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Le dégonflement, voire l'éclatement de la bulle immobilière a aussi débuté en France : les politiques, les médias et les ''professionnels'' vous escroquent !


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Zeynel CEKICI
Jeudi 25 Janvier 2007

BULLE IMMOBILIÈRE AMÉRICAINE: ON ATTEND LE PIRE [1]

Selon le site www.foreclosure.com du 17 janvier, au cours de l’année 2006, plus de 1,1 million de propriétaires de logement aux Etats-Unis se trouvaient impliqués dans une procédure de saisie hypothécaire, à un stade ou un autre. En décembre, le nombre de saisies a dépassé les 100 000 pour le cinquième mois consécutif. Si certains analystes bancaires affirment que la bulle du logement ne risque plus d’éclater, ce qu’Alan Greenspan ne cesse de répéter depuis maintenant trois mois, ils prennent leurs rêves pour la réalité. Il est vrai que le fait de ne pas tenir compte des annulations de ventes de biens immobiliers dans les statistiques fait apparaître le tableau moins sombre.

Considérons cependant les faits suivants :

DataQuick Information Systems a annoncé le 15 janvier que dans la région de Californie autour de San Francisco, les ventes de logement en décembre dernier étaient au plus bas niveau depuis une décennie. A Minneapolis (Minnesota), selon www.BlackEnterprise.com, les ventes de logement ont baissé de 16 % en 2006, alors que les saisies et les invendus ont atteint un niveau record. Le plus grand constructeur de logements aux Etats-Unis, DR Horton, a annoncé que pour le trimestre fiscal se terminant le 31 décembre 2006, les commandes de nouveaux logements avaient baissé de 23 % par rapport à l’année précédente. En outre, le taux d’annulation des commandes se situait à 33 %. Un autre grand constructeur, Meritage Homes Corp., a annoncé une chute de 42 % des commandes nettes pour le trimestre et un taux d’annulation de 48 %. Lennar Corporation, le troisième constructeur aux Etats-Unis, prévoit une baisse de 20 % en 2007 par rapport à 2006.

Cette évolution risque de faire éclater toute la bulle immobilière résidentielle outre-Atlantique, qui s’élève à 17 000 milliards de dollars. On peut imaginer les ravages que cela provoquerait pour tout le système bancaire, qui s’est maintenu en grande partie depuis une décennie grâce à la bulle hypothécaire.

Qu’est-ce une bulle économique ? [2]

Une bulle spéculative, aussi appelée « bulle boursière » ou « bulle financière », est une hausse des prix très excessive sur un marché d'actifs financiers (actions, obligations, taux de change), de l'immobilier, des matières premières, etc. Les logiques habituelles de valorisation économique des actifs ne s'appliquent plus, et c'est par cette rupture de logique qu'une bulle diffère d'un simple marché haussier.

La spéculation immobilière se fait sur les anticipations d'évolution des prix du marché immobilier, lequel est segmenté en multiples sous marchés où chacun a ses caractéristiques d'offre et demande. L'inflation et les anticipations d'inflation y jouent un rôle important, ainsi que les taux d'intérêt actuels et anticipés. La rareté des logements accompagnée d'un boom immobilier peut aussi entraîner un mouvement spéculatif. Il y a aussi la spéculation qui se fait dans des cas spécifiques, entre autres: un changement de zônage en vue; une propriété à rénover; une vente en justice; un divorce; une usine qui vient s'établir dans les environs.

ETATS-UNIS : LA CRISE IMMOBILIÈRE POSE UN « RISQUE SYSTÉMIQUE »[3]

Les dernières données concernant le secteur immobilier américain indiquent que le krach a déjà commencé. Les mises en chantier de nouveaux logements en octobre sont au plus bas depuis six ans, en recul de 14,6 % par rapport à septembre et de 27,4 % par rapport à octobre 2005, soit la plus forte chute d'une année sur l'autre depuis 15 ans. Pour la première fois, les permis de construire ont enregistré une baisse depuis 9 mois consécutifs, atteignant leur plus bas niveau depuis 9 ans. La quantité de logements invendus (nouveaux et anciens) frôle un record.

Le 9 novembre, le nouveau directeur de l'Office de surveillance des logements (OFHEO), James Lockhart, a mis en garde contre les conséquences de la chute du marché du logement pour le système bancaire américain. Prenant la parole devant l'Association new-yorkaise de banquiers, il a appelé à des « pouvoirs quasi-régulateurs » afin de traiter les effets qu'auraient sur les marchés et les institutions financiers d'éventuelles « difficultés financières sévères » chez Fannie Mae et Freddie Mac, les deux agences semi-publiques de titrisation de crédits hypothécaires qui sont régulés par l'OFHEO. Ces deux institutions, observa-t-il, « dominent » le marché hypothécaire américain, puisqu'à fin 2005, elles possédaient ou garantissaient plus de 40 % des hypothèques de logement aux Etats-Unis, soit quelque 4000 milliards de dollars de dettes, dont des titres à base d'hypothèques. La croissance rapide des portefeuilles détenus par Fannie Mae et Freddie Mac, dit-il, a augmenté « leur potentiel de provoquer des événements systémiques ». Pour lui, les banques qui détiennent d'importantes quantités de dettes des deux agences pourraient subir des pertes et des problèmes de liquidités « menant à une réduction des prêts bancaires ou même à des faillites ». Plus de 60 % des banques détiennent des dettes ou des titres de Fannie Mae et Freddie Mac.

Par ailleurs, en Grande-Bretagne, prenant la parole devant la British Bankers Association le 15 novembre, Clive Briault, directeur général de la Financial Supervision Agency chargé des marchés au détail, a estimé que les modèles utilisés par les banques britanniques pour tester leur résistance à une chute brutale des prix immobiliers résidentiels ne sont pas suffisamment sévères. Pour y remédier, la FSA a demandé aux banques de prévoir dans leurs modèles une chute de prix de logement de 40 % et la saisie de 35 % des hypothèques actuellement en défaut de paiement. Dans une lettre envoyée le mois dernier à des directeurs de banques, la FSA constatait que certains d'entre eux refusaient d'envisager des scénarios dans lesquels les banques pourraient être obligées d'accepter des pertes, des baisses de dividendes et des manques à gagner. Dans la période 1989-92, les prix des logements outre-Manche ont reculé de 15 %, et dans certaines parties de East Anglia, cette chute a atteint 40 %, entraînant des saisies, la réduction de la valeur des hypothèques et des pertes bancaires.

CRISE SYSTÉMIQUE DU SYSTÈME FINANCIER : INQUIÉTUDES CHEZ LES « INSIDERS »

Selon un article d'Ambrose Evans-Pritchard paru dans le Daily Telegraph du 7 décembre, le ministre américain des Finances Hank Paulson a réactivé l'équipe de gestion de crise à Washington chargée d'étudier le « risque systémique d'une fonte financière ». Il mentionne un article paru dans l'American Weekly Standard du 27 novembre, précisant que cette équipe, baptisée « équipe de protection contre les plongeons », est composée de plusieurs hauts conseillers de Goldman Sachs que Paulson, l'ancien PDG de cette banque, avait amenés avec lui au ministère afin de se créer une certaine indépendance vis-à-vis de la bureaucratie en place.

Ce qui inquiète plus particulièrement M. Paulson, d’après Evans-Pritchard, ce sont les 8000 hedge funds non régulés, qui brassent 1300 milliards de dollars de capitaux et ont un encours total de dérivés de crédit de 370 000 milliards. En outre, il est préoccupé par la chute du dollar : l’article cite le « gourou des devises » de la HSBC (Hongshang Banking Corporation), David Bloom, qui estime que les Etats-Unis ont besoin de 1000 milliards de dollars par an rien que pour maintenir leur déficit à son niveau actuel. Or, depuis quelque temps, justement, ces capitaux n’affluent plus aux Etats-Unis mais font le chemin inverse. Bloom estime que la crise globale cette fois-ci, avec la chute du dollar, frappera le « cœur du système », écrasant l’« aorte du capitalisme ». Pour aggraver le tout, les prix moyens de logement aux Etats-Unis ont chuté de 244 000 à 221 000 en novembre, faisant craindre un « coup au corps » pour l’économie américaine.

Evans-Pritchard constate aussi que les opérations boursières réalisées par des chefs d’entreprise initiés des deux côtés de l’Atlantique a atteint un niveau record en vingt ans, bien que cette activité soit illégale. Le pourcentage de ventes par rapport aux achats atteint la proportion spectaculaire de 60 pour 1.

La bulle des fonds privés est également source d’inquiétude. Suite aux avertissements lancés par la Banque d’Angleterre, la Bundesbank s’intéresse au problème. Le 28 novembre à Francfort, le chef de la banque centrale allemande, Edgar Meister, a présenté son Rapport sur la stabilité financière pour 2006. Il y remarque que les « banques se heurtent de plus en plus à des participants non régulés du marché financier. Les hedge funds pourraient être la source d’une perturbation systémique, en particulier ces fonds pris comme un groupe. » Cependant, des fonds individuels pourraient aussi déclencher des perturbations. Il se montre plus particulièrement inquiet des fonds de placement privés qui, pour financer des acquisitions par effet de levier, s’endettent très lourdement, avant de reporter cette dette à la charge de l’entreprise acquise.

La France , les projets présidentiels et la crise du logement

L’objectif du néo-conservateur français Sarkozy, est d’appliquer le modèle sociétal US. Il ne s’en cache pas, et déclame haut et fort, qu’il est un admirateur des Américains et de leur modèle. Pour faire la rupture tranquille ou brutale selon le cas, Sarkozy dans son projet présidentiel aimerait modeler la société française à l’image de son rêve américain. Pour y parvenir, des bouleversements sociaux sont envisagés, des décisions ‘’courageuses et décomplexées’’ aussi. Pour résumer, Sarkozy aura besoin d’une élection à forte participation afin de légitimer sa future politique ultra libérale et inhumaine…

Sarkozy caresse l’idée de se voir au deuxième tour avec Le Pen et non Ségolène, tout le monde pense cela, mais le risque est-il mesuré ? Le prétendu risque d’un Le Pen au deuxième tour, permet uniquement à justifier un choix binaire. Ainsi, un des grands projets [à Sarkozy] présidentiels est de faciliter l’accession à la propriété, dit-il… Ce projet est criminel, son objectif est d’endetter encore plus les plus faibles aux profits de l’élite financière...

Parmi les obligations morales de la République , il y a celle de loger ses citoyens. En lieu et place de trouver une solution viable et humaine aux problèmes du logement -une honte pour ce pays-, Sarkozy le démago, d’une pierre, veut faire deux coups : Il évite ainsi sa responsabilité en tant que futur président en se dédouanant de l’obligation morale, mais en plus il renvoi l’ascenseurs à ses soutiens financiers en mettant en place le piège du crédit hypothécaire. Il veut endetter les Français sur trente, voire cinquante ans, sous prétexte de leur ‘’offrir’’ l’accession au logement. Il va soumettre la majorité des Français sous le dictat du pouvoir financier en les endettant quasiment à vie !

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[1] Solidarité et Progrès

[2] wikipédia

[3] Solidarité et Progrès




Jeudi 25 Janvier 2007

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