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Le danger d'une escalade au Liban devient-il imminent ? Les présidentielles libanaises ... 'Now !'


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Marie Nassif-Debs
Dimanche 19 Août 2007

Le danger d'une escalade au Liban devient-il imminent ? Les présidentielles libanaises ... 'Now !'
Les présidentielles libanaises ... "Now !" [1]
( Marie Nassif-Debs )
 
Le danger d'une escalade au Liban devient-il imminent ? Une guerre civile peut-elle éclater à la suite des divisions entre les différentes communautés confessionnelles qui forment le pays du Cèdre ou bien ce sera, de nouveau, une agression israélienne qui l'ensanglantera ?
Toutes ces hypothèses sont plausibles.. .
En effet, et tandis que le président des Etats-Unis, G. W. Bush, hausse le ton contre le Hezbollah qui -selon lui- « combat les forces de la tempérance » (lire : les Forces libanaises, issues du Parti phalangiste néofasciste, et Fouad Sanioura, président du Conseil et ami inconditionnel de Washington) grâce à « l'argent iranien », les différentes instances du gouvernement israélien ont tenu des réunions dites « spéciales » dans le but d'étudier les possibilités d'une guerre « pouvant éclater sur le front nord » avec la Syrie et le Hezbollah...
Au même moment, plusieurs faits significatifs viennent appuyer ces hypothèses menaçantes :
D'abord, l'insistance des officiels étasuniens, à commencer par la ministre des Affaires étrangères, à recevoir le chargé d'affaires libanais Antoine Chédid comme nouvel « ambassadeur » à Washington, parce que le gouvernement de Fouad Sanioura en a décidé ainsi et même si cette décision constitue une grave violation de la Constitution libanaise. D'ailleurs, la ministre et son porte-parole, Sean Mc Cormack ne se sont pas contentés d'une violation formelle, puisqu'ils sont allés jusqu'à déclarer que les Etats-Unis voulaient par cette rencontre discuter de leur « appui aux efforts du gouvernement de Sanioura dans le but de renforcer encore plus la souveraineté et l'indépendance du Liban, d'élargir le processus des réformes politiques et économiques et d'appuyer le Liban contre les tentatives des forces qui veulent violer cette souveraineté et cette indépendance »... En d'autres termes, l'administration Bush ne veut pas seulement liquider toute résistance à ses projets, mais elle veut aussi opérer des changements politiques et économiques qui lui permettent d'asseoir plus encore sa mainmise sur le Liban, dont la création d'une nouvelle base militaire dans le secteur Jbeil-Batroun[ 2].
 
Le pétrole encore et toujours...
Ensuite, et en relation avec ce qui précède, on parle beaucoup dans certains cercles très fermés de la capitale libanaise de la découverte d'une réserve de pétrole très importante le long de la côte libanaise entre la ville de Batroun et la frontière nord du Liban (près du camp palestinien de Nahr El-Bared). Certains vont même jusqu'à dire que cette découverte date déjà depuis 2004-2005, et que le gouvernement de Fouad Sanioura en avait promis la concession à des sociétés étasuniennes bien connues pour leur appui à l'administration de G. W. Bush, et particulièrement à l'homme fort de cette administration : le vice-président Dick Chenney. Mais, n'étant pas le seul décideur en ces matières, le gouvernement libanais actuel doit avoir l'aval d'un président de la République « malléable » ; d'où la nécessité de procéder le plus rapidement possible à des élections présidentielles, afin de mettre fin à la présence d'Emile Lahoud, ami de la Syrie, à la tête de la République.
Pour ce faire, et comme la majorité actuelle n'a pas les conditions nécessaires requises par la Constitution, à savoir les 2/3 des députés élus, l'ambassadeur étasunien à Beyrouth se démène pour « trouver une solution », aidé en cela par certains ambassadeurs arabes et ministres occidentaux qui étudient, paraît-il, des projets de solutions visant à décanter la crise qui sévit depuis neuf mois.
 
Quatre « solutions »
Commençons par la première « solution » présentée par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui stipule la tenue possible d'une rencontre internationale et régionale sur le Liban, afin de mettre en marche un consensus libano libanais qui aurait pour conséquence d'éloigner la guerre civile qui se profile à l'horizon et permettrait d'élire un président reconnu par les deux parties en présence (la majorité et l'opposition) . Ce qui veut dire, en réalité, un président « incolore, inodore et sans saveur », dont le rôle serait de gérer la crise libanaise, en attendant les échéances internationales et régionales, à commencer par les élections présidentielles au Etats-Unis, en novembre 2008 et par l'évolution des pourparlers avec l'Iran... Cette proposition, qui va dans le sens de celle déjà présentée par le secrétaire général de la Ligue arabe, n'est valable que si Georges Bush donne à la France et, par extension, à l'Union européenne son consentement clair et net. De plus, il lui faudrait aussi le consentement de l'Iran et de la Syrie qui forment le second pôle de l'équation...
Quant à la seconde « solution », présentée par l'Arabie Saoudite[3], elle est composée d'un plan en quatre points : L'entente sur le nom d'un président « de consensus », puis sur celui du président du Conseil (qui sera nommé à la suite de l'élection du nouveau président). Suivront la composition du nouveau gouvernement (répartition des portefeuilles, noms, équilibre des forces...) et le contenu de la déclaration ministérielle, compte tenu des résolutions internationales sur le Liban et, en premier lieu les résolutions 1559, 1701[4] et celle concernant le « tribunal à caractère international » pour juger ceux qui ont perpétré le crime contre l'ex Premier ministre Rafic Hariri.
La troisième solution, présentée par les Etats-Unis, se résume dans la nécessité d'aller directement aux présidentielles et, s'il le faut, de changer les articles de la Constitution qui précisent le quorum, afin de supprimer la majorité requise (2/3 des voix) pour la remplacer, sans plus tarder, par une majorité simple (51% des voix).
D'où le mot d'ordre « now » qui fuse de nouveau, à deux ans d'intervalle. En effet, en 2005, les Etats-Unis ont donné l'ordre de procéder sans tarder aux élections législatives et d'utiliser, pour gagner du temps, la loi électorale préparée, en 2000, par le général syrien Ghazi Kanaan pour permettre la formation d'une nouvelle majorité, sur la base d'une entente quadripartite entre les sunnites de Saad Hariri, les chiites de Nabih Berri et du Hezbollah et les druzes de Walid Joumblat et obtenir, ainsi, une majorité de 78 députés (sur 128). En 2007, cette majorité, à la base insuffisante, s'est effritée, ce qui nécessite, une fois de plus, des acrobaties sur le plan des lois et de la Constitution.
Ces trois solutions ne pouvant aboutir, reste la quatrième, la scission du pouvoir, par la création de deux gouvernements : l'un dirigé par Sanioura et l'autre par un membre de l'opposition. Une telle solution sera, sans aucun doute, le point de départ d'une nouvelle guerre civile encore plus meurtrière que celle que le Liban a déjà vécue à la suite de la formation, de1988 à 1990, de deux gouvernements.
Le chaos menace, donc, à nouveau le Liban. Un chaos dû à l'internationalisat ion et à la régionalisation à outrance de la crise qu'il vit. Tous les conflits s'entrecroisent dans ce petit pays, à commencer par celui qui oppose les Etats-Unis à la Syrie et à l'Iran, à propos de l'Irak, des armes du Hezbollah, de la situation en Palestine. Sans oublier la nouvelle donne : la présence d'Al Qaëda et des autres groupes terroristes, pro étasuniens ou autres...
 
Marie Nassif-Debs
Beyrouth, le 12 août 2007
 
Notes
 
[1]Mot d'ordre lancé par Condoleeza Rice à ses amis libanais à la suite de l'assassinat de Rafic Hariri, ex président de conseil, au printemps 2005, pour les pousser à refuser tout retard des élections législatives.
 
[2]Ce secteur compris entre les villes de Jbeil, ou Byblos, et de Batroun se trouve à 35-60 kilomètres au nord de Beyrouth. Les Etats-Unis avaient déjà projeté de construire dans ce secteur une « ville » pour les familles de leurs officiers œuvrant en Irak...
 
[3] Une tentative fut faite dans ce sens avec l'Iran ; et on dit au Liban que le retour de l'ambassadeur saoudien à Beyrouth, avant la fin de ses vacances, n'a pour autre but que de faire de la propagande à cette proposition.
 
[4] La résolution 1559 considère la résistance contre l'occupation israélienne comme une milice parmi d'autres et, à ce titre, elle doit se dessaisir de ses armes. Quant à la résolution 1701, elle donne à Israël les possibilités d'attaquer le Liban, puisqu'elle ne contient pas un véritable cessez-le feu.
 


Dimanche 19 Août 2007

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