Palestine occupée

Le dilemme d’Israël à Gaza : invasion totale ou trêve ?


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Les médias libanais et arabes ont établi un lien entre la tournée de George Bush au Proche-Orient, du 13 au 18 mai, et le dénouement de plusieurs dossiers en suspens dans la région. C’est dans ce cadre qui s’inscrivent les propos du ministre israélien des Télécommunications, Shaul Mofaz, sur le fait que le retrait du Golan va étendre l’influence de l’Iran. Le quotidien libanais As-Safir s’est demandé si l’arrivée de Bush coïncidera avec l’élection d’un président à la majorité simple, lors de la séance du 13 mai au Parlement.


Mercredi 30 Avril 2008

Tendances et événements au Proche-Orient

Le dilemme d’Israël à Gaza : invasion totale ou trêve ?

Entre invasion totale et trêve, les indices en provenance d’Israël au sujet de ses intentions à l’égard de Gaza sont contradictoires. Quoi qu’il en soit, les agressions israéliennes se poursuivent, de même que la résistance de plus en plus sophistiquée des mouvements palestiniens, tandis que les effets du blocus imposé à ce petit territoire sont durement ressentis par la population privée d’approvisionnement en nourriture, carburant et médicaments. La situation sécuritaire et politique à Gaza se présente comme suit :
- 1. La direction du Hamas a annoncé avoir remis aux médiateurs égyptiens sa vision définitive du projet de trêve à Gaza. Un des chefs du mouvement, Mahmoud Zahhar, a déclaré qu’Israël devra remettre sa réponse finale au directeur du renseignement égyptien, le général Amr Sleimane, attendu à Tel-Aviv la semaine prochaine. M. Zahhar a averti que si le blocus n’est pas levé et les points de passage ouverts conformément au plan proposé par le Hamas, la Résistance palestinienne défendra son peuple et donnera une leçon aux occupants qu’ils ne seront pas prêts d’oublier.
- 2. En Israël, on parle de plus en plus de l’imminence de l’invasion totale de la Bande de Gaza. Mardi, c’est le Premier ministre Ehud Olmert qui a en personne menacé d’une opération d’envergure, alors que jusqu’à présent, c’était son ministre de la Défense, Ehud Barak, qui se réservait les propos belliqueux. En parallèle, les critiques ont fusé contre les exactions et les tueries perpétrées par l’armée israélienne contre les Palestiniens, après le meurtre d’une femme et de ses quatre enfants.
- 3. George Bush aussi s’est mis de la partie. Il a qualifié le Hamas de plus dangereux mouvement terroriste au monde. Il l’a accusé de saper le processus de paix. Dans le même temps, il a repris ses attaques virulentes contre la Syrie et l’Iran, les accusant de soutenir le Hamas. Selon les analystes, ces propos virulents s’expliquent par deux raisons : George Bush est très indisposé par l’activité de l’ancien président Jimmy Carter et ses contacts avec le Hamas, qu’il a qualifié de « mouvement de libération nationale » dans une tribune publiée lundi dans le New York Times. Bush sait, par ailleurs, que l’impuissance d’Israël à détruire la Résistance palestinienne va briser son rêve de terminer son mandat par la signature d’un accord entre l’Autorité palestinienne et Israël. Plus important encore, les rapports des services de renseignement états-uniens et israéliens mettant en garde contre une troisième intifada qui balaierait définitivement les vestiges des accords d’Oslo qui se sont transformés en vulgaire auxiliaires de l’occupant israélien.

Presse et agences internationales

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Issam Dari
Des médias « arabes » se font l’écho d’informations dénuées de tout fondement au sujet de la Syrie. Ils prétendent que la Syrie développe un programme nucléaire à des fins militaire et font état de l’intention de l’administration Bush d’imposer de nouvelles sanctions contre Damas. Ils véhiculent des informations que même les États-Unis ont eu honte de colporter.

ANADOLU AJANSI (AGENCE DE PRESSE TURQUE)
• La tension monte à l’approche du 1er mai entre le gouvernement turc et les syndicats. Ceux-ci veulent manifester sur la place Taksim (sur la rive européenne d’Istanbul), alors que les autorités s’y opposent et proposent quatre lieux distincts (deux sur chaque rive).
[La Turquie n’a toujours pas tourné la page des incidents du 1er mai 1977 lorsque des snipeurs, probablement agents du stay-behind (OTAN-CIA), tirèrent sur la foule et suscitèrent un mouvement de panique faisant 34 morts. Dans la mémoire collective, le 1er mai reste associé à ces années de « stratégie de la tension ». Chaque commémoration donne lieu à des affrontements, opposant au cours des dernières années la police à des manifestants indépendantistes kurdes présents dans la manifestation syndicale. Ndrl.]
• L’aviation et l’artillerie ont pilonné des positions du PKK les 25 et 26 avril dans le nord de l’Irak’, indique l’état-major des Forces Armées Turques. Le bombardement effectué par 43 avions de combat, a permis la destruction de 73 abris du PKK, 14 cavernes servant d’abris au PKK, 8 positions DCA, 7 centres de communication et 9 entrepôts. Les frappes ont visé les régions de Zap, Avashin et Khakourk, (nord de l’Irak).

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Le sous-secrétaire d’État US Reuben Jeffrery et son homologue russe Andrei Denisov sont convenus à l’issue de leur entretien à Moscou que l’amendement Jackson-Vanik était anachronique et devait être révisé.
[En 1974, le sénateur Henry Scoop Jackson (figure tutélaire des néoconservateurs) et son collègue Charles Vanik firent adopter une législation prévoyant des sanctions économiques —mais aussi des incitations— pour contraindre le président Brejnev à laisser émigrer les juifs et les chrétiens évangéliques soviétiques. Environ 750000 personnes ont ainsi émigré vers les USA et 1 million vers Israël. Ndlr.]

LA CROIX (QUOTIDIEN CATHOLIQUE FRANÇAIS)
Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris (financée par l’Algérie), envisage de boycotter les élections du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont il assure pourtant la présidence. À la veille du scrutin, il conteste soudain le mode d’élection, bien que celui-ci ne soit pas nouveau. Il craint en effet la progression électorale du Rassemblement des musulmans de France (financé par le Maroc), qui fait preuve d’un fort dynamisme. Cependant, le président Sarkozy, qui a installé le CFCM lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et des Cultes, ne peut se permettre de voir cette institution remise en cause. Pour la première fois, il ne soutiendra donc probablement pas Dalil Boubakeur dans sa démarche et devra s’incliner devant la nouvelle majorité.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE DASSAULT)
Au deuxième jour de sa visite d’État en Tunisie, Nicolas Sarkozy est revenu sur un sujet qu’il affectionne entre tous, l’Union pour la Méditerranée. Encore largement virtuel, ce chantier suscite un écho favorable chez les décideurs tunisiens qui l’envisagent comme un « accélérateur de projets », espérant aussi bénéficier du statut privilégié de leur pays dans les relations franco-maghrébine. Du côté des entrepreneurs français, on affiche un optimisme sans faille : « Il faut reproduire ce miracle de l’Antiquité comme un signe de l’extrême modernité », s’enflamme Laurence Parisot, la patronne du Medef (patronat français). Pas d’annonce, toutefois, concernant le siège du secrétariat de cette future organisation, probablement basé à Tunis. La première coprésidence de la nouvelle entité pourrait, elle, être dévolue à la France et à l’Égypte.

LE MONDE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE LAGARDERE)
Le Parlement turc a timidement réformé, mercredi 30 avril, un article très controversé de son code pénal, attentatoire, selon l’Union européenne, à la liberté d’expression. Le délit d’insulte à « l’identité turque », contenu à l’article 301 du code pénal, a été remplacé par une interdiction de critiquer « la nation turque ». Les poursuites ne pourront être engagées qu’avec l’accord du ministère de la Justice. Enfin, la peine maximale prévue sera réduite de trois à deux ans de prison. Cette réforme a été approuvée, tôt mercredi, par 250 voix contre 65, malgré les vives critiques de l’opposition nationaliste. Cette disposition pénale avait été utilisée afin de poursuivre en justice des centaines d’écrivains, dont le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, attaqué pour ses écrits sur le génocide arménien de 1915. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait, lors d’un récent déplacement en Turquie, estimé que cette réforme constituerait un pas dans la bonne direction. L’UE avait même fait de l’adoption de cette mesure un test de la volonté d’Ankara de mener des réformes sur la voie de l’adhésion.

THE GUARDIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, MAJORITE)
La rédaction du Wall Street Journal est en émoi après la démission de son rédacteur en chef. La rumeur assure qu’il serait entré en conflit avec le nouveau directeur du journal, imposé par le nouveau propriétaire, Ruppert Murdoch. Or, lors de l’acte de vente du quotidien, un comité des sages avait été mis en place pour garantir l’indépendance de la rédaction face à l’interventionnisme prévisible de Murdoch, et ce comité devait être consulté avant tout licenciement. Mais le magnat de la presse est rusé : plutôt que de licencier le rédacteur en chef, il l’a invité à démissionner de lui-même pour bénéficier d’un poste fictif de conseiller dans une autre société du groupe. Murdoch va pouvoir maintenant imposer son propre rédacteur en chef et modifier la ligne éditoriale à sa guise.

THE INDEPENDENT (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
• À quelques jours de la Conférence de suivi des donateurs pour l’État palestinien, à Londres, et à deux semaines du voyage de George Bush en Israël, de nombreuses chancelleries font pression sur Tel-Aviv pour que Tsahal relâche son étau et laisse un peu respirer les Palestiniens. La plupart des sommes promises lors de la Conférence de Paris n’ont pas été versées et les donateurs arabes sont tentés de les conditionner à une amélioration sensible de la qualité de vie des Palestiniens. Tony Blair, en tant qu’envoyé spécial du Quartet, a suggéré de lever des check-points et de créer une zone pilote —peut-être à Jénine— où la sécurité serait assurée par les seules forces palestiniennes formées par les Etats-Unis en Jordanie, sans assistance israélienne.
• Le président de la Fédération sioniste du Royaume-Uni, Jonathan Hoffman, a vivement protesté contre une exposition photographique du Centre Barbican. Cette manifestation subventionnée montre des clichés pris en 1948 en Palestine. Selon M. Hoffman, elle falsifie la vérité historique en ignorant que les Palestiniens ont refusé le plan de partage de l’ONU et provoqué la guerre. L’exposition diaboliserait Israël en affirmant mensongèrement que les Palestiniens auraient été expulsés et déracinés.

THE TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
Le prince William s’est rendu hier à Kandahar pour se familiariser avec la réalité du théâtre d’opérations. Le prince, qui servait en Afghanistan, avait été obligé d’interrompre sa mission après 10 semaines, la presse internationale ayant révélé sa présence. Le voyage d’hier avait été approuvé par la reine et bien entendu tenu secret.

THE AUSTRALIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUEM GROUPE MURDOCH)
La Haute Cour de Melbourne poursuit les audiences de l’affaire Abdul Nacer Benbrika. Le prévenu est accusé d’avoir organisé une cellule terroriste et planifié des attentats. La Cour a visionné une vidéo montrant l’agent des services secrets infiltré (dit « SIO 39 ») apprenant à Benbrika à confectionner une bombe avec des engrais chimiques et réalisant une explosion à la campagne.

DAWN (QUOTIDIEN PAKISTANAIS)
Rien ne va plus entre les deux principaux partis de la coalition au pouvoir depuis moins d’un mois. Selon l’accord de gouvernement de Bhurban, les juges destitués par le président Musharraf lors de l’état d’urgence auraient dû être réintégrés dans leurs fonctions, mais Asif Ali Zardari (le veuf de Bénazir Bhutto) y est opposé (car certains juges l’accusent de corruption). Là dessus, M. Zardari (PPP) est parti se reposer avec sa famille à Dubaï. Pour éviter la rupture imminente de la coalition, l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif (PML-N) a décidé de le rejoindre dans les Émirats pour négocier une sortie de crise.

ASIA TIMES ONLINE (QUOTIDIEN ELECTRONIQUE THAÏLANDAIS)
Au cours des dernières semaines, la pression des États-Unis contre l’Iran a semblé augmenter avec les déclarations de M. Bush, celles de Mme Clinton, les pseudos révélations sur le nucléaire syro-coréen, et cette semaine les déclarations de l’ambassadeur Zalmay Khalilzad assurant à l’ONU que Téhéran arme les insurgés au sud de l’Irak. Pourtant, les déclarations à CNN de Peter Hoekstra, un membre de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, laisse entrevoir que Washington se positionne non pour attaquer, mais pour négocier. Des contacts bilatéraux directs pourraient être ouverts, sans conditions préalables, au niveau des servcies secrets, CIA et MOIS.

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Le colonel Morris Davis, ancien procureur général des tribunaux militaires d’exception de Guantanamo, a affirmé que les procès des terroristes présumés du camp avaient été entachés par des pressions politiques et l’utilisation de témoignages obtenus sous la torture. Le colonel Davis, qui avait démissionné en octobre dernier, a témoigné lundi dans le procès de Salim Hamdan, l’ex-chauffeur d’Oussama Ben Laden. M. Davis a déclaré que des responsables de l’administration Bush avaient insisté pour que les procès des détenus les plus connus se déroulent rapidement pour des raisons politiques. L’ancien procureur a également accusé le général Thomas Hartmann, conseiller juridique auprès du responsable militaire chargé des tribunaux, d’avoir accepté comme preuves des témoignages obtenus grâce la simulation de noyade, assimilée à la torture.

• Des groupes palestiniens ont commencé mardi au Caire à discuter avec des responsables égyptiens d’une trêve avec Israël dans la bande de Gaza. Les discussions à huis clos, parrainées par le chef du renseignement égyptien Amr Sleimane, devaient continuer mercredi. Mais alors que le Hamas s’est dit la semaine dernière prêt à accepter un cessez-le-feu par étapes qui commencerait à Gaza puis serait étendu à la Cisjordanie six mois plus tard, des délégués d’autres groupes se sont dit opposés à une trêve qui ne s’appliquerait pas simultanément à Gaza et en Cisjordanie, estimant qu’elle ferait le jeu d’Israël et consacrerait la division interpalestinienne. Les apôtres de la simultanéité sont notamment le Jihad islamique ou les Comités de la résistance populaire. En dépit de leurs divergences, tous les délégués interrogés au Caire affirment vouloir contribuer à faire réussir les efforts égyptiens et promettent de respecter un accord qui ferait l’objet d’un consensus interpalestinien. « En cas d’accord, tout le monde se pliera, et s’il y a une violation de la part d’un groupe, nous interviendrons pour y mettre fin », a indiqué un chef des Comités de résistance populaire (CRP), Mohammad al-Baba. Le Hamas a, pour sa part, averti, par la voix de Mahmoud Zahhar, que les Palestiniens « utiliseront tous les moyens pour se protéger » et briser le blocus si Israël refuse une trêve. Il a par ailleurs menacé Israël de lui faire payer « un prix élevé » s’il décidait de poursuivre ses opérations dans la bande de Gaza. En revanche, « si la réponse est positive, tous les points de passage doivent rouvrir, dont celui de Rafah, pour laisser entrer les biens comme auparavant », a-t-il insisté.
Côté israélien, des doutes ont été exprimés quant aux intentions du Hamas. « À l’heure actuelle, nous sommes engagés dans une confrontation avec le Hamas, cela correspond mieux à la réalité que de parler de la possibilité d’une “hudna” (trêve en arabe) », a dit M. Barak. Le chef du renseignement militaire israélien, le général Amos Yaldin, a, pour sa part, indiqué que le Hamas préparait des attaques contre les points de passage entre Israël et Gaza à l’occasion des célébrations de la création d’Israël, le 8 mai.
Les discussions autour d’une trêve sont d’autant plus difficiles qu’elles interviennent au lendemain d’une opération israélienne dans la bande de Gaza qui a coûté la vie à une mère de famille palestinienne et à ses quatre enfants.

• Au moins 37 personnes ont été tuées mardi dans d’intenses combats dans le bastion chiite de Sadr City, dans le nord-est de Bagdad, où l’armée US a fait usage de puissantes roquettes guidées qui ont détruit quatre maisons. Les affrontements contre des miliciens affiliés à l’Armée du Mahdi du jeune chef anti-impérialiste Moqtada Sadr ont duré quatre heures. Un communiqué militaire états-unien a indiqué que 28 « militants » ont été tués dans ces affrontements à Sadr City, et que quatre GI’s ont été blessés.
Des sources hospitalières ont également fait état de neuf tués civils, dont trois femmes, et de 25 blessés. Un porte-parole états-unien, le colonel Steve Stover, a indiqué que les troupes US avaient fait usage de missiles guidés qui, selon des témoins, ont détruit quatre maisons et fait un nombre indéterminé de victimes. Il a démenti que des frappes aériennes soient intervenues, comme l’ont affirmé les témoins et des journalistes sur place.
Depuis la fin du mois de mars, des combats meurtriers opposent des unités US et des miliciens de l’Armée du Mahdi, très puissante dans ce secteur déshérité de Bagdad, où vivent plus de deux millions d’habitants. Au moins 483 Irakiens, des civils et des combattants, ont été tués dans ces combats. Par ailleurs, 18 militaires américains ont perdu la vie dans ces affrontements, les plus violents depuis 2004 entre les miliciens de l’Armée du Mahdi et les forces US. « Ce qui se passe à Sadr City est un crime contre l’humanité (...) Personne ne peut l’accepter et le silence du gouvernement est inadmissible », a dit le porte-parole des Sadristes à Najaf, Salah al-Obeidi.

• Cinq ans après l’invasion de leur pays, seulement 4 % des quelque un million et demi d’Irakiens réfugiés en Syrie ont l’intention de revenir dans leur pays, selon un sondage réalisé à la demande du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). 95 % des réfugiés irakiens en Syrie ont quitté leur pays pour fuir des menaces directes ou l’insécurité générale en Irak, selon ce sondage réalisé par l’institut français Ipsos auprès d’un échantillon de 994 réfugiés à Damas du 2 au 18 mars dernier. Les entretiens menés sur les sites d’enregistrement ou de distribution de nourriture du HCR ont révélé que seules 39 des 994 personnes interrogées ont l’intention de rentrer en Irak, a indiqué la porte-parole du HCR Jennifer Pagonis. En revanche, 89,50 % des sondés ont indiqué n’avoir aucun projet de retour.

• Douze policiers et sept civils ont été tués hier dans un nouvel attentat-suicide des talibans, dans l’est de l’Afghanistan, au moment où les troupes états-uniennes et britanniques lançaient une importante offensive dans un bastion des insurgés dans le Sud. Au moins 41 autres personnes ont également été blessées, dont deux journalistes étrangers, un Français et un Australien, a indiqué Gul Agha Sherzaï, le gouverneur de la province de Nangarhar, où a eu lieu l’attentat, sans préciser leur état.

• La Russie a annoncé mardi le renforcement de ses troupes de maintien de la paix en Abkhazie et en Ossétie du Sud, régions sécessionnistes de Géorgie, où elle accuse Tbilissi de préparer une attaque afin de restaurer son autorité. La Géorgie a démenti les allégations de Moscou, mais la décision russe marque une nouvelle étape dans la poussée de tension entre les deux voisins. « Cette décision a été prise après l’examen d’informations émanant des zones de conflit, qui montrent que la tension augmente en raison de mesures de déstabilisation menées par le camp géorgien », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Les mesures de renforcement (du contingent de maintien de la paix) ont été prises dans le seul but d’empêcher tout nouveau bain de sang dans le Sud-Caucase », a-t-il ajouté.
En réaction, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a convoqué une session exceptionnelle du Conseil national de sécurité. « Nous considérons (la décision russe) comme complètement irresponsable (...). Nous pensons que cette décision, s’ils la prennent, déstabilisera profondément cette région », a déclaré le Premier ministre géorgien, Lado Gourguenidze, à l’issue du Conseil. Selon Moscou, la Géorgie a massé 1500 soldats et policiers en amont de la vallée de la Kodori, une enclave toujours contrôlée par Tbilissi au cœur de l’Abkhazie sécessionniste, accusation formellement rejetée par les autorités géorgiennes. « Nous n’avons pas du tout de forces (du ministère de la Défense) dans la vallée de la Kodori même si des forces du ministère de l’Intérieur y sont présentes (...) pour garantir la sécurité de la population locale », a déclaré Batu Kutelia, le vice-ministre géorgien de la Défense.

• Le président cubain Raul Castro a annoncé lundi la tenue du prochain congrès du Parti communiste cubain au deuxième semestre 2009, 12 ans après le dernier en 1997, afin de répondre « aux défis de l’avenir » pour l’île communiste après la renonciation au pouvoir de Fidel Castro. « Cela constituera une magnifique occasion pour méditer collectivement sur ces années de révolution au pouvoir et à un moment important pour adapter la politique du parti à la projection dans l’avenir des différents domaines de notre société », a souligné Raul Castro, 76 ans, en conclusion d’un plénum du comité central du PC cubain diffusé à la télévision.

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
• Le président Bachar al-Assad a reçu un message de son homologue yéménite, Ali Abdallah Saleh, portant sur les relations bilatérales et des questions d’intérêt commun.
• Les troupes d’occupation israéliennes ont procédé à des incursions dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, La Résistance a riposté, blessant quatre colons israéliens.
• En Irak, Sadr city est victime de la violence de l’armée américaine qui a perdu, hier, quatre soldats dans les combats contre l’Armée du Mahdi.

Tendances et événements au Liban

Les contacts se poursuivent ; halte aux manœuvres

La question du dialogue auquel a appelé le président de la Chambre, Nabih Berry, occupe le devant de la scène. Une série de développements, qui laisseront leurs empreintes sur la période à venir, ont été enregistrés ces dernières 24 heures :
- 1. Après de longues concertations téléphoniques avec le chef chrétien de l’opposition, M. Berry a répondu aux conditions posées par les loyalistes lors de leurs assises élargies, lundi. Ces derniers avaient mandaté Saad Hariri pour négocier avec M. Berry. Le président de la Chambre a estimé que le communiqué du 14-mars ne constituait pas une réponse à son appel au dialogue. Il a rappelé que pour toute discussion bilatérale, le général Michel Aoun reste le négociateur en chef de l’opposition et que le dialogue qu’il propose doit englober les principaux responsables du pays et non pas uniquement Saad Hariri, qui a révélé avoir demandé un rendez-vous à M. Berry. Selon des dirigeants de l’opposition, la manœuvre du 14-mars vise à vider de son sens l’appel au dialogue de M. Berry sans toutefois apparaître, aux yeux de l’opinion publique, comme la partie torpillant tout rapprochement interlibanais. Cette manœuvre répond aux exigences formulées par le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, qui a eu recours à l’escalade concernant le dossier libanais, faisant allusion à l’internationalisation de la crise.
- 2. L’allusion à l’internationalisation a été sévèrement critiquée par des personnalités libanaises connues pour leur modération, comme l’ancien Premier ministre Salim el-Hoss. La presse s’est interrogée sur l’existence d’un plan visant à provoquer une escalade au Liban, avec la participation de pays arabes proches des Etats-Unis. Pendant ce temps, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a annoncé qu’il se rendrait à Beyrouth jeudi pour rencontrer les protagonistes de la crise (Nabih Berry, Michel Aoun, Saad Hariri et Fouad Siniora) et tenter de mettre en œuvre l’initiative arabe.
- 3. Comme à chaque fois qu’un vent d’optimisme souffle sur le Liban, les États-uniens interviennent directement pour saboter tout rapprochement. Mardi, George Bush a appelé le chef du gouvernement de facto, Fouad Siniora, pour lui exprimer le soutien « direct et indirect » de Washington. Le quotidien As-Safir a révélé que les États-Unis encouragent les loyalistes à envisager l’option de l’élection d’un président à la majorité simple, lors de la séance du 13 mai. Toutefois, les analystes estiment que les trois obstacles qui ont empêché la concrétisation de cette option par le passé sont toujours là :
a) Le refus du général Michel Sleimane d’être élu avec un quorum anticonstitutionnel et en dehors du consensus interlibanais.
b) Le refus du patriarche maronite de couvrir toute élection en dehors du quorum constitutionnel des deux-tiers des membres du Parlement.
c) Le refus de certains milieux du 14-mars de recourir à cette mesure qui sera considérée comme un casus belli par l’opposition.
- 4. La presse a fait état d’une conversation téléphonique entre le général Michel Sleimane et le président Bachar al-Assad pour le remercier pour l’hommage qu’il lui a rendu lors d’une interview et pour son accord pour la reprise des sessions de formations et de perfectionnement d’officiers libanais dans les académies militaires syriennes. En parallèle, un journal du Golfe proche du 14-mars a lancé des critiques virulentes contre le général Sleimane pour son refus de modifier les règles d’engagement de la Finul au Liban-Sud. Le commandant en chef de l’armée avait exigé que toute modification comprenne la défense, par la force onusienne, de l’espace aérien libanais face aux violations israéliennes.

Déclarations

NABIH BERRY, PRESIDENT DU PARLEMENT (OPPOSITION)
« Le communiqué du 14-mars n’a pas refusé le dialogue. J’attends toujours la réponse de ce camp à mon initiative. Le dialogue entre toutes les parties est la seule garantie valable et les garanties qu’exige la majorité sont celles que réclame l’opposition. Le 14-mars adopte la tactique qui consiste à jouer au plus fin. Je propose une nouvelle fois l’élaboration d’une déclaration d’intentions autour de la nouvelle électorale et de la composition du cabinet. »

SAAD HARIRI, DEPUTE DE BEYROUTH (14-MARS)
« Je suis le chef du Courant du futur. Si le président Berry ne veut pas me recevoir, il n’a qu’à le dire. Le 13 mai sera la date définitive pour l’élection d’un président. »

SALIM SALHAB, DEPUTE DU BLOC DE MICHEL AOUN (OPPOSITION)
« La proposition de Nabih Berry est modérée et peut aboutir à l’élection d’un président de la République le 13 mai prochain. Les forces du 14-mars ont le droit de déléguer la personne de leur choix pour le dialogue. Mais la proposition du président Berry prévoit un dialogue avec quatorze participants. Une rencontre Berry-Hariri n’est pas forcément suffisante pour aboutir à une déclaration d’intentions. Elle pourrait être un prélude à une telle déclaration et le contact serait concrétisé par la rencontre des quatorze suivant le mécanisme établi par le président de la Chambre. »

NABIL NICOLAS, DEPUTE DU BLOC DE MICHEL AOUN
« Le communiqué des forces du 14-mars constitue un sabotage pur et simple du dialogue. »

SAMIR GEAGEA, CHEF CHRETIEN DU 14-MARS
« Mes doutes au sujet de la nouvelle initiative Berry ont été confirmés à partir du moment où le président de la Chambre a rejeté le dialogue bilatéral, justifiant son refus par le fait que le dialogue doit être engagé entre les 14 personnalités qui avaient participé en 2006 à la conférence de dialogue. Le schéma est désormais clair. Le dialogue n’est pas voulu. Ce qui est par contre souhaité, c’est de détourner l’attention des Libanais, de la communauté internationale, de la présidentielle vers la conférence de dialogue. Voilà pourquoi ils veulent un dialogue élargi. »

BOUTROS HARB, DEPUTE DU 14-MARS
« Il y a un sentiment de perplexité au sein du 14-mars face à l’attitude des divers composantes de l’opposition au sujet du dialogue. Nous souhaitons une position claire à cet égard de la part du général Michel Aoun. La position du 14-mars est en harmonie avec les orientations définies par le patriarcat maronite, notamment sur le fait que l’élection présidentielle ne doit être liée à aucune condition. Il s’agit d’une échéance qui doit être remplie quelles que soient les circonstances. Car si l’on commençait à reporter les échéances constitutionnelles sous prétexte qu’il faut s’entendre sur quelque chose, cela conduirait certainement à la chute de tout le système politique. »

COMMUNIQUE DE LA FINUL
« Les allégations faites par le quotidien israélien Haaretz selon lesquelles la Finul présente des demi-vérités, ce qui induit le Conseil de sécurité en erreur, ou encore édulcore des informations concernant les activités du Hezbollah, sont inacceptables. En cas d’incident, la Finul prend immédiatement les mesures nécessaires pour faire face à la situation sur le terrain, en informant les deux parties, l’armée israélienne et l’armée libanaise, et ouvre une enquête sur l’incident. »

Audiovisuel libanais

LBCI (CHAINE PROCHE DU 14-MARS)
- Invité : Nasrallah Sfeir, Patriarche maronite
« Si les hommes politiques ont un brin de responsabilité, ils devraient s’empresser de mettre fin à la dégradation en cours. Il est anormal que les séances parlementaires consacrées à l’élection d’un président soient reportées 19 fois. Il existe une intention maquillée de ne pas élire un président. Le patriotisme implique que les Libanais œuvrent pour l’intérêt de leur pays. Mais la réalité est autre. Ils ne font qu’œuvrer pour leurs propres intérêts ou pour ceux d’autres États. Le patriarcat se tient à égale distance de toutes les parties. Ses portes sont ouvertes devant tout le monde. »

http://www.voltairenet.net http://www.voltairenet.net



Mercredi 30 Avril 2008


Commentaires

1.Posté par ROGSIM le 01/05/2008 10:22 | Alerter
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D'après des sources citées par Al-Jazeera, la proposition égyptienne dont l'objectif est de permettre un cessz-le-feu dans la bande de Gaza, a été acceptée par l'ensemble des organisations palestiniennes.

Avec un peu de bonne volonté...

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