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Le peuple souverain est interdit: la macronie contre la démocratie (2ème et 3éme partie)


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Dimanche 15 Décembre 2019 - 00:12 DELEVOYE = RENDS L’OSEILLE ET TIRE-TOI !



Jean-Yves Jézéquel
Mercredi 1 Mai 2019

Une stratégie contre-insurrectionnelle est pratiquée par le Pouvoir en place. Il organise la « crise » permanente pour éviter la crise effective du changement radical de pratique gouvernementale. Il déstabilise pour se stabiliser lui-même. Il provoque le chaos volontaire pour imposer un ordre absolu: le sien!

Le peuple n’est pas à l’origine du soulèvement, c’est davantage le soulèvement qui fait le peuple en suscitant, en éveillant l’expérience et l’intelligence communes, un corpus d’humanité avec le langage de la vie réelle, avec ce qui précisément avait disparu de la société décadente, en voie d’effondrement…

Le mouvement des Gilets-jaunes est d’abord la célébration des retrouvailles citoyennes. Ces retrouvailles avec la puissance d’humanité, le dynamisme collectif, la complicité des ressentis, le partage du vécu, à travers leur consistance et leur intelligence, place le Pouvoir face à son impuissance en déjouant pas à pas toutes ses manœuvres de dressage qu’il pratique pour conserver la main. Les vérités humaines s’éprouvent, elles ne se prouvent pas.

Lorsque Occupy Wall Street agissait, ce mouvement ne revendiquait pas, il disait simplement le dégoût de la vie dégénérée que l’on impose aux gens. Il s’agissait de se saisir ensemble de notre commune condition: celle d’être chacun « réduit » au rang d’esclavagiste de soi-même, d’exploiteur de soi-même, d’abuseur de soi-même, de proxénète de soi-même et de sa force de travail… Prendre conscience de cela c’était un bouleversement existentiel qui reconnaissait la nullité éthique absolue de l’Occident judéo-chrétien dégénéré…

Si des adolescents, remplis d’idéal et d’espoir d’un monde juste et respectueux des valeurs de l’intériorité, se sont fourvoyés par ignorance et manque d’expérience, dans le « djihad », croyant prendre les armes au nom de la cause supérieure de l’homme se référant à un divin, pouvons-nous leur en faire le reproche aujourd’hui? Lorsque l’on entend les doléances des GJ, on écoute impuissant la litanie des conditions suicidaires de vie infligées à la classe majoritaire des exploités et des maltraités par le fascisme ultra libéral dominant la société pervertie. La révolte des GJ est éthique avant d’être politique.

Voilà pourquoi, les GJ doivent opposer à l’austérité du programme qui leur est imposé, une autre idée de la vie, comme celle qui consiste à partager plutôt que d’économiser, à échanger entre nous plutôt que de se taire chacun dans son coin, à se battre ensemble plutôt que de subir la répression et le joug des régimes totalitaires qui se sont emparés du pouvoir, à fêter nos victoires sur le Pouvoir en place plutôt qu’à s’en défendre, à amplifier le contact plutôt qu’au replis sur soi et à la réserve par peur d’être encore plus maltraité. Il s’agit, comme disait Evo Morales, de « bien vivre » plutôt que de « mieux vivre ». Dans cette éthique sociale il y a une politique absolument dissuasive pour le Pouvoir!

On sait comment procède le Pouvoir face à une révolte: il tente de prendre le contrôle symbolique du mouvement en lui attribuant certaines vertus et en disant ce qu’il n’est pas du tout, dans un premier temps. Puis, le temps est venu très vite qui était l’étape suivante consistant à l’enterrer, par le premier « dérapage » volontairement provoqué grâce à des gens spécialisés dans ce type d’opération « false flag ». L’indignation a été provoquée, entretenue, recherchée à dessein au sein de la masse profonde de la société dérangée dans sa conscience d’écorchée vive. Ainsi l’impuissance et le mensonge se mettaient à régner sur le mouvement sali par les experts en destruction massive de l’éthique légitime qui se trouvait au point de départ du mouvement de révolte.

Le Pouvoir installait son propre mensonge au cœur de la société en suscitant l’homme indigné! On se souvient de cet exemple parfait représenté par la réaction de Luc Ferry, qui indigné, basculait dans le mensonge sans hésiter, se demandant pourquoi les policiers ne tiraient pas sur les GJ en utilisant leurs armes! Un peuple en colère fait la révolution. Un peuple « indigné » proteste dans l’impuissance.

Lorsque nous regardons la télévision, au service du Pouvoir usurpé en place, nous vivons une expérience d’impuissance en étant contraints d’écouter les inepties et les mensonges du système sans pouvoir répliquer. La « gouvernance représentative », l’Assemblée Nationale, c’est exactement cela: une Assemblée d’impuissants qui se réunit pour écouter les sottises de la «majorité présidentielle», parfaite supercherie qui a fatalement entraîné les injustices à répétitions… Rien de bon ne peut sortir d’une assemblée qui est déjà corrompue par le simple fait d’être là pour servir le projet d’un mensonge organisé en Pouvoir illégitime.

Le mouvement des GJ capable de se mobiliser pour nourrir des milliers de personnes sur les ronds-points, de s’auto-organiser au quotidien pour un roulement de la présence sur place et par tous les temps, de construire des abris pour y passer les nuits, de prendre soin des blessés, de se réunir pour échanger, de mettre en commun les compétences et les moyens… signe déjà la véritable victoire politique des GJ qui ne prétendaient pas faire de la politique en allant dans la rue et sur les places, les ronds-points, les villes et les villages de France…

La macronie est un régime policier qui se prend pour une « démocratie », sans complexe et avec l’arrogance propre à son leader se prenant pour le Président de la République Française.

La souveraineté réside dans le peuple, mais celui-ci ne doit surtout pas l’exercer, dit Macron, en affirmant que la « démocratie est représentative » et qu’il ne faut pas « l’affaiblir » par cette lubie « populiste » du RIC en toutes matières qui est tombé là comme un cheveu sur la soupe. La gouvernance représentative est le propre de l’aristocratie et la gouvernance participative le propre de la démocratie.

C’est un gouvernement invisible qui dirige en réalité le pays: celui des manipulateurs d’opinions. Cette manipulation est rondement menée, intelligemment menée, rationnellement menée, consciemment menée sur les opinions, mais aussi sur les habitudes organisées des masses. Pour ce gouvernement invisible, gouverner c’est piloter les comportements d’une population, conduire sa conduite et lui indiquer où se trouve sa « liberté », en l’engageant sur le seul chemin possible du dressage et de la soumission acceptée grâce à ce leurre spectaculaire du conditionnement ou de cette « fabrique du consentement » volontaire…

Ainsi, tout naturellement, ce qui résiste à ce conditionnement ou à cette fabrique du consentement, sera traité de « terrorisme ». Les Castaner et Cie ont déjà lancé cette appellation en parlant des GJ , disant qu’ils « se faisaient les complices du terrorisme » en continuant à manifester samedi après samedi! Mais cela n’a pas marché, malgré l’apparition soudaine d’un épisode terroriste à Strasbourg en plein mouvement des GJ. Cet échec du Pouvoir à faire passer le mouvement de révolte des GJ pour « terroriste », ne pouvait que décrédibiliser davantage ce Pouvoir macronien de plus en plus perçu, par une écrasante majorité de Français, comme illégitime, incompétent, amateur.

Nous devons cesser d’exiger quelque chose du Pouvoir. Nous devons agir par nous-mêmes, sans l’avis de ce Pouvoir actuel en place que nous devons ignorer. Tous nos blessés, tous nos frères maltraités par une police devenue une milice, par un appareil judiciaire qui a trahi son rôle indépendant en acceptant les ordres et directives du Pouvoir illégitime de la gouvernance représentative, ne l’ont pas été en vain, si c’est nous désormais qui tirions au sort les personnes qui feront l’Assemblée Constituante chargée d’écrire une nouvelle Constitution pour la France. Le Pouvoir peut tirer sur le peuple et le blesser gravement au nom même du peuple, parce qu’il est construit sur le principe d’une gouvernance représentative et non pas participative. Tant que nous serons dans une aristocratie ou théocratie, ce qui revient au même, la légitimité du Pouvoir se réclamant d’un principe supérieur, celui de « l’innocence » liée à l’exercice du pouvoir au nom d’un principe étatique se réclamant lui-même d’une abstraction, d’une transcendance, celle de l’État devenu le « pontife de la société laïque », réclamant l’immolation du désir des « sujets » en échange de leur soumission, nous ne serons pas en démocratie qui par nature est participative, c’est-à-dire, faisant valoir justement le « désir » des personnes qui a été confisqué par le système de gouvernance représentative…

La fonction de l’insurrection, c’est de destituer le Pouvoir en le privant de son fondement. L’insurrection démantèle les appareils du Pouvoir et ses symboles, mais aussi ce qui les justifie. Il faut abaisser ce gouvernement représentatif au niveau où se trouvent les insurgés, en acculant la police à n’être qu’une milice de voyous et l’appareil judiciaire, une association de malfaiteurs.

Nous ne devons pas faire la Révolution au nom de quelque chose. Car cela entraînerait un type d’organisation qui serait immédiatement ciblé comme la « légitimité » à abattre, le pôle à inverser, l’élément intrinsèque propice à la métamorphose en ce qu’il prétend combattre. Car, en réalité, nous n’avons pas besoin de gouvernance. Les humains ne sont pas obligatoirement des pervers et des loups pour leurs frères en humanité. Ils peuvent s’organiser sans avoir besoin d’un Pouvoir qui les conduise à l’image du troupeau de moutons qui est conduit par le berger éternel! Chaque citoyen responsable peut animer la vie commune par sa responsabilité et c’est cela le fondement de la légitimité d’une « gouvernance participative », la démocratie.

L’échec cinglant du système aristocratique ou « pontificaliste théocratique de l’État de droit », se voit déjà dans le fait de la monnaie unique européenne. Le pouvoir n’est même plus entre les mains de gens identifiables et identifiés, ceux que l’on voyait auparavant imprimés sur les billets de banque, désormais ce sont des bâtiments, des ponts, des constructions architecturales qui sont imprimés sur les euros, car le Pouvoir est désormais dans les infrastructures de ce monde et de ce fait il est devenu invisible, beaucoup plus difficile à cibler et à faire tomber. Les politiques, ces « élus » de la comédie politicienne, sont donc là pour un leurre, celui de la distraction et de la diversion, car ce ne sont pas eux qui exercent le vrai pouvoir sur nous les citoyens dépouillés de notre souveraineté depuis longtemps morte et enterrée. Le Pouvoir n’est plus dans les Institutions, il est dans l’organisation même de ce monde. Ce Pouvoir invisible n’a donc rien de secret (rien de la conspiration) puisque nous savons qui il est et où il est: dans l’organisation elle-même de ce monde modelé par une idéologie qui transcende les esprits devenus incapables de s’émanciper de son emprise s’exerçant sur eux grâce à son « invisibilité »…

C’est pour cela qu’un peuple peut se passer parfaitement d’un gouvernement, puisque le gouvernement est dans l’organisation du monde lui-même. Le gouvernement n’est plus dans le Gouvernement même représentatif! Macron pourrait dégager du jour au lendemain et rien ne changerait à la situation telle qu’elle est aujourd’hui. La misère du peuple serait la même. C’est aussi pour cela que dès qu’un mouvement de révolte s’attaque au cadre de la vie quotidienne, cette infraction devient un sacrilège provoquant des cris et protestations de la bien-pensance. Pourtant, si dans les émeutes, le besoin de « casser » est irréductible, cela provient justement de la perception plus ou moins ressentie de cet état de choses: que le Pouvoir est dans l’organisation elle-même de ce monde. S’attaquer à cette organisation c’est donc s’attaquer au Pouvoir lui-même. Le Pouvoir s’est fondu dans le décor et respecter ce décor, comme étant quasi sacré, veut dire respecter ce Pouvoir que l’on condamne, que l’on rejette, auquel nous n’accordons aucune légitimité, parce qu’il n’est pas la vie, mais l’enfermement de la vie et sa mise à mort symbolique en l’identifiant avec l’objet qui en soi est froid, vide de sens et de conscience capable de surconscience, de sacralisation…

L’insurrection, c’est la vie quotidienne qui se réinvite dans l’action et par l’action insurrectionnelle, bousculant le cadre rigide du Pouvoir descendu dans l’organisation de ce monde. Une insurrection c’est d’abord une capacité à l’auto-organisation de la vie commune qui de ce fait ravage les infrastructures du Pouvoir descendu dans les formes. Cette capacité à l’auto-organisation provoque un blocage du Pouvoir, car celui-ci est dans l’organisation de ce monde. Si je vais dans l’auto-organisation je sors de l’organisation, je m’en émancipe et le Pouvoir se retrouve sans pouvoir.

Si nous créons une auto-organisation généralisée de la Nation, nous évacuons purement et simplement la nature même du Pouvoir, comme si nous tirions la chasse des WC de la dépendance après s’en être débarrassée pour notre aisance.

Si le Pouvoir actuel dépend des flux, bloquons les flux, que ce soit directement ou indirectement. Directement c’est en bloquant les sites. Indirectement c’est en cessant d’utiliser les flux obligés, dominés, contrôlés par les dominants. On peut s’attaquer physiquement à ces flux en n’importe quel point du système, même sans bouger de chez soi, et grâce à cela attaquer politiquement le système dans sa totalité.

De là provient la réflexion suivante. Nous devons donc faire appel à ceux qui parmi nous ont une connaissance technique importante de l’organisation de ce monde. Cette connaissance nous permettrait de mettre hors d’usage ce que cette organisation a mis en place pour notre dépendance et notre dressage à la soumission. Cela nous donnerait aussi le temps de nous auto-organiser en toute indépendance, abolissant le lien matériel au Pouvoir et le lien politique qu’il crée de cette manière à nos dépens. Nous ne devrions pas craindre la pénurie si nous savons nous auto-organiser dans la solidarité et l’échange des compétences. Il s’agit de sortir d’une situation de survie pour aller vers une situation de vie. Si nous avons avec nous les savoirs techniques stratégiques, nous pourrons oser tout bloquer. Seule une force collective peut savoir comment fonctionne un système. Une fois devenus capables de comprendre comment fonctionne l’ensemble du système, nous pourrons le bloquer pour en sortir et mettre en place un nouveau rapport au monde, non marchandisé, mais en « communaux collaboratifs » auto-organisés et indépendants de tout pouvoir oppresseur et exploiteur.

Nous devons cesser de vivre dans l’ignorance des conditions de notre existence. C’est en sachant comment nous en prendre à l’organisation de ce monde que nous nous débarrasserons du Pouvoir qui s’y trouve et qui pénètre ainsi à loisir le coeur de chaque personne liée au système.

Les grands réseaux sociaux dominants ont été promotionnés pour occuper la place de la police. Pourquoi? Parce qu’une fonction policière permet au Pouvoir, qui est à l’intérieur de l’organisation du monde, de garder le contrôle sur cette organisation. Mais, là aussi, l’auto-organisation solidaire peut détourner cette fonction à son profit, comme les rassemblements des GJ l’ont réalisé.

Puisque le Pouvoir veut conduire la conduite des personnes, dépouillées de leur souveraineté citoyenne, il suffisait pour lui d’installer le contrôle par le traitement algorithmique des informations disponibles sur elles, sans avoir besoin de faire confiance, la confiance étant remplacée systématiquement par la surveillance. Ce gouvernement que l’on peut nommer « cybernétique », prépare la catastrophe assurée, puisque sa finalité est d’abord d’empêcher toute contestation, tout esprit critique ou divergent, pour créer perpétuellement un contrôle des systèmes par la circulation obligatoire des informations sur soi-même, faisant définitivement abstraction d’un droit de la protection naturelle de ses données et de leur confidentialité…

Ce système cybernétique qui se met en place, soigne les apparences en nous laissant croire que nous pouvons toujours communiquer librement entre nous, mais le projet ouvertement affiché c’est de « réinventer les systèmes sociaux dans un cadre rigoureusement contrôlé » (Déclaration d’un expert du MIT).

La police cybernétique prévoit d’agir directement sur le virtuel afin de structurer les possibles. Prochainement, ceux qui refuseront d’utiliser Google, Amazon, Facebook, Apple, seront traités en suspects, déviants, divergents, voire même « terroristes » potentiels.

Tous ceux qui refuseront d’avoir un profil virtuel, un smartphone ou un contact habituel avec des systèmes de données online, seront suspectés d’avoir quelque chose à cacher et donc susceptibles d’enfreindre la loi! La mesure « antiterroriste » consistera alors à créer un fichier des « gens cachés ». Si vous n’avez aucun profil sur un réseau social, cela entraînera ipso facto des fouilles approfondies lorsque, par malheur, vous vous présenterez dans un aéroport. Cela pourrait même aller jusqu’à vous interdire carrément de voyager!

Il faut encore ajouter que le désert humain a été poussé à un point extrême pour avoir rendu désirable, chez un grand nombre, l’existence par et sur les réseaux sociaux! La liberté et la surveillance relèvent au final du même paradigme de la gouvernance par l’organisation du système. Pour nous, actuellement, dans ce monde qui est le nôtre, il n’y a de liberté que surveillée.

« Le pacifisme ment et se ment en faisant de la discussion publique et de l’assemblée le modèle achevé du politique », dit le Comité Invisible, dans « A nos amis », 2014, p.137.

C’est au nom de la paix qu’ont été menées les plus sanglantes campagnes d’extermination. Nous devons nous souvenir que nous avons naturellement un système immunitaire qui nous protège de tout corps étranger, de tout virus, de toute attaque auto-immune et qui se charge d’éliminer ce qui n’est pas reconnu comme ami au cœur de la complexité de notre organisme vivant. Le système immunitaire fait une fois l’expérience gravée dans sa mémoire de ce qui est du soi et de ce qui n’est pas du soi, de ce qui constitue un élément ami. Lorsqu’un élément inconnu de sa mémoire se présente à lui, il est considéré comme ennemi et l’élimine.

Nous devons nous inspirer de cette loi naturelle qui assure l’harmonie et la cohérence ou l’homéostasie de ce corps complexe qui nous constitue. Il nous faut donc une stratégie qui vise, non pas cette nouvelle gouvernance noyée dans l’organisation de ce monde, mais sa propre stratégie, afin de la retourner contre elle-même. Ce pouvoir diffus, noyé dans l’organisation du monde, doit croire qu’il gagne au moment même où il sera entrain de perdre.

Les révoltés, les révolutionnaires, les dissidents de ce monde-là constituent à la fois l’enjeu du Pouvoir et sa cible. Les GJ et tous ceux qui les soutiennent, sont ceux qu’il doit conquérir ou dresser pour les contrôler. En réalité, il n’y a personne à organiser, nous sommes nous-mêmes la force qui grandit de l’intérieur, qui s’organise elle-même et se développe de l’intérieur. La répression policière tente toujours de séparer les « gouvernés » de leur puissance politique à agir, en isolant ceux qu’elle qualifie de « violents », alors que l’agir politique est en soi une violence faite au système qui veut l’inaction, la sidération, la pétrification des individus et leur silence accompli.

Chaque fois que la répression tombera sur l’un d’entre nous, qu’il sache que le système cherche simplement à le séparer du reste des hommes afin de pouvoir le ficher dans une identité politique même fictive, mais lui permettant par la suite de nous éliminer sans chercher à rien comprendre de nos motivations. Il est indispensable d’habiter pleinement ce que nous pouvons acquérir par le combat politique, faute de quoi, le Pouvoir s’en ressaisira pour y réinstaller sa dominance et prédominance, du moins tant qu’il pourra exister et en attendant de l’avoir définitivement anéanti.

Puisque ce monde est traversé par un ensemble de flux, il est donc devenu un immense réseau. Ce qu’il faut en même temps comprendre, c’est la mobilité et non sa présence sur un lieu géographique quelconque.

« Puisque le projet d’une totalité organisée s’effriterait à sa base, c’est depuis la base, depuis des bases sûres et connectées entre elles que l’on reconstruirait la nouvelle organisation mondiale, en réseau, de la production de valeur. » (Idem, p. 177)

S’organiser serait donc trouver des gens qui travaillent ensemble, qui s’entendent sur les projets de vie, qui apprennent à se connaître honnêtement, qui recruteront d’autres personnes ayant les mêmes motivations, qui formeront des réseaux de connivences, qui créeront une nouvelle société émancipée du monde orwellien de la surveillance et du dressage.

Maintenant, il nous faut ajouter que l’innovation, la création, la fécondité des valeurs n’ont jamais aussi bien fonctionné que sur un tas de ruines.

Le capitalisme sauvage ne se pose plus le problème de la « société », car selon lui, celle-ci est verrouillée pour longtemps; il se pose désormais la question de la « gouvernance ». Pourquoi l’enjeu de cette révolution présente est-il majeur?

Parce que dans les villes, il y a ceux qui sont nantis et qui font fructifier leur capital important de privilégiés et les autres qui sont devenus les « inemployables », les « chômeurs de longue durée », ceux qui sont inutiles, encombrants, ceux que peu à peu on relègue dans des zones que l’on finira par boucler en les surveillant par drones, hélicoptères et opérations policières musclées pour casser du dissident. La société sera partagée en « populations à risque » et en « populations au fort pouvoir d’achat ». Une certaine classe moyenne sera absorbée par les classes populaires afin de pourvoir aux besoins de « l’élite ». C’est ce scénario qui se profile à l’horizon. Il est donc grand temps de s’y mettre pour briser cette logique apocalyptique. Le partage a déjà été fait entre ceux que l’on veut faire vivre et ceux qu’on laisse volontairement mourir.

Les GJ font partie de ceux que l’on veut voir mourir d’eux-mêmes: donc, ce Pouvoir est content d’entendre les revendications des GJ, car elles prouvent bien qu’ils sont entrain de crever effectivement. Le plan a donc bien fonctionné, il a été efficace et le but a été atteint.

Voilà pourquoi, Macron ne veut absolument pas changer de cap, puisque ce qui était recherché a été atteint! En manifestant, les GJ donnent au Pouvoir l’occasion de précipiter leur mort, si à un moment donné le Pouvoir parvient à légitimer l’usage des balles réelles sur cette « foule haineuse » dont il faut à tout prix se débarrasser…

Pourquoi donc, tous ceux qui découvrent qu’ils sont voués à l’extermination sociale, devraient-ils continuer à se laisser gouverner? Pourquoi ne prendraient-ils pas les armes à un moment donné? C’est ce à quoi il faut logiquement s’attendre. Tout est fait pour provoquer la guerre civile en France.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, le Pouvoir a peur de la sécession. Il a peur que ces populations d’indésirables ne se regroupent hors des villes et ne constituent des organisations autonomes, en rupture complète avec le modèle ultra libéral dominant. C’est cela sa hantise actuelle et il cherche à détruire cette convergence de la dissidence sécessionniste. Il ne s’agit pas de se laisser aller à une marginalité inoffensive pour le système. Il s’agit d’habiter un territoire et d’assumer sa configuration située du monde, notre façon d’y vivre et d’y demeurer, nos valeurs, nos vérités, et à partir de cela entrer en conflit ou en complémentarité avec les autres entités sociales du monde. Il s’agit de se lier stratégiquement aux autres zones de dissidence, comme la communauté de Marinaleda en Espagne le fait avec le Venezuela, Ecuador, Bolivia… Il s’agit de communiquer avec ces autres contrées amies, sans frontières. La sécession peut rompre avec la conception ancienne du territoire national. Il s’agit de se regrouper en archipels de communautés de destin, même si des milliers de km nous séparent… On a évoqué le village de Marinaleda qui vit déjà cette expérience depuis les années 70; on peut aussi citer celui de Tarnac en France; on peut encore citer le Val de Suse en Italie. Ce qui lie tous ces gens, ce sont les mêmes gestes de la résistance, les blocages, les occupations de terres abandonnées, l’émeute insurrectionnelle par la création de territoires innovants coupant l’herbe sous les pieds des mégapoles voraces et dominantes.

Les zapatistes du Chiapas ont réussi leur insurrection contre le désastre ultra libéral, en décidant de sortir du cadre national Mexicain et donc en s’extrayant de la situation de la « lutte locale » contre le « mondial ». Ils se sont liés à beaucoup d’autres forces dispersées à travers le monde. Le Pouvoir mexicain était du coup impuissant sur son propre territoire et au-delà de ses frontières. Nous pourrions aussi, nous Français, opérer ce genre de chose, car cette expérience est reproductible comme elle se fait depuis les années 70 à Marinaleda en Espagne.

L’État n’est qu’une mafia qui a vaincu les autres mafias en gagnant le droit de les traiter en criminelles. C’est notre organisation quotidienne dans la complémentarité qui nous fait découvrir que l’État est inutile, que le gouvernement est superflu, que sans lui la coopération devient aussitôt naturelle.

Les communaux collaboratifs c’est la promesse faite entre des personnes de se tenir ensemble, se jurant assistance; c’est s’engager à se soucier les uns des autres et à se défendre contre tout oppresseur. Une commune c’est un serment commun. Le communal collaboratif c’est le serment de se confronter ensemble au monde. C’est compter sur ses propres forces communes pour s’assurer la liberté, l’égalité et la fraternité. Il s’agit d’une qualité de lien et une façon d’être dans le monde. La commune de Paris en 1871 c’était cela : des gens qui ont consenti à se lier les uns aux autres.

Les communaux collaboratifs doivent à la fois faire exister leur originalité territoriale en dehors de l’ordre global, tout en constituant des liens forts avec les autres consistances locales… Le communal est un « commun », c’est-à-dire ce qui ne peut pas être possédé en propre. Il n’est « commun » que s’il permet de s’exprimer, à travers lui. La situation actuelle d’un grand nombre va entraîner un retour massif de l’économie sociale et solidaire. Il faut faire attention de n’être pas entraîné dans ce qui a été instrumentalisé par la Banque Mondiale en Amérique du Sud, pour une « pacification politique à bon marché », comme prévention à l’insurrection.

« La commune est l’organisation de la fécondité : elle fait naître toujours plus que ce qu’elle revendique. » (Idem, p.221)

Un esprit unifié, opérant en commun son projet, produisant une richesse commune avec le bonheur de le rendre réel pour tous, met fin à l’économisme marchand en faisant de l’amitié une priorité de la vie sur la nécessité des besoins… Nous organiser est une puissance qui rend joyeux. Cette fécondité qui a été anéantie par le capitalisme sauvage est le cauchemar de la gouvernance représentative ayant assuré le triomphe de ce désastre humain que l’on appelle ultra libéralisme. Cette organisation en communaux collaboratifs est vu comme un danger à ruiner coûte que coûte. Voilà pourquoi, nous devons anticiper la résistance et prévoir ses moyens. Le secret, c’est qu’il faut aller voir ailleurs, aller à la rencontre des autres qui font la même démarche. Il faut discerner les mouvements qui convergent, les communes amies, les alliances possibles, les résistances nécessaires selon une logique de la stratégie et non pas de la dialectique. Il ne faut pas de leader particulier; pas de tête que le Pouvoir pourrait couper; pas d’individu à isoler pour tuer un mouvement. Notre organisation doit rester polynucléaire, sans hiérarchie, communaliste, diffuse, invisible au sens institutionnel. En fait, la guerre de tous contre tous n’est pas ce qui vient quand l’État n’est plus là, mais c’est ce qu’il organise habilement tant qu’il existe.

Le peuple souverain est interdit. 3ème partie

Tous les lieux physiques dans lesquels le Pouvoir de la gouvernance représentative s’exerçait devraient être bloqués, barricadés, fermés. Ce qui doit remplacer tout cela c’est une nouvelle idée de la vie en commun. Il s’agit de concevoir autrement l’activité collective. La nécessité individuelle de « devoir gagner son pain à la sueur de son front », doit être abolie. Cette histoire de « réindustrialisation » et de « compétitivité » est à dormir debout, elle n’a aucun sens dans le contexte qui se dessine actuellement. C’est l’organisation même de la vie collective qui doit assurer à chacun ce qui lui est nécessaire pour vivre bien. Cela veut donc dire « abolition du salariat ». L’égalité devant les moyens peut se faire avec quelques clics sur les serveurs centraux des grandes banques du pays, confisquées et mises au service du peuple. La condition du bourgeois n’est en rien désirable. L’argent inaccessible pour le grand nombre a créé l’envie malsaine de posséder. Chacun peut recevoir une « dotation inconditionnelle d’autonomie », pourvu qu’il ait le choix de se rendre solidaire avec ses frères et que l’argent soit aux marges car l’économie capitaliste doit elle aussi être abolie ou subvertie. Ce revenu comme dotation d’autonomie ne serait utile qu’au début du bouleversement sociétal à venir. Une fois la société nouvelle créée, ce revenu serait inutile et il faudrait même le faire disparaître à son tour pour éviter qu’il ne préserve l’idée même du capital. L’économie, telle qu’elle a été conçue jusqu’à présent, est essentiellement la science du contrôle des esclaves, la science de l’asservissement. C’est la raison pour laquelle son outil principal était la mesure dont la valeur marchande n’était que le moyen. Or, il faut mesurer pour contrôler, car le maître des esclaves doit se consacrer tout entier à la politique. L’économie qui organise la servitude est un mode d’organisation politique de la servitude. Abolir le capitalisme c’est donc abolir l’économie, la fin de la mesure, le chiffre totalitaire.

Si l’on peut vivre sans « devoir travailler », cela est considéré comme un désastre! Mais pour qui exactement? Pour les esclavagistes, pour les exploiteurs, pour les profiteurs, pour les mafieux, les pervers et les salauds… Les salariés devenus conscients qu’ils ont été sous la menace de la précarité en étant obligés de se vendre pour créer une richesse dont le bénéfice allait dans d’autres poches que les leurs, devraient ne pas hésiter à décider de vivre sans travailler. D’ailleurs le travail nécessaire disparaîtra de lui-même puisque la machine, le robot, la cybernétique remplace partout les travailleurs asservis. Au lieu d’être allongés sur les trottoirs en attendant de crever dans la rue, les travailleurs peuvent se détourner de ce monde du capitalisme sauvage et se réunir dans des communaux collaboratifs, et redécouvrir une vie commune solidaire, joyeuse, au centre de laquelle les relations humaines seront primordiales. Les voisins doivent devenir des collègues et des amis. La fin du « STO » du service du travail obligatoire, abattra la dictature de l’économie marchande et avec elle l’État, avec sa gouvernance représentative. L’État est en soi l’organisation centrale de la contrainte. En réalité l’espèce humaine n’a pas besoin d’État et l’expérience a déjà été faite de nombreuses fois dans l’histoire. La pire des choses qui puisse arriver à l’humanité esclavagisée c’est l’avènement de l’État. L’État n’est en rien nécessaire parce que l’homme est un sujet fabriqué en série par un type de gouvernance qui a imposé son anthropologie unique référentielle. Les imperfections de l’être humain s’estompent lorsqu’il se trouve dans la liberté avec tous ceux qui l’entourent, expérimentant de nouvelles formes d’existence dans lesquelles ce sont les vertus de chacun qui sont mises en avant et qui se complètent. La gouvernance représentative et son appareil d’État ne fait que maintenir le peuple à distance des décisions qui ne concernent que lui. Le peuple n’a qu’un seul ennemi mortel : l’État. La politique doit donc être transformée en un vaste champ d’expériences collectives dans lesquelles chacun aura sa part à donner, afin d’éviter que ne se forment des blocs frustrés de ne pouvoir faire entendre leur voix particulière et originale.

C’est aussi la raison actuelle pour laquelle, l’État mafieux détruit les communes, il fait une réforme des « communautés de communes » pour réaliser des « économies d’échelle », mais surtout pour briser leur autonomie en les plaçant sous le contrôle des métropoles plus importantes. Les volontés populaires doivent être réduites à néant. On casse volontairement la bonne échelle de la vie sociétale, au nom du capitalisme sauvage parasitaire financier au service de l’économie de marché qui ne profite qu’à un petit nombre vampirisant l’ensemble des forces vives de la Nation.

C’est pourtant à l’échelle des quartiers, des villages, des petites communes, échelle locale, que peut émerger une nouvelle façon collective de vivre, de mettre en commun des compétences, des besoins et les moyens de les satisfaire.

Le mouvement des « communaux collaboratifs » est une idée de coopérative intégrale dans laquelle s’organise non seulement les moyens de vivre, mais la vie elle-même tout entière! Les véritables rapports sociaux relèvent du domaine de l’amitié et de la convivialité, une bienveillance humaniste donnant sens. C’est là que se trouve l’issue, la voie, le chemin de la liberté et d’une nouvelle naissance de l’humanité. Avec le capitalisme sauvage parasitaire financier, il « n’y a jamais les capitaux » pour réaliser des projets, jamais de « crédits » pour faire ce qui aurait pourtant du sens. Si la peste du « profit » est éradiquée, chacun sera heureux de travailler dans le domaine qu’il aura librement choisi et sa vie prendra aussitôt un sens qu’il n’aurait jamais imaginé autrement: celui d’être là pour le bonheur de tous, celui de rendre la vie heureuse, celui du « bien vivre » en commun.

C’est l’État avec sa logique, en soi totalitaire, qui a compromis toutes les expériences tentées dans l’histoire pour cette façon de vivre.

L’erreur c’est l’État et sa gouvernance représentative. L’État c’est la faille qui a réussi à s’imposer à l’humanité en lui faisant croire qu’il était indispensable, alors qu’il constitue exactement la cause première de tous ses problèmes, sa réalité étant le fondement même nécessaire à l’existence du capitalisme sauvage parasitaire financier destructeur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Des formes de vie nouvelles s’inventent dans les « communaux collaboratifs », dans les quartiers et les communes, et ce sont ces inventions qui seront mises concrètement en œuvre dans tous les secteurs, comme la santé, l’éducation, la recherche, l’agriculture, l’énergie, la défense naturelle contraire à l’utilisation offensive de l’armée par le néo colonialisme actuel allant faire chez les autres des guerres illégales et commettant au nom du peuple des crimes contre l’humanité, comme en Libye, ou en Syrie, ou au Yémen…

Le centralisme jacobin français a été imposé par la classe des bourgeois et la marque des Girondins s’est gravée elle aussi dans le fonctionnement de l’État en faveur d’un libéralisme qui donnait priorité au commerce des affaires.

L’Assemblée nationale représentative ne peut rien résoudre, pour la simple raison que les parlementaires ne connaissent pas les sujets qu’ils doivent traiter. De plus ils sont les otages des lobbies, sous la pression permanente d’intérêts contradictoires. Le fonctionnement d’une Assemblée parlementaire interdit tout débat réel: on y voit surtout une foire d’empoignes dans laquelle personne n’écoute personne et chacun blablate dans le vide d’une cacophonie pitoyable… Les commissions spéciales ont le don d’enterrer les sujets car ces mini-parlements servent aux députés pour faire valoir les idées et objectifs de leurs partis respectifs qui sont très loin du souci des intérêts du bien commun.

Nous avons évoqué l’exemple connu de Marinaleda en Espagne, qui depuis les années 70 démontre que tout ce que nous venons de dire n’est pas irréalisable ou utopique, mais bien au contraire. Marinaleda est la démonstration de la vérité de ce propos et peut servir d’exemple inspirateur pour une nouvelle manière d’envisager la vie possible à réaliser en France. A Marinaleda, le chômage n’existe pas, alors que le taux de chômage dans le reste de l’Espagne est aux environs de 30%. Marinaleda n’a pas besoin de police, car chacun a sa place et est reconnu pour sa valeur personnelle: la délinquance ne peut pas exister et la police est inutile. L’ensemble des habitants de la commune se réunit à la maison communale afin de participer aux assemblées qui prennent les décisions: chacun donne son avis et chacun est entendu, c’est la démocratie participative directe.

Après avoir dit cela, il est maintenant nécessaire d’évoquer un autre exemple tout aussi parlant et qui se trouve en France, celui du fameux village de Tarnac.

L’histoire de Marinaleda a été évidemment mouvementée à ses débuts, tout comme celle de Tarnac. Mais cela est un gage d’authenticité.

La communauté collaborative installée à Tarnac avait entrepris les travaux de rénovations des habitations abandonnées de Tarnac: une opération de maçonnerie à grande échelle. En même temps elle attaquait les travaux des champs, puis elle se retrouvait pour les interventions et la réflexion politiques. Cette expérience était nouvelle en France et démontrait son succès éblouissant, indiquant la voie dans laquelle l’avenir en commun se révélait. Mais cela était contraire à l’idéologie du fascisme ultra libéral de la gouvernance représentative et esclavagiste qui voyait cet exemple comme éminemment dangereux et la preuve évidente du mensonge de l’État de droit. Le Pouvoir totalitaire voulait donc mettre fin à cette expérience dangereuse pour son projet de dominant et de prédominant. Tarnac devenait le symbole de la « sécession », de la « dissidence », d’une autarcie absolument incompatible avec l’organisation du pillage systématique des « citoyens vaches à lait ».

En novembre 2008, la ministre de l’Intérieur, Alliot-Marie, conseillée par Alain Bauer devenu l’éminence grise du débile Sarkozy (et cela en dit long sur la nature idéologique du pouvoir théocratique en France), décidait de mettre fin à cette expérience pourtant véridique, bonne, exemplaire, humaniste et profondément respectueuse de la vie… Un prétexte bidon, vite trouvé, allait permettre aux pit-bulls de la DCRI, fleuron de la criminalité légale de l’État français totalitaire, de débarquer à Tarnac avec hélicoptères, blindés, armés jusqu’au dents, pour arrêter tous les membres pacifiques de cette expérience de vie ayant redonné existence à ce village et à cette commune abandonnés.

Dans un arbitraire consternant, le « Pôle antiterroriste » était activé pour broyer un à un et une à une les membres de ce groupe de bienfaiteurs de l’humanité. Le groupe était martyrisé, déchiré, séparé, éclaté, par une pratique policière digne de la dictature française aux relents vichystes exécrables. Julien Coupat était détenu illégalement, mais grâce à la supercherie de « l’anti terrorisme », pendant six mois durant lesquels le juge Bruguière, très peu inspiré et digne représentant d’une pratique bornée de la justice à géométrie variable, se cassa les dents sur l’intelligence supérieure de Julien qui lui démontra la légitimité de cette communauté, le prétexte bidon de son arrestation ayant été vite démonté.

Tout citoyen, comme Julien Coupat, qui a fait de hautes études et qui se retrouve à la tête d’une communauté de jeunes désireux de vivre autrement que selon les critères du matérialisme capitaliste, ultra libéral, néo conservateur, à Tarnac en Corrèze, sera accusé publiquement de terrorisme! Tout citoyen ayant comme Coupat, des lectures dites « subversives », se verra attribuer, « à charge », cette « culpabilité »!

Julien Coupat était innocent mais en prison depuis plusieurs mois, alors qu’il n’y avait aucune preuve contre lui: c’était la présomption de culpabilité.

Un rassemblement à la sortie du métro Barbès avait été organisé au mois de janvier 2009 contre cette nouvelle affaire Dreyfus, pour la libération immédiate de julien Coupat innocent. A ce moment-là, 7 jeunes âgés d’une vingtaine d’années sortaient du métro. Mêlés au rassemblement, ils entendaient crier: « chopez-en dix ! » Ils étaient interpellés et traînés devant la justice. Maître Terrel soulignait à l’époque: « ils ne sont accusés de rien! Ni outrage, ni rébellion, ni violence! » Ils sont convoqués devant un juge pour « attroupement ». C’est le délit « d’attroupement » !!! C’est n’importe quoi, c’est délirant, c’est l’arbitraire d’un Pouvoir totalitaire qui ne reconnaît pas le moindre signe de démocratie. C’est la réalité de la France des droits de l’homme!

Jean-Claude Paye et Tülay Umay ont écrit un texte « L’affaire Tarnac, sous l’emprise de l’image », je voudrais redonner ici des extraits essentiels de ce texte, tellement est exemplaire cette histoire qui va interpeller aujourd’hui les GJ qui ne font que suivre la logique qui a été celle du groupe de Tarnac, quelques années avant eux. Ce texte est intéressant pour les GJ, car il permet de comprendre ce qui se passe dans la tête des pervers qui se sont emparés du pouvoir en France. Pour vaincre son ennemi, il est important de le connaître et de connaître ses tares.

« L’arrestation à grand spectacle d’un groupe de jeunes gens, par une cohorte de policiers encagoulés dans un village de la campagne limousine, sous l’accusation d’entreprise terroriste a ému le pays. Mais que signifie donc l’affichage de l’absence complète de preuves contre eux et néanmoins leur maintien en détention provisoire durant six mois? Et si l’État avait volontairement manifesté son pouvoir arbitraire pour marquer un changement de l’ordre juridique… »

« A travers cette affaire entièrement construite, le pouvoir a eu l’occasion d’objectiver son regard et de le mettre à la place du réel. Il a ainsi pu exhiber ses intentions concernant l’ensemble de la population. Il a mis en scène le non dit, ce qui ne peut être dit, mais seulement montré: la possibilité qu’il s’est octroyée de se saisir de tout citoyen qu’il désigne comme « terroriste » et de le mettre en détention selon son bon vouloir.

Les inculpés ont été instrumentalisés. Simple support, ils sont saisis en tant qu’images, en tant que forme qui réfléchit le regard du pouvoir. Ce dernier est à la fois le sujet de cette affaire, son organisateur et l’objet de celle-ci, son regard: ce qui doit être vu.

Dans cette affaire de Tarnac, le pouvoir ne dit rien des personnes arrêtées. Il montre tout de lui-même, de sa subjectivité, de sa volonté de toute puissance… »

« Les neuf jeunes gens accusés d’avoir dégradé les caténaires d’une ligne TGV sont toujours inculpés comme « membres d’une association de malfaiteurs à visée terroriste », bien qu’ils soient actuellement libérés et que l’accusation ait toujours affirmé ne pas détenir de preuves matérielles. Leur regard sur leur propre mode de vie, une existence qui se conçoit en dehors des circuits marchands, est, pour le Pouvoir judiciaire et la ministre de la Justice de l’époque, un élément qui peut se substituer aux faits! Leur volonté, de vivre en dehors de la société, révèle à coup sûr leur intentionnalité, celle de vouloir commettre des attentats afin de déstabiliser l’État. La perception des faits est suspendue et le regard que les prévenus portent sur eux-mêmes, comme incarnation de « l’ennemi intérieur », est convoqué. Ce regard devient l’objet du pouvoir qui désigne les prévenus comme coupables et les identifie comme terroristes… »

Les poursuites sont investies d’un sens avant que les éléments de l’enquête soient perçus. De simples dégradations sont qualifiées d’actes terroristes et les coupables sont désignés a priori. C’est exactement la même réalité judiciaire qui touche des milliers de GJ arbitrairement arrêtés et condamnés par un système judiciaire devenu collaborateur de la tyrannie.

En l’absence d’indices matériels, l’accusation s’appuie principalement sur le livre « L’insurrection qui vient », dont la rédaction est attribuée à Julien Coupat, considéré également comme le « chef » du groupe incriminé. Ce livre se réfère au sabotage comme moyen de paralyser la machine sociale. Il cite, comme exemple, le fait « de rendre inutilisable une ligne de TGV ». Les GJ seront condamnés à leur tour pour le simple fait de porter un gilet-jaune sur soi, ou un masque, ou d’être là dans la manifestation de rue: c’est suffisant pour être traité en délinquant du système…

« Cette phrase est exhibée comme la marque attestant que les auteurs du livre sont nécessairement ceux qui ont commis les sabotages de la voie ferrée. L’accusation considère qu’il y a une parfaite continuité entre écrire cette phrase et le fait d’avoir commis les dégradations de la ligne du TGV. »

« Les objets de l’extériorité, les faits, ne sont pas refoulés, ils sont déniés. Ils sont exhibés, mais ils n’existent plus en dehors du regard qui est porté sur eux. Ils se réduisent à de simples supports d’images. Celles-ci leur donnent leur signification. En inscrivant, « matériel d’escalade » pour désigner une échelle saisie, le parquet montre l’objet vu en tant qu’incarnation de l’intentionnalité terroriste, en tant que matériel destiné à faire des attentats. Le sens s’autonomise. Il devient son propre support, sa propre matérialité… »

Si le GJ porte un masque, c’est dans l’intention de commettre des dégradations et des violences!

Ce n’est plus le concret qui donne matière aux choses de l’extériorité, mais ce sont les images, ces abstractions qui donnent une valeur aux faits, qui créent un nouveau réel.

Ainsi, l’image s’oppose au langage. Au contraire du discours, auquel on peut opposer un autre discours, elle ne peut intégrer la contradiction, elle est englobante. Elle s’oppose à la raison et impose la foi. L’enjeu de cette affaire est bien de conforter l’adhésion, la fusion des populations avec le Pouvoir, elles qui pourraient se laisser tenter de rejoindre la dissidence.

Grâce à la subjectivation du droit pénal, les poursuites en matière de terrorisme ont pour base la formation d’une image destinée à diaboliser les inculpés. L’affaire Tarnac s’inscrit dans cette règle. Cependant, elle se spécifie par le caractère purement abstrait de l’image produite. Généralement, l’incrimination de terrorisme est construite à partir d’infractions réelles, telle, par exemple, la fabrication de faux papiers, un port d’arme prohibé… Ces éléments ne sont pas traités pour eux-mêmes, mais sont regardés dans le cadre de l’organisation terroriste qui leur donne un sens nouveau. Ici, nous sommes en présence d’une image autonome, libérée de tout lien matériel. La phrase d’un livre vendu en librairie attesterait de l’intention de son auteur présumé et devient l’incarnation d’un acte terroriste. « Une réversibilité est établie entre le mot et la chose. » Un Gilet-jaune qui écrit une phrase sur un réseau social appelant à la révolte, est traité de la même manière qu’un terroriste et il est condamné à de la prison avec amende…

« La question de l’invisibilité est récurrente dans l’affaire Tarnac. La signature du livre par un « Comité invisible » est un donné à voir. Elle n’a pas pour objet de dissimuler les auteurs. Pour eux, cet anonymat est la mise en avant d’un non-moi. Cette revendication est simultanément un déni du corps et un refus de s’opposer à l’invisibilité, au sens exhibé par le pouvoir à travers l’image. »

À travers celle-ci, il ne s’agit pas, pour le pouvoir, d’agir au niveau de la conscience, mais au niveau de l’inconscient. L’image lui permet de poser son regard, d’imposer un sens à travers ce qu’il montre. La visibilité exhibée par l’image est immédiatement installation d’une invisibilité. La cagoule portée par les policiers atteste de l’invisibilité de la menace terroriste et de la dangerosité des personnes interpellées. Un « matériel d’escalade », une échelle, ne peut être que l’indice matériel d’une intention de commettre un attentat. Ce que l’image montre ce n’est pas ce qui est, ce n’est pas l’objet, mais ce qui, à travers lui, est nommé, ce qui ne peut qu’être. La même logique est appliquée aux GJ : si je porte un gilet jaune, cela veut donc dire que j’ai l’intention de m’attaquer au Pouvoir qui est à l’intérieur des choses de ce monde et je suis donc coupable et condamnable…

Aucun membre du groupe de Tarnac n’a imposé un démenti aux assertions du Pouvoir les accusant des sabotages de la ligne TGV.

« En se posant dans l’invisibilité, les auteurs décident de ne pas se confronter au visible des images produites par le Pouvoir. Ils n’opposent pas un concret à ces abstractions. Ils ne dressent pas un corps qui leur permettrait de se séparer de l’image qui les englobe. Ils rejettent la fonction du corps qui est de rétablir une séparation entre l’intérieur et l’extérieur et de permettre le développement d’une conscience. »

Cette suspension du corps initiée par le Comité invisible facilite ainsi sa fixation dans l’image, dans le regard du Pouvoir. Se réclamer de l’invisibilité, c’est rester dans le sens, dans l’invisibilité produite par la machine d’État, c’est jouir de celle-ci.

« Seul ce qui est montré dans l’extériorité du visible est susceptible de faire l’objet d’une symbolisation. Il n’y a de symbolisation que de ce qui se voit. Le Comité invisible, tout comme Julien Coupat, en se plaçant dans l’invisibilité, ne peut développer une symbolisation alternative. Tous les deux restent dans le signifié du Pouvoir, construit à partir de ce qui est exhibé dans le visible. »

Si la société revendique sa soi-disant « démocratie », dans ce cas, elle doit logiquement tolérer la critique radicale, les dénonciations de l’État, les condamnations même du système de pouvoir, jugé tyrannique et oppresseur de la personne humaine.

Accuser un homme, un auteur, parce qu’il a écrit un livre de combat critique, justement pour la cause démocratique, le mettre en examen et l’écrouer sans autre motif que celui de sa liberté de pensée et d’expression de la pensée contre la tyrannie, relève de la pathologie du bouc émissaire et de la paranoïa d’un système qui s’avère débile en lui-même ainsi qu’à travers les personnes qui n’hésitent pas à l’incarner.

Le discours délirant sur les comportements dits « terroristes » relève de la manipulation exacerbée d’un Pouvoir qui sait être coupable d’une trahison démocratique permanente en se faisant le chien de garde de l’oppression.

Si le Pouvoir de la tyrannie ultra libérale et néo conservatrice veut des boucs émissaires, qui pourra empêcher que des « preuves accablantes » ne soient pas fabriquées de toute pièce par ce Pouvoir qui est, par essence, menteur et négateur des droits de l’Homme? Qui sera en mesure de contrôler l’accusation faite par ce pouvoir de tyrans?

Cette démonstration est bien la preuve que l’État est pervers, ordurier, criminel et le pire ennemi du peuple qui subit sa tyrannie arbitraire à longueur de temps. C’est cette organisation mafieuse que nous devons abattre, car elle n’est pas digne de l’humanité ni des droits de l’homme et du citoyen.

Les Gilets-jaunes ne supportent plus la vie qu’on les contraint à mener et qu’on leur a imposée grâce à la gouvernance représentative en les précipitant dans la survie d’une condition indigne de l’humain.

S’organiser c’est donc faire évoluer le groupe des Gilets-jaunes, comme les autres groupes dissidents du système, en constellations subversives grâce au jeu naturel des amitiés, des espoirs partagés, des luttes menées en commun, de proche en proche. Cette action de l’organisation construit des chemins ou des passerelles qui feront se communiquer entre eux tous ces groupes dissidents par affinité, de village en village, de quartier en quartier…

« La révolution qui vient n’aura pas d’avant-garde, seulement des agents de liaison qui travaillent à éveiller et faire circuler les devenirs révolutionnaires. » (Éric Hazan & Kamo, in « Premières mesures révolutionnaires », la Fabrique éditions, 2013, p.109)

Ce qui se passe sur les ronds-points, c’est cela qui a commencé déjà, dans le bonheur de l’amitié et de la convivialité. Des hommes et des femmes se sont retrouvés, ensemble, pour vivre quelque chose ensemble, en commun, pour réfléchir ensemble et penser l’après de leur existence qui vient. Ils sont soudés, imaginent un monde meilleur et refont la société qui correspond à leur aspiration réelle en profondeur, dans la liberté, l’égalité et la fraternité. C’est un mouvement unitaire qui ne veut pas entendre parler de « représentants », mais ils s’occupent des décisions qu’il faudrait prendre pour l’intérêt du bien commun: avec tous ceux qui travaillent dans le même sens, ils sauvent la France et font école pour les autres pays.

Le samedi 27 avril, le pauvre Castaner dépassé par une question qu’il n’a pas les capacités intellectuelles d’analyser, disait encore « qu’il ne comprenait plus rien des revendications confuses de ce groupe de séditieux qui continuait à vouloir détruire la République et qu’il était désormais impératif d’arrêter un fois pour toutes! »

L’étape suivante du massacre commence donc à se profiler et avec elle celle de la guerre civile à cause d’imbéciles bornés comme celui qui occupe le poste de ministre de l’Intérieur grâce à l’illégitimité exceptionnelle de Macron…

Pourquoi 80% des Français devraient-ils la fermer, courber le front jusqu’à terre et se soumettre à une oligarchie qui les opprime? Pour quelle raison tout un peuple devrait-il être le serviteur inconditionnel d’une « élite » qui se croit tout permis et qui ne conçoit la vie que pour elle en imposant la survie au reste de ceux qui sont tolérés uniquement qu’en tant que serviteurs tout dévoués à la cause totalitaire de leur égocentrisme arrogant? Il n’y a aucune raison ni aucune justification à se laisser dresser et à se soumettre à une telle dictature de la gouvernance, dite « représentative », mais qui ne représente en réalité que la caste au Pouvoir.

L’avenir nous appartient. Nous sommes les seuls à pouvoir nous redonner notre liberté, notre souveraineté, notre autonomie, notre droit de vivre en harmonie avec les autres et la nature dans laquelle nous sommes immergés. Organisons-nous en décidant des initiatives à prendre sans rien attendre du Pouvoir totalitaire qui s’y opposera de toutes ses forces.

Lorsque la société toute entière se comporte comme un troupeau de moutons, qui suit le premier leader venu, sans la moindre réflexion critique, parce que ce leader, bien qu’insignifiant, a ouvert sa grande gueule entraînée au bluff et à la manipulation, tous ceux qui réfléchissent et qui pensent leur engagement se retrouvent minoritaires et comme démunis, puisque le comportement du grand nombre l’emporte toujours sur un comportement individuel isolé, non normatif, jugé coupable face à la loi du nombre. L’isolement de ceux qui pensent et critiquent se transforme en accusation de « terrorisme » ou ce qui revient quasi au même de « complotisme »! C’est ainsi que tout Pouvoir a toujours été synonyme d’oppression et de répression, qui par nature est arbitraire.

Un pouvoir établi sur le bluff, le baratin, le mensonge de la manipulation médiatique n’a que faire des droits de l’Homme et du citoyen. En revanche, il ne peut être que friand de coups médiatiques, de propagandes et d’occasions d’argumenter son mensonge manipulatoire. Cette gourmandise quasi obsessionnelle ne peut résister à la nécessité du temps.

Ce pouvoir n’a pas le temps et donc, pas les moyens de contrôler vraiment les forces et les organisations révolutionnaires de l’opposition à son projet. La force de l’action révolutionnaire est, en revanche, permanente. Elle est donc perpétuelle, elle a l’éternité devant elle. Elle a le temps avec elle, quoi qu’il arrive. Les tyrans oppresseurs sont des dictateurs oppressés qui courent sans cesse d’une angoisse à une autre, de l’angoisse de la toute-puissance à celle de la castration possible permanente, de l’angoisse de la domination à celle de l’anéantissement. La révolution est tranquille, paisible, patiente et active parce qu’elle est permanente et en évolution continuelle pour la conscience de la libération de l’Homme.

Nul ne peut suspendre le vol du temps comme nul ne peut arrêter l’action révolutionnaire permanente. C’est elle qui a inévitablement raison. C’est elle qui possède le premier et le dernier mot sur l’Homme et sa destinée finale, qui n’est pas autre chose qu’une conscience supérieure en évolution permanente vers une surconscience, celle de la liberté intrinsèque de sa logique intime, celle de l’Amour qui est aux antipodes de l’oppression, du dressage à une condition de soumission.


La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Jean-Yves Jézéquel, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-peuple-souverain-est-interdit-la-macronie-contre-la-democratie/5633027
https://www.mondialisation.ca/le-peuple-souverain-est-interdit/5633125


Mercredi 1 Mai 2019


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