Géopolitique et stratégie

Le gaz et la haine (Vedomosti)



Ria Novosti
Lundi 9 Avril 2007

Le dialogue énergétique mondial devient de plus en plus politisé et agressif. Un forum des pays exportateurs de gaz se tiendra aujourd'hui à Doha, capitale du Qatar. Les déclarations sur la création éventuelle d'une OPEP du gaz, organisation regroupant les grands exportateurs de gaz, ont déjà rendu l'Occident nerveux.

L'idée n'est pas nouvelle, mais la Russie n'y avait jamais manifesté un grand intérêt. Les officiels continuent à nier la possibilité de participer à un cartel. Le ministre de l'Industrie et de l'Energie Viktor Khristenko l'a répété à la veille de la conférence. Mais il est significatif que la délégation russe soit cette année pour la première fois imposante: aussi bien Viktor Khristenko que le président du directoire de Gazprom Alexeï Miller seront présents à Doha.

Le Congrès américain a déjà parlé "d'extorsion et de racket", les journaux occidentaux abondent en prévisions alarmantes. Les experts rassurent le public occidental en affirmant que l'influence de l'OPEP du gaz sera bien moins importante que celle de l'OPEP, tout d'abord parce qu'il n'existe pas de marché global du gaz. A la différence du pétrole, le gaz est transporté, pour l'essentiel, par tubes: les producteurs et les consommateurs dépendent beaucoup les uns des autres et le gaz extrait est habituellement déjà acquis par les acheteurs aux termes des contrats. Dans le secteur du gaz, le prix dépend non pas de l'offre et de la demande de combustible bleu, mais du prix courant du pétrole fixé à la bourse.

Tout cela est vrai, mais le rôle du gaz dans la consommation mondiale d'énergie ne cesse de s'accroître: de 1974 à 2005, sa consommation a doublé, atteignant 90.000 milliards de m3, et son accroissement vertigineux se poursuit. La technologie de production de gaz liquéfié (GNL) qu'on peut transporter comme le pétrole se développe également: d'après les prévisions du CERA, vers 2020, la part du GNL dans l'exportation mondiale du gaz atteindra 17%.

Un autre fait apparaît important: l'OPEP du gaz n'est en rien obligée de fonctionner absolument comme sa cousine pétrolière. Les pays exportateurs de gaz ne doivent pas obligatoirement s'entendre sur la réduction ou l'accroissement de l'extraction, élevant ou baissant ainsi les prix. On peut en revanche s'entendre sur autre chose: par exemple, partager les marchés d'écoulement ou concerter le niveau de l'élévation des prix lors de la conclusion de contrats à long terme. Le marché du gaz n'existe pas? C'est très bien comme cela: par conséquent, les mesures administratives prises pour influer sur les prix peuvent s'avérer efficaces.

Cependant, en ce qui concerne la Russie, compte tenu de l'absence d'accroissement de l'extraction à Gazprom et de l'augmentation de la consommation à l'intérieur du pays, il est moins important de s'allier aux producteurs qu'être en bons termes avec les consommateurs. Pour s'assurer des possibilités d'exportation, la Russie doit investir dans l'extraction et la production de gaz liquéfié. Par conséquent, elle ne peut se passer des pays consommateurs qui sont les principaux investisseurs dans le secteur énergétique mondial.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Lundi 9 Avril 2007


Commentaires

1.Posté par AL MURMIN le 10/04/2007 12:24 | Alerter
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une opep du gaz cest tres tres bien vive L IRAN ET LE VENEZUELA

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