que quelques borborygmes de nouveau-né emmailloté dans les langes d'un ciel de nursery, tellement vous demeurez à cent lieues de la connaissance transzoologique de l'animal religieux et de ses dieux qui attend votre encéphale auto propulsif. Vous approchez du temple des derniers mystères de la bête vouée à se donner à tuer sur une scène badigeonnée de son sang, alors que les autres animaux n'agitent jamais que leurs ossements amnésiques sur des planches d'un théâtre sans mémoire. Sachez donc que le cerveau simiohumain sécrète les souvenirs torturés d'un Tartuffe dont Molière a esquissé l'effigie. Qu'en est-il du pithécanthrope et de l'anthropopithèque devenus saintement tartuffiques, qu'en est-elle du fruit empoisonné des dieux tueurs? Le simianthrope survivra-t-il au ciel des bouchers qui le paraient de tous les vêtements de la piété?

Ecoutez les dieux aux dévotions trépassées dire à Israël : "Voyez nos troncs desséchés, voyez notre écorce devenue stérile, voyez nos branches où ne monte plus la sève de vos sacrifices au grand Amon Râ. Longtemps, nous vous avons lavés dans l'eau lustrale de vos crimes, longtemps nous vous avons purifiés à l'école du sang de nos autels, longtemps nous avons pris vos carnages à la charge de notre sainteté d'alchimistes de vos crimes ; et maintenant, où sont passés vos massacres sacrés ? Les auriez-vous cachés dans les terriers et les cimetières de Gaza ? Jahvé voit le sang invisible d'Abel couler sur les autels de votre Dieu mort et il vous dit : "J'étais l'alibi du Caïn que vous êtes demeurés. Et maintenant, vos crimes ont cessé de se graver sur la rétine de vos idoles, maintenant, le monde entier fait de vous des tueurs aux mains nues. Quel boucher nouveau de vos ciels allez-vous baptiser à Gaza?"

Depuis lors, Israël souffre d'une dichotomie mortelle de son capital psychogénétique. Car Jahvé est le fils aîné d'Amon Râ. Et c'est à l'école de son père qu'il avait dit, lui aussi, mais à son porte-parole en Judée, un certain Abraham, qu'il accepterait des bœufs et des agneaux à la place d'Isaac sur l'autel des sacrifices; et maintenant, Jahvé le boucher est descendu à son tour au sépulcre où sa dépouille mortelle repose aux côtés de celle d'Amon Râ. Et Israël se dit: "Suis-je donc un voleur privé de laveur, de rinceur et de lessiveur dans les nues, suis-je devenu un brigand et un assassin solitaires? Jahvé le nettoyeur m'avait donné un vaste territoire ; et voici que mon Dieu mort a fait de moi le tueur sans ciel de Gaza."

18 - Le Tartuffe de Molière vu par la simianthropologie

Le pithécanthrope et l'anthropopithèque s'époumonent désormais à glorifier les autels de substitution que leur forge une vaine grammaire, celle des idéalités épuisées de la démocratie. Voyez leur embarras: croyez-vous qu'Elie Wiesel est devenu un Jérémie tout piteux et contrit de Jahvé ou bien qu'il en est réduit à pleurer sur les victimes du sacrifice? Les trépassés, eux aussi, se retournent maintenant tout seuls dans leur tombe et leurs ossements putréfiés se vengent de l'alliance rompue de leur sacrificateur géant dans les nues avec les meurtriers qu'il blanchissait sur la terre. Voyez, les champions de leurs phonèmes en sont réduits au rôle de dévots orphelins de leur boucher. Ils gémissent et se voilent la face au spectacle du complot que les dieux morts fomentent désormais contre le peuple d'Israël, l'ancien complice des autels de Jahvé.

Le pithécanthrope privé du sang absolutoire d'Amon Râ suera-t-il longtemps sang et eau à se trouver une sainte nation pour autel de ses meurtres sacrés? On cherche un ciel à l'usage des piétés naufragées des trois monothéismes. Le pithécanthrope en sera-t-il réduit à un tueur livré aux seuls propitiatoires de sa patrie à Gaza ? Dans quelle eau lustrale va-t-il se baigner maintenant ? Deviendra-t-il à lui-même un interlocuteur ratatiné des offertoires herculéens d'autrefois ? Comment se purifiera-t-il dans son essence meurtrière rabougrie s'il ne lui reste que ses idéalités faussement séraphiques à peindre sur son blason de chevalier patenté de sa propre sainteté? Le voilà réduit au rang de seul auteur de ses crimes rapetissés , le voilà seul à porter le cadavre de son dieu sur son dos. Comment retrouvera-t-il jamais le Dieu tueur qui l'absolvait du meurtre de son frère?

19 - L'abattoir et le jardin des supplices de la démocratie

Ne croyez pas un mot à la tartufferie édulcorée du faux dévot de Molière: ce héros du ciel encore à l'eau de rose des chrétiens manque de la profondeur simianthropologique qui l'attend dans la postérité infernale du trépas des idoles du pithécanthrope et de l'anthropopithèque. En vérité, l'auteur du Tartuffe ne s'est livré qu'à une pâle caricature des nations doublées par leur dieu des bouchers à Gaza. Certes, la prêtrise meurtrière qui habite les officiants des abattoirs de la Démocratie se glisse encore en catimini dans l'ossature de leur nouvelle piété. Mais ils ignorent que, depuis des millénaires, le vrai Tartuffe, c'est l'idole lovée dans la sainteté de ses immolations rédemptrices. Voyez comme le Dieu assassin se veut tout confit en dévotions dans son ciel et sur la terre. Elvire croyait démasquer un ripailleur du ciel dans la maison d'Orgon. Mais le goinfre au chapon appelait tout soudain sur sa carcasse pécheresse le torrent entier des souffrances rédemptrices et des outrages salvifiques que divinisait le Dieu crucifié des dévots et il se faisait une forteresse imprenable des insultes mêmes dont le monde entier s'acharnait à accabler sa sainteté.

En ces temps reculés il était encore payant de se frapper la poitrine et de se proclamer le pire des pécheurs que la terre ait jamais portés. Mais tous les dieux de la mort récompensée ont succombé à Gaza ; et le pithécanthrope scindé entre le ciel et la terre ne sait plus comment se donner son créancier schizoïde au royaume des cieux. Où est passée la potence qui le tuait et le rachetait ? Pourquoi persévère-t-il à se clouer sur le gibet de son banquier de la mort ? Pourquoi cherche-t-il sans relâche l'eau lustrale de son prêteur à gages, Jahvé le tueur ? Quand Israël retrouvera son errance pécheresse sur cette terre, comment reconquerra-t-il la palme de son immortalité souillée, celle de son effigie à jamais maculée?

20 - La France et l'anthropologie transcendantale

Mais la France dichotomique n'habite-t-elle pas, elle aussi, son ciel bipolaire, la France ne campe-t-elle pas à son tour dans le royaume biphasé de ses Evangiles, ceux dont elle s'est dotée en 1789 et qui a fait d'elle le don Quichotte bifide de la démocratie mondiale? Décidément, la France blottie dans sa charpente osseuse habite le temple des tributs qu'elle paie au Dieu des idéalités qu'elle est devenue à elle-même. Et si l'arène qu'habitent toutes les nations du monde n'était autre que la camisole de force de l'histoire de leur sang, reverrons-nous le peuple biblique transporter sa sainteté vagabonde sur la terre?

Quel observatoire de la coquille cérébrale du singe évolutif que le Concile de Durban II ! L'anthropopithécanthropologie critique et son frère jumeau, la pithécanthropologie socratique, ont suivi un long chemin de croix. Et voici qu'elles accèdent à la maturité de leur méthode, tellement la connaissance transanimale des faux fuyards de la zoologie se chauffe au bois de la potence sur laquelle les cloue l'Histoire de leur sang.

Souhaitons un avenir fécond à l'anthropologie transcendantale. Puisse cette jeune science se mettre à la double école du tragique et du rire; puissent les simianthropologues de demain accomplir l'exploit de faire dévaler l'Occident dans la postérité encore indéchiffrée de Gaza . Alors nous assisterions à l'aube de la première civilisation des dieux morts , celle qui, de siècle en siècle, verrait naître des visionnaires de l'encéphale du seul animal livré au meurtre par la fausse sainteté de ses miroirs cérébraux . (Voir La Caverne, Bibliothèque des Idées, Gallimard 1974) .

11 mai 2009

http://pagesperso-orange.fr



Mardi 12 Mai 2009


Commentaires

1.Posté par Quetzal Colt le 11/05/2009 15:37 | Alerter
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Merci. Je vais le mettre sur mon site.
Voir Daily motion : Elisabeth Levy VS Dieudonné...inénarable il faut voir et écouter ! ! !
Ils ne savent même plus qui envoyer pour le contrer (Finkelkraut, BHL ? A la poubelle ! ) Ils n'oseront plus jamais Arno Klarsfeld, le bouffon des couillons, le boulet de leurs méfaits, le bourrin des irrécupérables crétins qui leur servait de chien-chien. Trop con décidément.
Défoncé jusqu' aux yeux de tous les journalistes qui le recevaient, des interlocuteurs qui lui répondaient (tentaient) et des spectateurs, médusés, qui le regardaient bafouiller des onomatopées dignes de Spirou chez les fous...
Ils n'ont rien trouvé de mieux, donc, que d'envoyer au front une illuminée survitaminée si facile à coincée...Dieudo à été vachement cool à son égard, et c'est tout à son honneur de ne pas la ridiculiser sur place en omettant des FAITS INDISCUTABLES ! ! ! ! ! !
Vive l'anonymat des urnes pour leur casser les burnes.
VIVE LA FRANCE METISSEE DANS LA JUSTICE ET LA TOLERANCE ! ! ! ! !

2.Posté par Quetzal Colt le 11/05/2009 15:45 | Alerter
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Suite : J'oubliais, je suis français vrai de vrai (Pur breton-bourguignon) et je préfère vivre en multicolore qu'avec des trous duc incolores. Merci.

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