Géopolitique et stratégie

Le nouveau leader des Tribunaux islamiques, dans le collimateur des Américains


Décidément, le monde lève le black out de dix ans sur la Somalie et commence à s’intéresser à ce pays, oublié, abandonné à son sort, dans les abysses de plus d’une décennie de guerre civile; un pays où aucun gouvernement n’a pu fonctionner, depuis la chute du dictateur, Mohammad Ziad Barré.


IRIB
Mercredi 28 Juin 2006


C’est à la montée des Tribunaux islamiques qu’on doit ce nouvel intérêt. Les milices des Tribunaux islamiques ont, en effet, pris, depuis le 5 juin, le contrôle de Mogadiscio, suivi de Jowhar, le 14 juin, une ville, située, à 90 km, au nord de la capitale, tombée, sans affrontements violents, où se trouvait retrancher le dernier carré des Chefs de guerre, réunis, au sein de l’Alliance pour la restauration de la paix, soutenue, par les Etats-Unis. Tandis que médiateurs régionaux et internationaux s’évertuent à instaurer, enfin, sécurité et paix, dans ce pays situé aux confins de la Corne de l’Afrique, y voyant un processus prometteur, les Etats-Unis jouent les troubles fêtes et refusent, carrément, de coopérer avec le nouveau Chef suprême des Tribunaux islamiques, Cheikh Hassan Dawir Aweys, le jugeant trop dur, par rapport à son prédécesseur, Cheikh Ahmad. Ils n’hésitent même pas à lui épingler l’étiquette trop commode de terroriste et de l’accuser d’être lié à la nébuleuse d'Al-Qaïda. Une telle attitude, de la part de Washington, n’a surpris personne, lui, qui, depuis le tournant du 11 septembre, a tout fait, pour faire passer la Somalie, pour un havre sûr des terroristes d’Al-Qaïda, ce qui lui permettra, au nom de la lutte contre le terrorisme, de réaliser ses programmes, qui envisagent de fonder des bases militaires, dans cette région stratégique du monde. Son soutien généreux et sans ambages aux seigneurs de guerre explique de telles visées. Et maintenant, après quinze ans de conflit létal, laissant, dans son sillage, quelque 500.000 morts, un pays pauvre, exsangue, dont le peu de richesse, qui lui restait, a été ponctionné, par les seigneurs de guerre, alimentés, généreusement, par la CIA, les Tribunaux islamiques promettent sécurité et paix aux habitants, broyés, par la famine, épuisés, par cette guerre, qui a conduit la Somalie au bord de désastre, tandis que les Etats-Unis ne font que diaboliser les nouveaux leaders somaliens, pour conforter leur maximalisme insatiable.


Mercredi 28 Juin 2006

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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