Religions et croyances

Le noachisme et le "peuple juif" : le tribalisme, l'élection et le messianisme



perfidismodernis
Mercredi 9 Octobre 2013

Le noachisme et le "peuple juif" : le tribalisme, l'élection et le messianisme
Dans la première partie de notre étude, nous avons pu avoir un bref aperçu de la place que donnent les rabbins à ce qu’ils appellent « peuple juif » au sein de l’humanité. Cet aspect sera plus développé ici avec la mise en avant de trois aspects fondamentaux de la pensée rabbinique et leurs liens avec le noachisme: le tribalisme, l’élection et le messianisme. 1) Le tribalisme « Un juif restera toujours un juif et aussi ouvert soit-il, il aura toujours une mentalité, une sensibilité et un langage de juif. (…) Les enfants des Nations ont une sensibilité, un caractère une mentalité et un mode de raisonnement qui leur est propre. » Rav Dynovisz - Communautes d'enfants de Noe Il est courant d’entendre des personnes se définir comme « non pratiquant », « laïcs » et même athées tout en continuant pourtant à se revendiquer du « peuple juif . Le fait qu’une telle situation soit envisageable dans le judaïsme montre que la question religieuse n’est pas prépondérante. En fait, le « peuple juif » se définit avant tout par une identité qui englobe non seulement les aspects religieux, linguistique et culturel mais surtout un aspect ethnique et c'est cela qui entraîne l’utilisation du mot « peuple » pour définir des gens appartenant à la communauté judaïque. La notion de « pureté » est très importante, elle est soulignée par la croyance en une pérennité d’une « antique patrie » juive au fil des siècles qui a réussi à garder intactes ses spécificités en préservant sa « judéité » et ce, malgré les nombreuses pérégrinations de ce peuple. Cette croyance est basée une mystification de l’Histoire à partir des textes de l’Ancien Testament que l’historien israélien Shlomo Sand désigne par le mot « Mythistoire ». Elle a toujours été mise en avant par les rabbins pour justifier la supériorité raciale du « peuple juif ». L’Ancien Testament a aussi été utilisé par les fondateurs de la nation israélienne pour créer un roman national mythique qui sert de base à l’unification du « peuple juif ». C’est ce que souligne Shlomo Sand dans son livre « Comment le peuple juif fut inventé ? » concernant le premier chef de l’état d’Israël David Ben Gourion: « Le charismatique dirigeant de l'État n'était pas seulement un fidèle lecteur de l'antique Livre hébreu, il sut aussi l'utiliser avec intelligence, en fin stratège politique. Il comprit relativement tôt que le texte sacré pouvait devenir un livre laïco-national, constituant le réservoir central de représentations collectives du passé, contribuant à faire de centaines de milliers de nouveaux émigrants un peuple unifié, et reliant les jeunes générations à la terre. (…) Ben Gourion et les autres dirigeants de la révolution sioniste, hauts militaires et « intellectuels d'État», étaient persuadés qu'ils reproduisaient la conquête du pays biblique et la création d'un État sur le modèle du royaume de David. Les événements de l'histoire contemporaine ne prenaient, pour eux, leur signification que sur la toile de fond des événements paradigmatiques du passé. » (Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé ?, Fayard, 2008). C'est donc sur cette vision métaphysique du « peuple juif » qui est au-delà du temps et de l’espace, que se fonde la création d’une « nation juive ». Le sionisme (ou nationalisme juif) est le mouvement politique qui a permis la réalisation de cette vision supra-individuelle dans les conditions du réel avec l’implantation d’un « peuple-race » en « Terre sainte ». Le mouvement sioniste, présenté comme une entreprise laïque par son fondateur Théodore Herzl, est donc caractérisé par un tribalisme exacerbé. Celui-ci n’est que la prolongation de la haine des non-juifs qu’ont toujours entretenu les rabbins talmudiques depuis des siècles en maintenant l’isolement des populations juives sous leur autorité dans les ghettos d’Europe de l’Est et derrière le « mur de séparation » en Palestine aujourd’hui. C’est cet isolement justifié par la préservation d’une « nation ethniquement pure » que dénonce l’intellectuel juif du 19ème siècle Bernard Lazare dans son livre « L’antisémitisme, son histoire et ses causes » : « Quand le Juif cesse d’avoir conscience de sa nationalité, il disparaît ; tant qu’il a cette conscience, il permane. Il n’a plus de foi religieuse, il ne pratique plus, il est irréligieux, il est quelquefois athée, mais il permane parce qu’il a la croyance à sa race. Il a gardé son orgueil national, il s’imagine toujours être une individualité supérieure, un être différent de ceux qui l’entourent, et cette conviction l’empêche de s’assimiler, car, étant toujours exclusif, il refuse en général de se mêler par mariage au peuple qui l’entourent. » (Bernard Lazare, L’antisémitisme son histoire et ses causes , Hachette,2012). Et il ajoute : «(…) ces principes ethnologiques, vrais ou faux, ont été, par le seul fait de leur existence, une des causes de l’antisémitisme ; ils ont permis de donner à une manifestation que nous reconnaîtrons plus tard nationaliste et économique, une apparence scientifique, et grâce à eux, les griefs des antisémites se sont fortifiés de raisons pseudo-historiques et pseudo-anthropologiques. » Donc à ce racisme que l’on peut qualifié d’idéologique, s’ajoute un racisme « biologique » qui donne ce concept particulier de « race juive » utilisé autant par les rabbins (voir la citation du Rav Dynovisz plus haut) que par les « antisémites ». C’est cette forme de racisme que l’on veut prouver à tout prix par un ADN qui serait spécifique aux Juifs et qui serait resté inchangé depuis Abraham (le « premier juif » d’après les rabbins). Cette croyance a même poussé quelques « scientifiques » israéliens à analyser l’ADN de plusieurs peuples (jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée) dans l’espoir de prouver leur « judéité biologique » ! (Chose qu’ils n’ont bien entendu pas réussi à réaliser). Il existe même un site internet spécialisé dans l’analyse d’ADN afin de savoir si l’on a des « gènes juifs » (sic !). Qui dit patrimoine génétique dit transmission ; ainsi les rabbins croient que « le sang juif » est transmis par la mère de génération en génération. Ce délire raciste, tribal et suprématiste est sans égal et il n’existe dans aucune autre religion dans le monde, à notre connaissance. On ne peut croire qu’un peuple aussi versé dans l'exclusivisme et se définissant par la pureté du sang puisse prétendre à une quelconque « universalité ». Pourtant, c’est ce que laisse entendre la déclaration d’indépendance de l’état d’Israël de 1948 en proclamant que « La Terre d'Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C'est là qu'il réalisa son indépendance, créa une culture d'une portée à la fois nationale et universelle et fit don de la Bible éternelle au monde entier. » Le seul intellectuel moderne qui, selon nous, a réussi une analyse parfaite de cette dualité tribalisme/universalisme est l’écrivain Gilad Atzmon. Dans son livre « The Wandering Who ? », il explique cette dualité qui est selon lui « au cœur de l’identité collective juive laique ». Ainsi, « le Juif de la Haskalah (les Lumières Juives) est destiné à vivre sur un mode trompeur et double, si ce n’est même pratiquement dans un état de schizophrénie. Il est déchiré entre le plaisir solitaire d’une identité juive douillette et confortable et une apparence publique conforme à la réalité environnante. Le Juif de la Haskalah trompe son Dieu lorsqu’il est à la maison, et dupe le Goy une fois dans la rue. » Autrement dit, la règle de base est qu’il faut « penser tribal et parler universel. » C’est dans cette contradiction apparente que réside le lien avec le Noachisme. En effet, pour attirer les Goyim dans cette nouvelle religion créée par les rabbins, l’anthropocentrisme juif doit nécessairement être habillé d’un discours universaliste, d’ouverture à l’autre et de tolérance. Ainsi, la culture juive se pare d’universalisme, mais le racisme et l'ethnocentrisme reste bien présents: la conversion demeure interdite aux Bnei Noah et honnie pour les autres Goyim. Toute religion qui prétend délivrer un message universel à l’humanité accepte en toute logique de nouveaux membres qui élargiront sa communauté grâce à la conversion et ce, quelque soit leur ethnie ou race. C’est le cas notamment pour le christianisme et l’islam, religions abrahamiques. Dans la religion juive, le message divin délivré à Moise, au départ destiné à l’humanité, a été cristallisé par les rabbins dans un tribalisme imaginaire et idéalisé qui interdit toute universalité. Ce tribalisme qui donne une supériorité raciale au peuple juif est intrinsèquement lié à la croyance en une élection divine qui donne la supériorité à celui-ci cette fois-ci au niveau spirituel. 2) L’élection Les rabbins pensent que le « peuple juif » est le seul détenteur de la Vérité sur Terre car le Dieu d’Israël (Yahvé ou Hachem) les a hissés au rang de « peuple élu » parmi tous les peuples pour l’éternité et cela, depuis Abraham. Sur le site du Centre Noachide Mondial, l’article nommé « l’élection » écrit par le Rav Oury Cherki commence comme suit : « D'emblée, excluons toute idée de racisme, de xénophobie ou de rejet de l'autre. » et finit ainsi : « L'élection n'est donc certainement pas raciste. Le peuple d'Israël n'est pas supérieur aux autres peuples. Au contraire, il est à leur service!» Quiconque a bien compris le racisme culturel juif et l’escroquerie universaliste rabbinique ne peut croire à ses balivernes. Avec les concepts d’ « élection » et de « race juive » toutes deux inventées par les rabbins, le « peuple juif » est mit de fait au dessus des autres peuples puisque « Un juif restera toujours un juif » donc autrement dit, un juif restera toujours un membre du peuple élu et appartiendra toujours à une race supérieure et ce, quoi qu’il fasse. Attardons nous sur les propos du Rav Dynovisz dans sa vidéo citée plus haut. Celui-ci donne une définition claire et précise du « peuple élu » : « Le peuple juif est le seul et unique détenteur de la parole du Dieu unique , telle qu’elle est écrite dans la Torah du Dieu d’Israël et que en dehors de celle lecture juive de la Torah il n’y a que des falsifications et des mensonges. Quand la Torah a été donnée, nos maîtres disent (…) qu’elle a été donnée en 70 langues de sorte que tous les peuples peuvent l’entendre dans leur langue dans le cadre de ce que l’on appelle les nations (…)Mais et le mais est fondamental et il faut le souligner une infinité de fois, lorsque un soi disant prétendu prophète (…) du milieu des nations se lève et veut s’interposer entre la Torah d’Israël et les nations il ne peut y avoir que usurpation et falsification et tout simplement un travail de faussaire. Et plus le faussaire est un vrai et bon faussaire plus on aura du mal à voir quel est le vrai quel est le faux. C’est pour cela qu’un mensonge peut durer des siècles et des millénaires. Donc il est absolument évident, que bien que la Torah a été traduite en 70 langues, (…), la lecture authentique de la Torah n’a été donnée qu’à et à uniquement qu’à et uniquement que (sic et resic!!) à Israël. Jamais les nations n’auront la possibilité de prétendre à une lecture , une compréhension et une interprétation qui peut se passer radicalement, totalement et absolument de l’interprétation des maîtres d’Israël . » Ainsi, ces propos ont le mérite d’être clair en ce qui concerne le rôle que les rabbins donnent au peuple d’Israël. D’après le Rav, le seul peuple qui peut comprendre la parole divine grâce à son appartenance à la « race juive »supérieure est le peuple d’Israël. Les autres peuples n’ont d’autre choix que d’embrasser la religion noachique pour se soumettre pleinement à l’autorité des rabbins, seuls intermédiaires entre Dieu et les Nations et les seuls capables de les guider vers la Vérité et la lumière. Ces considérations nous amènent directement au symbolisme de l’arc-en-ciel qui est l’emblème du courant noachique et dont la signification est très éloquente à cet égard. Pour cela, reportons nous au livre « La grande Triade » de René Guénon dans lequel il écrit à ce sujet : « l'arc-en-ciel, le «pont céleste», est un symbole naturel du «pontificat»; et toutes les traditions lui donnent des significations parfaitement concordantes: ainsi, chez les Hébreux, c'est le gage de l'alliance de Dieu avec son peuple ». Nous pouvons affirmer à partir de tous ces éléments que le concept d’élection représente l’usurpation de la fonction sacerdotale par les rabbins talmudiques à l’échelle de l’humanité. C'est cela la vraie et seule usurpation,. Dieu n'est pas une divinité tribale, Il est Unique et Universel. N'en déplaise aux pharisiens et aux falsificateurs. 3) Le messianisme Le dernier aspect de la pensée rabbinique est essentiel pour comprendre le noachisme. C’est la croyance en un royaume messianique qui donnera au peuple d’Israël la souveraineté temporelle et spirituelle sur les Nations grâce à la venue du Machiah (« messie » du Talmud). Celui-ci devra régner sur Jérusalem, capitale de l’Univers. Pour que ce projet soit réalisé, il est nécessaire que le « peuple juif » revienne sur « sa » terre en effectuant son Allya (ce qui a été réalisé grâce au sionisme, courant politique et messianique) puis que les Nations abandonnent leurs religions pour embrasser une seule et unique croyance. Dans son livre « Israël et l’humanité », le rabbin Elie Benamozegh donne toute sa dimension ésotérique au projet messianique qui est décrit comme « cette belle théorie de la Kabbale qui fait de l’union et de la concorde des esprits ici-bas le moyen de réaliser la descente et l’établissement de la divinité sur la terre. ». Ainsi, Le courant noachique, en tant que « religion pour Goyim », correspond parfaitement à la réalisation de cette « union des esprits » nécessaire à la venue du Machiah et de son règne. Celui-ci est donc autant attendu par les Juifs que les Noachides comme l’est Jésus Christ, en tant que Messie pour les chrétiens et les musulmans. Nous pouvons de ce fait remarquer que la fonction de ce Machiah s’apparente fortement à celle du « faux messie », nous reconnaissons bien là le Dajjâl (l’imposteur) de la tradition islamique et l’Antéchrist de la tradition chrétienne, qui se manifestera avant le Christ et usurpera son autorité spirituelle et temporelle fin d’égarer les hommes. Il faudrait souligner à ce propos, qu’il y a un an exactement, les rabbins talmudiques ont appelés via Internet tous les juifs du monde à prier collectivement, au même moment et où qu’ils se trouvent, pour accélérer la venue du Machiah. Celui-ci est présenté dans cette vidéo comme le sauveur des Juifs-et non de l’humanité, il faut le préciser- capable de toute sorte de miracles et de prodiges. Cette initiative (nommée « All Jews Are One ») a été réitérée pour la fête de Pourim en février de cette année. Il semblerait donc que les rabbins veulent accélérer l’établissement de leur projet messianique comme le montre également la création toute récente du Centre Noachide Mondial. Selon les Talmud, le Machiah est l’incarnation de l’autorité spirituelle par sa fonction de prêtre, l’intermédiaire entre le Dieu des Juifs et l’Humanité chargé de transmettre toutes les influences spirituelles à la divinité. Il officiera sa fonction dans le troisième Temple de Jérusalem dans lequel toutes les Nations viendront prier dans la fraternité et l’unité. Nous touchons là un aspect particulièrement important du messianisme juif qui est la reconstruction du Troisième Temple . Sans entrer dans des considérations qui nous entraineraient trop loin et que nous développeront certainement dans un prochain article, nous pouvons remarquer que la question du Temple est de plus en plus présente au sein des courants politico-religieux juifs. Certaines organisations extrémistes - « les Fidèles du Mont du Temple » de Gershon Salomon ou « Goush Emounim » (le bloc de la foi) du rabbin Kook – se montrent particulièrement virulentes et prônent la destruction de ce qu’elles nomment « l’abomination » à savoir le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. En effet, ceux-ci croient que le troisième lieu saint de l’Islam est construit sur les ruines du Temple de Salomon donc sur le lieu même où doit être construit le Temple du Machiah. Les affrontements réguliers entre colons juifs et fidèles musulmans sur l’esplanade des Mosquées ainsi que d'autres évènements doivent être placés dans ce contexte [pour une chronologie des faits, se reporter au livre de Charles Enderlin "Au nom du Temple : Israel et l'irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013)-Ed. du Seuil-2013"]. La question du Temple est donc prépondérante dans cette entreprise messianique qu’est le noachisme. Le texte de présentation de la Communauté Lansing chavurah du Michigan est très significatif : « Nous mettons l'accent sur la reconstruction du Temple de Jérusalem au plus vite (nous ne sommes pas prêts à attendre qu'il descende du ciel!) et sur la Thora d'Erets Israël. Nous croyons fortement à la reconstruction d'Israël, à l'Allya de tous les juifs, et au fait qu'il est un pêché que les juifs demeurent en exil. » Nous ressentons une fois de plus ce sentiment d’urgence, cette impérieuse nécessité d’accomplir le projet eschatologique, peu importe les conséquences et les dégâts que peut causer une telle entreprise destructrice. Face à ce "messianisme pressé", que peuvent faire les représentants des autres religions pour résister à ce courant de plus en plus envahissant? Comment les rabbins voient-ils les autres croyances et en particules l'Islam et le Christianisme? Comment s'exprime le noachisme dans les comportements actuels de certains représentants religieux ? Existe t-il un "noachisme inconscient" ? C'est à ces questions que nous tenterons de répondre dans la suite de notre étude sur le noachisme. http://perfidismodernis.wordpress.com/


Mercredi 9 Octobre 2013


Commentaires

1.Posté par ss le 10/12/2013 10:52 | Alerter
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anti semite ! qd meme la !

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