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Société

Le maraîchage se transforme en Suède



Jeudi 12 Novembre 2009

Le maraîchage se transforme en Suède

Les petits paysans et la qualité sont de nouveau à l’honneur

ch. Si les maraîchers locaux suédois parviennent à se libérer de la pression contraignante exercée par l’association officielle des paysans visant la grande production industrielle, alors de toutes nouvelles possibilités leur seront ouvertes. Les maraîchers et les petits paysans qui s’engagent dans la production locale ont passé des temps durs. Beaucoup ont été contraints d’abandonner parce qu’ils ne pouvaient pas répondre aux exigences démesurées de l’UE concernant par exemple les étables ou les équipements de production.
Les petits paysans et les petits producteurs d’aliments n’ont pas été encouragés par la politique agricole. Seules les grandes exploitations ont reçu des subventions de l’Etat. L’industrie charcutière et laitière n’est pas intéressée par un petit nombre de bêtes à abattre ou de petites quantités de lait. Les grands distributeurs ont traité avec mépris les petits agriculteurs locaux qui voulaient leur vendre leurs légumes.
Cependant, il semble qu’un changement radical soit en train de se faire. Les marchés de paysans, sur lesquels des produits locaux sont directement vendus par les producteurs locaux, connaissent une grande popularité. Ici, on trouve de tout, en partant des légumes frais, des fruits, du pain, des pains suédois, du poisson, de la viande, de la fourrure de mouton et de la laine jusqu’aux objets artisanaux. Les ventes directes à la ferme ­poussent comme des champignons. La demande de légumes produits dans le coin est si grande qu’elle ne peut pas être étanchée en ce moment, comme le montre l’exemple de Katarina E.
Lentement, de petits abattoirs et des laiteries de fermes renaissent à côté du traitement propre de haute qualité des aliments les plus divers. Cette évolution est notamment le résultat du travail inlassable de l’Association des petits paysans suédois. Ils ont influencé par un travail méticuleux et ­continu les politiciens et les institutions compétentes de telle manière que les exigences concernant la fabrication des produits sont devenues admissibles pour les petits producteurs et traiteurs. L’agriculture et la production de légumes locaux et écologiques sont sans équivoque estimées par de plus en plus de consommateurs.

Un petit morceau de terrain bénit – l’exemple de Katarina E.

Katarina E. a changé de métier au milieu de sa vie et est passée de secrétaire à maraîchère. Elle a fréquenté une école agricole et s’est décidée à cultiver des légumes biologiques. Après avoir terminé sa formation, elle n’a pas trouvé de travail dans ce domaine et elle a décidé de monter sa propre petite exploitation. Elle a pris quelques hectares de terrain en bail, situés en dehors d’une ville dans le sud de la Suède, et a commencé à cultiver des légumes. Les deux premières années, elle a vendu ses légumes sur les marchés et aux marchands de légumes. Cependant, en même temps, elle a commencé à vendre des paniers de légumes directement à des abonnés aux légumes. Cette manière de vendre des légumes s’est si bien développée qu’elle a déjà main­tenant 200 abonnés, deux employés et deux stagiaires, et sa mère et sa fille qui aident encore en supplément. Katarina a agrandi la superficie de culture à 2,5 hectares. Elle cultive des pommes de terre, des carottes, du maïs, des haricots et de la salade. Les fleurs, ainsi qu’un peu d’herbes aromatiques et des plantes médicinales ne manquent pas. Elle cultive toutes les ­plantes elle-même. En plantant et arrosant les semences, elle produit elle-même les plantons et elle loue la place nécessaire dans des serres.
Les différents légumes saisonniers fraîchement récoltés sont emballés dans des cartons. A chaque carton est jointe une lettre, qui décrit un peu le contenu et informe sur la culture des légumes. De mi-juin à fin septembre, chaque client reçoit un panier hebdomadaire. Il est invité également une fois par saison chez Katarina afin qu’il puisse voir où ses légumes poussent et être informé sur la manière dont ils sont produits.
Elle vend une partie de ses légumes à une école, à quelques restaurants et à un marchand de légumes.
Le terrain est divisé selon une alternance de cultures de sept ans. Tous les travaux sont faits à la main à part le travail avec les pommes de terre où l’on utilise un tracteur.
Katarina dit que c’est intéressant de cultiver des pommes de terre biologiques car ­celles-ci font partie des légumes les plus traités en Suède. On les traite contre les mauvaises ­herbes et la pourriture des feuilles pour en finir par le traitement des fanes de pommes de terre. Les Suédois n’y croient guère, que les pommes de terre soient traitées à ce point. Katarina cultive des pommes de terre bio depuis six ans sans avoir recours aux traitements et son travail a été toujours couronné de succès. Elle constate qu’il y a un intérêt croissant pour les produits de bonne qualité. Les gens sont prêts à payer un peu plus pour des légumes cultivés selon des règles écologiques.
Katarina n’a pas eu besoin de faire beaucoup de publicité pour ses produits. Pour ses 2,5 hectares, elle a réussi sans soutien financier à créer deux emplois. La politique agri­cole de l’Etat par contre et celle axée sur l’UE visent à former des unités toujours plus grandes, pour devenir plus «compétitifs» et plus «rentables». Katarina apporte la preuve du contraire! Toujours plus de consommateurs apprécient l’agriculture locale et écologique ainsi que le maraîchage local à petite échelle. La demande est si grande qu’elle ne peut pas être étanchée actuellement.  



Source: Småbrukaren, n° 3, 2008



(Traduction Horizons et débats)






Commentaires

1.Posté par pistache le 12/11/2009 13:32

idem dans certaines régions de france , ou des producteurs de fromage cantal ont l'intention de fabriquer " à l'ancienne " et pour cela il leur faut du lait de bonne qualité ; une opportunité pour les producteurs de lait , redémarrer leur activité de manière plus saine ; ça me remonte le moral de voir qu'il y a encore des gens qui croient en leur travail mais aussi que les consommateurs exigent de la qualité ;

2.Posté par Intellecterroriste le 12/11/2009 14:39

Tout à fait d'accord avec vous Pistache.

Ou cette entreprise dont j'ai oublié le nom, qui allait péricliter, que les employés ont racheté en la transformant en coopérative, qui aujourd'hui recrutent et fait du bénéfice! C'est par ces biais qu'on enlève petit à petit du pouvoir à l'état. Finalement pas besoin de violence, juste de bonnes idées, et de bon sens! Espérons que de nouvelles règles économiques ne viendront pas mettre à plat ces initiatives..

Amicalement

3.Posté par bernard 01 le 12/11/2009 14:52

et tout a coup,on s'appercois que les vaches broutent de l'herbe.

4.Posté par brigitte le 12/11/2009 16:49

Il faut bien être conscient que toutes les règles et contraintes imposées en matière de sécurité et d'hygiène sont édictées pour favoriser la production industrielle au détriment des petits producteurs.
http://www.soueich.info

5.Posté par rachi le 12/11/2009 17:14

Consommer local et suivant les saisons en privilégiant les paysans du coin, nous permettra d'aider ces petits producteurs locaux. Si ça peut leur éviter de brader leur production à la grande surface du coin. Je remarque depuis quelques temps qu'il y a une demande de plus en plus forte pour la production locale et c'est très bien .

6.Posté par Crevette le 12/11/2009 19:17

Ouais, je confirme!

Je suis moi même en reconversion professionnelle de comptable précaire dans le public à paysan bio. Les bios sont très militants, beaucoup n'ont pas de télé, cultivent avec amour.

En Finistère.
Je compte bien produire des prunes, petits fruits et un peu de maraîchage.

C'est vrai aussi que les gens en ont marre des légumes dégueu et des patates du supermarché qui pourrissent:

Ici, sur les marchés bios, les légumes frais sont au même prix que ceux chimiques du supermarché!
Les gens aiment bien voir la trogne de leurs paysans du coin. Et les paysans aiment bien tailler une bavette peinard en vendant leur production.
Ils aiment bien ce lien social et tout cela est satisfaisant pour les paysans et les clients. C'est juste de l'humain finalement ;-)
Sur les marchés et même quand ils se voient, ils s'échange leur production entre eux. Allez! 5kg de carottes et divers légumes contre du fromage et des oeufs, ou un poulet.

Tout l'inverse des temples de la consommation aseptisés de la Grande Distribution.

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