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Le « peuple juif » : une invention


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La Déclaration d'indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d'Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s'est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d'exil. Faux, dit l'historien Shlomo Sand, dans l'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n'y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l'exil non plus n’a jamais eu lieu - il n'y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l'identité nationale dans la Bible, y compris l'exode d'Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d'excuse à la création de l'État d'Israël, affirme-t-il.

AUTEUR: Tom SEGEV

Traduit par Fausto Giudice


Lundi 10 Mars 2008

Le « peuple juif » : une invention
Selon Sand, les Romains n'ont généralement pas exilé des nations entières, et la plupart des Juifs ont été autorisés à rester dans le pays. Le nombre de ces exilés a été tout au plus de quelques dizaines de milliers. Lorsque le pays a été conquis par les Arabes, beaucoup de Juifs se sont convertis à l'Islam et ont été assimilés parmi les conquérants. Il s'ensuit que les ancêtres des Arabes palestiniens étaient des Juifs. Sand n'a pas inventé cette thèse, 30 ans avant la Déclaration d'indépendance, celle-ci a été endossée par David Ben Gourion, Yitzhak Ben-Zvi et d’autres.

Si la majorité des Juifs ne se sont pas exilés, comment se fait-il qu'un si grand nombre d'entre eux a atteint presque tous les pays sur la terre? Sand affirme qu'ils ont émigré de leur propre gré, ou, s'ils étaient parmi ceux exilés à Babylone, ils y sont restés par choix. Contrairement à une croyance conventionnelle, la religion juive a tenté d'inciter les membres d'autres confessions à devenir Juifs, ce qui explique comment on en est venu à compter des millions de juifs de par le monde. Comme le Livre d'Esther, par exemple, le note : «Et la plupart des gens du pays sont devenus Juifs, par crainte que les Juifs ne les attaquent."
Sand cite de nombreuses études existantes, dont certaines ont été écrites en Israël, mais évacués du discours central. Il décrit également en détail le royaume juif de Himyar, dans le sud de la péninsule arabique et les juifs berbères en Afrique du Nord. La communauté des Juifs d'Espagne était issue d'Arabes devenus juifs et arrivés avec les forces qui capturèrent l’Espagne des Chrétiens, et d’individus nés en Europe qui étaient aussi devenus juifs.


Les premiers Juifs d'Ashkenaz (l’Allemagne) ne provenaient pas de la terre d'Israël et ne sont pas parvenus en Europe de l'Est d'Allemagne, mais étaient devenus des juifs dans le royaume khazar dans le Caucase. Sand explique les origines de la culture yiddish: ce n'était pas une importation juive d'Allemagne, mais le résultat de la connexion entre la lignée des Kuzari et des Allemands ayant voyagé vers l'Est, dont certains en tant que marchands.

Nous constatons donc que les membres d'une variété de peuples et de races, blonds et noirs, bruns et jaunes, sont devenus des juifs en grand nombre. Selon Sand, le besoin des sionistes de s’inventer une ethnicité partage et une continuité historique a produit une longue série d'inventions et de fictions, ainsi que le recours à des thèses racistes. Certaines ont été concoctés dans l'esprit de ceux qui ont conçu le mouvement sioniste, tandis que d'autres ont été présentées comme les conclusions d’ études génétiques menées en Israël.

Le professseur Sand enseigne l’histoire à l'université de Tel Aviv. Son livre, «Quand et comment le peuple juif a-t-il inventé?" (publié par Resling en hébreu), est destiné à promouvoir l'idée selon laquelle Israël doit être un «État de tous ses citoyens" - Juifs, Arabes et autres - en opposition à son identité déclarée comme un État "juif et démocratique" état. Des histoires personnelles, une longue discussion théorique et une profusion de sarcastiques phrases assassines n'aident pas le livre, mais ses chapitres historique sont bien écrits et citent de nombreux faits et idées que de nombreux Israéliens seront étonnés de lire pour la première fois.


Source : Haaretz

Article original publié le 1er Mars 2008

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4781&lg=fr


UNE AUTRE TRADUCTION DE L'ARTICLE

 

Une invention appelée « le peuple juif »

par Tom Segev

in Ha'Aretz, 1er mars 2008

http://www.haaretz.com/hasen/spages/959229.html

traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

 

La Déclaration d'Indépendance d'Israël énonce que le peuple juif est apparu en Terre d'Israël, puis qu'il aurait a été exilé de sa patrie natale. Tout élève israélien apprend, à l'école primaire, que ce que cela se serait produit durant la domination romaine, en l'an 70 après J.C. Après quoi, la nation juive serait restée fidèle à sa terre, dans laquelle elle aurait commencé à retourner, après deux millénaires d'exil. « Faux », dit l'historien Shlomo Zand, dans un des ouvrages les plus fascinants – et les plus dérangeants – à avoir été publiés, ici (en Israël), depuis bien longtemps. « Il n'y a jamais eu de « peuple juif », mais seulement une religion juive, et l'exil, lui non plus, ne s'est jamais produit – par conséquent, comment parler de « retour » » ?? Zand rejette la plupart de ces histoires autour de la formation d'une identité nationale, dans la Bible, et notamment l'exode d'Egypte, ainsi (on ne s'en plaindra pas) que les horreurs de la conquête (de Canaan, la Palestine, ndt) sous les ordres de Josué. « Tout ça, c'est de la fiction, c'est une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l'Etat d'Israël », affirme-t-il.

 

D'après M. Zand, les Romains n'exilaient généralement pas un peuple entier, et la plupart des juifs furent autorisés à rester dans le pays. Le nombre des exilés se chiffra au grand maximum en dizaines de milliers. Quand le pays fut conquis par les Arabes, beaucoup parmi les juifs se convertirent à l'Islam, et furent assimilés à la société des conquérants. Il en découle que les ancêtres des Arabes palestiniens étaient des juifs. Zand n'est pas l'inventeur de cette thèse ; trente années avant la Déclaration d'Indépendance d'Israël, David Ben-Gourion l'avait faite sienne, ainsi que Yitzhak Ben-Zvi et bien d'autres.

 

Si la majorité des juifs n'ont pas été exilés, comment se fait-il qu'ils furent si nombreux à attendre quasiment tous les pays de la Terre ? Zand dit qu'ils ont émigré de leur plein gré ou, pour ceux qui furent exilés à Babylone, ils restèrent dans leur pays d'exil parce qu'ils avaient choisi de le faire. Contrairement à la croyance conventionnelle, la religion juive a tenté d'induire des membres d'autres fois de devenir juifs, ce qui explique de quelle manière il y a eu des millions de juifs, dans le monde entier. Comme l'indique, par exemple, le Livre d'Esther, « Et beaucoup des peuples de la Terre se firent juifs ; en effet, ils avaient été saisis par la crainte des juifs. »

 

Zand cite beaucoup d'études existantes, dont certaines ont été écrites en Israël, mais évincées du discours consensuel. Il décrit aussi, longuement, le royaume juif d'Himyar, dans le Sud de la Péninsule arabique, et les Berbères juifs, en Afrique du Nord. La communauté juive, en Espagne, découlait d'Arabes qui s'étaient convertis au judaïsme et étaient venus avec les armées qui avaient conquis l'Espagne sur les chrétiens, ainsi que d'individus d'origine européenne, qui s'étaient, eux aussi convertis au judaïsme.

 

Les premiers juifs d'Ashkénaz (l'Allemagne) ne venaient pas de la Terre d'Israël et ils n'avaient pas atteint l'Europe orientale à partir de l'Allemagne, mais ils s'étaient convertis au judaïsme dans le royaume Khazar, dans le Caucase. Zand explique les origines de la culture yiddish : ce n'était pas une importation juive à partir de l'Allemagne, mais le résultat d'une connexion entre les descendants des Kuzari et les Allemands, qui se rendaient dans les régions orientales de l'Europe, en tant que commerçants, pour certains d'entre eux.

 

Nous ne sommes pas étonnés, dès lors, de trouver toute une variété de gens et de races, des blonds, des bruns, des basanés et des jaunes, devenus juifs, en grand nombre. D'après Zand, les sionistes ont besoin de leur bricoler une ethnicité commune, et la continuité historique a produit une longue série d'inventions et de fictions, ainsi qu'une invocation permanente de thèses racistes. Certaines ont été concoctées par les esprits des théoriciens du mouvement sioniste, tandis que d'autres ont été présentées comme les constatations d'études génétiques effectuées en Israël.

 

Le Professeur Zand enseigne à l'Université de Tel Aviv. Son ouvrage « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (When and How was the Jewish People Invented ? ») (publié par les éditions Resling, en hébreu), vise à promouvoir l'idée qu'Israël devrait être un « Etat de tous ses citoyens » - juifs, Arabes et autres – par opposition à son identité proclamée de « pays juif et démocratique ». Des histoires personnelles, une discussion théorique profuse et des saillies sarcastiques nombreuses ne servent pas l'ouvrage, mais ses chapitres historiques sont bien écrits, et ils citent de nombreux faits et analyses que beaucoup d'Israéliens seront étonnés de lire pour la toute première fois.

 

 

Le moustique de Kiryat Yam

 

Le 27 mars 1948, une réunion fut organisée, à Haïfa, portant sur le sort des Bédouins de la tribu Arab al-Ghawarina, dans la région de cette ville. « Il faut les faire partir d'ici, afin qu'ils ne viennent pas, eux aussi, compliquer encore nos problèmes », écrivit Yosef Weitz, du Keren Keyameth [le Fonds National Juif], dans ses Mémoires. Deux mois plus tard, Weitz faisait son rapport au directeur de cette institution : « Notre Baie de Haïfa a été totalement évacuée, et il n'y a pratiquement plus personne, de ceux qui s'accrochaient à notre frontière. »

 

Ils avaient probablement été expulsés en Jordanie ; certains d'entre eux furent autorisés à rester dans le village de Jisr-Az-Zarqa. Le sort des bédouins de la tribu des Arab al-Ghawarina a fait récemment les grands titres de la presse, grâce à Shmuel Sisso, maire du faubourg Kiryat Yam de l'agglomération de Haïfa. Il a, en effet, déposé plainte, à la police, contre Google. La raison ? Un ajout, fait par un des « surfers » de ce site, un habitant de Naplouse, à une photo par satellite du centre de Kiryat Yam, affirmant que la ville de Haïfa a été construite sur les ruines d'un village détruit en 1948, Arab al-Ghawarina. La plainte déposée par Sisso affirme que cette allégation a un caractère diffamatoire.

 

Voici les faits : Les terres de la Vallée de Zébulon avaient été achetées, dans les années 1920, par le Fonds National Juif et par diverses entreprises de travaux publics, dont une s'appelait Gav Yam. Les Archives sionistes ont le plan, daté 1938, de la création de Kiryat Yam, et une lettre de 1945 qui indique que cette localité comportait déjà une centaine d'habitations. Les cartes gouvernementales de la période du Mandat britannique identifient le territoire sur lequel Kiryat Yam avait été construit sous deux noms : Zevulun Valley [Vallée de Zébulon] et Ghawarina. Ainsi, il appert que ce village n'était pas une implantation (en dur), mais un endroit où résidaient des Bédouins.

 

 

Le site web de l'association israélienne Zochrot [Souvenir, en hébreu], indique que 720 personnes y vivaient, en 1948, et que ce territoire a été partagé entre trois kibbutzim : Ein Hamifratz, Kfar Masaryk et Ein Hayam, connu de nos jours sous le nom d'Ein Carmel.

 

Cette histoire ne cesse de circuler sur Internet, attirant des réponses, qui peuvent être résumées comme suit : « Si Sisso attaque Google en justice parce que celui-ci a affirmé qu'il vit sur les ruines d'un village arabe détruit, on peut en déduire que c'est lui qui n'a pas la conscience très nette. » Sisso, un avocat de cinquante-sept ans, connu pour son affiliation au Likoud, et ancien consul général d'Israël à New York, dit : « Je ne pense pas qu'il y ait quelque chose à redire, mais d'autres personnes pourraient le penser, en particulier des gens vivant à l'étranger, et cela risque de porter atteinte à la réputation de Kiryat Yam, parce que les gens ne voudront plus investir ici. Dès lors que nous ne sommes pas installés à la place d'un village palestinien, pourquoi devrions-nous souffrir, sans aucune raison ? »

 

Né au Maroc, Sisso est arrivé en Israël en 1955. « J'ai exploré toute la région, et je n'ai vu nulle trace de gens qui auraient vécu ici, avant nous, et qui auraient soi-disant été chassés ?... » Il a demandé à un professeur de droit américain de quelle manière – s'il en existe une – il pourrait attaquer Google en justice pour diffamation, ou pour exiger des dommages et intérêts. C'est-là, dit-il lui-même, la contribution de Kiryat Yam à la lutte contre le droit au retour (des réfugiés palestiniens) !

 

Cela risque fort d'être le procès le plus retentissant depuis la plainte déposée par Ariel Sharon contre le magazine Time, mais M. le Maire Sisso ne se fait aucune illusion : « Moi, contre Google, c'est comme si un moustique attaquait un éléphant », a-t-il dit, voici de cela quelques jours…

 

 

À qui l'Amérique appartient-elle ?

 

Deux universitaires, Gabi Shefer et Avi Ben-Zvi, ont été les hôtes de l'émission d'information de la Radio israélienne « International Hour », animée par Yitzhak Noy. L'animateur, d'une voix légèrement anxieuse, leur a demandé si les succès de Barack Obama n'étaient pas un signe que les Etats-Unis n'appartiendraient désormais plus à l'homme blanc ? Le Professeur Shefer en a donné confirmation : Obama est un immigré, a-t-il dit. Alors que l'animateur sollicitait à son tour son avis, le Professeur Ben Zvi a, quant à lui, ajouté : « Gabi Shefer a raison ».

 

Mais ils avaient tort, l'un comme l'autre. Si Obama était un immigré, il ne serait pas éligible à la présidence des Etats-Unis.

 

Non ; Obama est né à Honolulu. Deux ans après que cette île soit devenue le cinquantième Etat de l'Union…



Lundi 10 Mars 2008


Commentaires

1.Posté par $tef le 11/03/2008 14:32 | Alerter
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En guise de réponse, je voudrais citer le commentaire n° 32 posté par scorpion albinos le 29/12/2007 04:53, que vous trouverez sur :

http://www.alterinfo.net/Aaron-Russo-sur-le-911,-le-CFR-et-Rockefeller-video-_a14810.html

(J’espère qu’il ne prendra pas mal le fait que je réutilise son “Post” car ce qu’il a écrit est tellement juste que je n’ai pu m’empêcher de le coller ici)

Voici ce qu'il dit :

" Ne vous laissez pas abuser par les conneries de ceux qui rajoutent des lézards, des lémuriens, des atlantes ou des extra-terrestres à tout ça, c'est de la pure désinformation pour noyer le poisson. c'est abrutis sont soit crédules, soit payés pour désinformer (qu'est ce que tu crois, il y a des journalistes et des écrivains dans tous les pays qui sont payés pour défendre [d]es thèses [bidons] (…), ils écrivent des arcticles et des livres. ils sont la puissance de feu médiatique (...), de vulgaires sbires). "

(Les “[ ]” et les “(…)” sont de mon initiative…)

Ces paroles s'appliquent tout autant à l'article ci-dessus qui résume le livre de “l'historien” Shlomo Sand, "Le « peuple juif » : une invention", où il est dit que c'est "l'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps" !

En écrivant cela, je me demande si on ne se moque pas un peu (beaucoup même) des lecteurs d’Alter Info ?

Parce que, si ce Monsieur est un vrai "historien", alors je suis le Général romain Titus qui a pris la ville de Jérusalem en 70 de notre ère et je témoigne courageusement que ce Monsieur raconte n’importe quoi !

En effet, il affirme que l'exil des juifs en 70 de notre ère par les romains n'a jamais eu lieu et que quasiment rien de tout ce que raconte la Bible à propos du peuple Israélite n'est vrai...

Avant que l'on puisse dire que cet historien a fait là une analyse exacte, il faudra faire exploser de nombreux musées car les preuves sont encore trop abondantes aujourd'hui (je pense au Louvre, au British Muséum, etc.)...

Aujourd’hui encore, et en dehors des musées, dans la ville de Rome il existe un témoignage de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère. Il s’agit de l’Arc de Titus (un peu comme l’Arc de Triomphe à Paris mais en plus petit) que les Romains érigèrent en 81 pour commémorer la prise de Jérusalem où un relief montre des soldats romains qui emportent les ustensiles sacrés du temple (il faudra donc, là aussi, faire exploser une partie de cette ville pour faire disparaître les preuves gravées sur la pierre !).

Peut-être qu'après avoir fait disparaître des centaines de milliers de preuves, on pourra écrire des bouquins aussi simplistes sans risquer d'être contredit...

Au fait, j’ai oublié de vous dire : je suis sur le point de sortir un livre parmi “les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps” qui démontre que la Guerre de 14-18, la Grande Guerre ou la Première Guerre Mondiale (c’est comme vous voulez), n’a jamais eu lieu...
Et vous verrez, je vais faire un carton au Salon du Livre 2008 !

Plus sérieusement, j’invite ceux qui cherchent de vraies infos sur le même sujet à cliquer (depuis la page d’accueil d’Alter Info) sur le dossier “Sciences et Croyances” dans la colonne noire à gauche (juste au dessus de “Réseau Voltaire”).
En tête de la série d’articles de ce dossier, vous en trouverez deux qui démontrent que des preuves existent…

Le temps du n’importe quoi est révolu…

$tef ou le Général Titus revenu d’outre-tombe

2.Posté par al akl le 11/03/2008 18:12 | Alerter
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Les romains ont viré des fornicateurs, qui pratiquaient le sacrifice humain, quelques milliers de zélotes et de pharisiens etb de la clique de malades mentaux qui se prennaient au jeu de la supériorité raciale. Les juifs les subissaient plus que tous les autres. En fait les Romains ont libéré les juifs de leur joug mortel. Une fois la peste partie l'entente est revenue, et tranquilement dans la douceur légendaire de la Palestine il se sont mélangés sans complexes... Ce sont les Palestiniens.

3.Posté par J.Michel le 11/03/2008 20:55 | Alerter
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Stef,
Il n'est pas dit que la destruction n'a pas eu lieu, c'est un fait indéniable dont les preuves abondent dans les musées. Il est écrit que le doute subsiste sur la déportation ou migration des habitants.

Toutefois en tant que réincarnation du général Titus Flavius Vespasianus, vous ne pouvez ignorer la déforestation de toute la région dont vous êtes le responsable et dont le bois servi à assurer la crucifixion des prisonniers.
Je ne vois pas qui à pu échapper aux griffes de l'empire Romain et surtout migrer avec sa famille.
Le cirque et l'économie basée sur l'esclavage ne pouvait laisser exister une telle aubaine.

Par ailleurs en 132, commandés par Simon, les juifs de Judée et des pays environnants se soulèvent en apprenant que l’empereur Hadrien a l’intention de reconstruire la ville de Jérusalem comme ville païenne.
Les rebelles chassent les Romains de la ville et Simon est proclamé roi des juifs.

Mais en 135, le général Hadrien reconquiert les territoires et fait reconstruire la ville de Jérusalem comme colonie Romaine : Aelia Capitolina.

La question qui se pose alors est celle-ci : quelles sont ces juifs qui 2 générations après la destruction de Jérusalem ont étés assez nombreux pour bouter les romains hors de la région.

Assurément pas ceux qui auraient migrés mais les descendants, rescapés des années 70.
J.Michel

4.Posté par $tef le 13/03/2008 03:48 | Alerter
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"Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l'identité nationale dans la Bible"

En lisant cela et même si cette phrase fait partie d’une présentation condensée de son livre par un tiers, on peut facilement en déduire que l’auteur remet tout en question.
La preuve, il conteste aussi la conquête de Canaan sous Josué ainsi que d’autres évènements bibliques historiques. Il les considère comme “de la fiction, une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l'Etat d'Israël.”

Par exemple, si on prend au pied de la lettre l’affirmation que la conquête de Canaan sous Josué n’a pas eu lieu, alors cela signifie qu’il n’y a pas eu non plus de dynastie davidique. Sans dynastie davidique, pas de prise de Jérusalem au 7eme siècle avant notre ère par les Babyloniens car ils n’auraient eu aucune raison de venir d’aussi loin assiéger cette ville sans un roi qui gouverne le territoire dans lequel elle se trouve…

Et c’est là que ça se gâte car il parle lui-même de cet exil (voir paragraphe 3 de “Une autre traduction de l’article”).

En lisant les deux traductions de l’article, j’ai eu le sentiment que “cet historien” scie la branche sur laquelle il est assis car les bases sur lesquelles il s’appuie pour construire sa thèse ne peuvent être fiable vu qu’il les conteste un peu plus loin sous d’autres aspects…

En raison de l’amalgame que fait l’auteur, considérant toutes les histoires bibliques comme de la pure invention, j’ai fait à mon tour un amalgame volontaire et simpliste entre la contestation de l’exil des Juifs par les romains en 70 de notre ère et la destruction de Jérusalem à cette même date…
Il y avait une nuance mais je n’ai pas voulu la faire ressortir ; de la même façon qu’il met tout dans le même panier, j’ai fait de même et ai réagit plutôt sarcastiquement.

Mais le commentaire de J.Michel m’oblige à aller plus loin et à être plus juste dans la critique de ce livre.

S’il me le permet, et pour répondre de la façon la plus complète possible tout en cherchant à être bref, je voudrais commencer par décrire l’historien le plus fiable en la matière puisqu’il a été témoin oculaire de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère. Je veux parler de Joseph ben Matthias plus tard appelé “Titus Flavius Josephus” communément connu sous le nom de “Flavius Josèphe” :
Josèphe était officier de l’armée, diplomate, Pharisien et homme d’une grande érudition. Il est né en 37 de notre ère, dans la première année de l’empereur romain Caligula. Son père appartenait à une famille sacerdotale; quant à sa mère, Josèphe affirmait qu’elle descendait du grand prêtre asmonéen Jonathan.
Durant son adolescence, Josèphe étudie assidûment la Loi mosaïque. Il analyse avec soin trois sectes du judaïsme: les Pharisiens, les Sadducéens et les Esséniens. Choisissant ces derniers, il décide de passer trois ans dans le désert avec un ermite nommé Bannus, probablement un Essénien. À 19 ans, Josèphe quitte Bannus et retourne à Jérusalem où il rallie les Pharisiens.
Josèphe fait un voyage à Rome en 64 de notre ère, pour intervenir en faveur des prêtres juifs traduits en justice devant l’empereur Néron par Félix, procurateur de Judée. Au cours de son voyage, Josèphe fait naufrage et frôle la mort. Sur les 600 passagers du navire, 80 seulement ont la vie sauve.
Pendant son séjour à Rome, Joseph est présenté à la femme de Néron, l’impératrice Poppée, par un acteur juif. C’est grâce à son intervention qu’il peut réussir sa mission. La splendeur de Rome produit une impression durable sur Josèphe.
Lorsque Josèphe retourne en Judée, les Juifs sont déterminés à se rebeller contre Rome. Il tente de convaincre ses compatriotes de l’inefficacité d’une guerre contre Rome. Mais il ne parvient pas à les dissuader et craint probablement d’être considéré comme un traître, aussi accepte-t-il d’être nommé commandant des troupes juives en Galilée. Il rassemble et prépare ses hommes, et constitue des réserves afin d’affronter les armées romaines, mais ses efforts sont vains. La Galilée tombe aux mains de l’armée de Vespasien. La forteresse de Jotapate, où s’est réfugié Josèphe, est conquise après un siège de 47 jours.
En se rendant, Josèphe se montre rusé et prédit à Vespasien qu’il sera bientôt empereur. S’il connaît la prison, Josèphe échappe toutefois aux sanctions grâce à sa prédiction, car, quand elle se réalise, Vespasien lui rend la liberté. Dès lors, sa vie va changer: jusqu’à la fin de la guerre, Josèphe servira d’interprète et de négociateur aux Romains. Pour honorer son protecteur Vespasien et ses fils Titus et Domitien, Josèphe ajoute le patronyme Flavius à son nom.
Après la guerre, Josèphe est allé à Rome. Bénéficiant de la protection des Flaviens, citoyen romain, il a vécu dans l’ancien palais de Vespasien, recevant une pension de l’empereur et des dons de Titus. Josèphe a poursuivi ensuite une carrière littéraire.
La plus ancienne des œuvres de Josèphe s’intitule La guerre des Juifs. Il aurait préparé ce récit en sept volumes pour les Juifs, afin de leur montrer la supériorité des forces romaines de manière réaliste, et de les dissuader de toute révolte éventuelle. Cette œuvre présente un examen attentif de l’histoire juive, depuis la prise de Jérusalem par Antiochus Épiphane (au IIe siècle avant notre ère) jusqu’à la grande rébellion en 67 de notre ère. Témoin direct, Josèphe décrit ensuite la guerre dont l’an 73 a marqué le point culminant avec la prise de Massada par les Romains.
C’est donc en m’appuyant principalement sur le livre en ma possession, “La guerre des Juifs” de Flavius Josèphe (dont l’original a été écrit en Grec) traduit par Pierre Savinel et publié par les Editions de Minuit en 1977, que je vais tenter d’apporter une réponse en rapport avec la réalité de l’exil des Juifs en 70 de notre ère que l’ouvrage de Shlomo Sand intitulé "Le « peuple juif » : une invention" conteste.
Selon Josèphe, en l’an 66 une suite d’événements rendirent inévitable la guerre avec Rome. Une bande de Juifs prirent la forteresse de Massada, près de la mer Morte, exterminèrent la garnison romaine et la remplacèrent par des Juifs de leur parti. À Jérusalem, Éléazar, commandant du temple, persuada ceux qui y officiaient de ne pas accepter de présents ou d’offrandes de la part des étrangers. À la suite de cela, et malgré l’intervention des prêtres en chef et des citoyens en vue, ils cessèrent d’offrir des sacrifices pour Rome et César.
Par crainte des représailles romaines, les principaux citoyens, prêtres en chef et Pharisiens en vue, convoquèrent une assemblée publique durant laquelle ils dénoncèrent la folie de cette révolte. Mais leurs efforts furent vains. Ils envoyèrent donc deux délégations, l’une au gouverneur Florus, l’autre au roi Agrippa, pour demander leur aide. Agrippa répondit en envoyant une armée. C’est alors que les combats commencèrent à l’intérieur de Jérusalem, et les rebelles remportèrent la victoire. Ensuite, ils exterminèrent la garnison romaine qui se trouvait dans la forteresse d’Antonia, tout près de l’esplanade du temple.
En trois mois, Cestius Gallus, légat romain de Syrie, rassembla la douzième légion de l’armée romaine et d’autres soldats en nombre important, afin de mettre fin à la rébellion. Étant arrivées devant les murs de Jérusalem durant la fête des Huttes, les armées romaines pénétrèrent bientôt jusque vers l’enceinte du temple puissamment fortifiée. Alors que la victoire lui paraissait acquise, brusquement et apparemment sans raison valable, Gallus ordonna la retraite. Les Juifs poursuivirent les Romains et les obligèrent à abandonner la plus grande partie de leurs bagages ainsi que leurs lourds matériels qui servaient à assiéger les villes. Convaincus que Dieu les avait libérés, les Juifs en liesse frappèrent des pièces de monnaie portant des inscriptions du genre de “Jérusalem la Sainte”.
Cependant, les chrétiens qui vivaient à Jérusalem et en Judée ne partageaient pas la joie des Juifs. Ils se souvenaient des paroles suivantes de Jésus Christ : “Quand vous verrez Jérusalem entourée par des armées qu’on a fait camper, alors sachez que pour elle la désolation s’est approchée. Alors, que ceux qui seront en Judée se mettent à fuir vers les montagnes, et que ceux qui seront au milieu d’elle se retirent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas.” — Luc 21:20, 21.
Selon la tradition, c’est à ce moment-là que les chrétiens obéirent au commandement prophétique de Jésus et quittèrent Jérusalem et la Judée.
Eusèbe de Césarée, historien religieux des troisième et quatrième siècles, écrivit : “Cependant, le corps tout entier de la congrégation à Jérusalem ayant reçu un ordre par une révélation divine, qui avait été donnée avant la guerre à des hommes à la piété approuvée, ils quittèrent la ville et résidèrent de l’autre côté du Jourdain, dans une ville appelée Pella.” Traduction de Gustave Bardy, Paris, 1978, pp. 102, 103.
Épiphane de Salamine, un historien juif converti au christianisme de l’Église primitive qui vécut à la même période, rapporte ‘qu’ayant été avertis de la proximité du siège par le Christ, les chrétiens qui se trouvaient à Jérusalem s’enfuirent à Pella’. Panarion (la Huche) : Adversum Haeresis
Hégésippe, un historien du IIe siècle indique la même chose dans l’un de ses cinq livres intitulés “Histoire de l’Eglise”.
Selon le livre de Josèphe, l’empereur Néron chargea le général Vespasien de châtier la révolte des Juifs. Avec l’aide efficace de son fils Titus, Vespasien se mit en marche avec une armée de 60 000 hommes. Il dirigea ses légions contre les villes de la Galilée, où il rencontra une grande résistance. Quand les villes étaient prises, les pertes subies par les Juifs étaient très élevées.
Les sièges de Tarichée et de Gamala illustrent ce qui s’est passé dans toute la région. À Tarichée, sur les bords de la mer de Galilée, plus de 6 000 Juifs ont péri dans les combats. Les survivants furent traités sans pitié. Vespasien fit exécuter les “vieillards et ceux qui étaient incapables de porter les armes”, soit 1 200 hommes. Plus de 30 000 Juifs furent vendus comme esclaves, et 6 000 des jeunes hommes les plus forts furent envoyés en Grèce, afin de travailler pour Néron au percement du canal de Corinthe. À Gamala, où la situation devint désespérée pour les Juifs, beaucoup d’hommes jetèrent leurs femmes et leurs enfants du haut des murailles, puis se précipitèrent eux aussi dans le ravin artificiel au pied de celles-ci. Plus de 5 000 personnes périrent ainsi. Les Romains en tuèrent 4 000 autres.
Quant à Jérusalem, elle était devenue un véritable champ de bataille où se combattaient des factions rivales : les zélotes et les modérés. Les zélotes s’emparèrent du temple et en firent leur forteresse. À partir de là, ils se livraient au pillage et au meurtre.
Plus tard, le prêtre Ananus souleva le peuple contre les zélotes. Il s’ensuivit de violents combats, et les zélotes furent finalement assiégés dans le temple. Mais Ananus ne voulut pas poursuivre les combats dans l’enceinte sacrée. C’est pourquoi il plaça 6 000 hommes de garde pour empêcher les zélotes assiégés de s’enfuir.
Les zélotes envoyèrent en cachette deux messagers demander l’aide des Iduméens. Peu après, 20 000 Iduméens se dirigeaient vers Jérusalem. Profitant de l’obscurité et d’un violent orage, un groupe de zélotes déjouèrent la surveillance des gardes et ouvrirent les portes de la ville aux Iduméens. Il y eut alors de terribles carnages, et les modérés furent totalement vaincus. Ananus fut mis à mort.
Alors que Jérusalem était ébranlée par les luttes et les conflits à l’intérieur de ses murs, les armées romaines poursuivaient leur avance, intensifiant même leurs actions. Mais un changement devait se produire.
L’Empire romain connaissait de sérieuses difficultés. Des provinces se révoltaient et des hommes puissants complotaient contre Néron. Finalement, le Sénat romain le condamna à mort. Plutôt que d’attendre son exécution, Néron se suicida en juin 68.
Vespasien était sur le point de lancer ses troupes à l’assaut de Jérusalem quand lui parvint la nouvelle du suicide de Néron. Cela l’incita à suspendre son action, car il désirait connaître la volonté du nouvel empereur. Trois rivaux, Galba, Othon et Vitellius, se succédèrent rapidement à la tête de l’Empire. Déclaré empereur par son armée (en 69), Vespasien abandonna alors la direction des combats et s’occupa essentiellement de renforcer sa position, afin d’obtenir le trône.
Pendant ce temps, la situation ne s’améliorait pas à Jérusalem. Parlant des actions des zélotes, Josèphe rapporte : “Tout ce qui se rencontrait de plus précieux dans les maisons des riches ne suffisait pas pour contenter leur insatiable avarice. Tuer les hommes et outrager les femmes ne passait dans leur esprit que pour un divertissement et pour un jeu. Ils arrosaient leur proie de sang, et ne trouvaient du plaisir que dans la multiplicité des crimes. Après s’être abandonnés à ceux [les crimes] qui se pratiquent par les méchants, ils s’en dégoûtaient comme étant trop ordinaires et trop communs ; et pour satisfaire leur abominable brutalité ils n’avaient point de honte d’en rechercher qui faisaient horreur à la nature. Ils s’habillaient en femmes, se frisaient et se fardaient comme les femmes, et n’imitaient pas seulement dans leur coiffure l’afféterie et l’impudence des plus débordées, mais les surpassaient encore par des actions d’une lascivité abominable. Ainsi ils remplirent Jérusalem de tant de crimes exécrables, que cette grande ville semblait n’être plus qu’un lieu public de prostitution et de la plus détestable et la plus horrible de toutes les infamies. Mais quoique ces monstres d’impudicité, de cruauté et d’avarice eussent des visages si efféminés, leurs mains n’en étaient pas moins promptes à commettre des meurtres. Dans le même temps qu’ils marchaient d’un pas lent et affecté on les voyait tirer leurs épées de dessous des habits de diverses couleurs, et assassiner ceux qu’ils rencontraient.”
Aussi mauvaise que fût la situation, il était maintenant pratiquement impossible de s’enfuir de Jérusalem. Les zélotes faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher que des hommes désertent et se rendent aux Romains. Quiconque sortait de la ville risquait d’être tué par une faction rivale. En pleine guerre civile, les conditions de vie à Jérusalem étaient inimaginables; les morts n’étaient même pas ensevelis. “Les factieux, quand ils en venaient au combat, piétinaient les morts entassés les uns sur les autres.” Ils pillaient le peuple, tuaient pour se procurer nourriture et richesses. Les lamentations des affligés formaient une clameur incessante. Certains, “de désespoir, souhaitaient l’arrivée des Romains et attendaient de la guerre étrangère la délivrance de leurs maux intérieurs”, déclare Josèphe. Il appelle “brigands” les conspirateurs qui détruisaient les biens des riches et assassinaient les hommes importants soupçonnés de vouloir transiger avec les Romains.
Les luttes internes ne cessèrent même pas quand les armées romaines, maintenant commandées par Titus, assiégèrent la ville vers la Pâque de l’an 70. Jérusalem était remplie de Juifs venus célébrer la Pâque. Le 14 Nisan, date de cette fête, les adorateurs furent autorisés à pénétrer dans l’enceinte du temple. Mais ils s’aperçurent avec surprise qu’ils étaient entourés d’hommes armés qui appartenaient à une des factions rivales. S’étant déguisés, ces hommes étaient entrés dans le temple sans se faire remarquer, avec leurs armes. Ils voulaient prendre possession de la cour intérieure du temple et de ses magasins. Il s’ensuivit des combats violents et de grands carnages.
Titus exhortait les Juifs à se rendre afin de sauver leur vie. Il leur “députa même Josèphe pour s’entretenir avec eux dans leur langue maternelle, dans l’idée qu’ils céderaient peut-être à un homme de leur nation”. Mais les Juifs ont vivement critiqué Josèphe le considérant comme un traître.
Peu après, au moyen de leurs machines de guerre les Romains s’attaquèrent à la première des trois murailles au nord de Jérusalem. Le quinzième jour, cette muraille tomba aux mains des Romains. Quatre jours après, ils furent maîtres de la seconde. Mais les Juifs contre-attaquèrent et les repoussèrent. Puis après quatre jours de combats durant lesquels ils subirent de lourdes pertes, les Romains reprirent la seconde muraille. Ils en démolirent toute la partie nord, d’un bout à l’autre. Il ne restait donc plus qu’un mur.
Plus tard, Titus tint un conseil de guerre et proposa la construction d’une enceinte tout autour de la ville. Étant donné que les Juifs seraient dans l’impossibilité de sortir de la ville, Titus pensait que cela les inciterait à se rendre ou lui faciliterait la prise de la ville à cause de la famine qui en résulterait. Son plan fut adopté. Les soldats furent organisés pour réaliser ce projet. Le travail de construction du mur se transforma en un concours de vitesse qui opposa les légions, soulevant un grand enthousiasme parmi les soldats qui se dépêchaient pour finir leur portion les premiers. Sur le plan individuel, les hommes étaient animés du désir de plaire à leurs supérieurs. Cette fortification de plus de sept kilomètres de long fut achevée en trois jours. Ainsi s’accomplissaient les paroles prophétiques de Jésus concernant Jérusalem, savoir : “Les jours viendront sur toi, où tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t’encercleront, et te presseront de toutes parts.” — Luc 19:43.
À Jérusalem, la famine était maintenant terrible. Josèphe écrit : “Les maisons étaient pleines des corps morts des femmes et des enfants, et les rues de ceux des vieillards. Les jeunes tout enflés et tout languissants allaient en chancelant à chaque pas dans les places publiques ; on les aurait plutôt pris pour des spectres que pour des personnes vivantes, et la moindre chose qu’ils rencontraient les faisait tomber. Ainsi ils n’avaient pas la force d’enterrer les morts, et quand ils l’auraient eue, ils n’auraient pu s’y résoudre tant à cause de leur trop grand nombre, que parce qu’ils ne savaient combien il leur restait encore à eux-mêmes de temps à vivre. Que si quelques-uns s’efforçaient de rendre ce devoir de piété, ils expiraient presque tous en s’en acquittant, et d’autres se traînaient comme ils pouvaient jusqu’au lieu de leur sépulture pour y attendre le moment de leur mort qui était si proche. Au milieu d’une si affreuse misère on ne voyait point de pleurs, on n’entendait point de gémissements.” Ne pouvant aller chercher de l’herbe à cause de la fortification, certains habitants de Jérusalem étaient dans une telle détresse qu’ils ramassaient et mangeaient les détritus qu’ils trouvaient dans les égouts et sur les tas de fumier. Les Romains apprirent que durant le siège de la ville pas moins de 600 000 cadavres avaient été jetés hors des portes de Jérusalem.
Finalement, les Romains pénétrèrent jusque dans l’enceinte du temple. Après que le sanctuaire eut été incendié, ils décidèrent de mettre le feu aux autres bâtiments. Environ 6 000 personnes s’étaient réfugiées sur le toit de la dernière colonnade de l’esplanade du temple. Elles avaient cru aux paroles d’un faux prophète qui leur avait dit d’aller là pour y recevoir des signes de leur délivrance. Mais les soldats incendièrent la colonnade par en dessous. De nombreux Juifs sautèrent de la galerie en flammes et furent tués tandis que d’autres périrent dans l’incendie.
Quand le siège fut terminé, le nombre des victimes était effroyable. Environ 1 100 000 Juifs avaient péri. Au total, il y eut 97 000 prisonniers. Les jeunes gens les plus forts et les plus beaux furent gardés pour la procession triomphale. Un grand nombre des autres captifs furent envoyés en Égypte et à Rome pour y effectuer des travaux pénibles, et certains périrent dans les arènes, dans différentes provinces romaines. Les prisonniers âgés de moins de dix-sept ans furent vendus.
Après avoir donné ces chiffres, Josèphe argumente. Il dit : “La plupart étaient de race juive, mais pas natifs de Jérusalem. Ils s’étaient rassemblés, venant de tous les coins du pays, pour la fête des Azymes, et ils avaient été brusquement cernés par la guerre, de sorte que leur entassement avait d’abord provoqué des ravages par la peste, puis accéléré les effets de la famine. Une preuve que la ville contenait un si grand nombre de gens, ce sont les résultats du recensement opéré du temps de Cestus. Ce dernier, voulant convaincre Néron, qui méprisait la nation, de la puissance de cette ville, invita les chefs des prêtres à faire un recensement de la population par les moyens qu’ils jugeraient appropriés. (…), à cette époque, toute la nation, par une fatalité, se trouva enfermée comme dans une prison, et c’est sur une citée bourrée d’habitants que la guerre referma son étau. ”
Le siège de Jérusalem avait duré moins de cinq mois. Toutefois, conformément à la prophétie de Jésus, c’était la tribulation la plus terrible qu’avait jamais subie cette ville (Matthieu 24: 21). Jérusalem et son temple furent rasés. Seules trois tours et une partie de la muraille occidentale restèrent debout. Josèphe écrit : “Cet ordre [de ruiner toute la ville] fut si exactement exécuté qu’il ne parut plus aucune marque qu’il y eût eu des habitants.”
C’est ainsi que le système de choses juif disparut. Désormais, les Juifs n’avaient plus de temple. Toutes leurs archives furent détruites, si bien qu’aujourd’hui aucun Juif ne peut prouver qu’il descend d’une famille de prêtres ou qu’il est de la tribu royale de Juda. Jésus Christ est le seul dont il est prouvé par les textes, dit “sacrés”, qu’il descend de Juda par David.
J’ouvre une parenthèse pour développer ce point : [ La généalogie de Jésus est la première preuve tirée des Écritures grecques chrétiennes établissant qu’il était le Messie. La Bible avait prédit que le Messie viendrait de la famille du roi David (Psaume 132:11, 12; Ésaïe 11:1, 10). L’Évangile selon Matthieu commence ainsi: “Livre de l’histoire de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham.” Matthieu prouve cette déclaration hardie en retraçant l’ascendance de Jésus par celle de son père adoptif, Joseph (Matthieu 1:1-16). Quant à l’Évangile selon Luc, il suit l’ascendance de Jésus par sa mère, Marie, jusqu’à Adam, en passant par David et Abraham (Luc 3:23-38). Ainsi, les rédacteurs des Évangiles établissent que Jésus était héritier de David au regard aussi bien de la loi que des liens du sang. Même ceux qui refusent avec le plus d’acharnement le statut de Messie à Jésus ne peuvent nier que, selon ses propres paroles, il était fils de David. Pourquoi ? Pour deux raisons. Premièrement, parce que ces paroles ont été abondamment répétées dans Jérusalem pendant des dizaines d’années avant que la ville ne soit détruite en 70 de notre ère (voir Matthieu 21:9; Actes 4:27; 5:27, 28). Si elles avaient été fausses, n’importe quel adversaire de Jésus — et il en comptait beaucoup — aurait pu prouver qu’il était un imposteur simplement en vérifiant son ascendance dans les généalogies appartenant aux archives publiques. Mais on ne trouve pas trace d’une seule personne ayant contesté que Jésus descendait du roi David. De toute évidence, il s’agissait d’un fait inattaquable. Matthieu et Luc ont sans doute pris directement dans les documents publics les noms importants qu’ils ont reproduits dans leurs récits. Deuxièmement, des écrits non bibliques confirment que la généalogie de Jésus était communément acceptée. Ainsi, le Talmud rapporte qu’au IVe siècle un rabbin a lancé des attaques virulentes contre Marie, la mère de Jésus, pour ‘avoir joué les prostituées avec des charpentiers’; toutefois, le même passage reconnaît qu’“elle descendait de princes et de chefs”. Auparavant, Hégésippe, historien du IIe siècle, avait relaté que lorsque l’empereur romain Domitien voulut exterminer tous les descendants de David, certains ennemis des premiers chrétiens dénoncèrent les petits-fils de Jude, demi-frère de Jésus, “comme étant de la famille de David”. Si Jude était connu pour être un descendant de David, Jésus ne l’était-il pas lui aussi? Incontestablement! — Galates 1:19; Jude 1. ] – Fin de la parenthèse.
Le livre “La Bible à la lumière de l’archéologie” (Mulhouse, 1975) de J. Thompson, p. 280 dit ceci : “Jérusalem fut systématiquement détruite et le Temple démoli. Les travaux archéologiques nous montrent aujourd’hui combien de constructions juives furent détruites dans tout le pays.”
L’une des plus remarquables prédictions de la prophétie de Jésus concernait le temple de Jérusalem. Celui-ci ne devait pas seulement tomber aux mains de l’ennemi, mais il allait être entièrement rasé; “il ne resterait pas pierre sur pierre qui ne soit renversée” (Luc 21:5, 6).
Il ne faut pas oublier que le temple de Jérusalem était une source de fierté non seulement pour les Juifs mais aussi pour tout l’Empire romain. Hérode le Grand, roi nommé par le Sénat romain, avait commencé à l’agrandir et à l’embellir. On le considérait comme un chef-d’œuvre architectural et artistique; les prosélytes juifs et les admirateurs du monde entier avaient participé à sa construction par leurs dons.
Josèphe en était très fier. “Dans l’aspect extérieur du bâtiment, dit-il, rien n’était omis pour frapper l’esprit et les yeux. En effet, comme il était recouvert de tous côtés par d’épaisses plaques d’or, dès le lever du soleil il réfléchissait la lumière avec une telle intensité qu’il obligeait ceux qui étaient amenés à le regarder à détourner les yeux comme devant les rayons du soleil.”
Lorsque, selon Josèphe, le général Titus tint un conseil de guerre et décida de ne pas détruire le temple, on aurait pu croire que la prophétie de Jésus ne se réaliserait pas. Titus aurait dit aux Juifs : “Je ne me suis servi qu’à l’extrémité de mes machines, j’ai modéré l’ardeur de mes soldats pour sauver la vie à plusieurs de vous ; je n’ai point remporté d’avantage que je ne vous aie ensuite encore exhortés à la paix, agissant ainsi quoique victorieux de même que si j’eusse été vaincu. Lorsque je me suis trouvé proche du temple, au lieu de me servir pour le ruiner du pouvoir que me donnait le droit de la guerre, je vous ai conjurés de le conserver et permis d’en sortir en toute assurance pour en venir ailleurs à un combat si vous aviez tant d’amour pour la guerre.”
Mais quelle fut la suite des événements ? Alors que la bataille pour le temple faisait rage, un soldat romain inconnu, en dépit de l’ordre du général, jeta un brandon dans le sanctuaire et le magnifique temple se changea rapidement en fournaise. Bien sûr, cela ne suffit pas pour raser les murs du temple formés d’énormes blocs de pierres taillées. Allaient-ils être épargnés?
Comme la ville était enfin prise et que le temple était en cendres, Titus “ordonna de détruire de fond en comble toute la cité et le temple”, à la réserve de quelques tours pour montrer la puissance des fortifications que les Romains avaient réussi à conquérir. Malgré les intentions des Juifs et celles du général, les paroles de Jésus s’étaient révélées véridiques.
L’entrée de Jérusalem fut par décret rigoureusement interdite aux Juifs. Sans temple, sans terre, avec un peuple dispersé d’un bout à l’autre de l’Empire romain, le judaïsme ne pourrait survivre qu’à travers un nouveau mode d’expression. Les Sadducéens ayant disparu à la suite de la destruction du temple, la loi orale dont les Pharisiens s’étaient faits les défenseurs devint le centre d’un nouveau judaïsme: le judaïsme rabbinique. On encouragea davantage l’étude, les prières et les œuvres pieuses qui remplacèrent les sacrifices et les pèlerinages au temple. On pouvait dès lors pratiquer le judaïsme n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quel contexte culturel. Les rabbins couchèrent la loi orale par écrit, non sans avoir compilé des commentaires sur elle, puis des commentaires sur les commentaires; l’ensemble devint connu sous le nom de Talmud.
Quel fut le résultat de ces diverses influences? Dans son livre intitulé Les Juifs, Dieu et l’histoire, Max Dimont dit que les Pharisiens portaient le flambeau de l’idéologie et de la religion juive, “mais le flambeau lui-même portait la marque des philosophes grecs”. La majeure partie du Talmud avait beau être d’un légalisme extrême, ses illustrations et ses explications reflétaient nettement l’influence de la philosophie grecque. Il exposait par exemple en termes juifs des concepts religieux grecs, tels que celui de l’immortalité de l’âme. Incontestablement, en cette ère rabbinique nouvelle, la vénération du Talmud — qui était à l’époque un mélange de philosophie légaliste et de philosophie grecque — s’intensifia parmi les Juifs, à tel point qu’au Moyen Âge ils le révéraient davantage que la Bible elle-même.

Pour expliquer le fait qu’en 132 de notre ère, les juifs de Judée et des pays environnants (donc la Galilée) se soulevèrent après avoir appris que l'empereur Hadrien avait l'intention de reconstruire la ville de Jérusalem comme ville païenne et que les rebelles chassèrent les romains de la ville à la suite de quoi Simon est proclamé roi des juifs, il suffit de montrer qu’à quelques sept kilomètres au nord-ouest de Nazareth, se trouvait une ville qui a été qualifiée de “ parure de toute la Galilée ” par Flavius Josèphe, à savoir : Sepphoris. En effet, après la chute de Jérusalem en 70, Sepphoris est devenue la principale ville juive de Galilée. Elle a plus tard accueilli le Sanhédrin, la cour suprême juive. Pendant un temps, elle a été un grand centre intellectuel et religieux juif. C’est de là que, petit à petit et avec le temps, les juifs de Galilée on repris le contrôle de la judée.
Petit historique sur la ville de Sepphoris : [ Après la mort d’Hérode le Grand, probablement en 1 avant notre ère, les habitants de Sepphoris se sont révoltés contre Rome, ce qui a entraîné la destruction de leur ville. Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand, a hérité de la Galilée et de la Pérée ; il a choisi de bâtir sa capitale sur les ruines de Sepphoris. La ville a été reconstruite dans le style gréco-romain, mais la population était essentiellement juive. Selon le professeur Richard Batey, elle est devenue “ le centre administratif de la Galilée et de la Pérée ”, jusqu’à ce qu’Antipas fonde Tibériade vers 21 de notre ère et en fasse sa nouvelle capitale. C’est à cette époque que Jésus vivait non loin de Sepphoris. Le professeur James Strange, qui a fait des fouilles à Sepphoris, décrit la ville comme ayant des archives, un trésor, un dépôt d’armes, des banques, des bâtiments publics et des marchés où se vendaient de la céramique, de la verrerie, des objets en métal, des bijoux et toutes sortes de produits alimentaires. Il s’y trouvait aussi des tisserands et des marchands de vêtements, ainsi que des boutiques proposant notamment de la vannerie, des meubles et des parfums. On estime que la ville comptait à l’époque entre 8 000 et 12 000 habitants. ]

L’histoire atteste clairement qu’il y a bien eu un véritable exil des juifs de Judée.
Par contre, il n’en est rien des juifs de Galilée qui ont été conquis par Rome en 67 de notre ère mais nullement exilés….
Logiquement et avec un peu de patience (le temps que les tensions retombent), il leur a été tout à fait possible de reprendre les terres de Judée durant les décennies qui ont suivi la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère…

Pour conclure, et pour revenir au livre "Le « peuple juif » : une invention", je voudrais dire que je ne remets pas en question les nobles objectifs du Professeur Zand, lorsqu’il est dit au paragraphe 7 de “Une autre traduction de l’article”, qu’il vise à promouvoir l'idée qu'Israël devrait être un « Etat de tous ses citoyens » - juifs, Arabes et autres – par opposition à son identité proclamée de « pays juif et démocratique ».

Ce serait vraiment magnifique si cela venait à se réaliser !
Sauf que ce n’est pas en tordant l’histoire qu’il va (ou qu’ils vont) y arriver…

Le temps de passer ses nuits à argumenter sur des fait historiques incontestables est révolu (je parle pour moi…)

$tef

5.Posté par al akl le 13/03/2008 21:28 | Alerter
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réponse des commentateurs...

T'attend quoi ? Des bons points, des images, des félicitations ?

Retourne devant le miroir et répète en boucle, je suis le meilleur, je suis le meilleur, tu va voir maman, je vais leur montrer je suis le plus fort,

6.Posté par $tef le 14/03/2008 11:50 | Alerter
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Le message d'al akl donne à penser que je suis le seul à écrire et à contredire certaines thèses...
C'est très flatteur pour moi sauf que je ne m'y laisse pas prendre...
Car intrinsèquement, il présente tous les rédacteurs de commentaires, d'articles voire de livres un peu trop long à son goût, comme étant des introvertis.
Mais qui est vraiment l'introverti dans l'histoire, celui qui rédige un long post ou celui qui parle au nom de tous les commentateurs ?
A-t-il le monopole de la pensée pour se l'approprier au nom de tous ?

Personnellement, je trouve que pareille attitude est particulièrement dangereuse…

$tef

7.Posté par al akl le 14/03/2008 12:14 | Alerter
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répond à la question, tu attend quoi ?

Si tu demande aux modérateurs de te répondre, le mieux c'est de leur écrire en privé, là le message est public. Et son but est de nous con vaincre. Et nous sommes tous en droit de te répondre tant que nous ne sommes vaincus. Tu n'a qu'a biffer le s à la fin de commentateur, et tu aura ma réponse. Ou plutot ma question, auquel tu ne répondra j'imagine, pas...

Si tu t'appui sur l'essence du probleme pour nous proposer des solutions, c'est qu'il n'est pas vraiment révolu pour toi le temps de vérifier tes sources, et tes faits historiques incontestables.
Retourne voir Titus le cadavre, il te rappellera que l'orgueil ne s'emporte pas outre tombe, et que tu ne peux hériter de sa gloire.
Surveille tes chevilles. C'est urgent. Quand tu ne touchera plus le sol, c'est que la camisole sera devenue impérative, et urgente.
Et lis La controverse de Sion, de Douglas Reed, ça te remettra les idées en place...

Amicalement.

8.Posté par pkjmr le 15/03/2008 02:10 | Alerter
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Bonjour à tous
merci $tef pour ce joli condensé instructif (tout de même flou pour moi dont le niveau d'histoire ne dépasse pas le lycée...).
Un peu de débat ne fait pas de mal pour recentrer les questions essentielles.

Je regrette qu'il n'y ait personne d'assez qualifié qui ne soit encore passé ici pour répondre à $tef de manière pertinente. Peut-être une lecture complète du livre de Shlomo Sand est-elle indispensable pour pouvoir défendre ce point de vue pour le moins peu courant.

9.Posté par Jyb le 18/03/2008 15:10 | Alerter
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@al akl : rien compris a ses commentaires, j'ai du rater quelque chose, ou bien il a un compte à regler...

@Stef : une bien belle histoire, mais je ne vois decidemment pas en quoi tout ceci infirme la these du fameux bouquin. D'aprés ce que j'ai pu comprendre cette these ne contredit ni la prise de Jerusalem, ni l'exode qui l'aurait suivi, mais plutot la nature et surtout l'ampleur de cet exode. De cette façon il ne fait qu'emetre une nouvelle hypothese quand a l'origine de la diaspora juive dans le monde. De mon point de vue ça se défend, au moins autant que l'unique temoignage de Flavius Josephe ou encore celui de St. Mathieu (clairement orientés, mais je suis sur qu'ils etaient de bonne foi...). Au moins autant que l'aspect reellement "historique" des anciens et nouveaux testaments.
Je voulais surtout mettre le doigt sur le paradoxe de l'exil babylonien. J'aimerai savoir si l'auteur Stef a connaissance d'un ouvrage s'intitulant "la bible dévoilée". Rédigé par deux universitaires israelien, il expose l'hypothese que la dynastie davidique n'aurait effectivement jamais existé, pour simplifier elle aurait été imaginée au temps du roi Josias, afin d'alimenter une identité juive naisante. Expliqué dans un cadre rigoureux, tout se tient, et les auteurs n'entrent pas en contradiction avec un eventuel exil babylonien dont les preuves concretes sont encore à trouver (à ma connaissance).
Considerant l'Histoire comme etant en perpetuel mouvement, je ne peux accepter d'Histoire Officielle. N'importe quel lecteur de Marco Polo ne peut que s'interoger sur la veracité de cet historien "Officiel". Mefie toi de celui qui ne doute jamais, merci à Stef pour sa prose, et à l'auteur original pour l'info.

10.Posté par Jyb le 18/03/2008 16:23 | Alerter
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@ al akl : Autant pour moi, en lisant les premieres pages de "la controverse de Sion" (brulot paranoiaque et antisemite), j'ai obtenu ma réponse.

11.Posté par al akl le 18/03/2008 17:08 | Alerter
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@ Jyb reponse au N 9

Il aurait été plus honnête à l'auteur du commentaire effacé de répondre à ma place. Ca aurait au moins évité que tu t'illusionnes.

Ton post no 10 n'a pas besoin de réponse. puisqu'en lisant les premières pages, entre 15h 10 et 16h 23 tu as jugé et condamné.... Mais pour arriver à bien t'en persuader, le mieux est d'en obtenir une copie papier, d'écrire au feutre sur toutes les pages et en toutes les langues antisémite, antisémite, et de le brûler. Ton fantasme aura été comblé. A moins que ce soit un abîme, auquel cas on ne peut pas grand chose pour toi.

Pour clarifier :
Il semble incompréhensible de se baser sur des "écrits", vieux de 2000 ans pour justifier le massacre et l'exode d'un peuple d'aujourd'hui.
si nos fantasmes et nos mythes peuvent nous servir à justifier nos actes alors la loi ne sert à rien.
L'exemple de Rael, et de ses Elohims est clair sur l'effet des fantasmes bien vendus....
Et on commence à peine à en mesurer les effets, contrairement au sionisme, dont les effets sont avérés.

Les Palestiniens sont les enfants naturels de cette terre qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, coptes ou autres, n'a pas d'importance. La Palestine a été une terre d'accueil depuis toujours. Ceux qui veulent devenir Palestiniens ne peuvent le faire que dans la paix. En s'y installant tout simplement en créant un commerce ou en travaillant. En suivant le processus naturel de migrations vieilles comme le monde. Qui font des Nationalités de papier des chimères récentes.

Pour la plupart des peuples du monde, la terre ne leur appartient pas. Ils lui appartiennent. Les exemples n'ont pas de frontières, tous les peuples naturels, ont entretenus ce lien. Ils sont tenus de la respecter, et depuis leur enfance la sensibilité envers l'anima et la terre qui les nourris est entretenue au travers de rituels divers.
le nationalisme n'est pas une forme naturelle, c 'est un accaparement idéologique de cette sensibilité. Qui au passage a disparu, ou presque...

S'appuyer sur des mythes et dire que l'on a vérifié ses sources, est pour le moins issu du fantasme.

12.Posté par Jyb le 18/03/2008 17:26 | Alerter
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@ al akl : merci pour ces explications, en particulier ces passages si poetiques où il est question de mon jugement et de ma condamnation anticipés.
Detrompe toi, je n'avais en effet pas saisi le parralele avec le drame des palestiniens, sache même que sur le fond, je suis d'accord avec toi. Mon commentaire aurait du t'eclairer sur mes opinions : le fait que, comme le disait un dirigeant israelien, la bible n'est pas un cadastre... ni d'ailleurs un livre d'histoire, comme elle a été pendant trop longtemps.
Maintenant, je suis capable de comprendre ton hostilité façe au sionisme, mais mefie toi des généralités (un juif n'est pas forcement un sioniste conspirateur), mais aussi, et surtout, de ce genre de litterature que tu cite en référence, et qui te ramene au niveau de Rael et de ses Elohims ;)

13.Posté par al akl le 18/03/2008 18:47 | Alerter
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@ Jyb
Puisque tu avoue ne pas l'avoir lu, veux tu nous dire d'ou vient ton avis ? Des premières pages ? ou d'un compte rendu orienté ?
tu es partisan du doute comme outil de la raison ? Doute un peu. Ne laisse pas des barrières émotionelles posées par des professionels du genre te dicter ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Faire des amalgammes autour de cet épouvantail, ne peut plus nous empecher de chercher et de douter. De lire en particulier, ce a été soustrait, à notre regard, qui semble concerner un domaine central. Utilise ton libre arbitre.
N'oublie pas que la controverse n'est qu'un chef d'oeuvre du genre, que d'autres ouvrages innombrables décrivent de différentes manières. Souvent l'auteur trompé par le paravent principal qui place le judaisme devant sa version ethnocentriquee qui à abouti au sionisme, les confond. Mais douglas reed ne fait pas cette erreur et va plus loin en situant l'année ou tout a commencé... Il a au moins le mérite de s'appuyer sur autre chose que des fables et des légendes, que les historiens Israéliens remettent en cause sans contestation, bien que ce soit hors du débat général.
L'article a le mérite de le rappeler.

14.Posté par dave le 25/03/2008 11:22 | Alerter
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Attention certain passage ed Flavius Joseph notament sur Jesus de Nazareth sont maitnenant considérés comme faux!!!

Sur l'histoire du judaisme et du christianisme, à lire : "la résistance au christianisme" de Raoul Vaneigem...

15.Posté par $tef le 25/03/2008 12:06 | Alerter
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En quel sens certains passages de Josèphe sur Jésus de Nazareth sont-ils faux ?
Malgré le fait que je n'ai pas cité de passages sur Jésus de Nazareth de la part de Josèphe, j'aurais besoin d'un peu plus de détails... d'autant qu'en tant que juif, il n'aimait pas vraiment les chrétiens !
Je ne vois pas pour quel motif, il aurait falsifié l'histoire à ce sujet...

$tef

16.Posté par $tef le 23/04/2008 11:23 | Alerter
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Al akl dit : "Il semble incompréhensible de se baser sur des écrits, vieux de 2000 ans pour justifier le massacre et l'exode d'un peuple d'aujourd'hui. Si nos fantasmes et nos mythes peuvent nous servir à justifier nos actes alors la loi ne sert à rien."

Je lui réponds que ces écrits vieux de 2000 ans sont cités, non pas pour justifier le massacre et l'exode d'un peuple d'aujourd'hui mais pour attester l'historicité de la Diaspora juive sous l’empire Romain car elle est contestée par le Professeur Zand.

Pourquoi interpréter ma contre argumentation à la thèse du Professeur Zand comme étant la justification des massacres et de l'exode du peuple palestinien d'aujourd'hui ?

Honnêtement, je ne vois pas le rapport.

Ci-dessous, je voudrais développer deux points essentiels permettant d’y voir un peu plus clair.
Le premier, à propos de la Diaspora et le second à propos de la naissance du sionisme (les deux points étant étroitement liés).

Petit historique :

Conséquence de l’exil à Babylone, le judaïsme se répandit. Les Juifs de la Diaspora babylonienne côtoyèrent des païens de nombreuses nations. Grâce à la fondation de synagogues et à la traduction des Écritures hébraïques en grec, les habitants du monde romain purent connaître plus facilement la religion juive. Des auteurs de l’Antiquité tels Horace et Sénèque confirmèrent que dans plusieurs pays beaucoup de gens se joignirent aux Juifs et devinrent ainsi des prosélytes. Josèphe rapporta que les Juifs d’Antioche de Syrie “ attirèrent successivement à leur culte un grand nombre de Grecs, qui firent dès lors, en quelque façon, partie de leur communauté ”. (Guerre des Juifs, VII, 45 [III, 3].) Un dictionnaire biblique déclare que “ les Juifs de Rome faisaient preuve d’un prosélytisme tellement agressif qu’on les accusa de chercher à contaminer les Romains avec leur culte et, en 139 av. J.-C., le gouvernement expulsa de la ville les principaux propagandistes ”. (The Interpreter’s Dictionary of the Bible, par G. Buttrick, 1962, vol. 3, p. 925.) Bien entendu, cette accusation était peut-être injustifiée ou exagérée, peut-être motivée par des intérêts politiques ou des préjugés raciaux ou religieux. Néanmoins, Jésus lui-même dit à propos des scribes et des Pharisiens hypocrites : “ Vous parcourez la mer et la terre ferme pour faire un seul prosélyte, et lorsqu’il l’est devenu, vous en faites quelqu’un qui est exposé à aller dans la géhenne deux fois plus que vous. ” — Mathieu 23 verset 15.

Combien de Juifs la Diaspora comptait-elle au 1er siècle ?
De nombreux historiens semblent d’accord avec ce qu’on lit dans l’Atlas du monde juif : “ Il est difficile d’avancer des chiffres mais, selon une estimation plausible, il devait y avoir, un peu avant 70, deux millions et demi de Juifs en Judée et largement au-dessus de quatre millions dans la diaspora romaine. [...] Il est vraisemblable qu’ils représentaient ensemble environ un dixième de la population totale de l’empire, la proportion pouvant atteindre le quart ou même plus là où il y avait les plus fortes concentrations, c’est-à-dire dans les villes des provinces orientales (N. De Lange, trad. B. Saurel, Paris, Nathan, coll. “ Beaux livres Nathan ”, 1987, p. 27).

Les communautés les plus importantes se trouvaient donc à l’est : en Syrie, en Asie Mineure, à Babylone et en Égypte ; celles qui étaient situées en Europe étaient plus petites. Au 1er siècle, certains chrétiens bien connus, d’origine juive, étaient issus de la Diaspora. Barnabas, par exemple, venait de Chypre, Prisca et Aquila venaient du Pont — qu’ils avaient quitté pour aller à Rome —, Apollos venait d’Alexandrie et Paul de Tarse. — Actes 4:36 ; 18:2, 24 ; 22:3.

Les communautés de la Diaspora avaient gardé des liens avec leur patrie. L’un d’eux était l’impôt envoyé au temple chaque année, impôt qui leur permettait de contribuer à la vie du temple de Jérusalem et au culte qui y était rendu. À ce sujet, l’historien John Barclay fait remarquer : “ De toute évidence, la collecte de cet argent, auquel s’ajoutaient les dons supplémentaires que faisaient les riches, était effectuée de façon scrupuleuse par les communautés de la Diaspora. ”

Autre preuve : les dizaines de milliers de pèlerins qui se rendaient à Jérusalem chaque année à l’occasion des fêtes. Il est fait mention d’eux en Actes 2:9-11, dans le récit relatif à la Pentecôte 33. Il y avait là des pèlerins venus de Parthie, de Médie, d’Élam, de Mésopotamie, de Cappadoce, du Pont, d’Asie, de Phrygie, de Pamphilie, d’Égypte, de Libye, de Rome, de Crète et d’Arabie.

Qui plus est, les autorités religieuses de Jérusalem communiquaient par lettres avec les Juifs de la Diaspora. On sait par exemple que Gamaliel, l’enseignant de la Loi dont il est question en Actes 5:34, a envoyé des lettres à Babylone et ailleurs. Quand l’apôtre Paul est arrivé à Rome vers 59 en tant que prisonnier, “ les principaux personnages d’entre les Juifs ” lui ont dit : “ Nous n’avons pas reçu de lettres de Judée à ton sujet, et aucun des frères qui sont arrivés n’a rapporté ou dit sur ton compte quelque chose de mauvais. ” Cela indique que des courriers et des rapports en provenance de Palestine arrivaient régulièrement à Rome. — Actes 28:17, 21.

Les Juifs de la Diaspora utilisaient la Septante, une traduction en grec des Écritures hébraïques. Un dictionnaire biblique signale : “ On peut conclure avec vraisemblance que, dans toute la Diaspora, la LXX [Septante] était lue et acceptée comme la Bible juive de la communauté, les ‘ Saintes Écritures ’. ” Cette traduction, les chrétiens en faisaient eux aussi grand usage dans leur enseignement.

Au 1er siècle, la communauté la plus importante de la Diaspora se trouvait en Égypte, principalement à Alexandrie, la capitale. Ce centre commercial et culturel comptait des centaines de milliers de Juifs ; il y avait des synagogues partout dans la ville. Philon, un Juif d’Alexandrie, estimait qu’il y avait au moins un million de Juifs dans toute l’Égypte à cette époque. D’autres Juifs, en grand nombre, s’étaient installés dans le pays voisin, la Libye, à Cyrène et aux alentours.

Certains Juifs convertis au christianisme étaient originaires de ces contrées. Citons “ Apollos, originaire d’Alexandrie ”, “ quelques hommes de Chypre et de Cyrène ”, et “ Lucius de Cyrène ”, qui apportait son soutien à la congrégation d’Antioche de Syrie (Actes 2:10 ; 11:19, 20 ; 13:1 ; 18:24). Abstraction faite de ces personnages et du récit où nous voyons l’évangélisateur Philippe donner le témoignage à l’eunuque éthiopien, la Bible est muette sur l’activité des premiers chrétiens en Égypte et dans ses environs. — Actes 8:26-39.

Babylone également comptait une importante communauté juive, avec des ramifications en Parthie, en Médie et en Élam. D’après un historien, “ tous les territoires de la plaine du Tigre et de l’Euphrate, depuis l’Arménie jusqu’au golfe Persique, et même jusqu’à la mer Caspienne au nord-est et jusqu’à la Médie à l’est, comportaient des populations juives ”. L’Encyclopaedia Judaica évalue le nombre de Juifs dans ces régions à au moins 800 000. Josèphe, historien juif du 1er siècle, rapporte que des dizaines de milliers de Juifs de Babylonie se rendaient à Jérusalem pour les fêtes annuelles.

Selon le livre des Actes d'Apôtres, des pèlerins babyloniens ont entendu l’apôtre Pierre à la Pentecôte 33 car il est indiqué que certains venaient de Mésopotamie (Actes 2:9).

Au 1er siècle, des dizaines de milliers de Juifs venaient à Jérusalem pour les fêtes annuelles. La ville était tellement bondée de pèlerins que certains devaient loger dans les villages alentour ou camper sous des tentes. Selon l’Encyclopaedia Judaica, en plus de retrouver leurs amis, les pèlerins se rendaient au temple pour adorer, offrir des sacrifices et prendre part à l’étude de la Torah.

Qu'en est-il de la naissance du sionisme ?

Selon une encyclopédie juive (The Concise Jewish Encyclopedia), c’est durant la période de l’exil à Babylone (607 - 537 avant notre ère) que se développa le concept d’un Messie, “le futur monarque idéal [qui] ne serait pas un simple roi oint de plus, mais celui qui anéantirait les ennemis d’Israël et instaurerait une ère de paix et de perfection totales”.

Au 4ème siècle avant notre ère, tous les Juifs se retrouvèrent sous la domination d’Alexandre le Grand dans l’Empire qu’il avait constitué par ses conquêtes. Mais il n’était manifestement pas le Messie attendu, même si sa domination influença grandement le pays, la culture et la religion des Juifs.

Après la mort d’Alexandre, la Palestine demeura sous la tutelle de la Grèce. Elle fut d’abord gouvernée par les Ptolémées d’Égypte, puis par les Séleucides de Syrie, deux dynasties établies par des successeurs d’Alexandre. L’influence grecque allant croissant, des aristocrates juifs influents commencèrent à penser que les traditions et les coutumes juives étaient dépassées. La famille de Tobie prit la tête du mouvement en propulsant Ménélas, un parent, semble-t-il, à la position de grand prêtre durant le règne du roi séleucide Antiochus IV Épiphane (175-164 avant notre ère). Or, Ménélas n’était pas de la maison sacerdotale traditionnelle de Zadoc, grand prêtre au temple de Salomon. L’influence grecque devint si forte que les fêtes religieuses juives furent interdites et que le temple fut changé en un sanctuaire grec.

C’est en 167 avant notre ère qu’eut lieu la rébellion du prêtre juif Mattathias et de ses cinq fils, communément appelés les Maccabées ou Asmonéens. Le soulèvement maccabéen, à l’origine de nature religieuse, se transforma vite en une lutte politique pour l’autodétermination juive. En 164 avant notre ère, le temple fut repris et reconsacré, victoire que les Juifs du monde entier célèbrent chaque année aujourd’hui par l’Hanukkah, la fête des Lumières, qui dure huit jours. Cependant, il n’y avait toujours pas de Messie en vue.

Selon une encyclopédie juive (Pictorial Biblical Encyclopedia), à cette époque, “non seulement les prêtres détenaient la prééminence spirituelle et sociale, mais ils formaient la classe de Jérusalem la plus puissante et la plus riche sur les plans politique et économique”. Les prêtres devinrent aristocrates et se montrèrent si négligents dans l’accomplissement de leurs devoirs de bergers que des hommes n’appartenant pas à la classe sacerdotale les remplacèrent peu à peu dans l’interprétation de la Loi et l’administration de la justice. Ces hommes, les scribes, étaient habiles à trouver des échappatoires pour ceux qui voulaient tourner la Loi.

À la même époque, la religion juive se divisa en sectes rivales. Les Pharisiens enseignaient que Dieu avait donné à Israël une Loi en deux parties, l’une écrite et l’autre orale. C’est sur la base de cette Loi orale qu’ils reconnaissaient la légitimité de la lignée des grands prêtres, même après que la lignée traditionnelle eut été rompue. Les Sadducéens, eux, niant l’existence d’une Loi orale, affirmaient que seul un descendant direct de Zadoc pouvait occuper la fonction de grand prêtre.

Le nom “Pharisien” dérive d’un mot qui signifie “séparé”, “distingué”. Certains disent qu’il était utilisé péjorativement par les adversaires des Pharisiens pour les signaler comme hérétiques. D’autres affirment qu’il désigne la position ‘distinguée’ qu’ils occupaient, se tenant à l’écart des "am ha arèts" (gens de la terre), jugés impurs par eux. Les Pharisiens étaient extrêmement satisfaits d’eux-mêmes quant à leur observance aussi bien de la Loi écrite que de la Loi orale. La rigueur tout aussi extrême des Sadducéens pour ce qui était de l’interprétation de la Loi écrite ne “provenait [peut-être] pas d’un quelconque sentiment religieux particulier, écrit l’auteur juif Gaalyahu Cornfeld, mais était une arme politique dans leur opposition contre les pouvoirs législatifs des Pharisiens”.

Les Esséniens, un autre mouvement religieux, apparurent, semble-t-il, à cette même époque. Ils se détachèrent de la prêtrise officielle, s’abstenant de prendre part aux services et aux sacrifices religieux du temple, mais ils se conformaient toutefois très étroitement à la Loi. Tout comme les Pharisiens, à qui ils ressemblaient sous de nombreux rapports, ils subirent l’influence hellénistique, qui leur fit adopter la croyance en l’immortalité de l’âme.

Ce groupe ne comptait vraisemblablement pas plus de 4 000 membres, tous des adultes de sexe masculin, dont une grande partie étaient célibataires. Ces hommes habitaient des maisons communes, formant des communautés isolées disséminées dans toute la Palestine. D’après une encyclopédie juive (Pictorial Biblical Encyclopedia), les Esséniens “combattirent héroïquement dans la rébellion contre Rome, et certains meneurs de cette lutte étaient même issus de leurs rangs”. L’historien juif Josèphe fait mention de l’un de ces meneurs, un certain “Jean l’Essénien” qui servait comme général dans l’armée juive et qui participa au soulèvement de 66 de notre ère.

Les rouleaux de la mer Morte, découverts en 1947, fournissent des renseignements sur la secte de Qumrân, que certains historiens identifient aux Esséniens. Cependant, parlant de l’hypothèse selon laquelle Jean le baptiseur et Jésus auraient appartenu à ce mouvement, la Nouvelle Encyclopédie britannique déclare: “De solides arguments (...) contredisent cette supposition.” On note des “différences fondamentales entre la secte de Qumrân et Jean le Baptiste (...), de profondes divergences entre les idées de cette secte et la portée du ministère de Jésus, son message de salut, sa compréhension de la volonté divine (...) et, particulièrement, le caractère radical de son commandement enjoignant de faire preuve d’amour ainsi que ses rapports avec les pécheurs et les parias”.

En réalité, toutes les factions religieuses juives s’opposèrent à Jean le baptiseur et à celui qu’il présenta comme le Messie. D’après l’historien Josèphe, au lieu d’ajouter foi au message de Jean, nombre de prêtres se tournèrent vers les Zélotes, un groupe de Juifs révolutionnaires aspirant à l’autodétermination. Depuis plusieurs dizaines d’années, des mouvements comme celui-ci, opposés à la domination romaine qui avait succédé en 63 avant notre ère à la tutelle grecque, se livraient à des activités terroristes. Finalement, en 66 de notre ère, ils déclenchèrent une rébellion ouverte qui provoqua la destruction du temple juif et la suppression de la prêtrise. L’espérance d’un Messie s’estompait.

Des siècles avant, pendant, et peut-être un peu après l’exil à Babylone, on avait beaucoup mis l’accent sur l’acquisition de la connaissance de la Loi. Des maisons d’enseignement religieux, les synagogues, furent construites. On ne se rendait donc plus au temple que pour des occasions spéciales ou en vue d’offrir des sacrifices. Aussi, au 1er siècle de notre ère, était-il devenu tout à fait normal d’adorer dans les synagogues. Par conséquent, après la destruction du temple en 70 de notre ère, on considéra apparemment que les synagogues le remplaçaient.

Le rôle important joué auparavant par la prêtrise, alors anéantie, se reporta sur des enseignants appelés rabbins. Les Sadducéens avaient cessé d’exister en tant que groupe influent, et les Esséniens avaient tout bonnement disparu. Les Pharisiens acquirent donc un pouvoir incontesté. Ellis Rivkin, du Hebrew Union College, explique leur influence en ces termes: “La Loi orale des Pharisiens donna naissance à la Mishna, au Talmud palestinien et au Talmud babylonien, aux responsa gaoniques, médiévaux et modernes, ainsi qu’aux différents codes de lois juifs.” La Nouvelle Encyclopédie britannique ajoute: “Même aujourd’hui, les divers groupes du judaïsme, qu’ils soient orthodoxe, conservateur ou réformateur, prétendent tous être les héritiers spirituels des Pharisiens et des sages rabbiniques.”

Dès avant l’an 70 de notre ère, des millions de Juifs vivaient hors de Palestine, principalement en Syrie, en Asie Mineure, en Babylonie et en Égypte. Cependant, après 70, tous les survivants juifs furent déportés et dispersés. Ainsi commença la Diaspora sous l'empire Romain, mot grec signifiant “dispersion”. Même alors, beaucoup entretinrent l’espoir de jouir un jour de l’autodétermination sous la direction d’un Messie à venir. Le chef juif Bar Kokhba, qui échoua dans sa rébellion contre Rome en 132 de notre ère, se révéla être un faux messie. Selon l’Encyclopédie juive (angl.), 28 faux messies se levèrent entre cette date et 1744 de notre ère.

Ainsi, et c’est compréhensible, l’espérance messianique devint plus confuse. L’Encyclopédie judaïque explique: “L’Antiquité ne légua pas à l’idéologie juive du Moyen Âge un concept messianique cohérent et uniforme. (...) La littérature talmudique et les différents Midrashim renferment de nombreuses pensées opposées.” Dès le 12ème siècle, le philosophe juif Moïse Maimonide affirma que le règne du Messie était peut-être simplement l’image d’une société plus élaborée. Au 19ème siècle, des Juifs réformateurs “substituèrent la croyance en un âge messianique à celle d’un Messie personnifié. (...) L’espérance messianique fut dissociée du retour des exilés à Sion, avec lequel elle était traditionnellement associée”.

Peu de temps auparavant, le mouvement dit des Lumières (le haskala), qui était actif en Europe, avait encore obscurci la question. Il promouvait un judaïsme prêt à se conformer au mode de vie occidental. Il contribua à la division des Juifs, entre ceux qui considéraient comme primordiale l’autodétermination dans une patrie juive rétablie sous la direction du Messie et ceux qui pensaient que l’intégration dans le pays natal était ce qui comptait le plus.

Cette évolution, ajoutée à la montée de l’antisémitisme, prépara la voie au sionisme moderne, créé par Theodor Herzl à la fin du 19ème siècle. Aujourd’hui, en avril / mai 2008, 60 ans exactement après la naissance de l’État d’Israël, ainsi qu’ils l’imaginaient les Juifs jouissent de l’autodétermination en tant que communauté juive dans une patrie juive. Leur espérance messianique s’est-elle réalisée?

Si oui, pourquoi certains Juifs, selon le Times de Londres, voient-ils “dans le sionisme une profanation qui devint réalité avec la création d’Israël”? Pourquoi l’historien juif Theodore White, à présent décédé, reconnut-il franchement: “Il y a presque autant de sectes juives, déchirées par des dissensions, (...) que protestantes”? Pourquoi, attirant l’attention sur les sectes rivales qui divisent la Knesset (le Parlement de l’État d’Israël), la revue Time écrivit-elle: “Il faut trouver une solution durable si l’on ne veut pas qu’Israël (...) devienne une maison mortellement divisée contre elle-même”?

L’autodétermination juive actuelle offre peu d’espoir pour l’avenir. En accordant sa confiance aux hommes politiques pour réaliser son espérance messianique, le judaïsme n’a tenu aucun compte des propos suivants contenus dans ses propres écrits sacrés: “Mieux vaut s’abriter en l’Éternel que de mettre sa confiance dans les hommes. Ne placez pas votre confiance dans les grands, dans le fils d’Adam, impuissant à secourir.” — Psaumes 118 verset 8 et 146 verset 3 (Rabbinat français).

Voila d'où le sionisme du 20 et 21ème siècle tire son origine.

$tef

17.Posté par Moy le 28/08/2008 22:45 | Alerter
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Israël est le pays de tous ses citoyens mais restera LE pays, LE SEUL, de culture juive, de langue officielle hébraïque, ouvert en priorité aux Juifs du monde entier qui veulent y vivre.
Point-barre !

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