Palestine occupée

Le message d’Israël


En 2004, l’armée israélienne a bâti une fausse ville arabe, au beau milieu du désert du Néguev. Cette ville fantôme a la taille d’une vraie ville, avec des rues (toutes portent un nom), des mosquées, des bâtiments publics et des voitures. Cette ville fantôme, dont l’édification a coûté 45 millions de dollars, est devenue une fausse ville de Gaza durant l’hiver 2006, après que le Hezbollah eut contraint Israël à se retirer vers le nord, afin de permettre à l’armée israélienne (les « Forces Israéliennes de Défense » (sic)) de se préparer à mener une « guerre plus efficace » contre le Hamas, au sud.

Par Ilan Pappe
Ilan Pappe est président du département d’Histoire de l’Université d’Exeter, et codirecteur du Centre d’Exeter pour les Etudes Ethno-politiques. Son dernier ouvrage : The Ethnic Cleansing of Palestine a été publié en 2007 (traduction française : Le nettoyage ethnique de la Palestine, Paris, 2008, éditions Fayard).


Samedi 17 Janvier 2009

Fuir les bombes dans Gaza désertée (photo Tadamon!)
Fuir les bombes dans Gaza désertée (photo Tadamon!)
Visitant ce site après la (seconde) guerre du Liban, le général d’état-major Dan Halutz déclara à la presse que les soldats « se préparaient au scénario appelé à se dérouler dans l’agglomération densément peuplée de Gaza-Ville ». Après une semaine de bombardements de Gaza, Ehud Barak (y) a assisté à une répétition de l’offensive terrestre. Des équipes de télévisions étrangères l’ont filmé tandis qu’il observait des troupes d’infanterie en train de conquérir la ville bidon, prenant d’assaut les maisons vides et, on s’en doute, tuant les « terroristes » censés s’y cacher.

« Le problème, c’est Gaza », déclara en juin 1967 Levy Eshkol, Premier ministre d’alors. Mi-figue, mi-raisin, il ajouta : « J’y étais, en 1956, et j’ai vu des serpents venimeux ramper dans la rue. Nous devrions en installer certains dans le Sinaï et, avec un peu de chance, les autres y émigreront eux aussi… » Eshkol disait cela dans le contexte d’une discussion portant sur les territoires occupés récemment : les membres de son cabinet et lui, ils voulaient bien de la bande de Gaza, mais pas des gens qui y vivaient.

Souvent, les Israéliens qualifient la bande de Gaza, en hébreu, de « Me’arat Nachashim », ce qui signifie « nid de vipères ». Avant la première Intifada, à l’époque où la Bande fournissait à Tel Aviv des gens pour faire sa plonge et balayer ses rues, les Gazaouis étaient dépeints sous un jour davantage humain. La « lune de miel » prit fin durant leur première Intifada, après une série d’incidents dans lesquels certains de ces employés poignardèrent leurs patrons. Ces attaques isolées, dont on prétendait qu’elles auraient été inspirées par on ne sait trop quelle ferveur religieuse, générèrent une poussée de sentiments islamophobes en Israël, qui aboutit à la première fermeture de Gaza et à la construction d’une barrière électrifiée en faisant le tour. Même après les accords d’Oslo de 1993, Gaza demeura hermétiquement isolée d’Israël, et elle n’était utilisée que comme une source de main-d’œuvre au rabais ; tout au long des années 1990, pour Gaza, la « paix » signifia sa transformation graduelle en ghetto.

En 2000, Doron Almog, qui était le chef du commandement de la zone sud, commença à surveiller les frontières de Gaza : « Nous avons installé des points d’observation équipés de la meilleure technologie, et nos hommes ont reçu l’autorisation de tirer sur quiconque tenterait de s’approcher de la barrière à moins de six kilomètres », se vantait-il, suggérant qu’une politique similaire fût adoptée en Cisjordanie. Seulement durant les deux premières années, cent Palestiniens ont été tués par des militaires au seul motif qu’ils se seraient approchés trop près des barrières. De 2000 jusqu’au déclenchement de la guerre en cours, les forces israéliennes ont tué trois cents Palestiniens (dont 634 enfants), à Gaza.

Entre 1967 et 2005, les terres et l’eau de Gaza ont été pillés par les colons juifs du Gush Ktif, au détriment de la population locale. Le prix que les Palestiniens qui y vivaient devaient payer pour obtenir la paix et la sécurité, c’était de devoir se rendre et se soumettre aux emprisonnements et à la colonisation. Depuis 2000, les Gaziotes ont choisi, bien au contraire, de résister, de plus en plus nombreux, et de plus en plus fort. Ô, certes, il ne s’agissait pas de la résistance d’opérette qu’apprécie tant l’Occident : il s’agissait d’une résistance, à la fois, islamique et militaire. Son emblème était le recours à des fusées primitives Qassâm, qui étaient tirées, essentiellement, au début, sur les colons du Gush Katif.

La présence des colons, toutefois, empêcha l’armée israélienne de procéder à des représailles avec la brutalité dont elle fait généralement preuve contre des cibles purement palestiniennes. Aussi les colons furent-ils déménagés, non pas dans le cadre d’un processus de paix unilatéral, comme beaucoup l’avaient affirmé à l’époque (jusqu’au point de suggérer qu’on décernât le prix Nobel de la paix à Ariel Sharon, c’est dire…), mais bien plutôt afin de faciliter toute action militaire à venir contre la Bande de Gaza et de consolider le contrôle israélien sur la Cisjordanie.

Après le désengagement israélien de Gaza, le Hamas en prit le contrôle au cours d’élections démocratiques, puis d’un coup d’Etat préemptif visant à éviter une prise de contrôle par le Fatah, avec le soutien américain. Sur ces entrefaites, les garde-frontières israéliens continuaient à tuer de manière routinière quiconque se serait par trop approché, et un blocus économique était imposé à la bande de Gaza. Le Hamas procéda à des représailles en tirant des missiles sur Sdérot, fournissant un prétexte à Israël pour utiliser son aviation, son artillerie et des vedettes militaires. Israël prétendit ne tirer que « sur les zones d’où des missiles auraient été lancés », mais, dans la pratique, cela signifiait n’importe où, et partout, dans Gaza. Les victimes furent nombreuses : en 2007 seulement, trois mille personnes ont été tuées à Gaza, des dizaines parmi elles étant des enfants. Israël justifie ses agissements à Gaza en disant qu’ils s’inscrivent dans la lutte contre terrorisme, bien qu’il ait lui-même violé toutes les lois de la guerre internationalement reconnues. Apparemment, les Palestiniens n’auront aucune place à l’intérieur de la Palestine historique tant qu’ils refuseront de vivre sans les droits civiques et humains les plus fondamentaux. Ils ont le choix entre être des citoyens de seconde catégorie en Israël, ou des pensionnaires des méga-prisons que sont la Cisjordanie et la bande de Gaza. S’ils résistent, ils ont toutes les chances d’être jetés en prison sans procès, ou tués. Tel est le message qu’envoie Israël.

En Palestine, la résistance a de tout temps été basée dans des villages et dans des villes : pourriez-vous me dire de quels autres endroits elle aurait pu venir ? C’est la raison pour laquelle les villes, les bourgs et les villages palestiniens, qu’ils soient factices ou réels, sont présentés, depuis la grande Révolte arabe de 1936, comme les « bases ennemies » dans les plans et dans les ordres militaires. Toutes représailles, toute action punitive ne peut que viser des civils, parmi lesquels peut se trouver (comme ne pas se trouver, d’ailleurs) une poignée de personnes engagées dans une résistance active contre Israël. Haïfa (deuxième ville "israélienne", ndt.) fut traitée comme une base ennemie, en 1948, exactement comme l’a été Jenin en 2002, et comme sont considérées aujourd’hui Beit Hanoun, Rafah et Gaza. Quand vous disposez de la puissance de feu, et que vous ne ressentez aucune inhibition morale à l’idée de massacrer des civils, vous avez la situation à laquelle nous assistons, aujourd’hui, à Gaza.

Mais ce n’est pas seulement dans le discours militaire, que les Palestiniens sont ainsi déshumanisés. Un processus similaire est à l’œuvre à l’intérieur de la société juive en Israël, et cela explique le soutien massif au carnage à Gaza que l’on y relève. Les Palestiniens ont tellement été déshumanisés par les juifs israéliens – hommes politiques, militaires ou simples citoyens – que les tuer semble tout naturel, comme le fut leur expulsion en 1948 ou leur emprisonnement dans les territoires occupés (en 1967, ndt). La réponse occidentale actuelle indique que les dirigeants politiques occidentaux sont incapables de voir le lien direct qu’il y a entre la déshumanisation sioniste des Palestiniens et la politique barbare d’Israël à Gaza.

Il y a un grave danger qu’au terme de l’ « Opération Plomb Coulé » Gaza ne ressemble, elle-même, à la ville fantôme du Néguev…

Source : London Review of Books
Traduction : Marcel Charbonnier
http://ism-france.org/news/article.php?id

 
 
 


Samedi 17 Janvier 2009


Commentaires

1.Posté par moi le 17/01/2009 16:55 | Alerter
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La deshumanisation est le processus qui se passe actuellement en France avec sa politique qui trasforme le Mal en bien , le Mal est jusque dans les lois d'ou les nombreux suicides en prison.C'est bien entendu voulu par cette politique sioniste dont les effets sont tres pervers

2.Posté par moi le 17/01/2009 16:58 | Alerter
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Regardez cet étrange document
http://66.102.9.104/translate_c?hl=fr&sl=en&u=http://www.wariscrime.com/2008/10/30/news/we-are-supposed-to-never-know-this/&prev=/search%3Fq%3Dhttp://www.davidicke.com/index.php/%26hl%3Dfr%26sa%3DG&usg=ALkJrhggs6UuJ2YU499YPhL1mSiILq8__Q

3.Posté par abdelghani le 17/01/2009 17:47 | Alerter
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SANS COMMENTAIRES !!!!



14 janvier 2009
Gaza sous les bombes
La négation de l’holocauste et le silence de ceux qui savent.

PILGER John

Dans un article du New Statesman, John Pilger, fort de son expérience après les 40 années passées à faire des reportages au Moyen Orient, décrit le "pourquoi" de l’attaque sanglante perpétrée par Israël sur les populations assiégées de Gaza – une attaque qui a peu à voir avec le Hamas et le droit d’Israël à exister.
"Lorsque la vérité est remplacée par le silence" a déclaré le dissident soviétique Yevgeny Yevtushenko, "le silence devient un mensonge".
Peut-être le silence est-il rompu sur Gaza. Les linges dans lesquels sont enveloppés les enfants assassinés, recouverts de vert, ainsi que les caisses contenant leurs parents disloqués et les cris de douleur et de rage de la population dans ce camp de la mort au bord de la mer, sont largement diffusés sur Al-Jazeera et YouTube, et peuvent même être entraperçus sur la BBC. Mais l’incorrigible poète russe ne parlait pas de ces événements éphémères que nous appelons "informations" ; il demandait pourquoi ceux qui connaissaient le pourquoi n’en ont jamais parlé et, de fait, l’ont nié. Parmi les intellectuels anglo-saxons, cette attitude est particulièrement frappante. Ce sont eux qui détiennent les clés de ces grands entrepôts de la connaissance : ces historiographies et ces archives qui nous amènent au pourquoi des choses.
Ils savent que l’horreur qui tombe sur Gaza n’a pas grand-chose à voir avec le Hamas, ou, plus absurde encore, le "droit d’Israël à exister". Ils savent que c’est l’inverse qui est vrai : que le droit à exister de la Palestine a été aboli il y a soixante ans, et que l’expulsion, et, si nécessaire, l’extinction des populations autochtones étaient planifiées et mises en oeuvre par les fondateurs d’Israël. Ils savent que l’ignoble "Plan D" a conduit au dépeuplement meurtrier de 369 villes et villages palestiniens par la Haganah (l’armée juive") et que d’un massacre à l’autre, les endroits comme Deir Yassin, al-Dawayima, Eilaboun, Jish, Ramle and Lydda sont aujourd’hui synonymes d’"épuration ethnique" dans les archives officielles. Quand David Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, est arrivé sur le lieu du carnage, un général, Yigal Allon, lui a demandé : "Que faisons-nous des Arabes ?", Ben Gourion, selon l’historien israélien, Benny Morris, a répondu d’un geste brusque et expéditif de la main : "Expulsez-les !".
L’ordre d’expulser toute une population "sans considération de l’âge", avait été signé par Isaac Rabin, futur premier ministre salué par le monde entier comme "artisan de la paix" grâce à la plus efficace des propagandes. La terrible ironie de tout cela n’a été soulignée qu’incidemment, comme quand le co-leader du parti Mapan a fait remarquer que les dirigeants d’Israël parlaient "naturellement" de "la tolérance dont ils bénéficiaient quand ils rassemblaient les femmes, les enfants et les personnes âgées pour les précipiter sur les routes parce que tel était l’impératif de leur stratégie … … qui se souvient de qui a utilisé ces mêmes moyens contre notre peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale … je suis horrifié."
Toutes les "guerres" qu’Israël a menées par la suite avaient le même objectif : l’expulsion des populations autochtones et l’appropriation de toujours plus de terres. Le mensonge de David et Goliath, de la victime perpétuelle, a atteint son apogée en 1967 quand la propagande est devenue vertu outragée qui prétendait que c’étaient les états arabes qui avaient commencé. Depuis lors, la plupart de ceux qui disent la vérité comme Avi Schlaim, Noam Chomsky, feue Tanya Reinhart, Neve Gordon, Tom Segev, Yuri Avnery, Ilan Pappe et Norman Finklestein en ont abondamment parlé, ainsi que d’autres mythes, mettant en lumière un état vidé de toute les traditions humanistes du judaïsme, dont le militarisme implacable est la somme de l’idéologie expansionniste, raciste et sans loi, appelée sionisme. Le 2 janvier dernier, l’historien israélien Ilan Pappé, écrivait : "Même les crimes les plus abominables semble-t-il, comme le génocide à Gaza, sont traités comme des événements isolés, sans rapport avec d’autres qui se sont produits dans le passé, ni avec une quelconque idéologie. De même que le système d’apartheid témoignait de la politique oppressive du gouvernement d’Afrique du Sud, cette idéologie (sous sa forme plus consensuelle et simpliste) a permis à tous les gouvernements israéliens, passés et présents, de déshumaniser les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, et de s’acharner à les détruire. Les moyens employés variaient selon les époques et selon les endroits, comme les discours pour couvrir les atrocités. … Mais il est clair qu’il s’agit d’un projet de génocide".
A Gaza, la privation forcée de nourriture, le déni d’une aide humanitaire, le piratage des ressources naturelles vitales comme le carburant et l’eau, le déni de médicaments et de traitement médical, la destruction systématique d’infrastructures et l’assassinat et la mutilation de populations civiles, parmi lesquelles 50% sont des enfants, correspondent aux normes internationales de la définition d’un génocide. Richard Falk, le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les Territoires Occupés et professeur de droit international à l’université de Princeton a déclaré "Est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens avec les chefs d’accusation qui avaient été réunis pour dénoncer les atrocités commises par les nazis ? Je ne le pense pas."
Quand il a parlé d’"holocauste en cours", Falk faisait allusion à la création des ghettos juifs à Varsovie, en Pologne. Un mois durant, les Juifs polonais, avec à leur tête Mordechaj Anielewiz, avaient tenté de repousser l’armée allemande et les SS, mais leur résistance avait fini par être violemment réprimée et les nazis avaient voulu une vengeance absolue. Falk est également juif. L’holocauste actuellement en cours qui a commencé avec le plan D de Ben Gourion arrive à la phase ultime. La différence aujourd’hui, c’est que c’est un projet commun Israël-Etats-Unis. Les F-16, les GBU-39 (*), fournis à la veille de l’attaque sur Gaza avec l’accord du Congrès américain à majorité démocrate, sans compter les 2,4 milliards d’"aides" à l’effort de guerre, donnent de facto les commandes des opérations à Washington. Ce qui dément absolument la version selon laquelle le président élu Obama n’avait pas été tenu au courant. Alors qu’Obama avait été prompt à réagir lors de la guerre menée par la Russie en Géorgie et des attentats terroristes à Mombai, son silence sur la Palestine indique son assentiment, ce à quoi il fallait s’attendre, étant donné, d’une part, son attitude obséquieuse vis-à-vis du régime de Tel Aviv et de ses lobbyistes au cours de la campagne présidentielle, et, d’autre part, la nomination de sionistes comme secrétaire d’état, chef de cabinet et conseillers principaux pour le Moyen- Orient. Quand Aretha Franklin chantera "Think", son magnifique hymne à la liberté des années soixante, pour l’investiture d’Obama le 21 janvier, j’imagine que quelqu’un de la trempe de Muntadar al-Zaidi, le journaliste lanceur de chaussures, se mettra à hurler : "Gaza !".
La dissymétrie entre la conquête et le terrorisme est nette. Le plan D s’appelle aujourd’hui "Opération Plomb Durci", qui correspond à l’"Opération de Vengeance Justifiée" qui était restée inachevée. Cette dernière avait été lancée par le premier ministre Ariel Sharon en 2001 quand, avec l’accord de Bush, il avait utilisé pour la première fois des F-16 contre des villes et des villages palestiniens.
La même année, le "Jane’s Foreign Report" (JFR), l’ouvrage de référence mondial en matière de défense, révélait que le gouvernement de Tony Blair avait donné son "feu vert" pour l’attaque contre la Cisjordanie alors qu’il était au courant des desseins secrets d’Israël de perpétrer un massacre. Ce qui est caractéristique de la complicité constante et servile du New Labour dans les souffrances de la Palestine. Cependant, le lancement du projet israélien de 2001, d’après le JFR, nécessitait un détonateur : un attentat suicide qui "ferait de nombreuses victimes parce que le facteur vengeance est essentiel. Cela motiverait les soldats israéliens pour aller pulvériser les Palestiniens". Ce qui avait inquiété Sharon et l’auteur du projet, le général Shaul Mofaz, le chef d’état-major israélien, c’est l’accord secret qui avait été passé entre le Hamas et Arafat de renoncer aux attentats suicides. Le 23 novembre 2001, les agents secrets d’Israël assassinaient le dirigeant du Hamas Mahmud Abu Hunud et avaient ainsi leur élément déclencheur ; les attentats suicides reprenaient en représailles à cet assassinat.
Il s’est produit un incident étrangement similaire le 5 novembre dernier, où les forces spéciales israéliennes ont attaqué Gaza, tuant six personnes. Une fois encore, ils avaient leur "déclencheur" de propagande. Le cessez-le-feu, à l’initiative du gouvernement du Hamas et respecté par lui (qui avait fait incarcérer ceux qui avaient violé la trêve) était rompu par l’attaque israélienne et les lancers de roquettes artisanales sur ce qui avait autrefois été la Palestine avant que ses occupants arabes ne soient "épurés ethniquement". Le 23 décembre, le Hamas proposait un nouveau cessez-le-feu, mais il s’est avéré que la mascarade à laquelle s’était livré Israël n’avait d’autre but que cet assaut final imaginé, d’après le quotidien israélien Haaretz, six mois auparavant.
Derrière ce jeu sordide se cache le "plan Dagan", du nom du général Meir Dagan, qui avait servi sous Sharon pendant l’invasion sanglante du Liban en 1982. Actuellement à la tête du Mossad, l’organisation des services secrets israéliens, Dagan est l’auteur d’une "solution" qui a conduit à l’enfermement des Palestiniens derrière les murs d’un ghetto qui serpentent à travers la Cisjordanie et dans Gaza, et qui en font un véritable camp de concentration. La création d’un gouvernement de collaboration à Ramallah sous l’autorité de Mohammed Abbas est l’œuvre de Dagan, en même temps que le résultat d’une campagne de propagande ("hasbara") relayée par les médias occidentaux pratiquement aplatis, si ce n’est intimidés, en particulier aux Etats-Unis, et qui disent que le Hamas est une organisation terroriste vouée à la destruction d’Israël et que c’est lui qui "porte la responsabilité" des massacres et du siège de son propre peuple. "Nous n’avons jamais eu la part aussi belle", déclarait en 2006 le porte-parole du ministre israélien des affaires étrangères. "la hasbara est une machine bien huilée".
En fait, la véritable menace que représente le Hamas c’est qu’il est le seul exemple de gouvernement démocratiquement élu dans le monde arabe, et qu’il a tiré sa popularité de la résistance à l’oppresseur et au tortionnaire israélien. On en a eu la démonstration quand le Hamas a déjoué un coup d’état fomenté par la CIA en 2007, événement présenté par les médias occidentaux comme : " la prise de pouvoir du Hamas". De la même façon, le Hamas n’est jamais décrit comme un gouvernement, a fortiori élu démocratiquement. Et de même que sa proposition d’une trêve de dix ans n’est pas considérée comme la reconnaissance historique de la "réalité" d’Israël et le soutien à la solution à deux états à une seule condition : qu’Israël respecte les lois internationales et mette un terme à l’occupation illégale des territoires au-delà des frontières définies en 1967. Comme le démontre chaque vote annuel de l’Assemblée Générale de l’ONU, 99% des peuples de la planète approuvent cette résolution. Le 4 janvier, Miguel d’Escoto, président de l’Assemblée Générale (des Nations Unies), qualifiait l’attaque israélienne de "monstruosité" (**).
Quand cette monstruosité se sera finalement produite et que la population de Gaza aura été encore plus broyée, le Plan Dagan prévoit ce que Sharon avait appelé la "solution sur le modèle de 1948" (la destruction de toute autorité et tout leadership des Palestiniens suivie d’expulsions en masse vers des "cantonnements" de plus en plus petits pour finir peut-être en Jordanie. Cet anéantissement de la vie institutionnelle et éducative à Gaza est destiné à créer, d’après ce qu’a écrit Karma Nabulsi, l’exil des Palestiniens vers la Grande Bretagne, "une vision "Hobbesienne" d’une société démantelée : amputée, violente, impuissante, démolie, domptée … Regardez l’Irak aujourd’hui : c’est ce que Sharon avait en réserve pour nous, et il y est presque parvenu".
Le professeur Dahlia Wasfi a écrit sur la Palestine. Sa mère est juive et son père irakien musulman. "La négation de l’holocauste est antisémite", a–t-elle écrit le 31 décembre. "Mais je ne parle pas de la Seconde Guerre Mondiale, ni de Mahmoud Ahmedinijad (le président iranien), ni des juifs ashkénazes. Ce dont je parle, c’est de l’holocauste qui se déroule actuellement sous nos yeux et dont nous sommes responsables à Gaza aujourd’hui et en Palestine depuis ces 60 dernières années … Dans la mesure où les Arabes sont des sémites, la politique USA-Israël ne peut pas être plus antisémite que cela." Elle cite Rachel Corrie , la jeune Américaine qui s’était rendue en Palestine pour défendre les Palestiniens et qui a été écrasée par un bulldozer israélien. "Je me trouve au beau milieu d’un génocide" avait-elle écrit, "que je cautionne moi-même indirectement et pour lequel mon gouvernement est largement responsable".
En lisant les propos de ces deux femmes, je suis frappé par l’utilisation du mot "responsabilité". Rompre le silence mensonger, ce n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité impérieuse qui incombe à ceux qui ont la chance d’avoir une tribune. La BBC étant intimidée, il en va de même pour la majorité de la profession, qui ne s’autorise de débat vif que dans un cadre immuable et invisible, obsédée par la crainte de se voir accusée d’antisémitisme. Ce qui n’a pas été dit, pendant ce temps, c’est que le nombre de morts à Gaza équivaudrait à celles de 18.000 personnes en Grande Bretagne. Imaginez ce que cela représente, si cela vous est possible.
Ensuite, il y a les universitaires, les doyens, les professeurs, les chercheurs. Pourquoi se taisent-ils quand ils voient une université bombardée et entendent l’appel au secours de l’Association des Professeurs de l’Université de Gaza ? Les universités britanniques ne sont-elles plus aujourd’hui, comme le pense Terry Eagleton, que des "supermarchés de la culture", qui, au lieu de fruits et légumes, produisent des "diplômés" ?
Et puis il y a les écrivains. Au cours de l’année sombre de 1939, le troisième Congrès des Ecrivains Américains s’est tenu au Carnegie Hall à New York et des gens tels que Thomas Mann et Albert Einstein ont envoyé des messages et sont intervenus pour dénoncer à haute voix le mensonge du silence. Selon certaines sources, plus de 2500 personnes s’étaient entassées dans l’auditorium. Aujourd’hui, une telle mobilisation de réalisme et de moralité serait jugée obsolète ; les pages de critique littéraire affichent une suffisance ironique faite de médiocrité ; il n’y a plus que le faux symbolisme qui vaille. Quant aux lecteurs, leur esprit moral et politique doit être atténué au lieu d’être encouragé. L’islamophobe Martin Amis l’a parfaitement exprimé dans "Visiting Mrs Nabokov" : "la prédominance de l’égo n’est pas un défaut, c’est une caractéristique de l’évolution ; c’est comme ça".
Si c’est une évolution normale, notre société civilisée est bien diminuée. Car ce qui se passe à Gaza est à un tournant de notre époque où, soit par notre silence nous accorderons l’impunité à des criminels de guerre en procédant à des contorsions de notre intelligence et de notre moralité personnelles, soit nous trouverons la force de protester. Pour le moment, je préfère garder en mémoire mes propres souvenirs de Gaza : le courage et la résistance de toute une population et de sa "lumineuse humanité", comme l’a décrite Karma Nabulsi. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai été gratifié du spectacle de drapeaux palestiniens flottant dans les endroits les plus improbables. C’était le crépuscule et ce sont les enfants qui avaient réalisé cela de leur propre chef. Personne ne le leur avait suggéré. Ils avaient confectionné des mâts avec des bâtons attachés ensemble, et quelques-uns étaient juchés sur un mur avec le drapeau au milieu d’eux, certains restaient silencieux, d’autres criaient (***). Ils font ça chaque fois qu’ils apprennent le départ d’un étranger, pensant qu’ainsi, le monde ne va pas les oublier.
John PILGER
http://www.johnpilger.com
Traduction emcee (des Bassines et du Zèle) pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info
article original
http://www.newstatesman.com/middle-east/2009/01/pilger-israel-gaza-palestine

4.Posté par art13 le 17/01/2009 18:41 | Alerter
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Les sionistes viennent de casser leur jouet favorit : La Shoa

Le 27 décembre 2008, les sionistes ont commis une gigantesque erreur: ils ont enterré la Shoa et sa "mémoire" avec.

" Même les allemands, un des peuples européens les plus pro
israéliens, vu le harcélement de culpabilisation qu'il subit
depuis l'holocauste de la seconde guerre mondiale, s'est débarrassé
de son sentiment, pour déclarer à 60% ne plus avoir d'obligation
à l'égard d'Israël."

"090109 AP: La commissaire onusienne pour les droits de l'homme
demande une enquête pour crimes de guerre à Gaza et
en Israël"

La combine d'une punition équilibrée, 1070 contre 13 maccabés, ça fait pas le compte - Les bouquins d'histoire appelleront bien ça un holocauste. Bien plus efficace, bien plus rapide qu'Hitler avec sa "chambre à gaz", pour les même raisons objectives : la haine d'une "race". On sait qu'Israé pollue l'eau palestinienne d'agents affectant la spermatogénèse. Il s'agit clairement de "nettoyage ethnique".

Une anecdote pour enterriner ce nettoyage ethnique aux normes Shass-nazies: il a fallut attendre environ 900 cadavres d' "arabes" avant qu'une première étrangère soit dégommée (ukrainienne) accidentellement, de façon "non désirés" puisqu'elle n'était pas "de race arabe".

Et puis, à côtédu boulot "relativement" propre et rapide (!) de l'Allemagne nazie, que dire des bras, jambes arrachées, visages brûlé poumons crachant le sang des bombes au phosphore - des 5000 blessés "malheureusement" survivants ?

Par le malheur des Gazaouis mais pour le bonheur des justes : l'Etat Juif vient de jeter le masque..

Alors que l'opinion mondial se retenait de critiquer l'Etat Juif, muselé comme d'habitude par la Shoa Buziness - s'il critique l'Etat Sioniste, c'est qu'il nie la Shaoh - ce "truc" ne tient plus après la récente petite boucherie kachère.

Ainsi, par bonheur, la dialectique va changer.. La "Shoah" est foutue, usée, comme le Nazisme, Napoléon ou les pharaons.. on va moins se précipiter au portillon du Monument de l'Holocauste - dommage, mais il va falloir partager le "devoir de mémoire" avec la Shoah Palestinienne. Il va falloir ajouter les noms palestiniens sur les monuments de l'Hollycauste

La mémoire de la Shoah est "dévaluée", elle fait triste figure.. se dissout dans la somme des boucheries sionistes, dont la dernière : Ghaza. Les Dieudonnés et autres, dont révisionnistes vont s'en donner - et ce n'est que justice - à cœur joie..

Les langues vont légitimement se délier. L'argument de la Shoa comme outils à larmoyer va heureusement se gripper, et ce sont les sionistes eux-mâme qui l' enrayent - couic !

Le 27 décembre, les sionistes avaient calculé l'effet de surprise : les US entre deux présidences et un opinion mondiale aux ordres, dans l'attente des ordres du Nouveau Chef pas encore investi. Avant et pendant le massacre, personne n'a moufeté - comme d'habitude - Mais maintenant, passé un millier de cadavres, Sabra et Chatila, c'est une rigolade.

L'opinion se trouve libérée dela religion de l'Holocauste. Gageons que les profs d'histoire, apré le pagraphe de la Shoha, auront quelques mots sévères pour expliquer le syndrôme de Stokholm aux gamins, "relativiser" en somme.

Heureusement, "Israël" force notre réflexion sur son existence même.

Si l'Etat Juif n'a pas réussi à trouver ses marques en plus de 60 ans, c'est qu'il n'y arrivera jamais.

Et quoi que fassent les bourreaux, il sera difficile de faire réviser la charte de BidONU pour y ajouter "L'Etat Sioniste" a le droit divin d'épurer ethniquement selon nécessité.

Maintenant, l'instable Etat Sioniste va accélérer son effritement. Cet état artificiel, cette tumeur maligne va commettre des iniquités de plus en plus grosses, en spirales jusqu'au court-circuit final : extermination systématique de tous les palestiniens, en attendant Nuremberg II - re-couïc.

La Shoah, ce n'est pas un "détail" bien sur, mais bon, maintenant, il va quand même falloir la relativiser par rapport aux autres holocaustes... ressortir des oubliettes de l'Histoire les deux "guerres" du Lian. Tout fout le camp.. c'est pu comme avant ! De quoi vous plaignez-vous.. zen avez deux pour le prix d'une !

Dur dur pour les juges maintenant, de ne pas se rendre complices de Ghaza en condamnent tel Mbala-mbala..

Les juifs ont - enfin - imposé aux goys d'autres sujets de "lamentation".

"FrancePhi Info : « le lourd bilan des morts palestiniens (n抋) aucune importance politique en Israël », lit-on assez justement dans Le Figaro de ce jour [17 jan 2009]."

Ça tombe bien : La Shoah a t'elle encore une importance "politique" pour nous ?

Combien d'années encore avant qu'on démonte avec joie le Mur de ce triste "Berlin" ?
♥ Les paris sont tout verts.

5.Posté par DO U KNOW ? le 17/01/2009 19:50 | Alerter
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DE GRAVES ACCUSATIONS DE LA PART DE MILITAIRES ISRAELIENS
Le 25 janvier, le quotidien Ha'aretz dévoilait le rapport d'un officier israélien voulant demeurer dans l’anonymat et qui révélait ceci : « Les Forces de la Défense israéliennes (IDF) ont étudié 1943 tactiques militaires des SS Nazi contre la résistance juive dans le Ghetto de Varsovie, pour les appliquer aujourd'hui contre les Palestiniens de la Bande Ouest de Gaza ».
Le document fait référence au « Rapport Stroop » de Jürgen Stroop, le Commandant Général de la Police, chargé de régler le problème du ghetto de Varsovie entre avril et mai 1943. Dans ce rapport, le général nazi psychotique décrit comment ses troupes ont liquidé ou ont expulsé une population de plus de 60.000 Juifs de Varsovie qui tentait de résister comme ils le pouvaient. Dans la mesure où des habitants du Ghetto travaillaient pour fournir l’armée allemande, ils avaient la possibilité de s’armer. Stroop fut envoyé par Heinrich Himmler afin de régler l’opposition active de la population. Ce dernier a alors commencé à « murer » la population de Varsovie, à clôturer le ghetto, puis a engagé une stratégie de destruction bloc par bloc, quartier par quartier, afin d’éliminer la population ou de la déporter.
Le « Rapport Stroop » fit école puisqu’il fut également appliqué en 1944 contre les combattants de la résistance polonaise non-juifs, à Varsovie. Quant au Général Stroop, il fut capturé en 1945 par l'Armée Rouge Soviétique, jugé et exécuté.
Interrogé sur ces déclarations explosives, deux jours plus tard, le porte-parole de la Maison blanche, Ari Fleischer, s’est emporté en répondant qu’il ne commente jamais des « rapports anonymes ».
Quant au porte-parole de la presse d’A. Sharon, Ra'anan Gissen, il a balayé ces « accusations » en affirmant que le « vrai problème concerne ceux qui refusent de servir ». En effet, plusieurs dizaines d’officiers réservistes israéliens ont rédigé une pétition dans laquelle ils refusent d’être des instruments passifs de la stratégie de l’IDF (Forces de la Défense israélienne) contre une popu-lation palestinienne désœuvrée. Ils sont actuellement rejoints par plusieurs militaires israéliens retraités.

6.Posté par fab le 17/01/2009 19:54 | Alerter
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@ moi

Je trouve pas le béta sur mon clavier. Mais t'as raison il a l'air étrange ce doc. C'est pour ça qu'il m'interresse. J'en ai jamais vu un pareil. Il est p t'être écrit par le Diable qui sait ?

7.Posté par michel49 le 18/01/2009 10:18 | Alerter
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Il faudra sans doute attendre que les Israeliens aient assassiné six millions de personnes pour s'estimer quitte !

8.Posté par Saint Palix le 18/01/2009 10:38 | Alerter
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@michel49
Mieux : ILS sont prêts à sacrifier les 3 / 4 de la planète pour que le 1 / 4 restant soit à leurs bottes, rampants et terrifiés. Oui, mon bon Maître, oui son altesse sérinissime !
Le pire, voyez-vous, c' est que le Mal est si profond et l' avortement des esprits si avancé que la partie semble bien compromise. Mais, dit-on, le desespoir en politique est la pire des sottises.

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