Politique Nationale/Internationale

Le développement de la lutte des classes en Algérie.



salah sakhri
Lundi 15 Avril 2019

Le développement de la lutte des classes en Algérie.

Les manifestations populaires qui se déroulent actuellement en Algérie avec une grande force traduisent une accentuation et une aggravation de la lutte des classes.
Quand le grabataire Abdelaziz Bouteflika, décide de briguer un 5e mandat présidentiel, personne ne pouvait prévoir qu’en si peu de temps éclaterait un mouvement d’opposition populaire d’une ampleur et d’une force irrésistible ; qu’il se propagerait aussi largement et qu’il ébranlerait la société algérienne jusque dans ses fondements.
Personne n’était en mesure de prévoir le raz-de-marée populaire qui déferlerait sur le pays chaque vendredi, depuis le mois de février, dans les villes et les villages des 48 préfectures du pays. Les mêmes aspirations démocratiques, les mêmes mots d’ordre et les mêmes slogans pour la liberté et la justice sont brandis par des foules fatiguées de subir la politique gouvernementale menée depuis vingt ans par la clique absolutiste de Bouteflika. Ce dernier est parti depuis le 2 avril 2019. Qu’est-ce que donc qui a changé depuis ? On ne peut répondre de manière entièrement précise à la question, parce que les faits sont encore en plein développement, mais par contre on sait ce qui n’est pas partie : la classe dirigeante responsable de la ruine économique du pays, de l’appauvrissement des masses populaires et de la déliquescence des services publics de bases. Qu’est-ce qui a changé dans le système politique algérien après le départ de Bouteflika ? A l’évidence rien de nouveau. Les ministres, les cadres, les fonctionnaires de la justice et de la police qui étouffaient la démocratie, qui réprimaient toute contestation, qui couvraient les scandales financiers et la corruption sont toujours en place. Le peuple travailleur a en face de lui la même classe dirigeante, organisée et armée pour l’opprimer, pour le désorganiser et le diviser pour assurer le profit à la bourgeoisie égoïste.
Abdelaziz Bouteflika été appelé en 1999, par l’armée pour redorer le blason d’un régime «isolé» sur le plan international au moment de la guerre civile. Aux yeux de l’armée l’homme dit «du consensus» était le plus apte à rendre le pays plus «fréquentable» sur la scène international. C’est pour cela que le régime de Bouteflika ne fit rien pour entraver l’entrée en force des capitalistes étrangers dans l’économie nationale.
En vingt de règne Bouteflika a usé 21 gouvernements soit un gouvernement chaque année. A partir du moment où son orientation et sa politique étaient mauvaises elles ne pouvaient que rencontrer l’opposition populaire. La plupart des gouvernements sont partis sans présenter de bilan de leur activité. Cette instabilité gouvernementale traduisait aussi la politique de contenter «tout le monde» pour acheter et enrichir ses obligés. Alors que la Constitution de 1996, ne l’autorisait à se présenter que pour deux mandats successifs, il fait sauter «ce verrou» par un vote à main levée des députés et des sénateurs réunies en congrès. En avril 2009, il est réélu avec un score qui «convient» à sa mégalomanie. Les lois qui pouvaient entraver les penchants prédateurs de la clique absolutiste de Bouteflika ont été contournées et piétinées sans vergognes. C’est ce qui explique que certains bourgeois lésés par la gestion et l’attribution opaques des marchés publics manifestent avec les masses populaires pour un «changement» de régime où espèrent-ils s’instaurera «une concurrence plus loyale» entre les différentes fractions bourgeoises.
Le premier acte que prit la classe dirigeante fût de faire élire, le 9 avril 2019, par le parlement croupion, président par intérim Abdelkader Bensalah, l’homme lige de Bouteflika. Certes, on donne satisfaction au sentiment de haine profond que le peuple nourrit à l’égard de l’homme, mais l’essentiel n’a pas changé. Que veulent les masses en mouvement ? C’est des réformes démocratiques et l’égalité sociale. On entend dire que le moment n’est pas propice à la satisfaction des revendications sociales. Or, les racines du mal sont les mille misères qui accablent le quotidien de la masse laborieuse. Elle revendique l’augmentation des salaires pour celles et ceux qui ont un travail, un travail et à défaut «du pain» pour la masse toujours plus grande des chômeurs, une santé et une éducation publique efficiente, etc. Ces revendications ne pourront être satisfaites que par un Front populaire. Ce Front populaire doit être l’émanation des forces démocratiques d’accords pour lutter la démocratisation du régime et le redressement national. La constitution de ce Front populaire doit se faire le plus vite possible pour constituer un rempart contre les velléités de dévoyer ou de conduire à l’impasse la colère populaire. Les forces de la contre-révolution sont déjà en train de fourbir leurs armes pour mettre fin à la période pacifique de la révolution démocratique. Les menaces à peines voilées de l’armée contre les manifestants accusés de porter «des revendications irréalisables» sont des signes d’un possible coup d’état militaire. Quelles sont ses revendications irréalisables ? On ne le sait pas ! Le chef de l’armée accuse «des partisans» de l’ingérence étrangère d’avoir infiltrés les manifestations populaires.

De l’ingérence étrangère parlons-en. Quand le gouvernement algérien sous Bouteflika renonce à doter l’Algérie d’une industrie automobile nationale (la voiture Fatiha) et de miser sur l’importation et l’assemblage de véhicules étrangers…qu’est-ce que cela ; sinon qu’une ingérence étrangère «sommant» d’arrêter le développement d’une industrie automobile algérienne. L’ancien ministre de l’énergie Khelil qui a été impliqué dans une affaire de corruption avec le groupe pétrolier italien, Enie. Le PDG de Sonatrach a été condamné par les tribunaux algériens pour espionnage au profit des Américains et pourtant il continue de diriger l’entreprise pétrolière. On peut citer à la pelle des cas de corruption du personnel politique algérien par des entreprises capitalistes étrangères sans que l’armée, qui se prétend abusivement populaire, n’aie trouvée quelque chose à dire. D’ailleurs, hier le vendredi 12 avril, les manifestants ont compris le double discours du chef de l’armée. Ils demandent qu’il parte avec les trois personnages honnis.
Pour combattre efficacement et concrètement, et non par des discours creux et platoniques) toute forme d’ingérence impérialiste, il faut un pouvoir politique non lié à la classe capitaliste interne et externe. Le vrai patriotisme, c’est celui qui consiste non à souffler sur les braises du nationalisme, chauvin ou impuissant, mais sur l’internationalisme. Les ouvriers n’ont pas de patrie disait à juste raison, Le Manifeste communiste… de Marx et Engels. Le rejet du nationalisme ne veut pas dire que nous sommes des nihilistes du fait national et que nous rejetons tout sentiment national au nom d’un pseudo-internationalisme. Non. Nous sommes conscients que la nation pour les communistes est la forme et le socialisme le fond. C’est cette voie dans laquelle devrait s’engager les éléments les plus conscients du mouvement populaire non pour proposer des mesures directement communistes, mais des mesures propres à exproprier sans indemnités les biens des oligarques et des corrompus responsables de la ruine économique, du pillage et de la dilapidation des richesses du peuple.



Salah Sakhri


Lundi 15 Avril 2019


Commentaires

1.Posté par Lacolombe le 15/04/2019 20:16 | Alerter
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Ce qui se passe en Algérie c'est une lutte pour l'indépendance.

2.Posté par Ali le 16/04/2019 19:56 | Alerter
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ce n'est pas une lutte des classes mais une lutte pour l'indépendance de l'Algerie qui a été volée par des Harkis, goumiers et sépharades Franco-israéliens depuis 1962 !...

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