Palestine occupée

Le lobby des "réfugiés" juifs cherche à éclipser les pertes palestiniennes


Une large coalition de groupes de pression juifs a fait une série de percées dans sa campagne pour lier la question de la justice pour des millions de réfugiés palestiniens avec la justice pour les juifs qui ont quitté les états arabes à la suite de l'établissement d'Israël il y a soixante ans. Se référant à ces juifs comme des « réfugiés oubliés » et prétendant que leur sort est pire que celui des palestiniens exilés, la campagne a obtenu un succès politique ces derniers mois à Washington, Londres et Bruxelles.

Par Jonathan Cook


Dimanche 7 Décembre 2008

Les organisations sionistes cherchent à s'assurer que les réfugiés palestiniens vivant dans des camps comme celui-ci, au Liban, soient dans l'incapacité de revenir dans leur patrie. (photo Matthew Cassel)
Les organisations sionistes cherchent à s'assurer que les réfugiés palestiniens vivant dans des camps comme celui-ci, au Liban, soient dans l'incapacité de revenir dans leur patrie. (photo Matthew Cassel)
La semaine dernière, la campagne a reçu un encouragement majeur quand l'un des plus grands partis politiques d'Israël a annoncé que la restitution de la propriété des Juifs arabes était un thème central de son programme pour les élections générales prévues en février.

Shas, un parti fondamentaliste religieux et le troisième plus grand parti dans le parlement actuel, a dit qu'il refuserait de soutenir tout gouvernement qui arriverait à un accord avec les Palestiniens à moins qu'il force en premier les Etats arabes à dédommager ces juifs émigrants.

Shas, qui a déjà un passé d'opposition aux accords de paix avec les Palestiniens, tire ses soutiens principalement des Juifs qui ont migré en Israël depuis les pays arabes -connus en Israël comme les Mizrahim.

Le parti sera vraisemblablement un parti charnière dans le prochain gouvernement. Son refus d'accepter les conditions offertes par Tzipi Livni, le premier ministre désigné, spécialement sur Jérusalem, l'a obligée à appeler à des élections le mois dernier.

La campagne internationale mettant en lumière les souffrances des Juifs arabes, menée par Justice pour les juifs des pays arabes (JJAC), un groupe de pression rassemblant des dizaines de groupes juifs aux USA et en Europe, a fait des progrès considérables l'année dernière.

Après un lobbying massif, la Maison des Représentants aux USA a pris une résolution en avril déclarant qu'il n'y aurait pas de paix au Moyen-Orient « sans que soit abordé la question du déracinement des communautés juives vieilles de plusieurs siècles au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans le Golfe Persique ». George W. Bush, le président a aussi dit être « très conscient» du sort des Juifs arabes.

Ces derniers mois, les membres du JJAC se sont aussi adressés au parlement britannique, aux Nations Unies et au parlement européen.

Et le mois dernier, le groupe a officiellement déplacé ses opérations en Israël, promettant de mettre une forte pression sur le prochain gouvernement.

Une revendication centrale de la campagne du JJAC est que l'exode juif associé à la guerre de 1948 éclipse celui subi par les palestiniens. Le JJAC prétend qu'au moins 850.000 juifs ont été obligés de quitter les pays arabes, comparés aux 720.000 palestiniens expulsés du territoire qui est devenu Israël.

Utilisant des chiffres douteux, un économiste, Stanley Zabludoff, a publié cette année un article pour le Centre de Jérusalem pour les Affaires Publiques prétendant que les pertes des Juifs arabes, de 6 milliards de dollars en chiffres actuels, sont 50% plus élevées que les pertes des Palestiniens.

Ytzhak Cohen, un porte-parole du Shas, a fait écho à cette revendication : « Le problème des juifs déracinés est équivalent, si ce n'est plus important, que le problème des réfugiés palestiniens ».

Une équivalence entre les pertes de propriétés juives et palestiniennes comme conséquences de la guerre de 1948 a été faite par les politiciens israéliens en maintes occasions lors des négociations de paix.

Le problème a été abordé durant les dernières réunions des pourparlers d'Oslo, aux négociations de Camp David en 2000, et de nouveau à la conférence appelée par Bush il y a un an à Annapolis. Un membre du cabinet ministériel, Rafi Eitan, avait le problème dans sa serviette.

Cette année, Ehud Olmert, le premier ministre sortant, et Livni ont attiré l'attention sur le sort des Juifs arabes dans des conversations privées lors de visites à des chefs d'Etat.

La raison est claire. Les partisans du cas des juifs arabes soutiennent que ce qui est arrivé durant la guerre de 1948 a été un « échange de populations », suggérant que le conflit israélo-palestinien a déjà été réglé d'une manière similaire au conflit entre la Grèce et la Turquie dans les années 20, quand des centaines de milliers de personnes ont été déplacées de leurs maisons.

A la différence du Shas, cependant, les gouvernements israéliens ont été réticents à rendre publiques de telles revendications – un fait récemment déploré par Uzi Dayan, le premier conseiller de la sécurité nationale du pays.

C'est parce que l'argument de l'équivalence ne soutient pas un examen attentif minimal. Il y a un certain nombre de raisons pour rejeter l'affaire montée par le JJAC, le Shas et les officiels du gouvernement.

En premier, il rend les Palestiniens responsables d'actions dont ils n'avaient aucune responsabilité. En fait, le coût de l'exode des Juifs depuis les états arabes a été principalement supporté par les Palestiniens eux-mêmes, dont la terre, les maisons et les biens ont été transférés à ces immigrants juifs.

En second lieu, bien que les historiens soient d'accord sur le fait que les Palestiniens ont été expulsés d'Israël en 1948, il y a peu de preuves que la plupart des Juifs arabes aient été obligés de quitter leurs maisons.

Selon l'historien israélien Avi Shlaim, dont la famille a quitté Bagdad en 1950, la plupart de ces migrants juifs sont partis de leur propre gré, même si c'était sous la pression des agences sionistes. Le plus grand nombre est venu du Maroc, attirés en Israël par les officiels sionistes qui leur promettaient une vie meilleure.

C'est seulement dans le cas de petites populations juives en Egypte et en Libye qu'il y a eu contrainte.

Et en troisième lieu, et plus embarrassant pour Israël, il y a des preuves accablantes que ce sont les services secrets du Mossad qui ont mené, dans les pays arabes, des opérations clandestines qui ont mis en danger les Juifs locaux et contribué significativement à leur exode.

L'implication d'Israël dans les campagnes de bombardement à la fois en Egypte et à Bagdad – et probablement ailleurs- est mentionnée par exemple dans le journal de Moshe Sharrett, le premier ministre des Affaires Etrangères. Selon ses dires, les explosions étaient destinées à « ranimer le Moyen-Orient ».

Une majorité des Juifs venus des pays arabes ont fini en Israël, où ils constituent aujourd'hui près de la moitié de la population juive. Shas montre clairement qu'en soulevant la question de la restitution, son objectif premier est de faire échouer toute tentative du prochain gouvernement d'arriver à un accord de paix avec les Palestiniens.

Benjamin Netanyahou, le leader du parti de droite Likud et le candidat qui, selon les sondages, a le plus de probabilités de devenir le prochain premier ministre, est aussi connu pour sa sympathie avec le principe de lier la question des réfugiés juifs et palestiniens.

Si une nouvelle Maison Blanche sous Barack Obama essayait de raviver le processus de paix au Moyen Orient, le Shas pourrait bien offrir à Netanyahou précisément l'échappatoire qu'il recherche.

Source : Electronic Intifada
Traduction : MM pour ISM


 
 
 


Dimanche 7 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par Aigle le 07/12/2008 13:08 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Palestiniens libres ...encore une fois ne vous laissez pas distraire par des gesticulations dont seuls les sionistonazis ont le secret .....Ils peuvent dire ce qu'ils voudront a la Maison blanche , a Londres ou ailleurs , ce n'est pas le sujet qui doit preoccuper les palestiniens libres et dont l'objectif est l'extermination du regime sioniste ....le reste laisser l'histoire desz hommes les confondre ...Voyez aujourd'hui la situation des criminels de l OAS par rapport aux "pied noirs " qui ont finalement compris qu'ils ont été terrorisés par ces assassins dans le cadre de la politique de la terre brulée si chere aux nazis de leur espece

2.Posté par redk le 07/12/2008 13:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Les fières et dignes palestiniens Aigle ne s'arrêteront pas devant des gesticulations de couloir que se soit ceux de Washington ou de Downing Street, et encore moins le QG des ss, seul compte pour eux la fin des sionistonazis !!!

Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires