Géopolitique et stratégie

Le foreign office et les untermenschen


Mme Margarett Beckett , secrétaire au Foreign Office, a publié dans le Figaro du 17 novembre 2006, une tribune intitulée « contre le terrorisme islamiste, les musulmans sont le meilleur rempart ». Cette excellente idée, faire d’une partie de la population un bouclier contre l’autre, est toutefois datée. Elle s’appelle diviser pour régner et elle n’est jamais que l’art renouvelé de faire tirer les marrons du feu par le premier bipède venu. L’histoire coloniale angaise est truffée de ces épisodes là.


jeansanterre@gmail.com
Dimanche 7 Janvier 2007




Analysant la situation géopolitique mondiale, Mme la ministre décèle dans les raisonnements islamistes deux idées fondamentales qualifiées d’impostures : la première est que l’Occident conduirait une croisade contre l’Islam, la seconde est que les terroristes peuvent être les champions des musulmans.

S’agissant du premier point elle a raison ; quoique partiellement seulement. Tout l’occident n’est pas impliqué dans la croisade évoquée. La France, l’Allemagne, la Russie ont officiellement refusé d’ouvrir cette boite de Pandorre. De fait, Il ne s’agit pas non plus d’une croisade au sens moyenâgeux du terme, et elle ne vise pas que les musulmans bien entendu. Les guerres menées par les territoires d’un axe contre les territoires d’un autre axe ne sont évidemment jamais religieuses. Bismarck, Wellington et Sun Tzu le confirmeront sans peine. Il s’agit d’une croisade que « l’axe du bien mène contre l’axe du mal ». Rien de plus.

S’agissant du second point, on doit malheureusement constater que les pays cités comme cibles des terroristes musulmans sont justement ceux où la diplomatie et l’armée anglaise, dans le sillage bien évidement et comme il se doit, de la diplomatie et l’armée américaine, sont le plus investis. L’Irak, l’Afghanistan, la Jordanie, l’Egypte et l’Indonésie. Est-ce à dire que le gouvernement de sa Royale Majesté ne se sent concerné ni par Madrid ni par Casablanca ni par Amsterdam , Riad, Alger, Damas ou Beyrouth ? En n’évoquant bien sûr que les attentats les plus récents ?

Connaissant l’Angleterre comme nous la connaissons et l’aimant comme nous l’aimons nous en déduisons que la tribune de Mme Margarett Beckett n’est pas exactement ce qu’elle prétend être. Loin d’être une manière de vade-mecum de la lutte antiterroriste, cette tribune est un appel au secours et notamment un appel à cette solidarité européenne qui a parfois, et ce n’est que justice, un peu fait défaut aux royaumes unis. Cet appel est bien sûr outrageusement intéressé. A l’ère de l’Europe, de la transparence et des grands ensembles, l’Angleterre se découvrirait-elle le destin de Venise ou celui de Florence ? Une île dans l’histoire c’est un peu comme une ville dans un pays. isn'it?

Après s’être épuisé dans la plus gigantesque opération de déstabilisation d’un pays depuis la guerre contre la Serbie, L’Angleterre a besoin d’une nouvelle diplomatie et de nouveaux leviers. Faute d’une politique de l’Islam, parce que pour faire une politique il faut plus que des intérêts bien compris (il faut par exemple l’intelligence des événements des situations et des peuples) ; donc, faute d’une politique, Mme Beckett pense s’en sortir en refaisant à nouveau une vieille recette dans un vieux pot. Diviser les musulmans.

C’est une mauvaise idée. The worst.

D’abord pour une question de crédibilité. La crédibilité comme nous l’ont enseigné nos maîtres pasteurs c’est avant tout un crédit. Il s’obtient, il se perd, il se retrouve, mais en premier lieu il n’est jamais acquis. La diplomatie anglaise a mis le sien au service d’une partie de la droite américaine. Ce n’était peut être pas non plus une bonne idée.

Fuck OFF

Ensuite parce que, Sir, le taux d’analphabétisme dans les pays arabes et musulmans a légèrement baissé. Il y a maintenant un peu plus de personnes capables d’analyser les nouvelles données géopolitiques. Quant à ceux qui ne savent pas lire ils ont Al Jazzera. Pour persuader les musulmans le spin(en bon français cela se dit bonimentage ou bonimenterie) ne suffira pas. Il faut une bonne et solide rhétorique et de préférence jésuite ou alors bénédictine.

Silly

Maintenant que la droite américaine SEMBLE avoir reflué au congrès suite aux dernières élections législatives, les diplomates anglais prétendent donc traverser la Manche. C’est bien évidemment un droit naturel pour tout européen, pour peu qu’il ne tire pas le premier; mais en canot de sauvetage s’il vous plait, pas avec des armes de distraction massives !

Donkey monkey Donkey monkey Donkey monkey Donkey monkey Donkey monkey Donkey monkey

Dernier point : comme l’explique le secrétariat du Foreign Office, tous les êtres humains raisonnables aiment la vie. Toutefois le problème n’est pas là.

Même les singes aiment manger boire chanter baiser et danser Madame.

Shahzad Tanweer, le terroriste musulman qu’évoque Mme Beckett, cite le Coran lorsqu’il affirme devoir aimer la mort plus que la vie. Pour un musulman aimer la mort c’est se prémunir des illusions de la vie. « tout ce qui vous a été donné ici bas est jouissance éphémère de la vie et sa parure » (Le recit v.60). Viser le paradis, c’est « chercher le fruit et mépriser la fleur » (Tao Te King 38). S’il cite le Coran c’est donc dans le Coran que se trouve la réponse à ce qu’il dit. Et elle est simple.

So so so stupid

Elle correspond à la résolution d’une équation du premier degré, soit:

« les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux disent paix…qui n’invoquent pas d’autre D.ieu avec Allah et ne tuent la vie qu’Allah a rendue sacrée qu’en toute Justice… » (Le discernement, v63-71)

Or D.ieu Seul est le Juste, c’est un de ses 99 attributs (Sephiroth). Ou pour être plus précis :

«Tuer une âme non coupable du meurtre d’une autre âme ou de dégât sur la terre, c’est tuer l’humanité entière. Et sauver une vie c’est sauver les vies de toute l’humanité» (Coran, la table servie, verset 32).

Pour comprendre cela les diplomates du Foreign Office n’ont guère besoin d’avoir sous la main un musulman ou les neuf dixième de la population musulmane.

These are not untermenschen, as Hole




Jean Santerre


Dimanche 7 Janvier 2007

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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