Géopolitique et stratégie

Le déreglement des Mondes et l'utopie d'Amin Maalouf


«Je trouve qu’une société qui dévalorise ses enseignants est une société en crise»

Amine Maalouf



vdida2003@yahoo.fr
Jeudi 23 Avril 2009

Le déreglement des Mondes et l'utopie d'Amin Maalouf
Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix avec la parution du brûlot: «The clash of civilisation» de Samuel Huntington, l’Occident qui était en perte de repères s’est trouvé un nouvel ennemi maintenant que l’empire soviétique a vécu. On l’aura compris, il s’agit non pas d’une idéologie -une de plus que l’Occident a pu réduire ou surmonter tout au long du XXe siècle- mais de la deuxième religion:l’Islam, le tiers exclus de la révélation abrahamique. Les multiples tensions çà et là ont profondément marqué les individus qu’ils soient du Nord ou du Sud, croyants ou non. On peut dire, en tentant de faire la même analyse qu’Osborne qui avançait la fin du XIXe siècle au début de la guerre de 1914, que le XXe s’est provisoirement clôturé le 11 septembre 2001. L'Occident,et devenu un espace repu qui a bâti son développement sur les Suds épuisés et incapables de suivre le mouvement de la science et de la technologie. Cependant dans ce monde de plus en plus crisique, l’individu éprouve le besoin d’un retour à des «valeurs sûres» qui lui font retrouver une identité religieuse que la modernité avait réduite.

Ce qui explique d’une certaine façon les replis identitaires exacerbés par une mondialisation - laminoir, une morale économique et financière gravement remise en cause et enfin, un dérèglement climatique inéluctable. Justement, dans son dernier essai, Amin Maalouf, connu pour avoir publié, entre autres, Léon l’Africain, Samarcande, les identités meurtrières, décrit le «dérèglement du monde» Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à la guerre des civilisations «qu’à l’épuisement simultané des civilisations, l’humanité ayant atteint en quelque sorte son «seuil d’incompétence morale». A l’âge des clivages idéologiques qui suscitait le débat, succède celui des clivages identitaires, où il n’y a plus de débat. Islam et Occident: les deux discours ont leur cohérence théorique, mais chacun, dans la pratique, trahit ses propres idéaux.


Pour lui, l’Occident est infidèle à ses propres valeurs, ce qui le disqualifie auprès des peuples qu’il prétend acculturer à la démocratie. Sa tentation: préserver par la supériorité militaire ce que ne lui assure plus sa supériorité économique ni son autorité morale. Sa volonté de dominer le monde le dispute ainsi à son désir de le civiliser. La guerre en Irak en est un bon exemple: on a dit partout que les Etats-Unis apportaient la démocratie à un peuple qui n’en voulait pas. La réalité est exactement l’inverse: ils n’ont pas apporté la démocratie à un peuple qui en rêvait! Le monde arabo-musulman n’a plus ni la légitimité généalogique ni la légitimité patriotique autour desquelles il s’était historiquement structuré. Vivant dans l’humiliation et la nostalgie régressive de son «Age d’or», l’ère des islamismes ayant succédé à l’ère des nationalismes, il se trouve condamné à une fuite en avant dans le radicalisme. Ces dérèglements symétriques ne sont qu’un des éléments d’un dérèglement planétaire plus global qui exige que l’humanité se rassemble pour faire face à des urgences qui, à l’exemple des perturbations climatiques, menacent tous les peuples. Et si la Préhistoire de l’humanité prenait fin sous nos yeux, ouvrant dans les convulsions le grand chapitre d’une nouvelle Histoire de l’homme qui commence?(1)

«Amin Maalouf, écrit Françoise Dargent, se penche au chevet de deux ensembles culturels qu’il chérit également, analysant d’un côté la perte des valeurs, de l’autre l’indigence morale qui frappe le monde arabe. Il n’y voit pas qu’un dérèglement, mais plusieurs, qui concernent le climat, l’économie, la culture. Et comme il revendique chez lui "un fond de responsabilité", il cherche des solutions possibles. Elles passent évidemment par la culture. "Il faut repenser la consommation et se dire qu’il peut y avoir des modes de satisfaction de la personne humaine issus de la consommation immatérielle et de l’acquisition de connaissances."»(2)

«Nous sommes entrés, écrit-il dans la note introductive, dans le nouveau siècle sans boussole. Dès les tout premiers mois, des événements inquiétants se produisent, qui donnent à penser que le monde connaît un dérèglement majeur, et dans plusieurs domaines à la fois - dérèglement intellectuel, dérèglement financier, dérèglement climatique, dérèglement géopolitique, dérèglement éthique. (...) Il ne s’agit pas ici des angoisses irrationnelles qui ont accompagné le passage d’un millénaire à l’autre, ni des imprécations récurrentes que lancent depuis toujours ceux qui redoutent le changement ou s’effarouchent de sa cadence. Mon inquiétude est d’un autre ordre; c’est celle d’un partisan de la diversité harmonieuse, qui se voit contraint d’assister, impuissant, à la montée du fanatisme, de la violence, de l’exclusion et du désespoir; et c’est d’abord, tout simplement.(..) Ma première ambition étant de trouver les mots justes pour persuader mes contemporains, mes "compagnons de voyage", que le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et qu’il faudrait un sursaut, d’urgence, pour éviter le naufrage. Il ne nous suffira pas de poursuivre sur notre lancée, vaille que vaille, en naviguant à vue, en contournant quelques obstacles, et en laissant faire le temps. Le temps n’est pas notre allié, c’est notre juge, et nous sommes déjà en sursis.»

Pour Amin Maalouf: «Jamais le double langage de l’Occident n’a été aussi manifeste que durant l’ère Bush, et jamais le monde arabo-musulman n’a paru plus enfermé dans une impasse.» Les plus cuisants échecs aboutissent parfois à de nouvelles avancées. (..) Or, l’Occident, constate-t-il, s’est aliéné une grande partie du monde en trahissant ses idéaux; et le monde arabe, humilié, se replie dans la déprime. (...) Ce n’est pas du catastrophisme: voyez la crise financière et la crise climatique. Et le dérèglement est non seulement économique et géopolitique, mais aussi intellectuel et éthique. Tout le monde se sent d’ailleurs déboussolé.(3)

Dans le premier chapitre, les victoires trompeuses, l’essayiste décortique les raisons qui ont fait que la chute du mur de Berlin et le triomphe du capitalisme occidental, au lieu de mener à «la fin (heureuse) de l’histoire» par l’établissement d’une démocratie planétaire, ont, au contraire, conduit au déclin de l’Occident et à la pire crise de son histoire. Dans le second volet, intitulé «Les légitimités égarées», l’auteur examine, à la lumière de cette notion de légitimité, ce qui a mené à l’altération des rapports entre les hommes, à la mise en place d’équilibres ou plutôt de déséquilibres nouveaux et à l’émergence des ressentiments suicidaires qui constituent la grande menace de ce XXIe siècle. Remontant, avec simplicité et clarté, le cours de l’histoire depuis le démantèlement de l’Empire ottoman à nos jours, il explique l’essor des communautarismes et l’explosion des fanatismes par les défaites des nationalistes. Pour Maalouf, ce sont les échecs successifs des régimes qui se réclamaient du nationalisme arabe qui ont mené aux crispations identitaires et donné du crédit aux mouvements islamistes. Il y a lieu d’agir, soit par la mise en place de garde-fous institutionnels, soit même si nécessaire par la supervision active de la communauté internationale, tout au moins en créant une atmosphère propice à apprivoiser la «bête identitaire».

Enfin, dans son épilogue, Maalouf propose la seule alternative qui permette de «sortir par le haut» du dérèglement qui affecte le monde. Et qui consiste en l’adoption d’«une échelle des valeurs basée sur la primauté de la culture», «qui engloberait une vision sage, équitable et renouvelée de la politique, de l’économie, du travail, de la consommation, de la science, de la technologie, du progrès, de l’identité, du religieux et de l’histoire».(4)

Bien avant Amin Maalouf l’Emir Abdelkader dans «El Maoukef» écrivait à propos de la défaite de la pensée en Occident: «Plutôt que d´interroger, nous nous interrogeons sur l´avenir de l´homme en général et de l´Occident en particulier puisque c´est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n´arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu´il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l´illusion de sa puissance, prônant l´argent pour Dieu.» René Guénon à son tour, dans les années vingt du siècle dernier avait pointé du doigt l’inanité d’un Occident pétri de certitude. Lisons ce qu’écrivait René Guénon: «Comme ces causes sont précisément en même temps, celles qui empêchent toute entente entre l’Orient et l’Occident, on peut retirer de leurs connaissances un double bénéfice: travailler et préparer cette entente, c’est aussi s’efforcer de détourner les catastrophes dont l’Occident est menacé par sa propre faute.» «Chez eux, l’esprit de conquête se déguise sous des prétextes "moralistes", et c’est au nom de la "liberté" qu’ils veulent contraindre le monde entier à les imiter!» «(...) Etant donné l’état d’anarchie intellectuelle dans lequel est plongé l’Occident, tout se passe comme s’il s’agissait de tirer du désordre même, de tout ce qui s’agite dans le chaos, tout le parti possible pour la réalisation d’un plan rigoureusement déterminé.» L’immuable, ce n’est pas ce qui est contraire au changement, mais ce qui lui est supérieur, de même que le «suprarationnel» n’est pas l’«irrationnel».(5)

D’autres penseurs arabes installés en Occident cherchent une voie de passage qui tient de l’acrobatie sans filet. Ils veulent en effet, s’acculturer en essayant de faire paraître leur identité religieuse sous un jour acceptable selon les canons occidentaux. Tariq Ramadan décrivant un sujet qui agite l’Europe, l’entrée de la Turquie, écrit: «(...) Encore faut-il que les Etats européens dépassent leur peur de l’Islam, et qu’ils cessent de "culturaliser" la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE. Les seuls critères d’adhésion doivent être ceux de Copenhague (1993).(...) Or, derrière les palabres et les résistances européennes, on sent bien que la question est culturelle et religieuse(...) Nous avons besoin de politiciens européens courageux qui développent une nouvelle vision de cette relation avec la Turquie, et qui rappellent que celle-ci, de par son histoire, sa géographie, son poids économique et sa situation naturelle de médiateur avec "le monde musulman", est un atout majeur pour l’Europe et son avenir».(6)

Tariq Ramadan dans un ouvrage récent: "L’Autre en nous".(...) écrit: «Il faut accepter l’Autre qui est en nous, ça sert à rien de rester crispé sur son identité. Etrangement sur son site il développe un autre discours La résistance à cet Occident sécularisé, marchand, inculte, la seule résistance organisée provient de l’Islam, qui est d’une certaine façon inassimilable. Cette résistance constitue peut-être une chance pour l’humanité face au polythéisme d’aujourd’hui qui est l’argent, le pouvoir, la technique, le sexe, la violence, le bruit, la négation astucieuse ou brutale de toute spiritualité. Il est trop simple de dire: l’Occident contre l’Islam. Le monde musulman manifeste aujourd’hui, il est vrai, une résistance forte et quasi générale. Mais il n’est pas seul contre tous et les femmes et les hommes de conscience et de bonne volonté ne manquent pas dans les deux sphères de civilisation. Etre contre l’Occident, cela ne veut pas dire grand-chose. Etre contre les excès de l’Occident et de sa violence symbolique, quant au modèle de vie qu’il veut imposer, me paraît un indice de bonne santé spirituelle, intellectuelle et morale que beaucoup expriment aujourd’hui. Les alliances constructives sont possibles, somme toute, elles sont impératives.»


Dernier exemple justement de cette guerre larvée entre l’Occident - rendu coupable ad vitam aeternam envers Israël, au point que toute sa politique des droits de l’homme est à géométrie variable - et l’Orient musulman. la mascarade de la conférence de Genève: «Le clash est inévitable» écrit David L’Epée, que nous assène Michel Danthe dans Le Matin Dimanche du 19 avril. Quel clash? «Ceux qui doutent encore que la planète ne soit confrontée à ce que le politologue américain Samuel Huntington a appelé le choc des civilisations verront à l’oeuvre ce qu’il signifie.» Quel est, diable, cet événement cataclysmique que le journaliste nous annonce avec un ton si menaçant? La troisième guerre mondiale? Les invasions barbares? Non, tout simplement Durban II, la conférence internationale de l’ONU contre le racisme...Eh bien non, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et que celui-ci, en plus d’avoir le mauvais goût d’être bronzé et musulman (ce qui n’est plus très à la mode chez les antiracistes institutionnels), a exprimé quelques réserves sur la délicatesse des autorités israéliennes en matière, justement, de droits de l’homme et de discrimination ethnique.

Rappelons toutefois un ou deux petits détails à ces messieurs: contrairement à ce qui a été répété à l’envi dans tous les médias, le président Ahmadinejad n’a jamais appelé à rayer Israël de la carte; une brève recherche sur Internet vous permettra de voir que ses paroles ont été tronquées pour les besoins d’une certaine propagande. Il est de notoriété publique que Tsahal et le gouvernement israélien se sont rendus et se rendent toujours coupables de crimes de guerre et de crimes racistes; la dénonciation de ces crimes a sa place toute désignée dans cette conférence de Durban II.

On ne peut que souhaiter bon vent à Amine Maalouf pour son combat contre justement l’intolérance d’où qu’elle vienne. J’espère seulement qu’il se remettra rapidement à nous enchanter avec un nouveau roman de la taille et de l’élégance de Léon l’Africain.
L’Homme a besoin de croire au merveilleux. Nous avons toujours besoin de re-symboliser le monde du XXIe siècle. Il nous faut raconter les histoires et écouter celle des autres. C’est peut- être cela l’altérité qui verra l’avènement de la sagesse et nous mènera à la paix.


1.Amin Maalouf: Le dérèglement du monde - Editeur: Grasset mars 2009

2.Françoise Dargent: Amin Maalouf, un humaniste inquiet. Le Figaro 13/03/09

3.A.Maalouf: http://mplbelgique.wordpress.com/2009/04/11 monde-moins-suicidaire/

4.http://www.pcf 44.com/index.php?option=com_content&view=article&id=75: brillant-et-grave-un-essai-de-amin-maalouf

5.La rencontre de l’Orient et de l’Occident. Mardi 21 Avril 2009 matricenom@free.fr


6.Tariq Ramadan: Obama a raison, la Turquie est européenne: Le Monde. 16.04.2009

7.David L’Epée Agoravox Pas facile d’être antiraciste à l’ONU...21 avril 2009.

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)


Jeudi 23 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par cyrildphotos le 20/09/2009 19:22 | Alerter
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Le débat fait rage à propos du 11 septembre 2001 (ex sur le site de libération [1])

Je suis choqué que les grands médias continuent d'utiliser les mêmes méthodes que pour Cotillard et Bigard pour discréditer dernièrement Mathieu Kassovitz.

Ce que je trouve dangereux; c'est la question qui est posée en réaction: doit-on tout laisser dire dans les médias, et ce afin de protéger un auditoire "fragile"(ex. Morandini sur Europe1 [2]).
Ce que je trouve dangereux c'est la campagne de discréditation qui est à l'oeuvre.

Messieurs des médias, si vous considérez votre responsabilité sur le pouvoir de manipuler l'opinion du public, nous sommes en droit de vous demander vers qui, ou vers quoi, va votre allégeance.

Dans le cas où vous êtes, et c'est compréhensible, tournés vers vos patrons, responsables, et finalement actionnaires, vous devez néanmoins reconnaître que les questions à propos des évènements du 11 septembre 2001 sont légitimes, et qu'il n'y a pas là de questionnements plus dangereux que d'autres. Certains se posent des questions à propos du conflit d'intérêt entre l'industries et l'humanité ( cf documentaire de Jennifer Abbott et Mark Achbar basé sur le livre "The corporation, the pathological pursuit of profit and power" [3])

Dans le cas où il n'y a pas de réponses convaincantes, alors c'est la porte ouverte aux thèses les plus variées, qui bien entendu peuvent véhiculer des idéologies ou doctrines dangereuses. Cependant, à moins que ré-ouvrir une enquête en vu d'un procès soit contraire à vos intérêts, je ne comprends pas cette réaction.

Dans le cas où c'est votre conviction qu'il n'y ait pas de questions à se poser à propos de cette journée tragique, et des conséquences que nous connaissons, alors pourquoi discréditer ainsi ceux qui le font, au lieu d'apporter les réponses qui convaincront logiquement ceux qui s'en posent, à défaut d'en donner la preuve (le rapport de la commission d'enquête du NIST présente la version officielle, mais en aucun cas peut servir de preuve devant un tribunal).

A moins que nous ne soyons plus en démocratie, ni même citoyens libres d'une société de consommation, mais déjà dans une dictature, exigeons une nouvelle enquête qui aura à charge de présenter des preuves devant un tribunal international.

Sans parler de la politique (chut):
Aymeric Chauprade: « La France vit une épuration sourde de ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens »
Xavier RAUFER, Directeur des études du département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines à l'université Paris II [4]:
"Car, si le doute devait perdurer sur le "9/11", un certain ministre de la Défense se mordrait les doigts d'avoir taxé d'« inacceptable » et d'« incompatible » avec l'enseignement militaire supérieur français l'expression d'une simple suspicion sur ces mêmes attentats du 11-Septembre."

Cependant, je parle ici du rôle des médias, car je considère que la communication est un pouvoir énorme. Car ce n’est pas le vote qui fait la démocratie, ni la volonté du peuple souverain exprimé ainsi, si il est manipulé par les médias.
Qui dit pouvoir, devrait dire responsabilités.

Nous sommes en crise; crise de confiance, crise financière, crise écologique. Il y a de quoi être en crise de paranoïa, ce qui pourrait expliquer le réflexe des médias à propos de l'expression de doutes sur les évènements du 11 septembre 2001, et du bien-fondé des lois sécuritaire.

Nous n'avons pas de réponses à ces crises, tout est remis en cause dans ce système qui, il faudrait être fou pour ne pas le voir, est face au mur.

Alors je citerais une parole du film de Mathieu Kassovitz - La haine: "Jusque là tout va bien".
"Jusque là tout va bien", ils doivent se dire cela, tout ceux qui croient à la thèse officielle du complot des 19 cutters, accrochés à leur pouvoir d'achat.

Et j'exprime, si vous le permettez, mon avis de non-spécialiste en géopolitique. Cet avis n'est pas objectif, car influencé par mon sentiment que la société de consommation soufre de ses mensonges, qui déteignent sur chacun d'entre nous:

Prenez ces quelques ingrédients; crise de confiance en nos médias et en notre politique, plus la crise financière, sans oublier le bilan écologique, mélangez, ça fait une belle bombe dont le 09 11 2001 est le détonateur.

Qu'est-ce que cette bombe pourrait faire exploser?
Par exemple l'ordre mondial actuel.
Ou bien, plus politiquement correct; la dislocation de la géopolitique mondiale.

Où cette bombe pourrait être posée?
Aux pieds de ce géant aux pieds d'argile qu'est la société de consommation dirigée par ces conspirationnistes de banquiers, d'industriels, et de politiques.

Ah mais non, je veux pas, moi je ne suis qu'un consommateur comme les autres, et tant pis si ma vie n'a plus beaucoup de sens, j'ai encore un peu de confort!

Cependant les médias ne sont pas une voix, mais tout un système, composé de gens comme toi et moi. Le problème est à mon avis plus profond, car ces personnes participent et adhèrent à ce système. Il y a la une mécanique qui m'échappe, mais qui agit peut-être sur le sentiment d'appartenance.

Comme si ils se disaient:
"Pourquoi se remettre en question, j'ai tellement d'autres choses à faire. Et puis remettre en question la société de consommation, ça sert à rien, de toute façon c’est comme ça et on y peut rien."

Car il est bien question de notre société; c’est aussi le symbole du World Trade Center qui a été attaqué, non?

Et j'ai envie de leur dire:
"C’est frustrant quand même de ne pas partager le même point de vue. Ce qui s’impose à moi devrait s’imposer à vous, et inversement, comme une sorte de résonance. Je ne sais plus quelle pilule j’ai avalé, la rouge, ou la bleue? En tout cas, de vous à moi, elle a du mal à passer, un mauvais choix sûrement."

Du coup je me rabat sur mes croyances, et je crois aux miracles. Parce qu’au fond je suis persuadé que la nature de l’esprit est vaste.
Je sais pas si c’est une rumeur, mais j’ai entendu parler d’une observation lors d’expériences avec des singes. Sur différentes îles, la même race, en petites colonies, avait à manger des patates douces. Et dans un laps de temps assez réduit, alors qu’il n’y avait pas de lien entre les colonies, ces singes se sont mis à éplucher les patates. Une sorte de bon dans l’évolution…

Merci, en attendant je vais essayer de profiter de la vie. Juste me tenir droit, et avancer avec les autres spécimens qui partagent mon régime.

[1] liberation.fr Mathieu Kassovitz doute de la «version officielle» du 11 septembre http://www.liberation.fr/societe/0102591582-reaction-sur-mathieu-kassovitz-doute-de-la-version-officielle-du-11-septembre

[2] Morandini, sur Europe1 avec Renaud Revel ici:
http://www.dailymotion.com/video/xaiavj_ca-peut-effectivement-faire-des-deg_news
Article de Renaud Revel:
http://blogs.lexpress.fr/media/2009/09/11-septembre-kassovitz-delire.php

[3] The Corporation, visible en vost ici: http://video.google.fr/videoplay?docid=1643050067177891440&ei=ZkC2StnyBMfJ-AboiMH1AQ&q=corporation&hl=fr

[4] le site de soutien de Chauprade : http://soutien-chauprade.hautetfort.com/

--
La nature de l'esprit est profonde pour notre conscience, et vaste par nature.

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