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Le duo interparlementaire Russie-France, alternative à la cacophonie européenne


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Une session parlementaire se tient actuellement en France. Pendant cette période, il est difficile d'obtenir l'autorisation du bureau du Sénat de se rendre à Moscou. Mais j'ai réussi à obtenir cette autorisation, parce que la Russie c'est la Russie, elle mérite une attitude particulière, a déclaré le sénateur Patrice Gélard, président du groupe d'amitié France-Russie du Sénat français, dans le discours qu'il a prononcé lors de la rencontre annuelle du groupe de contact entre les parlementaires russes et français.


Nadejda Ouzounova
Vendredi 16 Novembre 2007

Le duo interparlementaire Russie-France, alternative à la cacophonie européenne
Par Nadejda Ouzounova, RIA Novosti



Durant son séjour dans la capitale russe, il a maintes fois souligné au cours d'entretiens, aussi bien avec ses collègues russes qu'avec des journalistes, que l'amitié avec la Russie n'était pas seulement un hommage au protocole et à la politesse diplomatique... Tout d'abord, le groupe d'amitié est le plus important du Sénat français avec environ 60 membres, a fait remarquer M. Gélard dans une interview donnée à RIA Novosti. Notre coopération a acquis depuis 30 ans un caractère permanent, ce qui permet de se pencher sur des projets à long terme, a poursuivi le sénateur français. Le groupe interparlementaire France-Russie travaille à partir d'un même schéma dans les deux pays. Une réunion commune des membres du groupe d'amitié se tient une fois par an. Ils dressent le bilan de l'année de travail et élaborent de nouveaux projets. Les membres du groupe français sont dans l'obligation de recevoir toutes les délégations du pays-compagnon qui se présentent au Sénat. Et ce ne sont pas toujours des représentants de structures d'Etat. "J'ai même reçu un producteur russe de glaces", a affirmé M. Gélard.

La coopération au niveau interparlementaire permet de régler des problèmes concrets et de prendre des décisions qui auront force de loi. Au cours de la rencontre à Moscou, les partenaires français ont notamment fait savoir que, grâce à leur intervention, la langue russe n'avait pas entièrement disparu des programmes d'enseignement scolaire français. Le fait est que la qualité de l'enseignement et l'intérêt pour la langue russe ont tellement diminué ces quinze dernières années qu'on a évoqué sa possible exclusion des programmes à l'école.

L'économie reste certainement l'un des thèmes principaux du dialogue russo-français. Les deux parties ont déploré le fait que le chiffre d'affaires des échanges commerciaux bilatéraux se trouvait à un niveau indécent. Mais les affaires pâtissent de choses qui n'ont rien à voir avec l'économie, semble-t-il. Dans son discours prononcé au colloque qui s'est tenu en février 2007 au Sénat français avec la médiation du groupe d'amitié France-Russie, Louis Schweitzer, coprésident de "Dialogue franco-russe", a reconnu avec amertume que la Russie restait pour la France un pays "mal connu". Le colloque a été consacré à la coopération décentralisée entre les deux pays. Il est apparu que les images qu'on a de la Russie en France restaient très vagues. C'est pourquoi M. Gélard a fait une proposition concrète: développer le tourisme économique entre les deux pays. Mais cela dépend de la simplification de la procédure d'octroi des visas. Il s'agit d'un des thèmes permanents de la discussion entre la Russie et l'Europe. Aucune solution acceptable n'ayant encore été trouvée, il est d'autant plus important d'en rechercher une au niveau bilatéral.

Les parlementaires doivent être pragmatiques et essayer de réaliser des projets bilatéraux importants. Conformément à une décision prise récemment, il est prévu de créer un lycée russo-français qui aura des sections en Russie et en France. Le programme sera absolument identique dans les deux pays, l'enseignement sera donné simultanément dans les deux langues. Il devrait normalement s'ouvrir aux alentours de 2011. Comme l'a attesté dans une interview à RIA Novosti Dmitri Mezentsev, vice-président du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) et chef du groupe d'amitié avec la France, cet établissement d'enseignement formera des professionnels de haut niveau, spécialisés principalement dans le domaine humanitaire et qui connaîtront aussi bien la culture russe que française. A ce propos, Dmitri Mezentsev a été décoré de la Légion d'honneur, ce qui d'après ses collègues français symbolise la reconnaissance non seulement de ses mérites personnels dans le renforcement des rapports amicaux entre la Russie et la France, mais aussi du processus positif de rapprochement russo-français.

La nécessité d'édifier un système efficace de contacts diplomatiques diversifiés est souvent soulignée. Cela signifie qu'en plus des institutions exécutives officielles comme les ministères des Affaires étrangères ou les sommets (les rencontres entre les présidents français et russe sont depuis longtemps considérées comme des événements d'une importance mondiale), la diplomatie parlementaire représente un segment important et une locomotive pour le développement des rapports interétatiques bilatéraux. Bien entendu, le dialogue parlementaire est mené avant tout dans le cadre assez restreint du fonctionnement des structures du pouvoir. Mais, comme on le sait, ce sont les parlements qui incarnent avec le plus d'éloquence l'idée du pouvoir du peuple. Cette qualité permet souvent aux législateurs des deux pays de trouver des solutions concrètes dans l'intérêt des peuples, souvent longtemps espérées, car ils traduisent justement leur volonté.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Vendredi 16 Novembre 2007

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