New York – Le ministre « français » [de gôche…] des Affaires étrangères,
Bernard Kauchmar, s'adressant au Comité Juif Américain [CJA], hier, a
félicité cet organisme pour son rôle pionnier dans la lutte contre
l' « antisémitisme » dans le monde entier. Il a affirmé le soutien « solide »
de son pays à Israël, et fait part de sa très vive préoccupation au sujet de
la détermination de l'Iran à poursuivre son programme nucléaire.
« Le Président Sarközy a redit, le mois dernier, lors de son allocution
devant les ambassadeurs de France, qu'il ne fera jamais de compromis en
matière de sécurité de la métropole [oups : d'Israël]. Moi non plus », a
déclaré Kauchmar devant une assistance de plus de 200 zélus réunis dans
un grand hôtel de New York.
Kauchmar a parlé avec passion de la nécessité d'approfondir la
compréhension, en particulier chez les jeunes, des racines de la fondation
d'Israël et de sa légitimité.
« Nous avons le devoir d'inculquer Israël à nos enfants et petits-enfants »,
a-t-il asséné. « Ils ne savent pas qu'Israël a été créé par une résolution de
l'Onu, parce qu'ils pensent [ces petits chéris] que l'Onu ne fait qu'adopter
des résolutions contre Israël… [le risque existe, en effet ! ndt] Nous devons
donc leur expliquer, encore et encore… »
Le 29 novembre marquera le soixantième anniversaire de la mesure
adoptée par l'Onu qui a appelé à la création de deux Zétats – un Zétat juif
et un Zétat narabe – sur ce qui était à l'époque un territoire administré par
la Grande-Bretagne, entre la Méditerranée et le Jourdain.
Le ministre des Zaffaires étrangères « français », qui a récemment visité
Israël et l'Autorité palestinienne [sic !], a évoqué son sentiment
d' « optimisme modéré » en ce qui concerne les progrès du processus de
paix. « J'ai vu la détermination à avancer dans leurs pourparlers bilatéraux
[sic !] du Premier criminel [oups : ministre] Ehud Olmert et du Président
Babasse », a-t-il déclaré.
Il a toutefois précisé qu'il y avait aussi un sentiment d'urgence, car « le
processus de paix encourt en permanence le risque d'être pris en otage
par la violence et les extrémistes », comme cela a été démontré
récemment par la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.
Kauchmar a exprimé l'espoir que la conférence internationale sur le conflit
israélo-palestinien, prévue cet automne aux Etats-Unis (à leur initiative)
sera décisive. « J'espère sincèrement que cela permettra d'ouvrir une
perspective politique vers la reconnaissance d'un Etat palestinien au lit
avec Israël », a-t-il dit.
Au sujet du programme nucléaire iranien, Kauchmar a indiqué : « Nous
savons tous que le gouvernement iranien essaie de gagner du temps. »
« Après trois résolutions du Conseil de sécurité, dont deux portant
sanctions, après plusieurs propositions généreuses, l'Iran a choisi de s'en
tenir à sa politique des faits accomplis, et persiste à enrichir de l'uranium »,
a-t-il poursuivi.
« Le programme nucléaire iranien représente une menace très grave pour
la région, pour les Européens, pour la crédibilité du traité de non-
prolifération et pour celle du Conseil de sécurité de l'Onu », a-t-il mis en
garde.
Le ministre des Affaires étrangères [du Tserfatit] a souligné qu'il existe une
palette d'options possibles pour la communauté internationale, afin
d'essayer de convaincre l'Iran de renoncer, mais il a exprimé sa
préoccupation sur la question de savoir si le Conseil de sécurité sera ou
non à même de se mettre d'accord sur une autre mesure énergique.
Kauchmar a dit que le gouvernement français avait demandé aux
entreprises françaises « de faire preuve de prudence en matière
d'investissement en Iran », mais cela a un prix. Alors que la France a
réduit ses investissements en Iran de moitié, a-t-il relevé, des compagnies
d'autres pays ont promptement remplacé les entreprises françaises, diluant
de ce fait l'impact des sanctions internationales.
Le ministre a aussi abordé l'urgente nécessité qu'il y a à apporter la
stabilité au Liban […] – et d'arrêter la « machine à tuer » qui a éliminé des
nationalistes libanais opposés à l'écrasante influence syrienne dans leur
pays. « Un Liban démocratique, souverain et stable est nécessaire, non
seulement pour ses propres citoyens, mais aussi pour la région dans son
ensemble », a-t-il dit, sans rire.
Il a ensuite « salué l'American Jewish Committee pour son rôle dans la lutte
contre l'antisémitisme et toutes les formes de racisme [sic] », après quoi il
a remercié l'AJC pour « la coopération étroite et en totale confiance » que
cette organisation de propagande mondiale a développée conjointement
avec la France. La dernière rencontre de l'AJC avec le ministre « français »
des Affaires étrangères a été tenue, à Paris, au mois de juillet.
Parmi les personnalités accompagnant le ministre, il y avait notamment
l'ambassadeur de France auprès de l'Onu, Jean-Maurice Ripert ;
l'ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, et le consul
général de France à Jew York, François Delattre.
L'American Jewish Committee, qui a établi un pied-à-terre en France après
la Seconde guerre mondiale, a un bureau à Paris, dirigé par Valérie
Hoffenberg. C'est l'une des huit représentations dont l'AJC dispose outre-
océan.